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10 août 2024 6 10 /08 /août /2024 06:33

Vénus par Sandro Botticelli en 1485


 
                   Visage qui es-tu ?
 Dans la lumière matricielle , lier, délier l'infinitude de l'invisible avec les mots de l'envers, ceux qui se déploient  quand les ourlets sont décousus, mots de l'endroit ceux qui tentent encore, mots réverbères, mots calice pour offertoire interdit donc dit, mots tissés dans les murs du silence, comme ceux du labyrinthe de Dédale, murs aveugles avec l'ambiguïté de cent chemins qui se rompent, s'entrecroisent mais d'où  l'on ne revient pas sauf à casser le fil d'Ariane.
 
                   Visage aux mots entrelacés, mots foudre.
 
                   Visage, je te connais, ne te connais pas, te reconnais, Visage venu, revenu qui êtes-vous ? toi, vous qui habitez précisément là où on n'habite pas ?
 
                   Visage des soirs où l'homme est nu dans sa grande déchirure.
                   Visage qui tire l'aube de la nuit comme la femme tire l'eau du puits à Samarie
                   Visage, ton visage, votre visage, lié délié, relié dans l'épaisseur  des murs de vent, visage couturé,
 
                   Visage, votre visage né d'une histoire qui porte encore le sel des antiques marées, visage qui s'origine en créant dans le souffle-soufre de la page avant que temps ne s'efface et t'efface,
 
                   Visage inscrit dans la sinuosité de la chair, visage, vôtre, mien, hiéroglyphes sur le chemin où il n'y a pas de chemin.
 
                   Tourbillon, valse lente à l'envers, à l'endroit qui taille les corps jusqu'à la moelle, pas de deux sans pas.
 
                   Visage, il neige sur la lisière de votre hanche, le grésil a froid.
 
                   La licorne a sauté par la fenêtre.

 

©Nicole Hardouin
     
 
 

 

 

 

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9 août 2024 5 09 /08 /août /2024 06:48

Archive photo Le DL /B.M.

 

                                                                               À Jean-Joseph Chevalier,
                                                                               peintre et sculpteur


                                                    Chaque dimanche ailé d’avril
                                                         la cloche incertaine du bourg
                                                         les voix des jeunes châtelaines
                                                         chantaient l’antienne des garrigues
                                                         laissée pour morte avant saison
                                                         mais revenant docile et calme
                                                         nimbée de ses blasons rustiques
                                                   L’impatience des vignes vierges
                                                          les enfourchements d’aubépine
                                                          le pré carré des sauges pourpre
                                                          longue et plurielle acclamation
                                                          s’étiraient au long des masures
                                                          loin des riches gentilhommières
                                                          et des vergers de bon aloi.
                                                  Chaque dimanche ailé d’avril
                                                          semait comme un déni d’alpage
                                                          un tendre refus d’ailleurs
                                                          avant l’ancienne migration
                                                          vers une estive hospitalière
                                                          prête à chasser les réticences
                                                          des troupeaux et des chevriers
                                                    Demain la grande solitude
                                                          attend les marcheurs du printemps
                                                          vieux coutumiers de l’herbe fraîche
                                                          pour la croisade vers les cimes
                                                          avec les grelots titubants
                                                          de leurs moutonnants pélerins
                      faisant d’un autre Compostelle
                                                                                  une promesse d’infini  

 

©Pierre Guérande                  
 
 

 

 

 

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8 août 2024 4 08 /08 /août /2024 06:51


 

 


Étrange douleur de l’amour
qui serre, puis brise le cœur
Jeunes fougères aux pousses tendres
nées de la douceur de mai
écrasées sous mes pieds

Sur le sentier au bord du volcan
la liberté sent le soufre
Soulevée par le vent
la feuille montre ses dessous
nervures délicates
vertes et soyeuses
réseau de veines qui court au cœur
couleur indicible
de douceur tendre et vive

L’amour se cache là et ne dit plus rien
Parfois glisse son ombre
Pour le trouver, pourquoi le chercher  
c’est lui qui choisit, un jour, une nuit
s’il veut bien  

©  Bernard Delpech                                               

 

 

 

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7 août 2024 3 07 /08 /août /2024 06:44
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6 août 2024 2 06 /08 /août /2024 14:05

 

Né en Mai 1945 dans une famille qui comptait, un critique d’art, un violoncelliste et un sculpteur, ce n’est qu’après plusieurs voyages en Italie au moment de l’adolescence que s’est révélé une attirance marquée pour la sculpture. Quelques œuvres existent encore de cette période, mais des études d’ingénieurs, une vie professionnelle dense et une vie de famille bien remplie ont mis entre parenthèses cette passion. À la sortie de la vie professionnelle, la sculpture est naturellement venue reprendre sa place. Il aura fallu cinq ans de cours, pour s’initier aux techniques, à l’anatomie d’après modèles vivants et une pratique quotidienne, avant d’oser sortir du cocon de l’atelier et de ressentir le besoin du regard des autres

 

L’œuvre, au-delà de son aspect esthétique se doit de livrer un message, une réflexion. Qui suis-je ? Ses sculptures personnelles et singulières expriment le vide, l’absence, le mystère sous-jacent. Etienne Fatras, joue avec l’évidement, la résonnance et l’équilibre de la ligne recherchant son écho, les portes ou les niches de lumière. L’épure donne de la densité, réveille l’essentiel, le volume s’intensifie. Le mystère est toujours omniprésent chez Etienne Fatras, nous pourrions y déceler toute l’énigme d’une brumeuse soirée vénitienne, Arlequin danse autour de nos consciences, la vie est une comédie masquée. Qui se cache derrière cette expression figée où seul ne peut briller que le secret d’un regard ? Etienne Fatras, c’est aussi un peu l’âme d’un poète qui transforme la terre, qui patine la vie, seul dans son atelier, porté par l’élévation des musiques sacrées, chants orthodoxes ou grégoriens. Ici à cet instant précis, l’âme se fait monacale et s’abîme dans le travail comme dans une prière universelle ! Et si ce philosophe d’argile dans sa contemplation était symbolisé par « Le doute » ou par cette « Renommée » de glaise où l’esprit est confronté à l’Amour ? Oui, sans cesse Etienne Fatras soulève le questionnement. Sorte d’alchimiste de la création Etienne Fatras tente une métamorphose de la vie, caresse l’énigme du temps. Pygmalion n’est pas loin ! Pour notre ami, la sculpture est un acte d’amour, un reliance avec la vie. Pour lui, sculpter c’est révéler la puissance d’un vide et composer avec une absence. Finalement, Etienne Fatras est un sculpteur qui se fait parfois le médiateur de la parole. Il est celui, à sa manière, qui prélude le futur et œuvre sur la matière du monde de demain.

 Michel Bénard Lauréat de l’Académie française Poéta Honoris Causa,

 Société des poètes Français

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6 août 2024 2 06 /08 /août /2024 06:41

Edouard Manet - Olympia

 


Appel sans mots dits
Gestes expressifs à deviner
Sous un regard indifférent
Nudité à même la peau
La marque du songe en offrande
Et l’intemporalité du corps alité
Appel sous ses lèvres closes
L’odeur suave et sereine de la saveur
Sur un coussin à la fois ferme et souple
Le mouvement sans suite jusqu’à l’extase   

©Gérard Leyzieux                              
 
 

 

 

 

 

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4 août 2024 7 04 /08 /août /2024 13:22

Marc Chagall : Le grand cirque – détail

 

 

Encombrées d’habitudes, mythes accumulés au seuil d’une nuit blanche
Les idées noires sont avalanche.
Sacrifié à mon sort
Je m’éloigne du port.
Je visite le ciel, dessine des étoiles.
Aguicheuse, la lune : Tu viens ? On met les voiles.

 

Depuis l’étage, le palier
Les débris de dialogue d’une série télé dévalent l’escalier.
Je referme la porte sur les voix et les cris, stigmates d’une autre vie
Vouée aux oubliettes d’une soirée d’ennui.

 

Égaré volontaire entre livre de chevet et table d’écriture
Je ne sais que choisir : la plume ou la lecture ?
Le canapé s’affale.
Inhospitalier, il s’effondre dans un râle.
De part et d’autre du crapaud
Les rayons de bouquins m’enserrent en étau.
Livres mémoire, muets, en deuil
Les étagères sont des cercueils grouillant de vers entre les feuilles.
Je n’aurai pas le cœur à troubler leur quiétude
Ça n’est pas dans mes habitudes.

 

À l’angle de la pièce, une platine trône.
Des pochettes cartonnées s’érigent en colonnes.
Chacune en son écrin cache le fruit, la pomme
Les baies acidulées qui fleurent à l’automne.

 

À l’affut de l’antienne pleurée par un quintette
Je saisis à l’aveugle une fine galette.
Piano voluptueux, trompette sur saxo
Contrebasse,  caisse claire cadencent Chicago.
Succulence gourmande de lèvres rouge-vermeil
La voix soudain jaillit de Billie Holiday.
Ébloui, je la suis :
Jazz autour de minuit.  

 

©Serge Lascar
Nouveaux Cahiers de Poésie  

                            
 
 

 

 

 

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4 août 2024 7 04 /08 /août /2024 07:21


À quoi pourrait donc bien servir la Poésie,
sinon à générer du sens ?
Ce qui n’interdirait pas le thème envisagé
de se donner le mot sur un ton expressif,
voire aussi complètement surréaliste,
selon celle ou celui qui lui rend hommage
à la moindre raison d’être,
alors qu’à première vue,
juste avant qu’une étrange intuition
(j’entends par là
un malentendu a priori magique)
ait traversé son esprit
à la vitesse de l’éclair,
on aurait pu déclarer à son sujet :
« Son silence en dit long. »
C’est sûrement le motif qui justifie le fait
qu’on le qualifie souvent d’éloquent.


 ©Michel Duprez                                                    
 
 
 
 
 
 

 

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2 août 2024 5 02 /08 /août /2024 14:16

  Photo Alix Lerman Enriquez

 
 
Oiseaux butinés de ciel bleu,
d'abeilles en chaleur sous l'arc de candeur
d’un été qui s'étire infini dans la langueur moite
d’un soir suri de lumière, d’insectes dévorés
par les moineaux de passage.
 
Étourneaux vibratiles burinés de soleil,
fragiles proies de plumes
qui vacillent sous les nuages
lourds d'eau tiède et de silence,
de vapeur enneigée
qu’embrume un ciel de silence.
 
Libellules greffées sur le sable,
comme des broches d’or fossilisées,
des coquillages cueillis
au passage d’une bourrasque de vent,
 
lorsque pointent le soir rouge et sa cohorte
de soleils trop mûrs, de mouettes écrasées
de chaleur, de lumière trop forte,
de sècheresse calcinée et d’innocence,
lorsque pointe, infime, minuscule,
l’appel au large des cormorans
et, dans le cruel crépuscule,
            le cri rauque déchirant des marins blessés.          
 
©Alix Lerman Enriquez                       
 
 
 

 
 
 
 
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2 août 2024 5 02 /08 /août /2024 06:30


La Sagesse
n’a pas d’âge...
et la jeunesse
n’est pas sage !...

©Lydia Montigny  

Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris            

 

 

 

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