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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 04:43
À nouveau, je veux remercier mon ami Francesco Casucelli pour cette nouvelle traduction de l'un de mes poèmes. C'est pour moi une joie profonde, un bonheur que peuvent comprendre tous les créateurs.
 
Comment ne pas espérer, quel que soit l'art que nous pratiquions, qu'il sera partagé dans bien d'autres pays ? L'art peut devenir ou être un lien, le plus fort entre les peuples, entre les humains pour ne pas laisser place aux mépris des racismes abominables et destructeurs des âmes de toutes les victimes mais aussi celles de leurs bourreaux...
L’enfant – Jean Dornac
 
Que suis-je d’autre qu’un enfant
Porteur déjà de cheveux blancs ?
Le temps a passé si vite
Rien qu’un éclair dans la nuit
Un rayon de lumière entre deux nuages…
Il me semble que, dans un instant
Je vais me réveiller, sortir d’un étrange rêve…

Que s’est-il passé, le temps d’un souffle
Pour que je ne me reconnaisse plus
Alors que je sais être moi encore ?
D’où sont venues ces rides
Qui me donnent l’air d’un sage
Alors que je viens à peine
De faire mes premiers pas ?

Qui m’expliquera la course du temps ?
Ô combien d’êtres aimés, déjà, sont disparus
Emportés par la grande vague
Des vivants ayant fait leurs ans ?
Qui me dira le mystère du temps qui passe
Alors qu’il n’est, peut-être, qu’illusion ?

L’éternité n’est-elle pas le présent ?
Sans la course du soleil
Sans la ronde de la terre
Que serait un jour, une nuit
Les saisons et une vie ?
Ô mystère de la création !
Que valent donc nos heures ?

Que valent mes vers, ces fleurs d’enfant
Au regard de la nuit qui approche
D’un possible néant ou encore
D’un éternel recommencement ?
Comment évaluer l’élan de mon cœur
Le poids d’une vie offerte
Pour que demain soit plus beau qu’hier ?...


© Jean Dornac
Paris, le 23 avril 2010
Il fanciullo 
 
Chi sono io se non un fanciullo
Già con i capelli bianchi?
Il tempo passa in fretta
Nient’altro che un lampo nella notte
Un raggio di luce tra due nuvole...
Sembra quasi che in un istante
Mi possa svegliare e uscire da uno strano sogno...
 
Cosa è successo in così poco tempo,
Da non farmi riconoscere più
Nonostante sappia di essere ancora io?
Da dove sono spuntate queste rughe,
Che mi danno l’aria di un saggio,
Anche se sto appena iniziando
A fare i miei primi passi?
 
Chi mi spiegherà la corsa del tempo?
O quante persone amate, sono già spariti
Portati via dalla grande onda
Dei viventi che hanno fatto i loro anni?
Chi mi dirà il mistero del tempo che passa
Dato che potrebbe essere solo illusione?
 
L’eternità non è forse il presente?
Senza la corsa del sole
Senza il giro della Terra
Cosa saranno un giorno, una notte
Le stagioni d’una vita?
Oh mistero della creazione!
A cosa servono le nostre ore?
 
Chi valuta i miei versi, questi fiori di fanciullo
Nello sguardo della notte che s’avvicina
In un possibile nulla o ancora
In un eterno ricominciare?
Come valutare lo slancio del mio cuore
Il peso di una vita offerta
Affinché il domani sia più bello del passato?
 
© Francesco Casuscelli
Milano, 2 novembre 2017
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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 07:43
Premier lundi de printemps

 

 

 
Depuis deux longues heures, elle marchait dans la forêt, une forêt obscure où nulle trace de soleil n’était perceptible comme si l’astre avait été mangé par un être maléfique. Elle allait vite, pressée de quitter ce lieu lugubre. Soudain, ses pas débouchèrent sur un champ d’herbes dorées. Enfin la lumière ! Une lumière jeune, fraîche, désaltérante qui posait sur elle des yeux bienveillants. La jeune fille s’arrêta pour la saluer dans une douce communion. Pour rejoindre le sentier, elle devait traverser le pré. Les herbes luisantes et touffues la dépassaient de leur hauteur peu commune. Elle trouvait amusant de disparaître au milieu de toutes ces tiges et elle riait en se frottant contre leur peau douce. C’était comme un jeu d’enfant, d’enfant clown et fantasque. Et voilà une fête champêtre improvisée…
 
Soudain, il devint difficile d’avancer : les herbes semblaient opposer une résistance, elles devenaient étrangement rigides. Et très vite, la jeune fille buta contre un mur végétal, solide et compact. Elle eut beau faire demi-tour, aller à droite, à gauche, elle se trouvait toujours face à l’évidence : elle était prisonnière d’herbes folles, immensément folles. Curieusement, elle jugea la situation si cocasse qu’elle pouffa de rire, d’un rire-dynamite qui fit voler en éclats les murs de sa cellule.
 
Elle était libre mais elle poursuivit sa route en courant, elle se méfiait des herbes folles…
 
©Michèle Freud
 



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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 07:43
Savoir donner
 
 
 
 
Ouvrir ses mains,
Ouvrir son cœur
Comme une vaste fleur.
Savoir donner son temps
Un regard, un sourire,
À celle qui attend
À celui qui espère.
Savoir se souvenir du partage du pain
Et des sources offertes.
Savoir donner
Quand on n’a presque rien
A ceux qui ont le moins.
Savoir se séparer
Des choses que l’on aime,
Se faire un peu de bien.
Et s’enrichir soi-même,
En emplissant son cœur
Des bonheurs que l’on sème.  
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 07:29
Joe Chaploteau, sculpture : Femme en position fœtale
 
 
 
 
 
Roulée en boule au creux du lit,
Je rentre au giron maternel,
Suave involution
D’avant la conscience,
Bain de béatitude
En la vie antérieure.
 
Revenue en surface,
Aurai-je un regard autre
Sur le monde à l’entour ?
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 07:29
« Derniers Serments », Michel Bénard©

 

 

Revenir ?
toute trace est estompée
les griffures du temps ont comblé les ravines
un brouillard de mémoire a blanchi ta silhouette.
 
Revenir ?
l’hiver a labouré les derniers serments
dans un faux pli de grisaille.
une esquisse de visage erre encore sur le miroir.
 
La famine ripaille
l’indifférence floconne
l’angoisse rampe
il pleut des écailles de glace.
 
L’aube est un vitrail
l’oasis y est un mirage.
 
Revenir ?    
non, partir.
 

Nicole Hardouin©
 
 
 
 
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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:32
« La Mort de Chatterton » tableau de Henry Wallis (1856)
 
 
                                                     A tous les poètes que la société assassine !
 
 
 
Tuer un poète
c'est éteindre une étoile
et quand le ciel en deuil
ne portera que la nuit
les rêves apeurés
ne rejoindront plus
le sommeil des hommes…
 
Alors… les ténèbres enchaîneront
les dormeurs agités
par d’ignobles cauchemars
et les êtres livrés
à la chaîne d’horreur
regretteront l’étoile
qui brillait dans leur chambre…
 
Qu’elles paraissent lointaines
ces images admirables
qui repoussaient
l’abîme et le néant !...
 
Il existait en ces jours de bonheur
des rêves qui apaisaient
les corps vermoulus de fatigue…
 
Homme d’hier ou d’aujourd’hui
je t’en conjure
épargne les étoiles
écoute la voix de ton sang
n’entends tu pas
la chanson du poète
qui anime ton souffle
et porte l’espoir
dans les paumes de l’ange ?...
 
© Victor Varjac
Antibes, nuit du 12 au 13 décembre 1999

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 07:44
Quand l’amour s’étiole

 

 

 
 
Tu aspires être pour toujours
Là où le délice siège à son tour
Tu t’imposes et résides dans mon cœur,
Malgré tout, tu allaites ton bonheur.
 
Tu frétilles les charnières de ma vie,
Tu t’altères, te consoles, te nourris
Là où demeure un reflet empourpré
Te fructifiant lentement pour te protéger.
 
Toi le grand sorcier cauteleux
Qui veille les martèlements heureux,
Florissants et cadencés de mon cœur…
Je ralentis…les vers se stagnent ici, malheur !
 
Tu t’éternises dans mon cœur pour te soûler       
De mes éclats de rire et de leurs sonorités.
Hélas! Tes ballades seront fatales
De la jalousie barbare et brutale,
           
Arme tranchante, elle ébrèche,
Elle froisse l’être aimé, elle écorche.
Cloîtré et tapissé de rouge dans mon cœur,
Tu ne branles nullement, ô voleur !
 
Tu claques tes doigts, sans tarder à les voir,       
Tu fais appel à des pleureuses vêtues de noir             
Qui tour à tour versent des sanglots amers      
Pour nous vieillir en harmonie de misère.
 
Accompagnées d’une cacophonie de labeur  
Arrivent nos cendres fusionnées de douleur      
Dans un autre monde vers un trépas de haine
Unis dans notre solitude froide et sereine
 
Du tombeau, lieu de notre dernier gîte
Les doléances de détresse nous quittent.
 
©Nancy Turnier-Férère


 

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 07:44
Victor Hugo, forgeron d’œuvres et de justice !
 
 
 
 
 
Écrire sans faim, sans but, à huis clos, choisir sans goût, sans jamais parvenir à briser le silence, parmi les ombres moribondes qui ont cessé de respirer.
 
Qui a cassé la gangue des mots ? Qui a volé la lumière qui scintillait dans leurs yeux ? Qui nous a rendu tous exsangues ?
 
Écrire avec cette odeur de brûlé sur le bout de la langue, cette chaleur accablante au coin des lèvres et tout ce mal-être enfoncé profondément dans la gorge. Écrire  sans limite, sans toucher au terme, à la parole de l’enfant condamné à errer sans fin dans ton cœur.
 
Il ne nous reste plus aucun espoir de guérison, le monde a besoin d’entendre crier sa douleur dont la voix même est sans issue.
 
Alors, qu’on le laisse cracher en paix ses poumons dans nos chaudrons magiques. Encore trois coups de louche et le breuvage sera prêt : nous pourrons enfin changer la souffrance en bonheur.
 
©Michel Duprez

 
 
 

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 07:48
Photo fotolia
 
 
Je dédie ce poème à toutes les personnes uniques et exceptionnelles mais, qui vivent dans l'ombre de la peur... Ouvrez-vous les amis, vous êtes magnifiques comme les étoiles !
 
 

Dans ma prison dorée,
je me sens oppressée.
J'aime ce dont je suis entourée,
pourtant j'aimerais m'en libérer.
Dans ma prison dorée,
je m'invente des libertés
des rêves et des choix,
auxquels personne ne croit
Ma prison dorée,
me procure de la joie,
Ce au prix, je crois,
de quelques conditions
de quelques lois.
Dans ma prison dorée,
je me sens oppressée.
J'aime ce qui m'entoure,
pourtant l'air parait si lourd !
 
©Djida Cherfi
30/10/2017
 
 

 
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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 07:39
©Abondance - Franceleine Debellefontaine
 
 
 
 
 
A l’ombre fragile
Des lignes galbées de tes seins,
Mes doigts glissent doucement
Jusqu’à nos lèvres réunies,
Saupoudrant les paillettes
D’or de l’amour.
Les érotiques caresses de tes mains
Eveillent le flot de mes sèves,
Mes ongles alors s’emprisonnent
Aux humides douceurs
De tes chaudes étoffes.
 
©Michel Bénard.  
 
 
 

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