Miroir ou mirage
Je ne sais pas qui tu es
J'ai écrit mille poèmes
Dans le vide dans le vent
Miroir ou mirage
Je ne sais pas qui tu es
Tu es ma mélancolie
Mon soleil et mes nuages
Tout ce qui pourrait être
Et que Dieu a manqué.
Broyant du noir un soir, je rêvais d'une guitare.
Je me souviens m'être dit que j'en ferais une amie.
Ne pouvant pas la toucher, j'ai voulu essayer de jouer.
Moi et mon cœur d'artiste je ne suis pas musicienne,
Je devais peut-être m'attendre à ce qu'un miracle survienne.
Quand mes doigts se sont posés sur les cordes enchantés,
Ma peau s'est ouverte et elle se sont brisées...
Le sang s'est mis à couler, sous mes yeux l'instrument disparaissait.
Doucement il s'éloignait, mes doigts continuaient de saigner.
Je me suis brusquement réveillée
Ô, c'était mon cœur qui pleurait !
Ce soir là j'ai compris,
Ce que dans nos rêves évoque la réalité,
Dans la vie ce sont des rêves qu'on aurait voulu concrétiser.
ton rire m’a réveillée ce matin
il était ce soleil clandestin cerclé de vérités toutes neuves
qui se jouent des embûches de la lumière pour rendre
un supplément aux saisons
prendre ta main et aller donner à manger au vivant
m’a semblé soudain la plus haute des urgences
A quoi pensent les dauphins en jouant dans la mer,
Bondissant l’oeil rieur en faisant de l’écume ?
Ils caressent, du dos, les petits et leurs mères,
Bienveillants, protecteurs, comme ils en ont coutume
A quoi pensent les dauphins en chantant dans la nuit ?
En glissant, doucement, appelant leurs compère,
Pour encercler leurs proies, sans qu’aucune ne fuie ?
Pauvres bancs de sardines, régals des mammifères !
Ils songent à assurer la survie du groupe,
Transmettant aux petits le savoir nourricier,
Le partage des biens prélevés pour la troupe,
Tout en rêvant, parfois, du destin éloigné
Des ancêtres venus des fins fonds de la Terre,
Pour perdre bras et jambes et nager dans la Mer.
Retour après une journée entière de panne internet dans le département 22...
Quand nos épaules devenaient des gîtes
ou des selles de mules qui parcouraient
les voies dans les montagnes avec
la souplesse des chamois
Les pensées coulaient dans les mots comme de l’argent vif,
comme du nectar ou comme son souvenir
Le midi faisait une coupe de ses mains
et nous appelaient par notre nom,
comme si nous étions ses enfants
Nous portions sur nos épaules dieux et déesses,
des anges qui oubliaient de détacher de leurs ailes
la rosée du soir, pétrie dans le rêve de la nuit
avec la pâte des étoiles
Ils ont assassiné le poète,
La nuit arrache son bandeau
Tempo criblé de plomb,
Son corps roule dans le ravin,
Sous les pierres les lézards se terrent,
La nuit s’étrangle dans la gorge d’un chat.
Une nuit plus noire que toutes,
Ils ont assassiné le poète
Jeune corps raidi à jamais
Mille grenades ont éclaté,
Un rouge gorge s’égosille
Sur une fleur d’oranger.
Le vent joue la cadence
Martelant les accords
Bourdon d’une guitare qui soudain se rompt.
La nuit chavire, nul écho
Qu’une rime où rôde la vie déroutée.
Federico,
Es-tu ce dormeur sans sommeil
Aux paupières de terre,
Somnambule sous la lune glacée ?
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...