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14 juillet 2023 5 14 /07 /juillet /2023 06:45

Recension :  - Jeannine Dion-Guérin Silence à haute voix – Editions Editinter - collection poésie – Illustration couverture Marie-Geneviève Simon-Ballou - nombre de pages 119 – format 14x21 – Mai 2023 –

 

Prétendre aborder un poète de l’envergure de Jeannine Dion-Guérin demande toujours

de l’ humilité, du respect et beaucoup de recul. Car elle appartient à ce cercle très restreint des Princes de la Poésie et croyez bien que ce titre n’est nullement usurpé.

Le grand poète belge Auguste Marin, ne disait-il pas : - Il y a toujours péril à parler d’un poète. Certains êtres, il faut les aimer de loin, d’aussi loin que le silence. -

Voici des ans, des lunes, que je connais la poétesse Jeannine Dion-Guérin, que nous avons souvent échangé pour nous retrouver sur le même chemin, celui de la haute poésie, sur la même fréquence et pourtant dès qu’il s’agit de l’aborder au travers de son œuvre, d’effleurer donc la femme, alors je me sens le besoin de prendre de la distance, car avec Jeannine Dion-Guérin nous touchons au suprême, nous croisons un haut chant de poésie.

Elle a le don de la transcendance avec les gammes de pureté ne révélant que l’essentiel. La note juste et intime.

Une nouvelle fois, avec son dernier recueil – Silence à haute voix – nous démontre si besoin était que sa poésie s’ouvre sur un grand silence épuré, une volonté presque minimaliste.

A la lecture de la poésie de Jeannine Dion-Guérin une énigme m’aiguillonne, car elle a toujours manifesté une certaine complicité avec les corbeaux, ces grands oiseaux si intelligents, il me semble que cela remonte à une période où elle consacra beaucoup de temps et d’énergie à Vincent Van Gogh son peintre d’âme et de cœur. Le corbeau a toujours déposé son mystère sur la poésie de notre amie : - C’est l’heure aux corbeaux, l’aube des matins ambigus qui piaillent à la brume…/… -

Jeannine Dion-Guérin laisse les mots de son imaginaire se mêler aux éléments naturels, recouvrir un galet, l’écorce d’un arbre, perdre leur virginité entre les draps d’un lit nuptial et de marivauder avec l’amour. Elle joue de la métaphore possédant l’art de nous dérouter. Ces mots en goutte-à-goutte finissent par polir la pierre de vie, afin de mieux y graver les initiales de son identité. Son regard s’inspire de l’insolite, des rejets sociétaux, du drame de l’humanité.

L’univers de Jeannine Dion-Guérin s’ouvre à nous en son double sens, imprégné de l’illusion du miroir, de l’image fragile et fugitive, où tout se révèle n’être qu’illusion. J’avoue aimer la facette libertine de notre poétesse malicieuse avec ses clins d’œil là où nous ne l’attendons pas. 

-Ayant du goût perdu le sens au fil du temps s’amenuisant, que me reste-t-il à sublimer sinon le parfum de la « Chose » ? -   

Il faut savoir accepter avec beaucoup de patience le temps qui s’égrène et signer avec lui un pacte de vitalité. Le défi semble absurde, mais à bien y réfléchir il ne l’est pas tant que cela, c’est un acte de bon sens et de bon voisinage. À quoi bon lutter lorsque le verdict de la destinée est inéluctable, mieux vaut composer. Néanmoins la grande question avec Dieu que nous voudrions bon, reste en suspend  et nous permet de douter lorsque que nous dévoilons l’image de l’homme. La vie est souvent masquée comme la nature en automne qui à son déclin nous interprète l’air de l’embellie.

Jeannine Dion-Guérin laisse pousser les vignes vierges jusqu’aux pieds de son bureau, elle  humanise la nature, vois les arbres en prière face au ciel vide et indifférent, mais où est donc Dieu cet éternel absent ?

Dans ses pérégrinations oniriques elle se découvre des lieux communs avec Colette – Bourguignonne, ma sœur éprise d’amour et de verdure – Petits plaisirs fantaisistes de la vie, besoin de croire en l’âme sœur.

Le langage est parfois codé, Jeannine Dion-Guérin y brode ses images, ses métaphores étonnantes, elle fait en sorte de saisir l’éphémère pour en extraire la quintessence.

Il faut se méfier de l’habitude, du quotidien, il faut se renouveler, bien que ce ne soit pas toujours aisé.- Tant de pistes négligées demeurent à arpenter -

Notre poétesse qui malheureusement a déjà connu une guerre lui laissant des stigmates douloureux, se préoccupe de l’actualité et ne demeure pas insensible à l’incohérence et à l’absurdité criminelle des tyrans qui répandent le sang des innocents et jettent la confusion. Comment se peut-il que pour une simple volonté égocentrique et personnelle un seul homme et quelques bouffons puissent mettre en péril des nations, en semant le feu et la mort.

La question reste posée ! Qui apportera une réponse ?

Sans doute la cohorte silencieuse des cœurs et du bon sens.   

Beaucoup de poèmes à double sens sont à lire entre les lignes, d’une image, Jeannine Dion-Guérin nous donne à découvrir son négatif, manière permettant de nous rapprocher du mystère créateur.

Par sa poésie notre amie reste simple et modeste tout en veillant à ne pas tomber dans le piège de consumérisme : - restons « écrivaillon » peut-être mais seul maître à rédiger. -    

Jeannine Dion-Guérin a toujours été une semeuse de vie, une complice de l’amour et même avec l’âge qui avance elle porte toujours bien haut le flambeau d’une lumière d’espérance : -Pourvu que demeure en elle, le plaisir d’écrire. – Elle donne une vie à ses poèmes, ne sont-ils pas ses petits, ses peines, mais surtout ses joies. Un souffle de liberté fleurte avec le libertinage, le plaisir du corps : - Offre-lui du « jouir » les friandise qu’il mérite. - Oui notre poétesse, femme avant tout, peut bien s’octroyer ce droit : - d’en avoir en son temps croqué la pomme. - 

Elle joue et jongle avec les mots, se fait bateleuse et improvise sans partition.

Jeannine Dion-Guérin se met en quête de bienveillance absolue, de pacifisme contrôlé et d’écologie mesurée, loin de toutes velléités et absurdités partisanes : - En finir avec les éclats de voix, de haine des échanges mortifères de répandre les guerres sous de fallacieux prétextes de terres vierges à ensemencer. –

Le doute parfois s’installe, peut-on encore faire confiance en l’homme aujourd’hui trop plein de dilemmes. 

Elle possède ce don de magnifier le Verbe, de le transcender tout en demeurant dans la modestie et la mesure, de détourner les vocables et leurs formulations de leurs sens originels.

Jeannine Dion-Guérin est une éternelle première, sorte de Diane chasseresse inconditionnelle toujours à l’affût du beau, du bien, du bon, du charnel. Dans cet esprit, je resterai sur la marque de fabrique de notre amie, qui est nourrie d’espoir et de confiance en l’Amour et laisserais la conclusion à : - un ultime coït triomphant. –

 

 

Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

     
 
 
 

 

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13 juillet 2023 4 13 /07 /juillet /2023 06:44


 

 


L’âme engendre
Ses légions de soi
Qui filent dans le néant
Comme l'araignée file la soie

Voie royale ou chemin de croix
Peu importe
Pends ton temps
 

© Leafar Izen      
Extrait du recueil « Oeuvre incomplète »  
 
 

L'auteur travaille actuellement sur un 4eme roman : "L'Homme qui n'existait plus »
 
Le site de Leafar Izen et son site de vente par correspondance  http://www.leafar-izen.com http://www.leslibraires.fr/
 
 
 
 
 
 
     

 

 

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12 juillet 2023 3 12 /07 /juillet /2023 06:29


Editions Copymédia – Format 15x21 – Nombre de pages 107 – illustrations de l’auteure - 2 -ème trimestre 2023 -
 
 
Ce recueil se présente sous la forme d’une sorte de compilation anthologique personnelle où les textes ont été choisis selon des critères de distinctions reçues au fil de diverses joutes poétiques. Nous voici ici emportés dans une turbulence mythologique. Notre poétesse Annick Gautheron déploie son étendard aux armes de la poésie sous « Le souffle de Calliope » muse de la poésie lyrique, libre, insoumise, c’est un signe annonciateur, car c’est bien dans cette perspective que se présente et qu’il faut percevoir l’acte poétique de notre amie. Dans le souffle de la liberté et le droit de rêver.


Notons qu’Annick Gautheron, commence par son inspiration de prédilection l’enfance, les enfants, la famille, ce « Cadeau du ciel » puis évoque les présences mystiques dans les monuments d’antan comme dans l’Abbaye de Cluny, auquel je ne crois pas, je suis justement en train d’écouter au seuil de cette préface : «  Les chants du XII -ème siècle de l’Abbaye de Cluny » composés par Pierre le Vénérable abbé de Cluny.


La plume de notre poétesse nous situe d’amblée au cœur de son jardin d’enfance, là où sans doute elle se ressource pour retrouver la beauté d’une certaine vérité au cœur de l’innocence. C’est ici qu’elle cultive l’espérance, qu’elle ébauche les portraits de l’amour, qu’elle tresse des cœurs dans le ciel.


Inévitablement l’enfance nous conduit, nous projette vers le futur, alors que le nôtre est bien compromis face à cette équation de l’absurde, même le vieux sage ne sait que répondre à l’enfant qui le questionne, sinon que ce monde altéré, violé, exsangue, est le résultat de la cupidité, de l’ignorance et de l’inconscience des hommes : « Dis, Monsieur Rabhi, pourquoi le bleu de ta planète disparait ? » force est de constater : « Mon cher Petit Prince...c’est seulement... la folie des hommes... »


Notre poétesse se surprend à parler aux pierres, aux arbres, aux oiseaux, ce qui nous révèle un petit côté Saint François d’Assise. Cette poésie englobe les présences énigmatiques ressenties dans les vieilles pierres, auxquelles elle donne la parole « Et le temps m’emportera » pour la maison en ruine, le « Manoir infâme » ou « Le moulin du poète », l’Abbaye de Cluny dont l’ombre étend son recueillement sur la poésie d’Annick Gautheron dans les murmures inspirateurs des chants grégoriens. Il n’est pas rare de voir sa poésie passer de l’image afin de se conjuguer avec le verbe. Dans chacun de ses poèmes, il y a une notion de voyage, de découverte de l’inconnu.


La poésie est une surprise qui s’entretient, qui contient toujours un parfum d’innocence, d’étonnement, qui se construit de façon informelle aux sources de l’éphémère, où se compose un nuancier aux couleurs de la mer, du soleil et du ciel, telle est sa conception et composition en forme de liberté : « Relis mon petit poème de liberté, envole-toi pour un voyage rêvé. » 


Prose et poésie se mêlent effrontément, mais se complètent judicieusement. Lorsque la poésie se veut musicale, la prose se fait princière, elle est un refuge qui sécurise, mais également une pérégrination vers l’inconnu. Un vent marin souffle parfois sur les voyelles de la poésie en lui insufflant l’image du voyage.


A la poésie nous pourrions associer l’illustration. Toutefois Annick Gautheron demeure assez discrète sur le fait, elle ne veut rien nous démontrer sur cet aspect graphique, ce n’est qu’un petit supplément à son arc loin d’être négligeable, car par ses compositions en technique mixte, collages, assemblages, photos, pigments divers, notre amie offre une petite touche originale à ses poèmes, c’est une note de fraicheur réhaussant l’esprit.


Annick Gautheron est une perfectionniste, souvent habitée par le doute, l’incertitude, mais toujours en quête d’absolu. C’est une voyageuse qui ferme les yeux et se laisse bercer par ses rêves. Peut-être est-ce une manière de suspendre un peu le temps.


Tout rêveur qu’il soit, le poète n’échappe pas aux coups de boutoirs du cycle de la vie, alors naissent sous sa plume des fragments d’existences, des drames, des joies, des promesses, des détresses, des trahisons, des amours incertaines marquées des stigmates incontrôlés.


L’Amour clé de voûte de l’humaine condition ! L’Amour et la Liberté, thèmes dominants du jardin intime de notre amie. Néanmoins et afin d’entretenir le foyer du désir, je ne vous révélerai rien de plus sur : « Le souffle de Calliope » et j’en resterai à ce texte « Je suis un Poème LIBRE » qui me sensibilise beaucoup, parce qu’il se présente à contre-règles, justement au nom de la Liberté.


Conclusion je n’ai aucun doute sur le fait qu’Annick Gautheron adhère à cette vision, que le poète, comme le peintre, doivent faire en sorte que la beauté devienne visible.

 ©Michel Bénard.       
 

 

 

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11 juillet 2023 2 11 /07 /juillet /2023 06:38

La chouette et la Pleine Lune. © Jean-Baptiste Feldmann
 


Un oiseau donne naissance à la lune
Un oiseau amincit mon chagrin
Un oiseau m’ouvre le chemin des étoiles
Un oiseau m’annonce que tu seras là demain

~*~

Un uccello infonde la vita alla luna
Un uccello attenua il mio dispiacere
Un uccello mi apre il cammino delle stelle
Un uccello mi annuncia che tu sarai qui domani
 

Ode©
Extrait du recueil de ODE : Médaillons Poétiques, français et italien – Traduction en italien de Mario Selvaggio                
 
 

 

 

 


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10 juillet 2023 1 10 /07 /juillet /2023 06:29

Une des caricatures de l'exposition, une œuvre de Vladimir Kazanevskiy, un résident de Kiev, en Ukraine.

 

A coup de fusil
de bombes
de missiles
et de viols
l’homme qui se prétend fort
s’attaque à un peuple
sans arme

Ce peuple
s’il n’a guère d’arme
a toujours du coeur
pour défendre
son pays
sa liberté
ceux qu’il aime

il défend
au prix de sa vie
toutes ses valeurs
tout ce que le monstre
du Kremlin
hait le plus au monde

L’homme qui croit en la force
ne peut pas comprendre
l’amour absolu de la liberté
il veut être obéi
en imposant la mort
à ceux qui refusent

Il veut imposer
à tout un peuple
le même froid fatal
qui dévore son âme
de tyran irrécupérable

Il est, certes
maître du mensonge
serviteur des crimes
mais cela
ne fait pas de lui
un être admirable

Au contraire
tout en lui
corps et âme
est repoussoir
et à jamais
méprisable

en cela il rejoint
le monstre
nazi tant honni
Hitler le barbare
ils sont unis
pour toujours

désormais
usant d’un vieux
classique
il se dit
l’envoyé de Dieu
rien que ça…

à la cruauté
il ajoute
le ridicule
en manipulant
l’histoire
et la religion

quel que soient
les prétextes invoqués
son crime majeur
est de ne pas respecter
la vie
et de nier l’avenir
des peuples

©Jean Dornac
Lannion, le 9 juillet 2023                                     

 

Jean Dornac a été honoré de la distinction d’Ambassadeur de la Paix.
 
 


 
 

 

 

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9 juillet 2023 7 09 /07 /juillet /2023 06:54

La porte de la mort de William Blake (1805)


C’est dans le tunnel des mots
que j’avance à ma mesure
j’ai dépassé celui de non retour
je sais qu’à point nommé l’un d’eux
se détachera de la voûte
entraînant tout l’édifice
Serais-je alors au bout de tout
au commencement d’autre chose
aurai-je la lumière en vue
celle d’un autre part qui m’a tant fait rêver

©Louis Delorme    

Extrait du recueil imprimé par Louis Delorme lui-même, recueil nommé : « Le point de rupture »              
 
 
 

 

 

 

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8 juillet 2023 6 08 /07 /juillet /2023 06:43


 

 


Savons-nous pourquoi le miroir
renverse l'apparence
et fascine les yeux
au delà du reflet ?

Rencontrer son image
suspendue à un mur
par la seule magie
du regard sur la glace
n'est-ce pas entrouvrir
la porte secrète
qui donne sur le rêve ?

A peine quelques pas
et la lumière du visage
se dilue dans l'espace...
aucune empreinte...
aucune ride...
sur le lieu de rencontres...

L'écho de l'apparence
s'est volatilisé
et le miroir immobile
comme le chasseur à l'affût
attend sans impatience
qu'une nouvelle image
apparaisse un instant
dans la joie de son oeil !

©Victor Varjac
Antibes, février 1997

Sources : http://victorvarjac.wifeo.com/#1123
               
 
 

 

 

 

 

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7 juillet 2023 5 07 /07 /juillet /2023 06:45

 

 

Un titre sous forme d'affirmation qu'il va bien falloir démontrer ; et je songe à l'auteur de ces mots à la fois poète et enseignante qui aurait pu donner cette phrase à méditer à ses élèves adolescents :
« Tout amour est épistolaire. » ''Vous avez 4 heures ! »
    Barbara AUZOU, elle, nous fait la démonstration à la fois poétique et sentimentale de la véracité de ces mots concernant sa relation amoureuse, en l'écrivant au quotidien et de façon magistrale, sur une période d'un an, environ, depuis le 25 juin 2021 jusqu'au 10 juillet 2022.
    Il s'agit de révéler au jour le jour que l'absence ou la présence de l'être aimé n’interrompent jamais le sentiment mais qu'au contraire, cette alternance le favorise, fortifie et enrichit l'avancée à deux, jour et nuit, dans la profondeur et le perpétuel renouveau. La présence physique épisodique, entourée de poésie et de mots vivants choisis, serait un ferment pour l'épanouissement d'un amour. :

''parce que je le confesse les mots que je murmure aux fleurs sont davantage à ton adresse'' (P.18
''Je t'entends encore m'affirmer que c'est déjà plus haut que nos vies cet amour fou jeté par poignées d'oiseaux sur les volets du murmure ''(P.32)......
''Il m'arrive la nuit de m'éveiller à l'instant même où le songe se tait alors j'enchenille les persiennes au coton blême de ma peau pour te retrouver''(P. 34)

    Dans l'écriture de Barbara Auzou, les sentiers ne sont jamais ''battus'', ils naissent aux besoins toujours nouveaux puisque le sentiment d'amour se sublime par l'absence et se réserve aux lèvres franches et assoiffées :

Je t'écris comme une fontaine de persévérance laisse un bruit d'eau sur les lèvres'' (P.17

L'amour reste est lié aux cinq sens qui par un travail de mémoire poétique incessant demeurent en
éveil :

''Tu sais comme me demeure étranger tout ce qui n'est pas immédiatement compréhensible par la peau’'(P.19)

L'amour reste à vif grâce à ce quotidien en alerte qui fait provision de beauté et de bien être partagés aidé par une commune vision de la vie :

''Raconte-moi encore la tendre histoire du temps amoureux qui se couche sur le temps pour que j’écosse mes rêves assez longtemps sur le sensible, que je retourne au ventre fauve des lenteurs vraies et au foyer blagueur de tes yeux où je monte à pas de loup jusqu'au joyeux'' (P. 31)

Ce recueil vraiment exceptionnel est le témoignage patient et vivace d' un feu entretenu à deux, un feu que l'on engendre, transporte, que l'on voit briller ; un feu qui vous rappelle de tendres et fougueux souvenirs ; un feu parfois violent qui ne vous laisse jamais de cendre sans une étincelle de secours au coindu cœur.
Lecteurs, amoureux des belles lettres, que me soit permis un conseil : ne prenez pas de notes quand
bien même les paroles de l'auteur vous paraîtraient si proches de vous, si belles ''à tomber !'' ; faites comme disent nos amis Canadiens : ''Tombez en amour ! Et la poésie de la rencontre vous donnera peut-être ce supplément d'âme et de jeunesse ardente qui rend la poésie amoureuse de Barbara AUZOU si vraie, si fraîche et profonde, si positive... inimitable.

© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 

 
 
 

 

 

 

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6 juillet 2023 4 06 /07 /juillet /2023 06:45


 

 

Les grappes odorantes d’une blanche glycine ornent la façade cossue rue Raynouard.


La porte est entrouverte.


Précédé d’une élégante aux gants corail et ombrelle au manche d’ivoire, j’entre dans la cour ensoleillée.


Cette demeure est sertie dans un écrin de verdure où chaque feuille devient satin.


 
Nappes brodées et vin blanc carafé attendent les dames de la colline de Passy en ce jour de vernissage.


L’ampleur arrogante d’un chapeau fleuri, l’audace d’un regard fouetté de mascara donnent le ton.


Dans un frisson d’impatience, quelques mèches rousses, légères et folles, s’enroulent sur l’exquise distorsion d’une nuque.


La beauté exalte et délivre dans ce décor suranné.


 
Pour l’occasion, le bow-window sert d’écrin à deux chevalets : à gauche, une muse dont l’audacieuse tendresse à la commissure des lèvres invite à suivre son désir ; à droite, une amazone pétrie de grâce orientale.


 
Sous la verrière, bouffie de suffisance, une prétentieuse obèse transpire sous ses dentelles tandis qu’une coquette avec ses rangs de perles semble s’étourdir dans ce vertige d’apparences.


 
Un peu à l’écart de ce jeu de dupes, deux peintres devisent sur « Caresser et Mordre », deux mots calligraphiés sur l’en-tête de l’invitation, deux mots clef, sésame promis pour cette après-midi :
             Le premier, grand, mince, rouquin aux mains meurtries par les huiles et les pigments, toujours guidé par son refus d’allégeance, décrit le bleu dont il a habillé le Pont Mirabeau.


             Le second, petit et râblé, cadogan rouge retenant une longue chevelure noire de jais, évoque sa quête de la couleur jaune, éclair qui éveille, lumière qui poudroie.


 
Une clochette tintinnabule plusieurs fois pour annoncer Tania, poétesse slave, égérie d’un Cercle lettré des bords de Seine.


Avec talent, elle déclame la magie de L’oiseau de feu, immortalisé par le faune, éternelle étoile androgyne.


Aux quatre coins du salon, les parfums enivrent comme la valse des roses de Chiraz, tandis que, ignorant un solitaire brillant de mille feux, s’échappe un sonnet de Musset.


Les regards caressants fusent de tous côtés.


D’un quatrain à un tercet, le désir ne s’éteint jamais.


 
Accompagnant ce besoin de beauté, le soleil descend.


 
Tout devient lilas, souffle de joie.


 
L’infini affleure ; rimes, lignes et couleurs brodent l’heure bleue.      

 

©Roland Souchon

www.rolandsouchon.com          
 
 

 

 

 

 

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5 juillet 2023 3 05 /07 /juillet /2023 06:37


 

 

A pieds nus remonter
le lit du torrent qui s’essouffle

S’y perdre pour mieux rebondir

Juillet, en son filet d’eau
se prélasse sur son aire

quémande le repos
avant de se résigner désert

Ariane ma soeur
qu’êtes-vous venue y faire ?


©Jeannine DION-GUERIN

Extrait du recueil « Petite suite pour une convalescence » aux éditions « éditinter »                  
 
 
 

 

 

 

 

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