Vient de paraître le 25 mars 2022
« Sur les pas du silence… »
Livre de luxe 21 x 21 cm
80 pages Quadri rect/verso 140g/m2
Couverture rigide pelliculage mat
Fragments des toiles de
Daniel Convenant artiste peintre
Préface et poèmes
Michel Bénard Lauréat de l’Académie Française
Editions Les Poètes Français
ISBN : 978-2-84529-345-8
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Scintillii nel cuore del silenzio de Sonia Elvireanu – Éditions Giuliano Ladofi. Traduction de Giuliano Ladolfi (2022)
ou
L'arc-en-ciel du silence
Dans son dernier recueil, Sonia Elvireanu écrit depuis le silence, pour et par le silence et passe d'un silence habité à un autre.
Dans ce nouveau parcours poétique, tout n'est que pont d'un amour à l'Autre, d'une rive solitaire à un rivage peuplé, d'un ciel blessé à un ciel confondu, du rêve au réel, d'un chant bleu au chant immortel.
L'arc-en-ciel qui enjambe le recueil, lien de lumière et de couleurs est ceinture entre le ciel et la miraculeuse argile. Parce que ce silence en elle, Sonia Elvireanu le provoque, l'écoute et voit le monde qui l'entoure avec les yeux du ciel. Je me suis retirée dans la solitude/ pour être près de toi, te chercher et te parler, écrit-elle. Et par ce vers, on distingue le double mouvement qui dans ce recueil anime la parole de la poétesse : se recueillir en sa solitude pour retrouver l'amour perdu mais aussi se rapprocher d'un autre Amour qui englobe le premier.
Dès le premier poème, Sonia Elvireanu donne le ton. La poésie pour elle, est ce seul murmure en langue bizarre où la voix étrange du Poète s'élève et celle du Très Haut descend en parfaite communion. Je t'écris où toutes les choses parlent car parler c'est lumière.
Et tout parle en couleurs, en lumières, en explosions de fleurs, de fruits, en parfums délicieux, en langages d'oiseaux qui remplissent le vert/ silence de la solitude comme un lien entre terre et ciel. Les bras du silence.../ s'accrochent aux odeurs et la poésie peut devenir l'eau miraculeuse de la guérison.
Il y a dans cette écriture une forme d'élégance soyeuse (le mot soie est récurent), un sentiment d'intemporalité symbolisée par les papillons blancs messagers ou écailleurs d'ombres (à l'aube, des ombres écaillées de papillons), un effleurement des pas sur l'ardoise du sable où la poétesse écrit l'amour, la solitude, une tentative d'aller au-delà des lointains, là où attendent l'amour et peut-être cet Amour qui signera la fin de la solitude.
Dans le même temps, s'exprime tout au long du recueil une souffrance vigilante qui refuse l'orage des mots noirs qui risquent d'entraîner vers la chute et veille à refaire chaque fois, le pont écroulé pour que l'arc-en-ciel s'y pose.
La poétesse devient la myrrhe de l'amour, celle qui cicatrise et encense en élevant son parfum vers le ciel.
Cette poésie bruisse, bouge, frôle, coule. L'eau – océan, source, fontaine, ruisseau- est aussi présente que la lumière, aussi subtile et essentielle.
Sonia Elvireanu écrit aussi depuis le cri noir du confinement, des ravages du virus, ce rouge qui s'étend comme la rougeole alors même que le printemps se montre dans sa splendeur et qu'un arbre vert/ pousse en nous. Ce silence de tombeau l'incite à la prière comme un appel à la lumière de la Résurrection.
Peu à peu, la sérénité se fait chemin en la poétesse qui commence à voir la beauté/ dans tout ce qui (l') accueille et féconde les terres stériles de la solitude des fleurs de la parole poétique.
La langue de Sonia Elvireanu toute de délicatesse, de touches infimes tel un flocon/ dans la chute des neiges ou l'effleurement des papillons/ sur les eaux de l'oubli atteint les tréfonds du silence telle la perle/ souffle de psaume.
Le silence alors parle, articule la lumière, la beauté, l'attente, la solitude et la soif de l'Amour car le mot a pris corps, il est incarné, il est arc-en-ciel.
Poème de Barnabé Laye et la sculpture est de Franceleine Debellefontaine.
Chimères ou offrandes
Nous n’avons que nos rêves
Comme héritage
Et l’aube est promesse
Pour un nouveau soleil
Et l’aube est promesse
Pour une soif rebelle
Tu étais aussi simple
Que le dos de la main
Que la pierre du lavoir
Ou qu’une laie de soleil
Sur le parquet de la chambre.
Si simple que tu ne laissais
Qu’un peu d’ombre sur mon âme.
Tu voulais donner si peu
Un mince filet d’eau
Chuchotant sous la palme,
Qui ne troubla point
Le ruisseau de ta vie…
Tu avais si peur d’être aimé
Et restais si loin
De ma faim, de ma soif
Que je m’en retournais
A mes moissons d’étoiles.
18 mars
Quelle ardeur te propulse au coeur de ton semblable,
Recherchant un miroir en l’humeur du moment ?
Ne t’aventure par sur le sol malléable,
Reste ferme à ton poste et donne assidûment.
19 mars
Je regagne ma place au poste d’aiguillage
Pour surveiller de haut la juste direction.
En jaugeant d’un coup d’oeil l’effort d’appareillage,
Je ne laisse passer aucune inattention.
20 mars Passer, laisser passer, offrir libre passage…
Toujours en mouvement, le mot lance des ponts.
D’une rive à une autre, il sert le bon usage,
Il tisse des liens, suscite des répons.
21 mars
Le choeur de la nature appelle nos répons,
Amplitude sonore au lent balancement.
Ce fragile équilibre, hélas, nous le rompons,
Sans cesse renvoyés au recommencement.
Vent lutteur, bilboquets des pluies, la saison joute. Des arbres, l’été mûr à fruit croule. Faînes et châtaignes gisent en poignées ; yeux sous la paupière des feuilles, mots sous la paupière du silence.
Vies pleines, cerfs et biches festoient, rassasiés des fruits : temps du présent accompli.
Sobre silence des bogues ; vide aux jonchées de l’automne, lèvres aux jonchées du poème : heures pleines du temps accompli.
Depuis très longtemps
L’Un à l’Autre, étions très attachés,
Petit à petit son amour, en moi, a grandi
Sa beauté aussi.
Pourtant, très complice,
Parfois du mal m’a fait.
Quand, de rire, j’éclatais
Scintillante, Elle s’illuminait.
Elle aimait partager, déguster,
De la vie, toutes les saveurs.
Aujourd’hui, Elle est Partie
Pour un Autre ailleurs.
Frivole,
Dans les hauts jardins de l’imagination,
je te trouverai broyant la couleur
au revers du coquelicot éphémère,
accoudé au temps et à la butée des étoiles,
à fortifier la frêle charpente de la toile
que le couteau déjà entaille de son entière passion.
Je te trouverai absorbé dans l’intervalle
entre le geste et son intention,
entre la beauté et son interrogation,
au coeur d’une lumière différée,
à la torche ressaisie sur la cécité du jour
et dans le halo d’une certaine idée de l’amour.
Dans les hauts jardins de l’imagination,
tu me trouveras au dernier quartier lunaire,
sur la balançoire obstinée qui balaie le vulgaire,
à la strate du mot et à la nuque d’un bras de mer.
Tu me trouveras au sang bleu d’un théâtre mental,
à la mouette qui se cogne à la butée des étoiles.
Tu me trouveras dans l’étroit du mot,
dans l’écriture du ventre et son cachot,
entre le centre et le contour,
entre le dire et son silence,
au coeur d’une partition langagière,
à la torche ressaisie sur l’éphémère
et dans le halo d’une certaine idée de l’amour.
Je ne suis qu’un oiseau de passage
survolant un paysage éphémère.
J’écoute le silence de l’écume
d’un pays mutilé
par les tourbillons du temps.
Parfois les montagnes dévoilent
une chute d’eau,
un torrent argenté.
des fleurs multicolores parfument l’espace
ensorcelantes fragrances .
où sont les hommes ?
Ils ont quitté la terre martyrisée
pareils à des animaux
quittant le navire avant le naufrage
ils sont partis vers d’autres sphères.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...