On attend que le jour se lève
pour se dire : ‘' Bonjour ‘' !
Un exorcisme comme un autre
Il est donc permis de s'interroger
Se lèvera-t-il le jour ?
Ou bien restera-t-il couché au pied...
S'il était libre le jour, libre comme bonjour,
Se lèverait-il le matin ? Pour sûr que non !
Il ferait plus souvent qu'à son tour la grasse matinée
et même la grâce mâtinée !
Avec un  ! Circonflexe et circonspect !
Et plutôt deux fois qu'une, je vous le dis
car Rien n'est moins sûr que le jour !
Il y a trop souvent ni à boire ni à manger !
Le jour a un job instable
c'est un intermittent du spectacle !
Histoire de voir du pays, il fait les 3x8 avec la nuit
La nuit qui dort d'un œil
ce qui nous fait 365 jours fois 2 =730
(et les ¾ somnambules à rayer du calendrier !)
Il y a le jour très court qui court à sa perte
du genre ‘' tu ouvres l'oeil et paf tu meurs! ''
Il y a aussi le jour-Feuilleton sans sujet principal :
ta vie qui devient série télévisée nulle
qui essaie de fidéliser ses acteurs :
des histoires à dormir debout
pour noyer le poisson... d'avril ou surgelé
En résumé : Présent plombé de ‘' déjà vu ''
Futur embrumé d' ‘' allez savoir! ''
La vie au jour le jour quoi !...
Alors BON JOUR ou pas ?
Bonjour le moral
pour oser dire « Bonjour ! » au saut du lit !
Bonjour vous tous, amis de la poésie, femmes et hommes qui aiment la beauté et la réflexion, permettez-moi de vous proposer le nouveau recueil de David Chomier.
On accroche tout de suite à ce titre qui donne envie de lire les poèmes de David.
N’hésitez pas à demander votre exemplaire à l’auteur !
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Un mot vacille. Vacuité du blanc. L’œil converse seul. De la ligne du sourcil aux commissures, il s’encre d’un nouveau souffle : salive du mot.
Paupières pressées, sous la pulpe des doigts, le vide infuse, forgé à clous. Sur l’étoffe des lumières, l’œil est au gouffre. De noires éclaircies font interstices. Échardes et impacts, mots lucides, brûlent les paupières.
Arrêt sur l’arrête du nez, descente à la pommette et, au crépuscule du cerne, sentir le mot battre sous la forêt des cils. Mot donné aux rives de l’œil là, où s’éteint le souffle.
J’ai longtemps hésité à parler de tout cela à mes amies. Je pensais : je suis trop spéciale, les autres gouttes ne me croiront jamais. Cependant un beau jour, en compagnie de ma meilleure amie, alors que nous bavardions des mérites respectifs du chêne et du hêtre, que nous comparions l’agilité du faucon et de l’hirondelle, nos regards se sont croisés et nous avons compris : nous étions pareilles ! Elle aussi savait se fondre en toute chose, elle aussi avait souvenir de tout ! De fait, nous les gouttes d’eau, sommes toutes pareilles : nous avons mémoire de tout. En comprenant cela, toutes les gouttes furent saisies d’un immense fou-rire. Les humains n’ont rien entendu bien sur... La plupart ne savent pas reconnaître une eau qui pleure d’une eau qui rit...
Cependant, faute de comprendre vraiment les humains, beaucoup d’entre- eux me fascinent. Les enfants surtout, car ils connaissent « le secret ». Les problèmes viennent en grandissant, ils l’oublient... J’ai ce souvenir d’une petite fille blonde aux yeux verts. Elle est toute jeune, elle joue sous une pluie battante, un jour de tempête. Elle a quitté tous ses vêtements, elle ne porte plus qu’une paire de bottes rouges. J’arrive de l’océan, elle rit tant et plus, lève la tête au ciel, ouvre la bouche et avale la pluie... Et me voilà ! Nous jouons comme des folles à sauter dans les flaques, nous n’avons pas froid, nous rions, nous hurlons de joie... Une journée comme celle-ci vous réconcilie avec le genre humain.
Les plus sages d’entre-eux prétendent qu’une seule goutte d’eau leur suffit pour se souvenir de tout. Mais selon moi, le plus important, c’est de se souvenir « du secret » : la vie n’est qu’un songe, et, en rêvant très fort on peut en faire une fabuleuse histoire...
Tous avidement
C’était avant
Profitaient sans en apprécier
Comme il eût fallu
La saveur du temps qui passe
L’éclosion fugace d’une fleur
L’envol d’un papillon
Le regard d’une femme aimée
Le nuage fugitif
La clarté du jour les étoiles
Le sourire d’un enfant
L’eau pure bondissante
Leur préférant
Le confortable avoir
Le traître rutilant
L’imbécilité crasse
La courageuse lâcheté
Le débile moutonnement
L’indignité du soi.
C’était avant
Ignorant ce qu’ils devaient
A ceux d’avant
Défendant le pré carré
De leurs futiles possessions
S’accommodant de l’oubli
Du meilleur des autres
Ils marchaient aveugles
Vers le néant
C’était avant
Avant
Il y avait toujours eu un avant
Avant la clarté immense
Folie des hommes
Qui définitivement a gommé
L’après
PLANÈTE SOLAIRE L’INSTANT S’ÉGOUTTE, JEANNE CHAMPEL GRENIER, ILLUSTRATIONS DE L’AUTEUR, ÉD. FRANCE LIBRIS, 107 P., ORTHEZ, 2021
“Moi j’aime tant tout ce que j’aime! Si tu savais comme j’embellis tout ce que j’aime ! Et quel plaisir je me donne en aimant ! Si tu pouvais comprendre de quelle force et de quelle défaillance m’emplit ce que j’aime…C’est cela que je nomme le frôlement du bonheur ». Extrait des Vrilles de la vigne de Colette.
C’est à ces phrases de Colette que j’ai pensé en refermant Planète solaire, L’instant s’égoutte de Jeanne Champel Grenier.
J’y ai lu la même énergie du vivre :
« Alors je décidai de saisir, partout sur ma route, le verre à demi plein et de le brandir afin qu’il se remplisse de cette lumière, de ce cru céleste qui éclaire loin et longtemps ».
Le même talent et la même avidité du vivre aussi qui consiste à appréhender le monde dans ses moindres joies et ses plus petits mystères pour les faire immédiatement siens :
« Messages subliminaux à la fois mystérieux et familiers » dont la poétesse ne doute pas un instant qu’ils lui soient « personnellement adressés ».
Dès lors tout devient le lieu d’une communion avec la nature pour qui désire être :
« Un miroir vivant qui se laisse traverser
Absorber par la Beauté palpitante de l’Univers. ».
L’arbre d’abord, cet être majuscule entre branches et bronches que Jeanne inscrit à la cime de son arbre généalogique,
Les fleurs dont elle possède une connaissance parfaite et dont on lira deçà delà les noms savants comme Le Rosa Rugosa ( le rosier pourpre de ma mère) et avec lesquelles elle joue d’une langue savoureuse : Des Vies…Des Violes…Des Violettes. (Elle évoque d’ailleurs Colette dans ce texte.)
Et tant d’évocations de l’enfance... Ah ces longues briques (lombrics) qui me renvoient une fois encore à l’escargot presbytère de Colette !
Et puis cette voix tutélaire, toujours féminine, qui rappelle à l’ordre l’enfant trop libre avec beaucoup de dérision et d’amour :
-« Alors ? Tu es encore allée traîner tes guêtres chez les De Montreynaud ? Méfie-toi, un jour le garde te prendra pour un renard et te fera empailler ! »
Sous ses pépites de bonheur pourtant se glisse en filigrane une véritable réflexion sur la vie, sur le motif de l’instant qu’il faut saisir. Ce questionnement existentiel passe souvent par le biais de la peinture. Car faut-il le rappeler chacun de ces textes est illustré d’une aquarelle originale de la peintre poétesse.
Et même si la mort plane aussi ( Je pense en particulier aux deux très beaux textes dédiés à Miloud Keddar, peintre, poète et ami de Jeanne Champel Grenier, parti « célébrer le silence le 20 janvier 2021 » il n’en reste pas moins que ce recueil est un Feu de joie.
La poétesse conclut :
« je convoquerai mes amis les plus chers, ceux qui sont tout en bas, ceux qui sont tout en haut, pas un ne manquera à la ronde d’hiver, et on se tiendra chaud, chacun avec ses mots d’amour et d’amitié »
« Ah, qu’elle sera courte l’Eternité, courte et renouvelable à satiété ».
Permettez, Madame, que je m’y glisse aussi un instant !
Grouillent et s’accumulent ses paroles, remplissant chaque silence, chaque parcelle d’espace. Dissertant sans cesse à propos de tout, mais essentiellement sur elles-mêmes. Comme pour se rassurer encore un peu davantage. Inépuisable caléidoscope du verbe qui s’effrite et se délite, pour finalement ne rien dire, ou si peu.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...