
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier


Vous n'étiez qu'un rêve Vous n'étiez qu'un rêve Secret, que je portais, enfoui en moi Je l'effleurais, à peine, du bout de l'âme Le touchais, délicatement, de la pointe du cœur Mais jamais je n'osais le regarder Avec mes yeux de femme Avec mes yeux de flamme Et pourtant, il a bien fallu qu'un jour Vous apparaissiez dans la Lumière De mes temps sombres Vous avez suivi le chemin Tracé par le Grand Topographe Décodé les signes, les symboles Et êtes arrivé jusqu'à moi, guidé par Éole Mon Prince des Ombres et Lumières Vous m'apportez sur ce plateau d'or Les rites secrets des amours anciennes Vous offrez sur cet autel sacré Vos joyaux les plus fins Votre âme, votre corps Vos yeux d'émeraude dans leur velours écrin Beauté bien réelle, vous m'apportez Aussi les mots des poètes Ceux qui se sont tus Enfermant en eux les secrets les plus sombres Les cris des âmes blessées Les sanglots des délaissés Les Écritures retrouvées Vous n'étiez qu'un rêve Vous voilà réalité Mon Prince des Ombres et Lumières Venu du néant Don de l'Univers Je Vous ai rêvé ! Je Vous ai créé ! Vous n'étiez qu'un rêve ©Ode 7 novembre 2001 | Non siete altro che un sogno Non siete altro che un sogno Segreto che portavo sepolto in me Lo sfioravo appena con l’estremità dell’anima Lo toccavo delicatamente con la punta del cuore Ma mai osavo guardarlo Con i miei occhi femminili Con i miei occhi infiammabili Eppure è successo che un giorno siete apparso nella Luce Dai miei tempi bui Avete seguito il sentiero Tracciato da un Grande Topografo Decodificando i segni, i simboli E guidato da Eolo siete arrivato fino a me Mio Principe delle Ombre e della Luce Mi portate su questo vassoio d’oro I riti segreti degli antichi amori Offrite su questo altare sacro I vostri gioielli più belli La vostra anima, il vostro corpo I vostri occhi di smeraldo nel loro scrigno di velluto Voi mi portate la vera bellezza Anche delle parole quelle dei poeti Coloro che si sono ammutoliti Che tengono in sé i segreti più oscuri Le grida delle anime ferite I singhiozzi dell’abbandono Di scritture ritrovate Non siete altro che un sogno Ecco la vostra realtà Mio principe delle ombre e della luce Venuto dal nulla Dono dell’Universo Vi ho sognato! Vi ho creato! Voi non siete altro che un sogno ©Francesco Casuscelli Dairago, 5 dicembre 2017
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Quand le chiffre d’une année change
Ne peut-on penser qu’elles jouent
Les coquines, avec nos jours, nos ans
Pour ne pas parler de nos dents…
Mais il vrai que ce jeu étrange
D’un amusant saute-mouton
Se pratique dans bien d’autres disciplines
Par exemple au jeu des Institutions…
Il en est ainsi lorsqu’un Président
Tout émoustillé, fier comme un galet bien poli
Prend la place du précédent
Marri comme un plat mal cuit !
C’est que le siège était confortable
Et la fonction bien en vue et bien payée…
Il en est beaucoup qui aimeraient
Faire saute-mouton à tout va…
Moins amusant mais tellement courant
Les riches qui jouent à ce cruel jeu
Sur le dos des pauvres
Ils en écrasent parfois au passage par des pillages
Bien calculés et avec l’aide de qui vous savez !
Il faut bien que leurs dames
Aient une riche garde-robe
Cela vaut bien des gens de peu laminés ou mourants…
Certes, il arrive que les gueux se révoltent
Coupant ici une tête à monter sur une pique !
Coupant là une chose qu’on ne peut écrire ici
Car il faut veiller à la bienséance, n’est-ce pas ?
Il faut donc que charge la maréchaussée
Toute de cuir vêtue derrière ses boucliers
Lacrymogènes en main, casquées et sans pitié
Renversant les gueux sur les pavés…
Car enfin que deviendrait la nation
Si l’on ne garantissait plus les droits de ses puissants ?
Ne serait-ce pas, tragiquement
Une sorte de méchante chienlit
La racaille, la rue, les bouseux ignorant la finesse
Dont seuls savent se parer les biens nés !
Pour ceux-là, rien n’est plus irritant que la rue
Lorsqu’elle crie ses droitsprétendus !
Et puis, assez parlé de la rue
Restons entre gens à la culture raffinée
Au ventre et joues plutôt ronds
Restons avec nos dames
De bijoux chargés
Plutôt que de nous soucier
Des harpies déguenillées
Qui sans pudeur exhibent leur laideur !
* * *
Bien sûr, vous l’aurez compris
Il s’agit juste d’un conte
Aucun élu ne pourrait
De la sorte agir ou parler
Cela se saurait… N’est-il pas ?
©Jean Dornac
Mulhouse, le 1er janvier 2018
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Acrostiche de Robert Bonnefoy©