j'ai cherché ta beauté
et je l’ai trouvée cachée
ta beauté m’a appelée
et je me suis cachée
de peur de rendre difficile
la montée au ciel de ton cœur battant
dans la glaise quelques gouttes rouges
trempent la lèvre noircie du temps
À l’orée de l’œil, les graminées ont goût de plumes. Nées au jour, elles chantent: grelots dansant sous le vent. Jouant la lumière, elles se donnent au soir. À l’orée de vous, filles folles, l’heure, chaume du temps, dérive. Pas semés, corps dansant, l’heure embellie n’a plus prise.
Loin du jour, oiselles en bouquets, les graminées tapissent le vent.
Tel un sang de nature, l’ivraie n’est pas moins belle. Herbe vaine, elle ne sert à rien, mais, sans elle, la marche est en peine et nu le chemin. Herbe folle, elle ne sert à rien, pourtant, sans elle, la parole s’éteint.
Tel un sang d’écriture, l’ivraie sème le poème.
Extraits d’Aubier
Revue Écrit(s) du Nord
N° 35-36 2019
Plein d'espoir ou plein d'orgueil
On fait sa route quoi qu'il en coûte
Par foi ou par fierté
Pas question de s'arrêter
Pour garder la dignité
On met ses maux de côté
Mais pourquoi toutes ses pensées
Pourquoi ces règles de moralité
Ces actions contraire aux volontés
J'ai envie de rire et de pleurer
D'être bien ou mal accommodée
Pourquoi faut-il toujours montrer
Laisser "paraître" ce qui nous a cruellement manqué
Pourquoi se torturer
A faire voir des images un peu trop colorées
J'ai envie de danser et de m'effondrer
Mais à jamais je me l'interdirai
Mon règne est sans tabou, jusqu’au jour où Adam est arrivé et a exprimé ses exigences, ses besoins de procréation.
Me refusant à sa domination je me suis enfuie, laissant derrière moi des soies vénéneuses, mais voluptueuses.
Et un homme dépossédé.
Sarabande au milieu du Jardin premier, les peaux encore chaudes de l’haleine des étoiles ont libéré les forêts secrètes, gorge à gorge, puits à puits, spasmes.
Lui, l’homme du sixième jour, n’a rien oublié des naufrages de salive que je lui ai fait goûter dans l’extrême embrasement.
Maintenant, il mange l’absence, je suis derrière le miroir.
« L’arbre est en réalité enraciné dans le ciel. »
Simone Weill
Flocon céleste, palpite !
Tournoie, pépite lactescente !
Délaie les oripeaux de brume
Figeant ma ramure.
De ton étole de cristal
Protège la chair
De mes feuilles séculaires
Ecrivant la paix.
Seul un battement d’ailes
Trouble le silence ouaté,
Augurant ma joie fulgurante
De la fleur au fruit.
C’est la musique de l’âme
Inspirant le sang de ma sève vers l’élan.
Elle reviendra,
L’hirondelle de l’Espérance.
Sur proposition de Gérard Gautier je publie volontiers ce nouvel auteur sur Couleurs Poésies
Très pâle encore, mais sûr de sa force prochaine, debout, prêt à partir, son bâton dans la main
très loin déjà, les yeux fixés vers le dedans, comme un homme qui sait la tâche qui I 'attend.
Il est temps, leur dit-il, de reprendre la route ;
je vous confie ma joie : faites-la fructifier. Allons ! ne pleurez pas ! je serai parmi vous. Celui qui m 'a connu ne m’oubliera jamais.
Vous n 'étiez qu'un degré de mon Ascension et je dois vous quitter pour une vie plus haute. Pour renaître à la vie nouvelle, il faut mourir à I 'ancien homme, et se nettoyer de soleil.
O mes amis ! j 'étais si las et si fermé !
je suis ouvert, je suis un nid pour le bonheur.
L'azur et les oiseaux logent dans ma poitrine
Et j 'ouvre grand les bras pour accueillir I 'amour.
Allons ! ne pleurez pas ! Voyez ! je suis vivant ;
je suis illuminé d'une tendresse immense.
Le printemps me soulève et promet à mon cœur sa grappe la plus lourde et sa gerbe comblée.
Claude Vaillant
Dans I 'incendie tout a brûlé
1984, Ed. Autres Rives
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Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...