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12 octobre 2022 3 12 /10 /octobre /2022 06:48
Dieu le Père, peinture de Giovanni Francesco Barbieri dit Le Guerchin (1591-1666). Galleria Sabauda Turin/Aurimages


Plainte immédiate à personne en danger

 

 

J'ai semé des miettes aux oiseaux
mais auparavant, j'ai nourri
le chat et le chien qui guettaient,
ventre aux aguets...
Providence et Vigilance, une absurdité ?

« On est responsable de ceux qu'on a apprivoisés »
a dit le Renard de sagesse futée
du seul Saint célèbre
capable de voler en avion:
le grand Saint Exupéry !
Et je voudrais savoir à partir de quand
cette loi entre en application chez les humains,
et quels en sont les bénéficiaires et récipiendaires

Car, si je jette un coup d'oeil alentour de l'homme
je vois beaucoup de laisser aller, de désastres
et beaucoup d'irresponsables addicts au hasard
qui fait si bien les choses, au ''C'était écrit''
ou ''Dieu pourvoira'',''Chacun pour soi'',
''pas de souci, l'humanité s'autorégule''
''l'Apocalypse est prévue pour ça''... etc etc...
Ô marasme civil et religieux de compensation !

 Il faut vraiment prier ventre à terre, pour ceux qui y croient
et disent avoir, par leurs prières
et leur ''sainteté désintéressée'',
la main sur les commandes pour
restaurer la ''Divine Providence'',
l'armée des anges bénévoles,
les anges gardiens, la ''Bonne Etoile'' pour tous
et le pain quotidien sonnant d'urgence
et trébuchant sur le pallier de chacun !

Car des questions se posent...et creusent de grands cratères
dans la foi en l'humain aussi bien qu'en Dieu
Le Grand patron n'a-t-il pas mis la clé sous la porte ?
Ma parole, n'aurait-il pas délocalisé son entreprise
sur d'autres planètes où la main d'oeuvre serait plus souple
et coûterait moins cher à éduquer ?

Avec humilité, en toute innocence, mais en urgence totale,
je demande poliment, le cœur battant de l'aile,
au Grand patron pressenti de cette multinationale illimitée
de revoir de toute urgence son programme
d'investissement sur la planète Terre,
de relire avec attention Saint Exupéry
et de nous faire ''une fleur'' :
de semer la poésie et le partage dans tous les esprits
avant que ne se St-Exupérissent en rêve
en avion ou en fusée interplanétaire
tous les innocents affamés du monde,
aussi nombreux que les grains de sable du désert,
sommés de se sacrifier pour des Logos
qui projettent d'aller ''faire leur blé''
Ailleurs où n'existent ni oiseau, ni renard, ni fleur
 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER                          
 
 

 

 

 

 

 

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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 06:51


 

 

Pour bientôt le dernier choc
le dernier point sur la ligne
que l’on pensait prolonger
un petit bout de siècle encore

C’était pourtant prévisible
mais on avait de l’encre plein les yeux
écrire éloigne vers le rêve

Alors on enjolive les oeillères
on les décore on les colore
on les guilloche on les cisèle
on en peint même l’intérieur
on veut que ce qu’on voit
ne le soit pas sous un jour triste

 
©Louis Delorme  
 
Extrait du recueil imprimé par Louis Delorme lui-même, recueil nommé : « Le point de rupture »

 


 
 
 

 

 

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10 octobre 2022 1 10 /10 /octobre /2022 07:56


 

 

  Poèmes Lauréats Concours Jeunesse SPF 2022

 

A la table de la connaissance siège l’enseignement
Lors de ce festin mondain on sert dans des coupes richement
Décorées une subtile boisson. Le breuvage qui coule à flots
Sans déborder est l’instruction et il a la noirceur de l’encre et des mots.

Pour ce grandiose dîner, le maître s’est improvisé échanson
Il sert à tous l’hydromel d’instruction et, oubliant les chansons
Qui résonnent dans la salle, il fixe les livres éparpillés
Sur la table : Hugo, Rimbaud et tant d’autres se dressent en tours dépareillées.

Mais déjà le maître disparaît, retourne à sa vie austère :
Son travail est loin d’être achevé, il doit encore verser de la matière
Cette fois, l’instruction emplira des êtres ; et non plus des verres
Et c’est grâce à l’école que le jeune est à lui-même découvert.

L’école n’est-elle pas une merveille ? Un don de chaque instant ?
L’instructeur n’est-il pas si honorable, de donner tant,
De faire réceptacle de la connaissance grandiose un autre ?
Alors l’élève doit regarder son maître avec respect : il nous rend nôtre !
 

©Sophie STRUILLOU--SMYRNELIS

– 1ère – 75013 PARIS
1er PRIX SECTION 2des- 1ères
                 
 
 
 

 

 

 

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9 octobre 2022 7 09 /10 /octobre /2022 08:42


 


Je porte au coeur
l’éclat de ton regard…

Il plante ses racines
comme des flèches d’or
avec la patience
d’une sauvage douceur…

Chaque chose s’épuise
en écoutant la mort
naître de son destin…
… mais sous la cendre
encore fraîche de tes pas
s’élève une splendeur
plus vive et plus tenace
que la joie de surprendre
les fleurs du quotidien
plus obstinée
que le balancement
des heures
plus insaisissable
que notre devenir…

Ah ! cette flamme de velours
vibrante comme une image
au volcan des couleurs
s’est jetée sans violence
dans l’ombre de ma chair
et ma voix suspendue
aux doigts de tes accords
soudain se penche
et se métamorphose
en silence d’étoiles…

© Victor Varjac

Antibes, 20 novembre 2000
Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS

 
 
 
 

 


 
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8 octobre 2022 6 08 /10 /octobre /2022 05:12


Tableau :
© Monique Thomassettie, Le Temps, huile, 1985
Tableau exposé à Bruxelles en 1986.
Collection particulière.


 

Plus perplexe qu’inquiète, elle considérait les barreaux qui lignaient le soleil, lui donnaient une apparence rayée, alors que c’est elle qui était prisonnière.
Non, elle ne se tracassait pas. Elle acceptait au contraire sa situation avec une philosophie qui lui sembla d’emblée la suite pratique et naturelle à cet idéal de sagesse auquel aboutissaient invariablement ses récurrentes et abstraites questions existentielles.
Si, jusqu’ici, sa sagesse avait été intuitive et pensée, il était enfin donné à cette potentialité de se manifester.
Cependant, une fatigue la gagna peu à peu, ses paupières luttant pour ne pas se fermer.
C’est dans ce battement de cils, dans le flou de cette entrouverture, que les barres lui parurent onduler.
Entre veille et sommeil, l’ondulation lui semblait tantôt glisser entre les barreaux rigides, tantôt être ces mêmes barres assouplies.
À la fois, elle voyait un serpent traverser aisément la barrière et elle voyait vibrer les durs degrés de celle-ci tandis que tombait leur peau métallique.
Il lui semblait comprendre que ce serpent qui se faufilait tout en dynamisant le grillage pouvait être lui-même celui-ci. D’autre part, elle se demandait vaguement si ce serpent n’avait pas pour maître ce soleil devenu pour elle inaccessible.
Enfin, avec une acuité paradoxalement réconfortante, elle réalisait que cette inaccessibilité constituait l’issue du dédale.
Qu’elle était sa propre issue.
Et que, en définitive, elle était et demeurait l’issue de notre condition !
Son réconfort venait d’avoir pu cerner et surtout accepter cette condition. De mieux savoir, et d’en tirer la leçon.
Ainsi, elle revenait à cette vieille Genèse. À un savoir qui ne lui barrait pas le chemin, mais qui le lui montrait arrivé à une certaine limite.


Extrait : Première page de :

© Monique Thomassettie

Le fruit d’Éden, c’est une bonté divine
poussée sur un arbre humaniste
au bout d’un souple bras

Roman serpentuel
philosophique et philopsychique

Éditions M o n é v e i L
Collection Niveaux de Conscience

(Écrit en 2008, publié en avril 2009)

 
 ©Monique Thomassettie
         
 
 

 

 

 

 

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7 octobre 2022 5 07 /10 /octobre /2022 06:57


 


serais-tu de ces voyageurs
qui n’admirent que
les oiseaux de paradis

 

est-ce pour cela
que tu n’as jamais bâti de maison
ni fermé de cage

 

©Hafid Gafaïti 1       

1 Hafid Gafaïti, Les braises de l’aube, Éditions Al-Amar (Alain Gorius), Paris, 2017, p. 22.    
 
 

 

 

 

 

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6 octobre 2022 4 06 /10 /octobre /2022 06:34

Photo : Kathleen Hyden-David

 


Humanité révélée
araignée
ou monstre grimaçant

Bouche
pour haranguer
les hommes
ou chanter des refrains
d’oiseau

Lèvres
pour goûter la rosée
ou embrasser
les fées

Dents
pour croquer la vie
ou dévorer
les oisillons égarés

©Kathleen HYDEN-DAVID  

Extrait du recueil « Ecorce » aux éditions France Libris          
 
 

 

 

 

 

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5 octobre 2022 3 05 /10 /octobre /2022 06:28


                             

Édition L’Harmattan, collection Accent Tonique, juillet 2022


      La barque de Charron conduit toujours aux enfers, il n’y a pas de nautonier du bonheur. Bachelard


L’auteur, tel un oiseau sans ailes qui pourtant vole, est toujours entre rêve et réalité, en étant accompagnée par des accords venus de nulle part mais prégnants, des doigts  s’agitent sur les touches d’un piano au désert mille sonates se bousculent/ dans le labyrinthe d’une oreille spatiale invisible.


Dans ce recueil où se croient Debussy, Goldberg, Lalo, Chopin  et  bien d’autres, on sent que l’auteur est musicienne dans l’âme, c’est ce qui lui fait un manteau invisible mais protecteur, elle est torture plaisir et souffrance. Son dire est embrasement, feu brûlant et pourtant si loin de l’âtre invisible où elle brûle et se cendre à l’assaut de l’échelle du ciel. Elle est notes, accords dans l’extase du manque toujours à la recherche d’une marque, d’un souvenir, elle les voit, les touche et tout fuit, histoire de voir si Eurydice vous suit/ elle l’obstinée de la perte/ comme toutes les illusions. Quête sans fin, quête du tout qui devient rien, un rien opulent, torturant, envahissant, mais c’est le rien du Tout.


Son dire est fait de mots réverbères pour raviver les ombres réelles mais imaginaires, les souvenirs, mirages/ réels, fuyants mais obsédants, ce sont des mots calices pour offertoire interdit, des mots qui font des souvenirs sans légende, mots au goût amer et torturants, même lorsque les bourreaux sont partis / les victimes ensevelies, lamento funèbre, mots à jamais inclus dans sa chair alors que les bottes orgueilleuses s’enfoncent / dans la boue des champs de massacre. Pourtant, pas à pas, contre toute logique, l’auteur passe le gué.


Elle laisse filtrer l’architecture de sa pensée, sensibilité à fleur d’âme, traces noires, zones d’ombre au gout âpre, égarements qui s’entrelacent, se percutent se tordent sur des radeaux en précaire équilibre, ample liturgie lorsque le sang flagelle le corps, digue sans remparts qui ramène le lecteur au gîte de la déraison, il boit au goulot d’anciennes racines errantes qui pourtant n’ont pas d’attaches… Électro choc, électro quelque chose c’est la vie avec ses murmures, ses fusions, ses effusions, où l’on se perd pour se retrouver, peut-être tentative de communion avec l’Absolu, tresses du silence bruyant qui libère toute une chapelle à explorer.


Dana Shishmanian se fait relieuse, c'est si près de religieuse, sa fourrure d'hermine se lustre au poil fin de ses mots en nervures, elle pose les épingles de ses bâtis, découd l'ourlet d'un nuage pour offrir trois notes de la musique des sphères issues d'un tabernacle de silence et d'encens à chacun de savoir l’ouvrir.


Elle va s’en aller, à la recherche du pardon, issu des lamentations angéliques qu’un violoncelle/ sorti d’abîmes sans fond/ distille subrepticement…il anéantit et console, elle a besoin d’apaisement, de paix on appelle les larmes au secours/ ce sont les bonnes sœurs toujours prêtes à consoler.


Le sens magnétique, est un tourbillon de mots-pensées, qui s’enroulent, après le lecteur, le tord, le roule, le palpe, l’oublie, le reprend, le traîne pour en faire une toupie dans une étoile filante,.. adagio en guise d’adage/ définitif et muet.


À lire avec étonnement, vite transformé en bonheur méditatif.
                                                   

©Nicole Hardouin.          
 
 

 

 

 

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4 octobre 2022 2 04 /10 /octobre /2022 07:02


 


Un livre, juste un livre…
Une page, une seule page…
Un mot, un mot de toi et le temps rit,
Les pages s’envolent,
Les livres prennent vie… Raconte-moi
encore…

©Lydia Montigny  
Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris            
 

 
 

 

 

 

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3 octobre 2022 1 03 /10 /octobre /2022 06:33


 

  Poèmes Lauréats Concours Jeunesse SPF 2022
 

 

On est tous différents
Vous le savez déjà, c’est évident
Faut-il nous traiter différemment ?
Pourquoi tant d’inégalités ?

 

Vous qui clamez la liberté d’expression !
Nous nous sentons en prison.
Tant d’inégalités
On en perd pied.

 

La différence fait la force
Sans différence ma vie serait morose
Et même si un poème en prose ne change pas les choses

 

On essaie de changer les mentalités
Pas besoin de crier, il faut juste chanter
Chanter notre liberté

 

©Sertan HAN

– 5ème – 13110 PORT-de-BOUC
PRIX 2022 DE LA POESIE ENGAGEE

               
 
 

 

 

 

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