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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 06:41
La Vénus d'Urbain, Le Titien, 1538

 

 

 
 
 
Dans l’atelier, le vieux sofa des modèles gémit. Elles l’ont tant sollicité que les chevelures et les corps ont creusé son lit. Toile pieuse, les plis de la trame préservent la trace féconde. Et parmi les coussins et les étoffes, sur l’antique velours, se devine leurs empreintes mêlées. Dans la chaleur émolliente, le sofa assiégé sous la houle d’une hanche succombe. Et le voilà, vénérable complice rompu au plaisir, s’inclinant en courtisan pour une invite à plus de langueur et d’abandon.
 
Paisiblement, ses cheveux se dénouent. Confiante, elle ose et son peignoir se déprend de sa pudeur. Nue, elle s’enhardit, s’expose à l’inconnu.
Voyant au sein des ténèbres, l’homme ne sait rien de son modèle. Depuis toujours, ignorant des nudités éblouies, il cherche au travers des êtres son absolue de vérité. Aliéné à cet idéal, il scrute l’opale des peaux offertes, voulant connaître toutes les nuances de cette tendre palette. Aujourd’hui, sous ses yeux, la lumière sculpte l’inattendu. Impudique voile de Véronique, elle se pose, linceul lamellé, sur le sensible de cette chair où le soleil égrappe ses brillants.
 
Fleur de pavé épanouie au souffle païen, petite te voici parée de rouge et d’or. Hétaïre sensuelle, ta main effleure ton sexe : ce jeune fruit acidulé, prêt à cueillir, prêt à aimer.
 
 
©Béatrice Pailler
Recueil Motifs
In Jadis un ailleurs L’Harmattan 2016


 


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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 06:29
Femme écrivant une lettre – Frans van Mieris de Oudere

 

 

 

 
Quand je ne rime pas, je rame.
Leçon numéro un : le son.
Complice ou non de la raison,
Il a la douceur d’une femme
 
Et quand je rime, il fait si calme
Que l’on n’entend plus qu’un frisson,
Signe qu’un cygne a eu raison
De m’effleurer d’un coup de palme.
 
Même si j’aime être un paria,
C’est souvent à ces moments-là,
Que j’entends chanter le silence
 
Et je regrette chaque fois
D’avoir manqué d’obéissance
Au timbre azuré de sa voix.
 
©Michel Duprez


 


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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 06:31
François de Montcorbier, dit François Villon

 

 

 

Ballade de bon conseil
Hommes faillis, privés de raison,
Dénaturés et frappés d'inconscience,
Qui avez perdu le sens, êtes remplis de déraison,
Fous abusés, pleins d'idées fausses,
Qui agissez contre votre naissance,
Vous soumettant à la détestable mort
Par lâcheté. Hélas ! pourquoi l'horrible
Conduite qui vous mène à la honte ne vous inspire-t-elle pas de remords ?
Vous voyez comment maints jeunes hommes sont morts
Pour avoir attaqué autrui et pris son bien.
 
Que chacun en soi voie sa faute ;
Ne nous vengeons pas, supportons en patience ;
Nous savons que ce monde est une prison
Pour les vertueux affranchis d'impatience ;
Aussi battre, rosser n'est pas preuve de sagesse
Ni ravir, voler, piller, tuer injustement.
Il ne se soucie pas de Dieu et se détourne de la vérité
Celui qui se livre en sa jeunesse à de telles actions,
Et, à la fin, il se tord les mains de douleur
Pour avoir attaqué autrui et pris son bien.
 
Tricher, flatter, rire en dupant,
Faire des quêtes, mentir, affirmer sans bonne foi,
Mystifier, tromper, préparer du poison,
Vivre dans le péché, dormir en se défiant
De son prochain sans avoir [nulle] confiance,
Quelle est la valeur de cela ?
Aussi je conclus : vers le bien faisons effort,
Reprenons courage, trouvons en Dieu réconfort ;
Nous n'avons pas un jour de la semaine assuré ;
Nos parents reçoivent le contrecoup des maux que nous encourons
Pour avoir attaqué autrui et pris son bien.
 
Vivons en paix, exterminons la discorde :
Jeunes et vieux, soyons tous en accord :
La loi [de Dieu] le veut, l'apôtre le rappelle
A bon droit dans l'Epître aux Romains ;
Il nous faut un rang, une situation ou un soutien.
Notons ces points : ne renonçons pas au vrai port
Pour avoir attaqué autrui et pris son bien.
   
François Villon, Poésies diverses, traduction d'Anne Berthelot

 

* * *

*

 
Le même poème de François Villon en ancien français écrit en 1462 à Paris
 
Ballade de bon conseil
 
Hommes faillis, bertaudés de raison,
Dénaturés et hors de connoissance,
Démis du sens, comblés de déraison,
Fous abusés, pleins de déconnoissance,
Qui procurez contre votre naissance,
Vous soumettant à détestable mort
Par lâcheté, las ! que ne vous remord
L'horribleté qui à honte vous mène ?
Voyez comment maint jeunes homs est mort
Par offenser et prendre autrui demaine.

Chacun en soi voie sa méprison,
Ne nous vengeons, prenons en patience ;
Nous connoissons que ce monde est prison
Aux vertueux franchis d'impatience ;
Battre, rouiller pour ce n'est pas science,
Tollir, ravir, piller, meurtrir à tort.
De Dieu ne chaut, trop de verté se tort
Qui en tels faits sa jeunesse démène,
Dont à la fin ses poings doloreux tord
Par offenser et prendre autrui demaine.

Que vaut piper, flatter, rire en traison,
Quêter, mentir, affirmer sans fiance,
Farcer, tromper, artifier poison,
Vivre en péché, dormir en défiance
De son prouchain sans avoir confiance ?
Pour ce conclus : de bien faisons effort,
Reprenons coeur, ayons en Dieu confort,
Nous n'avons jour certain en la semaine ;
De nos maux ont nos parents le ressort
Par offenser et prendre autrui demaine.

Vivons en paix, exterminons discord ;
Ieunes et vieux, soyons tous d'un accord :
La loi le veut, l'apôtre le ramène
Licitement en l'épître romaine ;
Ordre nous faut, état ou aucun port.
Notons ces points ; ne laissons le vrai port
Par offenser et prendre autrui demaine.
 
François Villon
 
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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 06:40
Rimbaud par Picasso

 

 

 

 

 

Sur le chemin des cendres
J’irai brûler les souches de l’absence,
En observant le miroir des eaux
Du lavoir où joua Rimbaud,
De l’ivresse d’un bateau,
A l’enfer des saisons.
Parfois rassemblés, souvent isolés,
Nous côtoierons l’indicible
D’une harmonie sauvage,
 D’un théâtre de verdure,
Au seuil de la folie, de l’incertitude,
D’un imaginaire à recomposer.
Oiseleurs de paroles migrantes,
Bergers d’icônes brisées,
La vie, comme la poésie, nous appartient,
Elle deviendra notre chemin, notre symphonie,
Mes voyelles reposeront entre tes mains,
Et tu en feras une nouvelle parade.
 
©Michel Bénard.

 


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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 06:30
Oeuvre en titre : « Objet de culte » de Ode©
 
 
 
 
Pendant que je pense à mains nues
Des sculptures montent en ma tête
Elles veulent naître
Dans mon âme, je les ai vues

Je les porte en moi
Comme mes enfants
Je fais le passage
Entre ce monde et l'autre
Pour créer et cueillir,
Précieuse récolte

Je vais à la grande rencontre,
À la fête païenne de la création,
Remplir le néant tant aimé par l'obscur
La création à horreur du vide
Elle se fait moisson

Je disparais dans le silence,
Pour leur donner naissance
Les écouter me dire
Ce qu'elles veulent devenir

Je les façonne avec amour
Elles guident ma main
Je les veux belles et fières
D'un bout de ficelle ou de carton
De feuille de cuivre ou de béton


~*~


Les mots me parlent du bout des doigts
Des mots, qui, montent en ma tête
Ils veulent naître
Dans mon âme, je les ai lus

Messagers de bonheurs ou de chagrins
De la naissance du petit matin
Des ivresses des amants
Des bourrasques du gros temps

Je les porte en moi
Comme mes enfants.
Je fais le passage
Entre ce monde et l'autre
Pour créer et cueillir,
Précieuse récolte

Je vais à la rencontre de ma Muse
Au banquet des mots
Remplir le néant tant aimé par l'obscur
La feuille blanche a horreur du vide
Elle se fait fenaison

J'écoute le silence des mots
La musique impalpable
Sans notes, do ré mi fa sol la si do
Et ma plume noircit le blanc espace

Je les écris à leur manière
Ils guident ma main
Je les veux fidèles et forts
À l'image du mystère
En une osmose sacrée


~*~


Création ma Vie !
Création la Vie !
Création !



Ode©
19 avril 2000

Création Ode©

 


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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 06:42
Femme chocolat

 

 

                                           Merci à Jocelyne qui m'a proposé ce thème si désirable...

 

 

Ce n’est point insulter la Femme
Que de parfois la comparer
Au chocolat et ses flammes
Douce brûlure à chaque bouchée…
 
Certes, elle ne fond point
Lorsqu’on la goûte dans notre bouche
Comme le cacao, qui à nous, intimement, se joint !
C’est dans nos cœurs que la compagne se couche !
 
Ce n’est point manquer de respect
À celles qui deviendront nos épouses
De dire que leur teint vanille nous laisse circonspects
Quant à l’instant on rêve d’une brune tablette…
 
Et c’est vrai, qu’elle a plus de qualité
Elle adore se faire caresser
Là où une truffe chocolatée se morfond
Sous notre main et ses drôles de façons !
 
Mais parfois, il me prend à rêver
Que je déguste une demoiselle
Comme un chocolat à croquer
À la frêle lumière d’une chandelle…
 
Bien que l’image soit charmante
Je sais qu’il y a un certain sexisme
Dans ce désir d’une fille craquante
Et que l’amour n’est point du tourisme...
 
Alors j’efface le trop beau songe
Et le goût des fèves dignes des Vizirs !
Redevenu homme sage par un pieux mensonge
Des deux, je feins ne pas connaître le désir…
 
Pour me consoler de la terrible désillusion
Qu’impose la sagesse et ses illusions
Je me jette tel un ignoble vorace
Sur du chocolat de la meilleure race !
 
Et je caresse un nouveau rêve
Celui de la nudité d’une belle Ève
J’adore la rondeur de ses seins
Qui un court instant seraient miens
En tout bien, tout honneur
Juste pour un partage de bonheur…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 22 octobre 2017 
 
 
 
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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 07:04
Le temps qui passe... Photo J.Dornac©

 

 

 

 

                                                      Les souvenirs sont façonnés par l'oubli
                                                       comme les contours du rivage sur la mer.         
                                                       [Marc Augé]         
 
Les fleurs que j'ai coupées refleurissent ma foi
souvenirs d'un passé écrit dans ma mémoire…
Sont-ils vraiment ternis au creux de mon grimoire,
façonnés dans ses plis ces présents d'autrefois ?
 
Par je ne sais quel but, je feuillette parfois
l'oubli de leurs couleurs, leurs fibres dans la moire,
comme de vieux effets bien rangés dans l'armoire…
Les pétales séchés sont très beaux quelquefois !

Contours frêles, cassants, corolles qui naguère,
du lever au couchant, n'étaient en rien vulgaire ;
rivage d'un bonheur déjà loin mais pas mort…

De ces bouquets fanés, j'y caresse son âme,
la quête d'y goûter le sel que j'y réclame :
mer au ressac cruel ourlé par le remord…
 
©Robert Bonnefoy
Sonnet en acrostiche  
 
 
 
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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 06:56
Corsaire armement, huile, 50 x 60 cm, de Jean-Pierre MOULIN

 

 

 

 

jusqu'à l'escale
que déjà bariolent
mes crayons de bonheur
 
jusqu'à l'île vive
où flottent, indociles
les parfums d'un caprice
 
jusqu'au fluide insensé
qui prend source
à l'entaille de tes chairs
 
jusqu'aux plages lascives
où s'abandonnent les algues
en intimes mêlées
 
jusqu'à ton guet-apens
pour pirate enivré
et sa carte du Tendre
 
jusqu'à ta morsure
infiniment fatale
sur la grève d'un désir
 
jusqu'à ton envol
entre les abîmes
de tes cruelles falaises
 
je divague sans cap
en cette barrière de corail
où s'aiguisent les squales

 
©Claude Luezior
 
 
 
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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 06:44
Je suis folle et alors ?

 

 

 

 

Je suis folle, folle à lier des gerbes de fleurs sauvages, pour vous, chers amis de la poésie.
 
Je suis folle, folle de liberté, d’aventures, de musique, de nature.
 
Je suis folle, folle de poésie, de mots farfelus, de soupes aux cailloux.
 
Même mon rire est fou : il s’accroche aux buissons, se baigne dans les ruisseaux, éclate dans les fleurs, tire la queue du lézard, se pose sur ma tartine et puis va dire bonsoir à la lune.
 
Oui, je suis folle, folle de Vie. Et cette folie, je la revendique, je l’assume, je l’aime, je la dorlote, je la cultive, je l’arrose avec du jus de cerises, des étincelles et d’air du temps.
 
Rassurez-vous, cette folie n’est pas dangereuse, au contraire, elle rend simplement la vie plus colorée, plus chatoyante, plus épicée, plus fantaisiste, plus captivante, plus déjantée.
 
Alors, faites comme moi, devenez fous, fous d’amour de la Vie…
 
©Michèle Freud




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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 04:19
La chaîne
 
Comprends-tu ami
Que tu n’es que le maillon
D’une chaîne peut-être éternelle ?
Tu n’es que vraiment que ça
Mais si tu ne l’étais pas
La chaîne n’existerait plus !
 
Tu es l’élément indispensable
Nul autre que toi ne compte plus
Nul autre que toi ne compte moins !
Souvent tu te dis que tu n’es rien
En te comparant aux parvenus
Qui imaginent encore être tout !
 
Mais n’écoute pas ceux qui disent
Ô ! Les pauvres fous
Que sans études tu n’es rien !
Ô ! Pauvres gosses trop gâtés !
Ceux-là ne connaissent pas la vie
Trop pourris dans le luxe et dans l’or…
 
Toi, tu pratiques l’université de la vie
Tu te frottes chaque jour
Aux réalités d’une écrasante existence !
Tu sais le poids de la chaîne
Que tous nous portons
Depuis la nuit des temps !
 
Alors laisse aux ignorants
Le pouvoir et l’argent !
La fortune fait les imbéciles
Les esprits vides et arrogants !
Ils disent que tu es fainéant ?
Car tu refuses d’obéir et de les servir…
 
Mais toi tu es libre !
Libre de l’argent
Libre du pouvoir
Libre de leurs folies d’orgueil
Libre d’aimer la vie et la nature
Avec toutes leurs beautés !
 
Mais toi, tu chantes avec le vent !
Tu récoltes l’amour à tout bout de champ
Tu sèmes la liberté comme un brave paysan !
Et tu assumes de n’être qu’un maillon
De la chaîne qui nous lie tous
Depuis le commencement des temps…
 
Poursuis ta route, tu n’es pas fainéant
Tu n’es pas rien, tu es l’essentiel
Sans toi, pas d’argent ou de bénéfice
Sans toi, ces pauvres d’esprit ne sont rien
Ne leur resteraient que les mains vides
Et leur coutumière fatuité…
 
Va et sème la vie
Celle qu’on aime
Qui à personne ne nuit
Va compagnon de souffrances
Comme le poète on te méprise
Oublie-les, leur cœur est rance…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 8 octobre 2017
La catena
 
Capisci amico mio
Tu non sei altro che l’anello
D’una catena probabilmente eterna?
Non sei più di questo
Ma se tu non lo fossi
La catena non esisterebbe più!
 
Tu sei l’elemento indispensabile
Nessuno conta più di te
Nessuno conta meno di te!
Spesso ti dici che non sei nessuno
In confronto agli arricchiti
Che pensano ancora di essere tutto!
 
Ma non ascoltare quelli che dicono
Oh! poveri schiocchi
Che senza gli studi non sei niente!
Oh! Poveri bambini troppo viziati!
Quelli non conoscono la vita
Troppo abituati nel lusso e nell’oro
 
Tu, pratichi l’università della vita
Ti consumi ogni giorno
Nelle condizioni di un’esistenza massacrante!
Tu conosci il peso della catena
Che tutti noi portiamo
Dalla notte dei tempi!
 
Allora lascia agli ignoranti
Il potere e il denaro!
La fortuna li rende imbecilli
Con l’anima vuota e arrogante!
Loro dicono che sei un fannullone?
Perché ti rifiuti di servirli...
 
Ma tu sei libero!
Libero dai soldi
Dal potere
Libero dalla loro follia d’orgoglio
Libero d’amare la vita e la natura
Con tutte le loro bellezze!
 
Ma tu, tu canti con il vento!
Raccogli l’amore alla fine del campo
Tu semini la libertà come un contadino coraggioso!
E ti consideri di non essere che un anello
Della catena che ci lega tutti
Dal principio dei tempi...
 
Prosegui il tuo cammino, tu non sei un fannullone
Non sei niente, tu sei l’essenziale
Senza di te, non ci sarebbero denaro e profitto
Senza di te, questi illusi non sarebbero niente
E resterebbero con le mani vuote
con loro abituale supponenza...
 
Vai e semina per la vita
Quella che ami
Che non nuoci a nessuno
Vai compagno di sofferenza
Disprezzato come poeta
Dimenticali, i loro cuori sono marci...
 
(c) Francesco Casuscelli
Dairago, il 9 ottobre 2017
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