De la fleur d'oranger je devrais ressentir
les bienfaits. Fortifié dix-sept fois, le château
de René attend mon bon vouloir : c'est l'ardoise
qui séduit le regard. Je m'apprête à partir,
''Sans asile et sans nom''. Du passé coule l'eau
de mes nuits, viatique sirupeux de l'armoise.
Le rayon matinal allume en chaque ville
un vitrail ; voyageur pose ton lourd fardeau
La Loire échange son lys contre de l'oeillet
et demain tu verras l'Aragon, la Sicile :
le Bon Roi duc d'Anjou te fera le cadeau
d'une fleur d'oranger pour ton gros cœur douillet.
En chemin Laurette est venue à ta rencontre
conseillant : « Prudence est mère de sûreté »
Égarés, des faciès aux abois pleins de peur
ont voulu acheter près d'un feu ma montre,
des gitans parlant grec mais sans identité.
Partager leur alcool ne fit pas mon bonheur.
J'ai moitié moins de poids maintenant, paisible
je m'assois dans des trains, sensible au paysage.
Ne pas vagabonder, ni forcer des clôtures,
par chance, ces indiens ne m'ont pas pris pour cible !
Pour les passagers je suis un poète sage
la poche pourtant pleine de noix et de mûres.
Le filet de Sorgues paraissait épuisé
Les rigueurs de l'hiver l'auraient donc rétréci ?
Me voyant arriver l'Ennui s'est apaisé
La margelle du puits où sombre le souci
est déserte : Laure est sur le seuil de son logis
qui a toujours été hanté par la magie.
Je crains de prendre la Tarasque dans mes bras...
On dit qu'à Beaucaire, on trouverait sa maison.
Laure est bien de Noves et sa beauté inchangée
sur toute la région y répand son aura.
Divins les fils dorés de sa blonde toison,
de formules sa langue bifide est chargée.
J’ai le plaisir de vous présenter le nouveau recueil de Gérard Leyzieux ! J’espère que vous lui réserverez un bon accueil ! (Jean Dornac )
Mot te meut et t’émeut
Muet devant tous ces maux
Tu mets à mal la parole reçue
Phrases t’aphasient et t’anesthésient
Niant ces bouches devenues phares
Tu déplisses ton souffle retenu depuis trop longtemps
Érigeant ta langue en à-pic
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Mais ces mots détenus dans le vide éperdu
Ils frappent à la pointe de la langue
Attendant la délivrance du silence absolu
Tu trouveras peut-être un rire d’enfant,
Qui jamais ne vieillit,
N’en discute pas le prix.
Si l’on te propose une joie encore belle,
Qu’il faut seulement raviver,
Glisse-la dans ton panier.
Et là, au fond d’un vieux cartable,
Une tendresse dort, depuis si longtemps,
Sur elle, souffle doucement
Pour la ranimer, et vite l’emporter.
Il y a des draps de métisse,
Un peu rudes et jaunis,
De longues chemises de lin,
Qui ont traversé le temps,
Empreintes de mots d’amour,
De serments éternels, d’ardentes étreintes,
De plaisirs éphémères qui ne s’oublient jamais.
Prends-en une brassée, pour ne pas oublier
D’aimer à en crier.
Et si tu cherches bien, sous un joyeux fatras,
Tu trouveras peut-être, encore palpitant,
Un amour autrement, qui ne se dit pas,
Invisible à beaucoup, pour toi si évident.
Prends-le doucement,
Pose-le contre ton cœur,
Et sans payer, envole-toi vite,
J’ai le grand plaisir d’accueillir une nouvelle poète, Chantal Capelle. La peinture est l’œuvre de son frère Bernard Capelle. Bienvenue à vous deux dans l’équipe des poètes de Couleurs Poésies. J’espère, chers lecteurs, que vous leur réserverez un excellent accueil ! (Jean Dornac)
Petite coccinelle, belle belle.
Où s’en est allée trottinant la belle
Que déposa au bout de son doigt
Mon frère pour qu’elle s’envolât ?
Rouge rouge, petite coccinelle.
Jusqu’où l’ont-elles emportée ces ailes
Toute piquées de points noirs, au ciel
Où j’aurais tant aimé voler, là-bas !!!
Le Raphaël de mon tableau
pourrait être aussi un Gabriel
qui annonce à l’endormie
un songe ou une vision.
Ainsi qu’un Michel au regard métamorphosé,
c’est-à-dire découvrant avec tendresse
non pas une créature à terrasser,
mais une femme à manifester.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...