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26 mars 2023 7 26 /03 /mars /2023 06:49


Deuxième partie, traductions par Béatrice GaudyD

 
©Béatrice GAUDY                                                      
 

 
 

 

 

 

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25 mars 2023 6 25 /03 /mars /2023 07:57

L'Espagnol : Dessin Serge Lascar

 


C’est une place nue, à bien d’autres semblable
Clôturée d’une haie de gravas et de sable
Hérissée ça et là de houppes de coton
De gerbes de lavande et bouquets de chardons.
Rendues par la marée
Pièges de corde, d’algues séchées
Échardes redressées telles les dents du Diable
S’enlisent les trophées de chasses redoutables.
Un bouton de vareuse
Arraché au poitrail d’une mer lépreuse
Creuse la fosse d’un cimetière
Larme de cendre dans la poussière.
Jadis les réfugiés
Espagnols fuyaient
Une horde fasciste, sauvage, sanguinaire.
Ils furent cantonnés sur les plages de l’enfer
Harcelés, humiliés, tenus en laisse tel des chiens
Les tempes noircies de poudre sous le feu des gardiens.
Argelès sur Mer.
Mémoire de l’histoire par le temps effacée
Aujourd’hui les marsouins viennent ici s’échouer.
Sur les plages blessées fleurent des immortelles.

 ©Serge Lascar
Nouveaux Cahiers de Poésie
           
 

 

 

 

 

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24 mars 2023 5 24 /03 /mars /2023 07:50

 

 

©Etienne Fatras        
 

 
 

 

 

 

 

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23 mars 2023 4 23 /03 /mars /2023 07:26

Œuvre de Gérard Beaulieu

 

 

Arrêt du souffle sur la douceur
Tu souris au passage du temps
Dans l’incertain des desseins
Geste mutin au coin du destin
Tu répands ton attente jusque dans tes craintes
S’ennuyer ouvre à la suspension
Du mouvement au geste l’appel en silence
Corps allongé, corps aux aguets
Sous l’attrait peu coloré
Ta charmante capacité à briser
Arrêt du souffle sur la douleur
Un avenir de désir et de martyre
Échapper aux odeurs de plaisantes heures
Pour goûter à l’envers de l’en-vie
Pendant que s’étiole l’idée de l’attendrissement

 

©Gérard Leyzieux        
 
 
 

 

 


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22 mars 2023 3 22 /03 /mars /2023 06:45


 

 

À l’été indien
le soleil est brûlant
il veut en faire trop
et consume mon cœur.
À la source d’amour
qui jamais ne tarit
je cherche ton silence
ta joie et ta fraîcheur.
J’ai besoin de si peu
d’un filet de ton eau
de ton souffle à mes lèvres
de tes mots murmurés
de marcher à ton ombre.
 

©  Bernard Delpech               
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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21 mars 2023 2 21 /03 /mars /2023 07:37


Tableau de Mircea Bochiș

 

Version française
 
 L’été du peintre

Une maison blanche-rose sur une colline,
un étrange ciel nuagé, azuré,
son dedans reflété en couleurs :

le bleu troublé par des tourbillons,
le blanc emporté par les éclairées du ciel,
le rose comme un souffle imprégné dans les murs,

entre les ennuagements du ciel glisse
sur le toit fata morgana,
descendant des peintures de Chagall,

la maison irise l’été sur la colline
avec son étrange lueur,
le blanc-rose sur le vert tout autour :

le vert du champ ensoleillé,
de l’herbe ombragée, de sombres buissons,
des cyprès qui montent vertigineusement au ciel,

des peupliers qui veillent son sanctuaire,

dans leur feuillage, l’ombre de deux êtres,
le vert du cèdre assombri,

le ciel est vert comme l’été
troublé par le blanc-rose
de l’étrange maison sur la colline.

 

                     * * *

 

Version roumaine


Vara pictorului

O casă trandafirie pe deal,
un cer straniu, înnourat, havaiu,
lăuntrul casei răsfrânt în culoare:

albastrul tulburat de învolburare,
albul spulberat prin spărturile cerului,
rozul impregnat în perete ca o boare,

între înnourările cerului lunecă
pe acoperiș o fata morgana,
coborând din picturile lui Chagall;

casa irizează vara pe deal
cu strălucirea ei stranie,

trandafiriul pe verdele din jur,

verdele-galben de câmp însorit,
de iarbă în umbră, de tufișuri întunecate,
de chiparoși ce urcă vertiginos în cer,

de plopi străjuind al ei sanctuar,
în frunzișul lor, umbrele a două făpturi,
verdele de cedru întunecat,

cerul e verde ca vara
tulburată de tradafiriul
ciudatei case de pe deal.

©Sonia Elvireanu                                         
 
 
 

 

 

 

 

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20 mars 2023 1 20 /03 /mars /2023 07:27


 

 


Malgré qu’on ne relève à première vue
aucune indication précise
au sujet de ma présence à vos côtés ;
sachez que je suis bien là,
devant vous,
prêt à témoigner en tant que poème en personne.
Eh oui, en tant que poème en chair et en os,
encouragé par cette envie irrésistible
d’échapper à l’analyse
et d’éviter les lieux communs
tout en respectant ma logique un peu rebelle,
à jamais en liberté surveillée.

Je suis bien là,
devant vous,
avec, avant tout, pour mission,
le devoir d’obliger le silence
à desserrer les dents
jusqu’à ce qu’après l’avoir aidé à vider son sac,
on parvienne ensemble une bonne fois pour toutes
à lui délier la langue.

Ce que je relate pourrait peut-être à certains
paraître en général un peu trop relatif...
Mais peu importe :
à partir du moment où mon petit doigt me dit
que, si depuis le début, ça vous parle,
c’est que nous étions faits pour nous entendre.
 

©Michel Duprez                                    
 
 
 
 
 
 
 
 

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17 mars 2023 5 17 /03 /mars /2023 07:29

ouvrage bilingue franco-russe) – Éditeur Conseil des Poètes et Paroliers, S.A.P.F. –  Préface de Valéry Dvoïnikov – Dessin de couverture Anne-Marie Weyers – format 15x21 – 99 pages – 4ème trimestre 2022.

Des rires de jeunesse, des jambes de femmes,
Des regards de douceur, des rencontres d’amis,
Puis l’amour, puis la vie.../...     JCD.

 

Le poème liminaire du dernier ouvrage de Jean-Charles Dorge – Les sabots dans la masure – est annonciateur et s’offre à nous telle une explosion d’amour, une révélation, un éblouissement intérieur ; une femme en devient soudain la révélation : Elena !


Ce recueil est traduit en russe, preuve d’un bel éclectisme, d’une volonté d’unité et d’ouverture intelligente en ces temps - hélas ! - où nous sommes encore confrontés à l’ignorance, l’obscurantisme et où nous avons tristement tendance à faire des amalgames entre une quête profondément humaniste et les dissonances de l’histoire.  


Les poètes, les artistes, les créateurs ne sont pas responsables des errances incertaines, douteuses et dangereuses générées  par l’avidité inextinguible  de leurs dirigeants.


Installons donc notre campement dans le pays de la poésie où «Les champs d’orge parfument l’air de Paris» !


Jean-Charles Dorge n’est pas loin, dans son expression pastorale, de nous faire songer au grand penseur et poète Philéas Lebesgue, auteur de Mes semailles.


La symbolique du sabot nous situe dans un espace où flotte une certaine rêverie nostalgique, les vibrations du temps passé serti de regrets. La note est donnée : « Les cœurs dansent dans les sabots... ». Le ton s’impose, la plume du poète amorce un retour sur la mémoire où le vin de la joie enveloppe de ses brumes les rêves. « Des pipes fument.../...on rit, on trinque, on chante.../... ».


Voici un ouvrage attachant, qui sent bon le terroir, la terre fraîchement labourée, les blés moissonnés sous le soleil d’été, la senteur des foins coupés et les odeurs d’antan, celle du bon pain de campagne, du lard fumé, du pot au feu au coin de la cuisinière en fonte.


Les poèmes, de factures diverses, évoluent au rythme de la vie : des rires d’enfants, des femmes aux belles jambes et robes affriolantes, des larmes de joie, de peine et d’amour. Le poète se met en observance et chaque bribe du quotidien nourrit et alimente son moulin à poèmes.


Voici aussi qu’il se fait parisien et place ses pas dans les empreintes des grands ainés du passé, où flottent toujours leurs ombres à la Closerie des Lilas. Bonheur pour le lecteur de croiser les scènes de vie au fil d’un chemin de hasard, de rencontrer des artistes, des badauds, de regarder passer les bateaux sur la Seine, de s’enivrer des parfums de femmes, que le poète observe d’une terrasse de café ; le tout noyé dans les effluves des rues. Que serait Paris sans ses          « putains noires  ou blondes  montrant leurs jambes vagabondes .../... où coule une odeur de pas perdus » ?!   


Dans ses errances rêveuses, le poète nous gratifie d’une petite balade poético-géographique, nous entraînant du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest : Picardie, Alsace, Provence... .


Il est bon, parfois, de retourner sur les pas de l’enfance, de retrouver les jeux avec les copains, les premières petites amoureuses et les odeurs de confitures.  


Certains poèmes plus légers respirent et jouent avec les échantillons de nos existences. D’autres sont  plus graves, solennels ; ils aimeraient voir un monde plus sage et responsable, plus apaisé ; ils souhaiteraient voir sécher les larmes et enterrer les armes.


Ils ne portent plus de sabots, ou - pour le folklore - à la fête du village, mais le constat est flagrant : les paysans, aujourd’hui, s’absentent de leurs terres en raison des charges pléthoriques, des endettements forcés, des impôts suicidaires, sans parler des normes crucifiantes, du réchauffement de la planète et d’une écologie hystérique irréfléchie et non maîtrisée. Cependant le poète voit juste car le paysan est bien le seul à être « nécessaire au futur du vivant, lui seul peut obliger les menteurs à se taire, il fabrique le vrai quand ils sèment dans le vent ». Oui, « il faut urgemment revenir à la terre ! ».       


Les parfums de la terre seraient inexistants s’ils ne se mêlaient pas à ceux de la mer, des algues et du sel, qui passent comme un rêve d’écume.


Vivre, vivre est le leitmotiv du poète, constatant que nous sommes bien trop confiants et que nous ne nous méfions pas assez du temps, qui, silencieusement, avance sournoisement en défiant le tic-tac et faisant bonne figure, jusqu’à nous retrouver face au miroir des illusions, où il ne reste dans la mémoire que les traces d’une sonate d’enfance.


L’évidence nous rattrape : combien même le poète se ferait-il voyant, il ne peut pas tout voir, en particulier dans le cœur bien souvent trop noir de l’homme.


Gageons alors que la poésie demeure encore l’ultime moyen de l’illuminer !

 

Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

     
 
 
 

 

 

 

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16 mars 2023 4 16 /03 /mars /2023 08:18

 

 

Quelqu’un, quelque part

pense à moi, je le sais, je le sens

Quelqu’un, quelque part

me fait cadeau de sa pensée

Merci la Vie


Je ne souhaite que d’être aimée

 

~*~

 

Qualcuno, da qualche parte

pensa a me, lo so, lo sento

Qualcuno, da qualche parte

mi regala il suo pensiero

Grazie Vita


Mi auguro solo di essere amata

 

Ode©
Extrait du recueil de ODE : Médaillons Poétiques, français et italien – Traduction de Mario Selvaggio        
 
 
 

 

 

 

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15 mars 2023 3 15 /03 /mars /2023 07:38


 

 


On les appelle des bêtes
A mon cœur
ce sont des personnes
en droit, en dignité

Qui sait contempler
le profond regard
de nos compagnons
sait que l’être est habité !

Jolis ports de têtes
regards intenses
tendresse sans mots
amour éclatant

Lui, c’était mon chien
Khépos de son nom
mélange de race
un amour qui ne s’oublie pas

Elle, c’était Cléo
une petite chatte
bicolore de robe
sauvage et douce à la fois

Si vous pouviez savoir
combien vous me manquez
tellement vous avez su remplir
mes jours de triste solitude

Non, vous n’étiez pas des bêtes
vous étiez de ma famille
vous étiez ma famille
mes amis, mes confidents

Cœur noyé de solitude
vous me compreniez
et veniez près de moi
pour mille câlins tendresse

Et dire que trop d’humains
ne vous aiment pas
voire qu’ils ont peur
alors que vous êtes amour…

 

©Jean Dornac

Lannion, le 14 mars 2023                         
 
 
 

 

 

 

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