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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 06:46
Le monstre – Michèle Freud
 
 
 
 
Dans la plaine blanche de givre, fleurissait avec éclat, un silence de premier matin du monde. Immobile, fascinée et respirant à peine, je l’écoutais, la dégustais et l’effeuillais pour qu’il infuse longuement dans mon cœur.
 
Soudain, dans le ciel, il y eut comme une explosion, non pas un léger potin mais un ébouriffant tintamarre, un vacarme si violent qu’il semblait jouer du tambour sur mes tympans. Le responsable de ce chambardement était un oiseau monstrueux, tout en acier, un prédateur vorace, un tueur sans pitié. En un clin d’œil, il assassina le silence. L’air fut alors saturé de vibrations carnassières qui se mirent à grignoter ma chair. Il me fut impossible de rester coite dans ce bruit infernal…
 
Grignant et grognant, débagoulant des grossièretés, des injures, des mots sans queue ni tête, des croquemitaines et croquamboles, des coqcigrues et croquecigales, je quittai à toute vitesse ce lieu maudit.
 
©Michèle Freud
 
 
 
 
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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 06:41
Prélude – Denise Bernhardt
Henri de Toulouse-Lautrec
 
 
 
Tu me donnais des baisers,
De ceux dont le temps se retire,
Légers comme les frissons de l’étang
Que courtise la brise…
Baisers trop doux pour un adieu,
Laissant en nos cœurs, mourir
Les lagons bleus de nos rêves.
Caresses échangées,
Filles de la lumière,
Mes doigts deviennent blonds,
Mêlés à tes cheveux…
Baisers où tu fermes les yeux,
Le temps d’un souffle dans ton cou,
D’un goût de lait sur ta bouche,
Et d’un envol de libellules
A la paume de tes mains.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 06:47
Goéland – Luce Péclard
 
 
 
 
Viens t’élancer
Autour des terres fermes,
Du plus lointain possible
Observer les bateaux
Enchaînés à leur port.
 
Goéland libre
Au-dessus des tempêtes,
Avec le seul filet
De tes cris enlacés
Entre la vague et toi !  
 
 © Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 06:37
Mon pays au loin – Nancy Turnier-Férère
 
 
 
 
 
Je te cherche partout où mes yeux s’évadent,
Partout où la nature est belle, où elle parade.
Combien faible est mon âme inapaisée, cloîtrée,
Quand tristement je te chante des mélopées.
Je ne veux donc pas mourir avant de te dire
Encore chèrement, je t’aime, je t’aime à ravir.
          Ô mon pays au loin.
Dans mes pensées, malgré cette claire lumière
Que nous accordent tes brillantes nuits stellaires
Et tes somptueux beaux jours si souvent revenus,
Pourquoi suis-je donc comme une enfant perdue ?
Suis-je comme un oiseau sans ailes et sans air ?
Je ne fais que prier pour toi, car tu m’es cher.
          Ô mon pays au loin.
Imagine bien une femme aveugle, pour elle
Tout est beau, elle improvise un horizon réel,
Elle se précipite pour mieux jouir de ce bonheur.
Quel plaisir que de palper, d’effleurer ta chaleur.
Pour mieux respirer les fruits de ta moisson,
Elle éparpille des semences et claque son ‘ason’.
          Ô mon pays au loin.
De ta beauté nonpareille ne me reste que l’image.
Mes désirs, mes souhaits ne sont que des mirages.
Dans ce labyrinthe infini, virevoltant et abominable,
Maintes fois j’y pense, serai-je à jamais capable
Sous mes pieds nus fouler ton sol victorieusement
Et enfin embrasser ton bicolore affectueusement ?
          Ô mon pays au loin !
 
©Nancy Turnier-Férère
(Chants de Rêves Cris d’Espoir 2012)
 


 
 
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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 06:38
Abandonner le corps – Victor Varjac
©Brigitte Barberane
 
 
 
Abandonner le corps
pour que le désir véritable
traverse les chemins
que l’horizon verrouille…
 
Etreindre l’obscurité
pour que jaillisse
la lumière de l’âme…
 
N’est-ce pas enfin
rencontrer le miroir
qui dresse l’image
inconnue de nous-mêmes ?

©Victor Varjac
Antibes, novembre 1999

Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de Plume




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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 06:48
Faux-semblant – Béatrice Pailler
 
 
 
Voûte d’émeraude, couronne végétale,
Ici, les corps vieillissent et verdissent, les âmes rôdent
Et la mort qui erre ceinte de verdure, griffe, gifle,
Habile s’habille d’une étole, verte-létale.
Et de sa langue longue de chair charnue
Qui dans l’air siffle elle nous charme nue.
 
©Béatrice Pailler

 
 
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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 06:44
A mon invisible inavoué – Michel Duprez
 
 
 
 
 
Vous avez remarqué ?
À chaque fois, l'histoire se répète :
le moins réfléchi des deux instruit l'autre.
Il enregistre tout, n'oublie rien,
s'engage à veiller au bien-être
de son éternel voisin de palier,
débout, là-haut
- ou là-bas ? -,
sur cet échafaudage de tubes et de matières grasses,
de fleuves et de ruisseaux que l'on croirait presque
échappés de la Mer Rouge.
Ses données, hélas, ne sont pas consultables,
car, bien que son visage encore voilé
semblerait avoir la particularité,
à ce qu'on dit,
d'être rempli de grains de bonté,
l'avarice au sujet de son savoir
serait la source au fond de laquelle
auraient tous pris la sage décision de s'abriter
les secrets du genre humain.
 
À cela, répondrez-vous naturellement : « Sans doute... »,
et moi, prié de répliquer : « Sûrement ».
 
La preuve que, de nous deux, je suis le plus raisonnable
et vous l'inconscient.
 
©Michel DUPREZ
 
 En toute co-errance », Chez l’auteur, 2016)


 
 
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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 06:46
La renaissance des damnés – Les philosophes incompris
 
 
Ce texte a été écrit par deux auteurs, Djida Cherfi et un jeune homme très doué qui veut rester anonyme. C’est son droit et je respecte cela. Le cœur du sujet est l’agriculture. Chacun de son côté, les deux auteurs ont écrit un texte. Au final, leur génie se confondant, leurs textes se ressemblant, ils ont décidé la fusion de leurs œuvres, et c’est ce que je publie ce jour.
 
Djida remercie infiniment ce jeune auteur pour ce partage d’écrit et création ! Et je les remercie tous les deux pour leur confiance !
 
* * *
*
 
À l'aube des pluies inhibées, mes pieds dénudés masquèrent les senteurs d'un mariage interdit, alliant la dureté de la terre aux larmes des cieux, ils enfantèrent cet arôme qui fit de mon existence une solitude éprouvée.
 
Au crépuscule des printemps enivrés, mes yeux intrigués palpèrent les mirages d'un jardin fécondé, lié à la douceur des hommes et à la tristesse des cieux, il fit de mes sens une utopie risquée.
 
À l'aurore de mes réflexions tourmentés, mes mains tremblantes m'indiquèrent un être qui jardinait, qui d'un sourire béant, cultivait l'espoir de l'éternité. Je me mis à l’envier et m’agrippai à l’essence de ses pensées. Je creusai la terre d’une main de fer, puisse le ciel en témoigner,  je creusai de ses mains frêles explorant le fond d’une vie damnée, aux origines de la vérité je creusai, croyant trouver la mère de mon émotivité. Je caresserai chaque composante de la fertilité, je flirterai avec chaque atome pour le stimuler. Stimulant  la vie et la renaissance, j'irai la où la gestation des âmes commence.
 
Le ciel en sera témoin, de cette fusion, je descendrai très bas, je hurlerai mes peines, je hurlerai mes joies. Aux limites de l'épuisement, je cultiverai cette terre ouverte au firmament. Je serai l’enfant né de cette union de mes racines ancrées et mon esprit en élévation. Je planterai ma graine, je jardinerai mon être ce qui constitue mon corps et ma tête ce que je cache et ce que je laisse paraître. J'y mettrai mes tripes, j'y mettrai mes entrailles Mes désillusions, mes espoirs, mes rages, mes batailles. J'y ajouterai mes larmes et mes éclats de rire, mes forces, mes faiblesses, mes cris, mes soupirs.
 
Je laisserai agir les rayons de l'azur ensoleillé pour que leur magie me rende ce que j'ai toujours été. Sur mon moi en compost la nature portera son attention, un jardin cultivé de lambeaux de moi en recomposition.
 
Je recouvrirai la terre, le ciel en sera témoin, d'une poigne de fer, je le ferai de mes mains. Quand il versera ses larmes sur mon sol, je rejaillirai des profondeurs ou commence la gestation des damnés. Mes peines, mes joies et mes peurs retrouveront leur place, dans un être ou la beauté de la vie à repris sa place.
 
©Les philosophes incompris

 
 
 
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 06:43
Sur le silence du ciel – Michel Bénard
 
 
 
 
 
Sur le silence du ciel
Teinté de pourpre et d’or
Où les destinées se cicatrisent,
Embellir le paysage d’âme
Et peindre l’ombre insolite
D’une felouque aux portes du désert.
 
©Michel Bénard.

 
 
 
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 06:40
Cantique III - Ode
Oeuvre en titre: « Elle » sculpture porcelaine de Ode©
 
 
 
 
⌘ ⌘ ⌘

Que la lumière de ton visage
Vienne éclairer la nuit de mon âme

 
Que le feu de tes yeux
Enflamme la pierre de mon regard

 
Humer toute l'odeur de ton coeur
Aux frontières de l'abandon

 
Passer sur l'autre rive
Que survive l'amour de la mort
Apprivoisant les silences
Jusqu'à l'aube de nos corps

 
Joie nouvelle des semailles
À l'heure bleue des doux réveils
Heure gratuite et farouche
De la moisson d'émerveilles

 
Mon amour, mon île
Tant de solitude psalmodiée
Dans le sang chaud des groseilles
Chant de fruits mûrs
Remarquable noces des soleils

 
Nous baiserons nos tendres amours
Quand baisseront les feux de l'appel
Le grand fleuve conduira ton pas lourd
À la fin du printemps après l'hirondelle

 
Tu verras sur ton chemin tant de fleurs
Tant d'espace et tant de verdure
Tant de soleil et tant de mer
Ce sont là les plages de ton destin
 
⌘⌘⌘

Tes lèvres à l'ombre des misères
Engrosseront d'amour tes paroles
Rempliront le secret de mes désirs
J'attendrai jusque dans le soir nuptial

Et jusqu'aux heures tardives du réveil
Sur les berges des attentes océanes
Aux odeurs d'herbes folles et de miel d'or
Là où l'oiseau chante pour nous le bonheur

Et l'espoir

Ode©
18 mars de l'An Deux

http://zodode.5.50megs.com/CS/cantiq3.htm


 
 
 
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