Compassion : Sculpture de Franceleine Debellefontaine.
Poème de Barnabé Laye et la sculpture est de Franceleine Debellefontaine.
Le visage des larmes change au gré des saisons
En habit couleur chagrin ou en souffrance passion
Larmes de colère ou larme de dépit dans l’attente
D’un geste ou d’un mot délivrant du ressentiment
Les larmes sont des paysages bleus des poèmes
Des silences cachés au creux des mains enlacées
Des merveilles fugitives sur les sentiers du cœur
Filles des extases soudaines et des émerveillements
Le visage des larmes change au gré des saisons
Le revers de la main s’approche et s’abstient
Ton âme est une aube dormante
Où glissent des baisers
Et des caresses roses,
Quand saupoudré d’or
Tu butines les calices
Qui s’ouvrent devant toi.
Parfois des améthystes
Embrasent ton regard effaré
Des hantises qui rodent
Aux portes de ta vie.
Vient l’heure
Où parmi les voix ensorceleuses
De femmes oubliées
Une déesse folle
Criant ton nom
Meurt de soif auprès de la fontaine.
tu me taraudes
avec la braise qui coagule,
une braise furieuse
qui dissout mes litanies
tu morcelles, tu effrites
mes certitudes en jachère
quand se lève le jour
d’une paisible oraison
Prêtresse
tu détournes
les ascendances que je chuchote
tu t’empares de ma paille
pour bouter la flamme
à mon humide caverne
et mes frasques d’ermite
d’un coup s’embrasent
pour goûter aux rouges
de nos démences
La vie cadeau sublime
Comme à la fleur, à l’oiseau,
Nous est donnée
Pour, pendant un nombre
Inconnu de lunes
Et de grands beaux soleils,
Sur cette Terre,
Malgré les embûches,
Cheminer.
A notre naissance,
La santé héritage inestimable
Nous est léguée,
Qu’il nous faut préserver,
Cette richesse
Mal partagée, est à jamais,
Inconnue de certains,
Apprendre sans cesse,
Chercher à comprendre
Fortifie celle de l’esprit
Et renforce le corps.
Il nous appartient de
Toujours espoir garder,
D’aimer l’Autre, la vie et
La beauté des choses,
De ne jamais oublier
De rire de ses infortunes
Car « rire c’est la santé! »
Voie d’escale, l’horizon du sentier gravite sur la pente du jour.
Contredanse aux heures, le ballet des fougères module sa verve.
Le jour claudique. Le soir vient en maître. Entre ombre et lumière,
les fougères penchent incertaines du choix.
Jour battu, la nuit distribue son jeu. Écartées, nos heures sont reines.
Cousues de sommeil, elles incendient tout désarroi. Elles roulent en
boule le monde draps et songes défaits, cueillent aux plis de l’œil
fougères et sentier mêlés.
Je suis venue à vous par le ruissellement de mon sang
Par la voix d'un blessé sur les tranchées
Par l'évanescence d'un cri oublié
Dans le blizzard ballottant
Je suis venue à vous parmi les affligés
Affrétée du bleu que doit la mer au ciel
Fermée aux mensonges des espiègles
Dans leurs mains creuses tels de faux aumôniers
Je suis venue à vous pour me livrer sans barguigner
Le sang des justiciers badigeonné sur mes socquettes
Ayant mis sous le blé quelques notes dans ma musette
Que me pèsent les mots comme véracité à prouver
Je suis venue à vous dans la misère et la mendicité
Des bouches qu'implorer a barbouillé de poussière
D'abeilles égarées et solitaires
Qu'un vent de misère à de faim sustentée
Je suis venue ridée de la calamité de cette saison
Qui bat au glas les champs, l'espérance et les rêves
Dans la pâleur de ce printemps de misère
C'est vrai que la géhenne n'attend pas la fin de la fauchaison
Je suis venue livrer la gabelle des pourritures
Aux criquets des closeries rasées
Je suis venue déposer mon cœur à la margelle du puits des traités oubliés
Regardez-le émietté et abandonné en vaine pâture
Je suis venue lever votre indifférence
Dans la brume que traque le soleil
Avec nos mots pour nos plaies
Arrachés aux collets des coquelicots qui se balancent
Je suis venue les mains vides et les pieds nus
Pour mendier la paix et la justice
Sur les rives des eaux humanistes
Je suis venue à vous qu'on me dise qui es-tu
roulant nos têtes d’enfants
dans le canal du vent et dans l’air de la foulée
joyeux analphabète un amour étourdi par nature prend
des chemins non balisés d’eaux douces et d’eaux salées
et puis sa norme de vitesse enfin entre deux baies
de danses sablées
les années nous blanchissent sans nous apprivoiser jamais
moi j’allais avec mes mains trop petites pour tout embrasser
l’eau sur une épaule vers ce pays de liesse que je voulais
habiter
avec la seule part qui m’était assignée
quand on a assassiné Dieu depuis si longtemps les clés
ne viennent que sur le tard la vie est brève et on est quitte
entre tambour et gémissement dont les massifs forestiers
ont le secret je t’invite sur un promontoire
où l’écho poussé par les vents s’évade
dans les mensurations
de nos rêves
J'ai poussé l'édifice d'un château enchanté,
Je me suis invitée au palais des histoires de princesses et de chevaliers masqués,
Sans hésiter j'ai ouvert la petite porte des secrets,
Qui s'ouvrait sur la chambre des souhaits,
Tout au fond se tenait le miroir aux visions illuminées,
J'ai vu une silhouette s'y refléter et,
Je me suis approchée,
Je me suis dit que c'était exactement ce que je souhaitais mais,
Il n'y avait ni prince ni chevalier,
J'y ai vu mon propre reflet et,
Je me suis contemplée...
Je me suis trouvée de toute beauté,
C'est bien là que j'ai compris,
Qu'il était temps que j'apprenne à m'aimer,
Qu'un prince ne changerait rien à ce que j'étais...
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...