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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 06:17

 

Histoires Courtes

 

Préface de JEAN-PAUL GAVARD PERRET

 

 

Éditions

 

 

À mon amie Béatrice Rolando

 


L’escalier qui mène vers le haut
de la tour ne se trouve pas forcément dans la tour elle-même
Jean Markale

 

 

 

PRÉFACE

 

 

 

Traversée des temps, armoiries de l’amour

 

 

Nicole Hardouin invente une suite de « terres » à la fois sentinelle et hors limite. La langue classique et impeccable relève la tête tout en osant la guillotine. L’auteure, pirate autant que châtelaine, sous prétexte de contes qui appellent une langue roide, la tord comme elle travestit le genre mais sans la moindre ostentation. L’humour est là, l’érotisme ne manque pas (euphémisme). Mais tout en retenu - du moins tant que faire se peut. Dans sa folie douce chaque fiction sort d’un lit de sagesse. Les syllabes sont en émoi et si elles ne ramèneront pas dans cette couche elles créent un vrai plaisir pour les sybarites. Ils ne peuvent que se laisser troubler par Nicole Hardouin, ses dialogues ironiques, ses histoires troubles, ses temps disparates et de mystérieux paysages. Le bleu de leur horizon ne s’éloigne pas lorsqu’on le touche. Il demeure même lorsque fond la lumière du soir. La poétesse la retient jusque dans l’échancrure de la nuit. Elle devient un oiseau parmi les ombres appesanties et les personnages. Certains y traquent l’espoir en papillons du soir tandis que l’acier électrique des libellules-femmes troublent des amants de passage.

 

La subtilité est omniprésente : des mots sont en avance et d’autres en retard : bizarrement ils sont toujours à l’heure. Mais jamais la même heure. Les contes multiplient des racines pas forcément carrées mais pour des extases imprévues dans le plaisir de la lecture. Nul ne sait si par son délice chaque texte finit par arranger le monde mais les choses y font leurs affaires entre gourmandise et lumière.

 

Il y a rien de comparable dans la littérature du temps. Entre humour et détachement, gravité et allégresse particulier les « éclopés du rêve » sont des êtres debout. Qu’importe les rendez-vous ratés et les fuites. Nicole Hardouin secoue l’indifférence. Qu’importe si pour ses personnages le futur sera toujours provisoire. Entre émergence et effacement, entre cheminement linéaire et torsions temporelles l’auteure feint de réintégrer un ordre dans le désordre. Par sa drôlerie tendre, elle isole encore plus l’isolé et nourrit l’air qu’il respire de ses illusions.

 

Raison et folie font la jonction entre ce qui est et ce qui n’est pas, le réel et l’allégorique. La créatrice reste la sourcière armée de la seule arme essentielle, travaillée et retravaillée : son langage. De la boue des temps il extrait des parcelles d’or et, des arpents du ciel, le bleu cyan. Selon une dynamique onirique et littérale chaque fable donne du monde son jour imprévisible.

 

Jean-Paul GAVARD PERRET

Extraits de LES ÉCLOPÉS DU RÊVE – Nicole Hardouin

 

LIMINAIRE

 

 

Contes que les djinns se chuchotent dans nuits froides du désert lorsque s’endorment les gerboises et s’éveillent les serpents ceux qui vont debout comme à l’origine.

 

Histoires comme s’en racontent les fous qui n’en sont pas, les diables, les gitanes et les poètes, les soirs de pleine lune en croquant les interdits sur les bords des débords.

 

Éclats de vie qui paraissent sans liens ni raison, dans des tremblements de temps. Ils ont pourtant tous la même semence : l’espoir. Mais, éparpillées par le vent, les choses ont leur propre destin.

 

Elles germent en tous lieux sous diverses formes. Elles s’égarent, s’ensouchent selon leur fantaisie, s’incrustent, boursouflent terre, caillasse, désirs, corps pour éclater de façon éruptive jamais comme on le pense et là où on le croit.

 

Mais elles ont un point commun ces histoires qui n’en sont pas, elles sont toutes cernées par les cicatrices du rêve dont la fumée revint souvent comme un songe de vent.

 

Ne sommes-nous pas tous des éclopés du rêve ?

 

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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 07:40


 


Nul n’est besoin d’être
« veille, le soir à la chandelle »
Pour revivre à l’envie
ses amours les plus belles.
Quand je pense à nous,
à nos instants volés,
Peu importe que le temps ait passé
Puisqu’il ne fut jamais amer.
Ce qui nous a si ardemment unis hier
Remplit aujourd’hui nos coeurs
D’une délicieuse et subtile douceur.
Pouvoir dire en imitant Ronsard,
Il m’aimait au temps de nos désirs,
Me fait toujours autant
frissonner de plaisir.


 
©Kathleen HYDEN-DAVID  

Extrait de « A cœur ouvert » Éditions France Libris 2019        
 
 
 

 

 

 

 

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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 05:52
Comment ne pas penser la même chose ! Même folie criminelle…

 J'ai choisi cette image car, depuis le début de l'invasion, j'ai senti la proximité des deux dictateurs (Jean Dornac)

 

 

Personne n'y croyait, c'est bel et bien advenu
A peine surgi d'une sortie de pandémie
un monde ébahi retrouve le pas des bottes
Il réapprend le chaos de l'acier et du fer

 

Quand s'épaissit soudain l'atmosphère
au point de s'inventer irrespirable
l'humain acculé se doit de recourir
aux forces des plus infimes joies

 

Quand désir est surmonté par le doute
qu'au profond de nous il se terre
et qu'au fil égrené des nuits
s'invite l'inattendu ennemi

 

le devoir est d'y faire face et
de recourir aux sources
du cœur et de son intime foi

 

©Jeannine DION-GUERIN          
 

 

 

 

 

 

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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 07:38


 


Ce n’est pas le manque d’idées
qui désole la plume de l’écrivain,
mais la blancheur ce cette page
qu’elle ne peut combler...


©Lydia Montigny  

Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris          
 
 

 

 

 

 

 

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28 février 2022 1 28 /02 /février /2022 07:44
©Photo J.Dornac

           
       

 

                                                      Il vient du pays des énigmes
                                                      sphinx ou héron allez savoir
                                                      Il pose pour Giacometti
                                                      regard lointain    indifférence .


                                                                                                                  
          Il tient de l’armure et du prince
          un fuselage séculaire
          gris-perle savamment lissé
          apesanteur et gravité

 

                                                      Sentinelle des fraîches eaux
                                                      bleu samouraï des roselières
                                                      il se défait de son ego
                                                      pour n’incarner que son lignage

 

           Il veille à n’avouer jamais
           quel moment prévaudra
           pour son envol ostentatoire
           subreptice et vif soulèvement

 

                                                       Il réinvente l’immobilité
                                                       entre deux glissements muets
                                                       vers un ailleurs d’enivrement
                                                       et de solitude héraldique


                                                              
                        Il vole un temps à hauteur d’homme
                        assez pour que l’incise du départ
                        laisse stupéfaits les marmots
                        cachés dans le feuillu des berges

 

                                                              Fine lame au ras des étangs noirs
                                                              Il laisse à l’abandon ses ailes
                                                              Et s’offre à changer en statue
                                                              Sa masse frêle et ses bras refermés

 

©Pierre Guérande            
 
 
 

 

 

 

 

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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 07:32

vol au-dessus d’un nid de pavés

 

 
 
Merveilleux humour de Claude ! A se procurer le plus tôt possible !! (Jean Dornac)
 
 
 
Pour une bonne manif, il vous faudra, dans votre sac à pain :
du personnel qualifié avec une moustache à la Staline,
un cabas de revendications : pas besoin qu'elles soient fraîches,
 
une poignée de syndicalistes de tout poil, prêts à battre le pavé,
 
des affiches, banderoles, ballons et calicots recyclés (pour ceux d'il y a trente ans, on prévoira un coup de peinture),
 
quelques tambours, trompettes de nouvel-an et autres casseroles comme orchestre symphonique,
 
une confrérie de brailleurs à défaut des pleureuses qui sont en grève,
 
beaucoup de rouge qui tache,
trois douzaines de mégaphones (avec des piles neuves achetées sur la caissette du patron),
 
un p'tit gars pour compter les manifestants : pas besoin qu'il ait fait Polytechnique, juste qu'il sache multiplier les chiffres des flics par deux ou par dix,
 
quelques trotskistes à la retraite, question de recycler les seniors de mai 68,
 
deux-trois actionnaires enchaînés, genre bourgeois de Calais,
 
une guillotine en carton-pâte, juste pour rappeler au Roi qu'on a de la mémoire,
 
une bande de gilets jaunes : ne pas prendre ceux qui sont en train de griller des saucisses... Au fond, prenez-les tous, Dieu y reconnaîtra les siens !
 
Bref, la moitié du bon peuple pour montrer aux bourges qu'on ne se laissera pas faire !
 
 

©Claude Luezior


 
 
 
 
 
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26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 07:38


 


elle me sourit de la pluie
avec laquelle elle ébauche la tendresse
c’est l’herbe abattue sous la pesanteur de l’envie
ses yeux traînent sur les cimes du coucher
leur tendresse est peinte sur ses lèvres fines
mon âme la cherche chaque été
elle est l’empreinte de cette feuille éblouissante
c’est la pureté de ce rocher vierge
seule la pluie me lave les péchés de mes tristesses passées
j’attends le levant tel un oiseau pétrifié
au-dessus d’un seau renversé
 

© Elina Adam                                     
 
 

 

 

 

 


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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 08:14


 

 

Si tu ne dors pas
Au creux de la ville immobile,
C’est que j’ai laissé dans ton coeur
Les mille parfums de l’amour,
Et sur ton corps
Des myriades de baisers
Qui palpitent
Comme sur les étangs
Les flocons duveteux du printemps.
Les moments de bonheur
Se délitent
Dans la brûlure de l’absence,
Et nous gisons
Sur les sables de la nuit
Pareils à des nacres veinées
D’une même blessure
De laque rose.

 

©Denise Bernhardt  

 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.                                      
 

 

 

 


 
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24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 07:33


 


15 mars
Le monde repoussé s’éloigne dans l’espace
Et je puis résister à ses coups de boutoir
La guerre et la terreur ne mènent qu’à l’impasse,
Aux étals surchargés dans un vaste abattoir.

16 mars
Qu’est-ce qui s’accumule à l’étal des années ?
Rides barrant le front, ocelles sur les mains,
Echine s’arcboutant aux parois des journées,
Fatigue dans les yeux, figure en parchemin !

17 mars
Visage en parchemin ressemble au palimpseste
A décrypter sans faute avec un décodeur.
Son message caché ne devient manifeste
Que si mon empathie égale mon ardeur.

A suivre…  

 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier                                    
 

 

 

 

 

 

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23 février 2022 3 23 /02 /février /2022 07:26

J’ai le plaisir d’accueillir un nouveau poète pour Couleurs Poésies. Gérard Leyzieux sera régulièrement publié comme chaque auteur ! Réservons-lui un bon accueil !! Bienvenue, Gérard !!

 

 

 

Ces bruits d’air
Bruits de vents et de plaine
Bruits t’éviscèrent le temps
Souffle y erre à plaire
Éclatement étale ton espace sur les jours survenus
Brise d’éther lunaire
Une main se serre
Un désert austère sur l’étendue
Et toujours ces vides diserts
Sur l’horizon mêlé d’ondulations inattendues

 

Poèmes extraits du recueil « Et langue disparaît » paru aux éditions Stellamaris (2018)
(http://editionsstellamaris.blogspot.com/2018/09/et-langue-disparait.html)

 

 

 

©Gérard Leyzieux
     
 

 

 

 

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