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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 07:51


            
                                          Dédié à Mr Baldeck

 

comme une caresse infinie
il pleut de la neige
qui glisse dans les rides
de mon vieux visage

 

gamin, avec les copains d’école
nous avalions ces grains
tranquillement tombés du ciel
Personne ne les récoltait

 

il ne fallait pas laisser se perdre
cette manne fraîche
avant que la sonnerie
ne nous appelle

 

c’est qu’elle veut nous enfermer !
la liberté, même à cet âge
est un danger pour les maîtres
alors, en avant, en rang serrés !
il ne voulait voir qu’une tête
le maître d’école !
avant de nous asseoir
sur nos vieux bancs de bois usés
il fallait montrer nos mains
recto puis verso…

 

si elles étaient sales
c’était la punition
trois coups de règle
sur les doigts

 

ça réveille
même les gros dormeurs…
pourtant je l’aimais bien
mon maître d’école

 

Il nous aimait aussi
et si parfois
il nous frappait
c’est qu’il n’avait pas le choix !

 

les ordres venaient d’en haut
presque de Dieu lui-même
du moins c’est ce que nous croyions
l’inspecteur à l’air sévère
avait pour nous
l’allure d’un dieu tout-puissant
nous ne doutions pas
qu’un seul de ses regards
un seul de ses mots
pouvait nous pétrifier à jamais

 

mon maître d’école
m’a appris à aimer Victor Hugo
et ses merveilleux Misérables
Et m’a ouvert l’esprit
au monde brillant de la poésie
avec Lamartine, Musset et Vigny
grâce à lui et son don de conteur
j’ai vite été passionné d’histoire
et si parfois je rêvais
j’étais l’un de ses personnages…

 

oui, mon maître d’école
a bien été mon maître de vie !
si je ne me suis pas échoué
dans le caniveau, c’est grâce à lui… !
sévère, nous avions peur de lui
mais il a su nous élever
à hauteur de sa propre vie… !

 

©Jean Dornac
Lannion, le 1er février 2022             
 
 
 
 

 

 

 

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 07:31
Photo Hélène Bourgès©

       

Au bord de ma rivière
La guinguette a disparu
Et les fritures de goujons
Le vin blanc qui fait tourner les têtes
Les danseurs du dimanche
Et la complainte de l’accordéon
Plus rien que quelques planches verdies
Et une fenêtre ouverte sur des souvenirs
La vie n’est que sable qui file entre les doigts
À mes yeux clos glissent les rires des filles
Les cris joyeux des baigneurs
L’amour ne donne jamais assez d’amour
Serre-toi contre moi, ton corps effarouché
Nos baisers éblouis de leur audace
Abandonnés l’un à l’autre
Nos yeux émerveillés
Notre solitude aimante
Demande toujours plus
D’amour et de solitude
Le temps nous oubliera.
 
©  Bernard Delpech
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 07:42
Collage et traductions de Béatrice Gaudy

 

Je regarde la Lune
Je regarde des hommes qui marchent sur la Lune
Et je vois à Paris
des personnes couchée sur le trottoir
qui dorment dans le froid hiémal

 

S’il vous plaît
Mesdames et Messieurs les gouvernants
un miracle
un vrai miracle
dont l’Histoire parlera encore
dans des centaines d’années :
Donnez un logement
à tous les sans-abris

 

* * * * * * * * * * * * * *

 

VOT DE L’AN NOU E DE TOUT LOU TÈMES


Io regarde lo Luno
Io regarde dan omei que marchen sur lo Luno
E vese à Paris
de la persouna couijada sur lot trepadou
que duèrmen din fou fre iemau

 

Si au pla
Madama e Moussû loû gouvernant
un miracle
un vrèi miracle
dount l’Istorio parlero denguèro
din de la centena d’annada :
Baia un loujamen
à tou loi sen-abri

 

* * * * * * * * * * * * * *

 

AUGURI DI CAPOANNO E DI TUTTI I GIORNI

 

Guardo la Luna
Guardo degli uomini che camminano sulla Luna
E vedo à Parigi
delle persone coricate sui marciapiedi
che dormono nel freddo iemale

 

Per favore
Signore e Signori governanti
un miracolo
un vero miracolo
di cui la Storia parlerà ancora
fra centinaia di anni :
Date una casa
a tutti i senzatetto

 

©Béatrice GAUDY                      
 
 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 07:28

MAIS LA DANSE DU PAYSAGE-Barbara AUZOU-Poèmes - Préface de Claude LUEZIOR-5 Sens édition-2021

 

« ...Mais la danse du paysage... » Ce vivant mot de passe transmis par Blaise Cendras, l'éternel voyageur, nous prépare à un changement de rythme plus qu'à de belles descriptions des pays traversés. Il s'agit bien de voyages mais de voyages vécus et rapportés sur un autre ton : ''le paysage ne m'intéresse plus, mais la danse'' nous dit Cendras qui voit défiler les pays.

Claude Luezior, pertinent préfacier de ce livre, note aussitôt ce point original : il s'agit pour l'auteur de :

« Prendre et reprendre les lignes qui ondulent et fuient vers les frissons »

Barbara Auzou paraît si naturellement prédisposée au bonheur de la découverte qu'elle semble vérifier d'emblée la parole de Claude Estéban fustigeant les poètes qui se nourrissent de noirceur, en ces mots : « Quelqu'un qui crie que tout est noir, c'est dans sa tête qu'il se cogne »

Dans ce recueil, tout est fluide, ouvert, musical et positif : il s'agit de la ''substantifique moelle'' du voyage, celle qui vous soulève et nourrit votre vie...pour la vie.

Essayons d'emprunter un instant cet « Itinéraire de l'éphémère »qui n'exclut pas ces repères de stabilité que sont partout, les arbres ; l'auteur nous parle de ''l'arbre que l'on s'est choisi'' qui est cité de façon rémanente, où que l'on soit comme un repère, un tuteur entre sol et cieux : 

« comme ces arbres debout sur une seule jambe tremblants séculaires et tout en visions »P.21

On note, à chaque halte, ce qui va demeurer vivant à l'esprit, le son, le timbre du lieu ou de l'instant, tel « le renard gris des Rocheuses...avec son langage à émettre des oiseaux au-dessus des cactus »P.22

Au Kénya « où la beauté s'émonde tendue entre deux gazelles »P.24

Sur l'Ile de Pâques avec « ses vieux enfants de basalte et l'or sombre de la voix à l'aube accordée »P.27

À Wallis et Futuna où «  le bleu qui sert à aimer là-bas se pose comme une coccinelle sur un sein »P.32

Aux Açores où l'on dit « que ce même soleil fait tomber l'amour des corniches »P.36

Au Sri Lanka où « nous aurons désappris à aller vite et nous voilà voyageant à l'abri d'un autre temps »P.38

Dans la Pampa Argentine... « et dans les plaines du vent tressons nos voix pour apprendre à la vie / à épeler toutes les lettres clandestines du consentement »P.40

Et aussi en Sardaigne où, l'auteur nous dit reconnaître «  la Diane doucement poignante du destin ( citation en hommage à René-Guy Cadou)

Et combien d'autres destinations encore qui font de ce recueil un carnet de voyage écrit dans une langue sobre, pertinente, et sur un ton très personnel ; un voyage de connivence avec l'amour qui permet de côtoyer la beauté vivante dont un cœur ouvert et positif ne peut se déprendre quelles que soient les circonstances. Après avoir suivi en pensée l'itinéraire de ce voyage je dirais en conclusion comme l'avoue Barbara Auzou :

« J'ai marché pieds nus vers l'Ailleurs...

« Je ne savais pas qu'on pouvait à ce point aimer la vie »

Recommandons à tous, en cette époque de repli funeste, non pas la lecture mais la fréquentation de ce livre exceptionnellement positif et profond et terminons par ces mots de l'auteur, émouvants et légers à la fois :

« Et je m'éloigne des maçons du passé

de tout ce qui brûle les passereaux...

j'accepte la tiare somptueuse du printemps

sur le roux de mes cheveux... »( Au pied d'un seul arbre)

 

Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

Mais la danse du paysage( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)

 

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29 janvier 2022 6 29 /01 /janvier /2022 07:52


 

 

De la pensée, les mots
ne prennent que des bribes
comme des lambeaux de brouillard
qui passent en courant
devant le paysage,
ne démasquant que les détails
de ce qu’elle fait défiler.
On est loin de représenter l’ensemble !

 

La mathématique de la pensée
est un théorème à la Fermat
que l’on n’est pas près de démontrer,
de démonter??

 

Et puis peut-être
que chacun pense à sa façon,
sans rien à voir avec les autres.

 

©Louis Delorme  
 
Extrait du recueil « Alternances » de 2020. Editions Thierry Sajet                    
 
 

 

 

 

 


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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 07:44

 

                                  A toi maman

 

Ô dieu improbable
je ne crois pas en toi
et pourtant je t’implore
et je te demande
d’exaucer ma prière…
… elle sera brève et simple
comme le vie d’un homme…
Accorde ta clémence
à celle dont les bras
n’ont jamais renoncé
à celle dont les lèvres
au milieu de la nuit
ont toujours attendu
un baiser d’espérance…
Retire je t’en supplie
les doigts sales et noirs
des mauvaises douleurs
qui dévorent la chair
et masquent le soleil…
Je t’en prie
verse ta lumière
à celle que la fièvre
n’a jamais vaincue…
Sans une plainte
elle mène une existence
où le quotidien
se plaît à mordre
sans cesse
mais donne rarement…
Soulève s’il te plaît
la roche du temps
qui meurtrit ses épaules
et pèse sur sa marche
comme une ombre trop lourde
qui pousse le mur
au delà du chemin…
Reconnais que cette âme
frôle ton regard
chaque fois que ton ciel
abuse de sa force…
Ne laisse pas son coeur
à la merci de l’abandon…
Offre à cette femme
qui a tant combattu
le soutien de ton bras
pour qu’elle puisse gravir
en toute quiétude
l’escalier du Royaume
qui mène à la joie
de la métamorphose…
Cette femme admirable
qui porte fièrement
la marque de tes coups
sans le moindre murmure
cette femme est ma mère
et je te la confie
même si tu n’es qu’un nom
un conte… une légende…
Offre-lui la parole
qui permet de poursuivre…

 

Je ne crois pas en toi
ô dieu… dieu invisible
dieu improbable
je ne crois pas en toi
et pourtant je te prie
je te prie d’exaucer
cette simple prière…

 

© Victor Varjac

Antibes, dimanche 13 janvier 2002

 

Extrait du recueil « Le Dragon de Poussière » aux éditions MELIS      
 

 
 

 

 

 

 

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27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 09:07
Siudmak © (Kenako)


 


Sculpture charnelle, force essentielle,
Campé là-haut sur son rocher,
L'athlète bande son arc, en ciel.
Quelle cible sa flèche va chercher ?

 

Un oiseau perdu dans l'azur ?
Un fantasme né dans les nuages ?
L'amour fou d'une belle aventure ?
L'envoi caché dans un message ?*

 

Chasseur ou guerrier sanguinaire,
En quête d'un amour impossible,
Rêveur de cibles imaginaires,
En recherche de l'inaccessible.

 

Peu importe l'arbalétrier.
L'important est surtout la flèche,
Geste d'amour ou meurtrier,
Aurore, rosée ou terre sèche.

 

J'aurais aimé être l'archer
Cupidon sorti de sa toile,
Fixer la pomme sans l'arracher,
Effleurer le coeur d'une étoile!

 

Etre une flèche dans la vie,
Celle qui montre les chemins,
Peu importe si on m'oublie
Sur les routes des lendemains.


Pierfetz © 2004

 
 
 
 
 

 

 

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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 07:44


Ce poème figure dans Mais la danse du paysage

 

tous les vains rideaux de nos vies sont nichés
désormais dans une antichambre un repli quelque part
en mer de Thessalie j’ai semé mes ex-voto de galets
peints et de miel sur les mythologies de nos peaux
il y avait des blocs arrondis en plein ciel des cordes
et des échelles pour les mots et tous les élans qui s’accomplissent
on a ri devant le pain de sucre de nos âmes à peine entaillé
par la lame des saisons qui avait sculpté ces parois lisses
contre des arbres debout sur une seule jambe tremblants
séculaires et tout en visions


© Barbara Auzou.                            

 

 

 

 

 

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25 janvier 2022 2 25 /01 /janvier /2022 07:24
oeuvre de Max Ernst


 

Mots fractals, mots puissants, braises et cendre, tension dans la pâte du quotidien.   
 
Ecrire c’est accepter de retourner le sablier et conserver les grains de sable sous la peau, fugitives morsures des songes.

 Ecrire c’est aussi accepter la signature de la chair et du sang. Celle qui donne à l’autre un abri pour les nuits d’averse, une carapace pour traverser les ronces du soir.

C’est dessiner avec l’extrême mouvance du mot immobile, le reflet d’une île à travers l’ombre de la vie.

Sur la mosaïque de la mémoire brûlent des scories aux remous plus ou moins perceptibles.

Dans cette intime mythologie s’originent oasis et déserts, monastères et sultanats, mais tout se perd dans la profondeur des estuaires nocturnes, tout disparaît dans des océans sans horizons.

Et pourtant dansent sous mes paupières un phare lointain et lumineux : vos mots.

 Je vogue sur leur reflet à marée haute, à marée basse, nous labourons l’océan.

 Secret de nos feux.


 
©Nicole Hardouin        
 

 

 

 


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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 07:38


 

 

L’amour
ce n’est pas toujours
une robe blanche qui ondule,
des anneaux échangés,
un bouquet envolé,
deux vies qui s’enlacent
dans un quotidien lumineux.
Tu as beau le savoir,
quand tu te surprends
à aimer en pays d’adultère,
il est déjà trop tard
tu es devenue Femme bis,
condamnée au secret,
à l’amour masqué
qui ne connaît que l’ombre.
Toi, la Femme bis
tu entretiens ton foyer de silences
avec les soins d’une épouse.
Mais à l’abri
de cette sage apparence,
la passion consume ton existence.
L’amour
ce n’est pas toujours
une robe blanche…


©Kathleen HYDEN-DAVID  
Extrait de « A cœur ouvert » Éditions France Libris 2019    
 
 

 

 

 

 

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