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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 04:51
Toile de Gil Pottier

 

 

        
        Silence
hier, entre nous des lucioles faisaient crisser le gravier de la raison
ma nuque ployait lorsque tu retirais ma bure
aujourd’hui
nuit a ventre d'hermine et paupières de pluie,
nous portons la crue rebelle de nos désirs inassouvis.
          obscurité
aveuglement
étamines perdues
sur un murmure de hanches
c'était juste avant
l'envol de la mouette
 
          trace
          rien
          chaos
 
          regard clos
sur un songe menteur
          ciel de menthe
dérive aux rives de l'ombre
          ténèbres
 
          ne rien voir
un serpent rampe dans le sable de tes cuisses
          morsure, poison
ne rien nommer
ouvre la fenêtre le ciel déborde d'orage
 
         silence
je me penche au-dessus du gouffre
 
        là est le cri
Munch a gommé la bouche
remets une toile sur le chevalet.
 
                                     ©Nicole Hardouin
 
 
 
 

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26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 07:33
Le krach boursier d’octobre 1929

 

 

 

                                                          L’argent ne représente que le sida du monde – V.V.
 
 
Le pèze… le flouze
l'oseille… le blé
en un mot
comme en mille
l’argent… oui l’argent
toujours l’argent
rien que l’argent
plus rien… que l’argent…
 
Tout est devenu synonyme
de possession…
de puissance
et la Bourse incarne
le temple de la gloire
où régner sur autrui
devient l’aboutissement suprême !
 
Alors… ce culte admirable
de la Richesse
aussi éphémère
qu’illusoire
a peu à peu
remplacé le cœur
où vivait le poète !...
 
Son souvenir fut piétiné
comme une ombre
ridiculement inutile
mais la tristesse et l’ennui
s’emparèrent aussitôt
de cet homme « tiroir caisse »
qu’un coup de vent
un jour d’automne
arracha des mains
de la corbeille maudite !...
 
Emporté au milieu
d'une foule anonyme
et solitaire
cette caricature insolente
ne trouva soudain
que l’indifférence
d’un ciel d’encre
et les railleries d’une chanson
pour conduire promptement
les billets de sa dépouille
aux enfers de l’orgueil
et de la cruauté…
 
© Victor Varjac
Antibes, 14 décembre 1999

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 08:11

 

Le rêve de Jacob - Michael Lukas Leopold Willmann

 

 
 
 
 
Trop sombre, la route figée se ferme au voyage. Le soleil buvant la poussière se mélange à la terre. La fatigue le cerne, son corps si peu aguerri se dérobe. Alors, délaissant la fuite de cet autre lui-même, ce frère si semblable : reflet inversé de son âme, dans l’ombre advenue, il s’abandonne, abattu. La roche est son chevet.
 
Ainsi, Jacob au creux de la terre s’est couché et la pierre opportune porte le songe.
 
Devant lui, dans la douceur des psalmodies, au parcours d’une échelle dressée, pullule le peuple des anges. Et l’Éternel parle à Jacob. Il écarte de ses yeux l’ignorance. Pénétré de l’avenir, de saisissement, Jacob s’éveille.
« Dieu est présent. Je ne le savais pas, car, il n’y a rien ici que moi-même boule de chair au creux de la terre. »
Il contemple la solitude nue, ceinte de nuit. Il se voit sous sa voûte, étendu. Alors, d’un murmure, il désigne la pierre :
« Il n’y a rien ici que la maison de Dieu et ceci en est le portail. »
 
Alors, d’un geste qui la révèle unique, il prend la pierre allongée, la dresse verticale et la nomme Beth-el.
 
©Béatrice Pailler Recueil «Retable »
Revue Traversées N°83
Mars 2017  
 

 
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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 08:01
John Keats

 

 
 
 
                                                                                 À Norton Hodges
 
Ah, ce vers navrant de Shelley sur la mort de Keats :
 
« And one with trembling hands clasps his cold head
(« L'un d'eux, de ses mains tremblantes, presse cette tête glacée ») !
 
Keats, la voix de saphir, le vespéral rossignol d'Angleterre
Mort, mort à Rome, loin des amours mélodieuses
Et des baisers bleus de sa bouche séraphiques !
 
Ah, cette chambre nue où des anges éplorés,
Des blancs perce-neige sur la poitrine
Ont élevé vers l'éther la clarté vacillante de son corps
Dans l'éclat de sa jeunesse !
 
Lui, vêtu de la transparence du matin,
Ne contemplera plus jamais
Les vivantes splendeurs de la ville éternelle !
 
Seul avec l'air, inconsolable,
Je pleure sur l'épaule de la grande nuit
Qui puise sa force sombre
Dans l'océan toujours agité des ténèbres !
 
Ô lumière mordue par la mort,
Ô toi promesse d'immortalité !
 
À présent, l'innocence azurée de son âme
Éclaire le frissonnant horizon et vient d'une main légère
Chasser loin de l'oubli son nom gravé dans la spessartine !
 
Lui, qui a su ébranler de ses strophes éthérées
Les esprits célestes voguant dans l'infinie beauté du ciel !
 
Comme Thalès, il a pu mesurer
Le cœur des grêles étoiles du Chariot,
Cette constellation fascinante
Qui guidait de sa verte lumière les Phéniciens
Sur les eaux émues de la mer !
 
Ö Muses triplement bienheureuses,
Couvrez son front pâle de couronnes de roses rouges
Afin que je défaille de plaisir !
 
Et vous, fleurs ruisselantes et herbes grasses,
Rappelez sans cesse aux hommes mortels
La grâce vivifiante de son verbe délicat !
 
©Athanase Vantchev de Thracy
 
Marrakech, le 18 novembre 2017
 
Glose :
 
Percy Bysshe Shelley (1792-1822) : ll'un des plus grands poètes romantique britanniques. Si les anthologies reprennent surtout OzymandiasOde to the West WindTo a Skylark et The Mask of Anarcy, ses œuvres les plus importantes sont de longs poèmes visionnaires tels que Alastor, Adonaïs, Prometheus Unbound, et son poème inachevé The Triumph of Life.
 
John Keats (1795-1821) : est l'un des plus délicieux poètes romantique anglais, mort de tuberculose à Rome.
 
Spessartine (n.f.) : minéral de la famille des grenats. Les pierres gemmes peuvent être taillées comme pierre fine. La spessartine forme une série avec le grenat almandin et le pyrope.
 
Thalès de Milet, en grec ancien : Θαλῆς ὁ Μιλήσιος / Thalễs ho Milếsios, est un philosophe et savant grec né à  Milet vers 625 av. J.-C. mort vers 547 av. J.-C.
 
C'est l'un des Sept sages de la Grèce antique et le fondateur de l'école milésienne. Philosophede la nature, il passe pour avoir effectué un séjour en Égypte, où il aurait été initié aux sciences égyptienne et babylonienne. On lui attribue de nombreux exploits arithmétiques, comme le calcul de la hauteur de la grande pyramide ou la prédiction d'une éclipse, ainsi que le fameux théorème de Thalès. Il fut l'auteur de nombreuses recherches mathématiques, notamment en géométrie.
Le Chariot : la Grande Ourse est la troisième constellation du ciel par son étendue. Elle contient la « grande casserole » (ou « grand chariot »). Faisant partie des 48 constellations identifiées par Ptolémée,elle est très facilement reconnaissable par la forme de casserole ou chariot que composent ses sept plus brillantes étoiles. La Grande Ourse est une constellation circumpolaire pour les observateurs situés au-dessus de 41° de latitude du Nord et elle ne semble jamais se coucher. En  grec, le mot ours se dit arktos, qui a donné le nom d'Arctique.
 
* * *
 
 
ENGLISH :
 
The Death of John Keats
for Norton Hodges
 
I think of Shelley’s heartbreaking line on the death of Keats:
And one with trembling hands clasps his cold head.
 
Keats, that sapphire voice, the evening nightingale of England
dead, dead in Rome, far from the melodious loves
and the blue kisses of its seraphic mouth!
 
Ah, this bare room where tearful angels,
with white snowdrops on their breasts
have lifted towards the ether the flickering brightness of his body
in the full brilliance of youth !
 
Clad in the transparency of the morning,
he will never again contemplate
the living splendours of the Eternal City!
 
Alone with the air, inconsolable,
I weep upon the shoulder of the vast night
that draws its sombre strength
from the still restless ocean of the darkness!
 
O light doted on by death,
O you, promise of immortality!
 
Now, the azure innocence of his soul
is lighting the trembling horizon and coming with a light touch
to chase far from oblivion his name engraved in garnet!
 
He who knew how to stir the celestial spirits
sailing the infinite beauty of the heavens with his ethereal verses!
 
Like Thales, he could measure
the hearts of the frail stars of the Great Bear,
that irresistible constellation
whose green light guided the Phoenicians
over the deeply moved waters of the sea!
 
O Muses, three times fortunate,
make me faint with pleasure
and cover his pale forehead with crowns of red roses!
 
And you, flowing streams and fertile grasses,
remind mortal men without cease
of the life-giving grace of his delicate words!
 
 
Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges  
 

 
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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 07:36
Tomas Mondragon, allégorie de la mort


 


Au début de l’enfance,
elle n’est ni proche ni présente.
Prélude d’avenir pour l’innocence
encore blottie dans l’inconscience,
c’est le départ d’une danse
longue est éprouvante.
Celle qui paraît si éloignée,
n’est réelle que pour ceux qui n’ont pas eu de chance
et qui combinent à leur danse une dévorante souffrance.
Pas à pas on fait sa connaissance,
mais instinctivement on garde la confiance.
On croit en celle qui berce nos espérances,
en jouissant de trésors qui deviennent dépendances.
On oublie celle qui se nourrit d’indolence,
on vagabonde et on garde la cadence.  
On apprend bien tard,
pour le vivre comme un cauchemar.
L’une nous séduit d’apparences,
l’autre prend et nous offense.
L’une est profit et abondance,
l’autre est vide, est absence.
L’une est tout simplement la scène de nos performances,
l’autre est cruelle critique et unique audience.
Malgré tout on se rue sans prudence,  
et on se voit trahi par la négligence.
On se bat pour l’indépendance,
et on est pris par les circonstances.
La vie nous distrait puis nous abandonne,
et la mort nous entoure puis nous emprisonne.
Elles se disputent notre peau,
nous ne pouvons dire mot.
Toutes deux sont mystère,
nous ne sommes que poussière.
La vie nous attire,
mais il faudra mourir.
Et pour ne rien laisser derrière,
on s’accroche à des prières.
 
©Djida Cherfi
24/06/2015
 
 

 
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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 07:33

 

Nathalie Lescop-Boeswillwald. « Pour une éternité de plus. » Editions Les Amis de Thalie.  53 pages. Format 21 x 14 ½.
Préface Michel Bénard. Postface Christian Boeswillwald.
Illustrations originales (22 + 1 ère et 4 ème de couverture) Eliane Hurtado.

                                              « Passe le temps battant au rythme des saisons. » MB
 

Comme chaque nouveau recueil de Nathalie Lescop-Boeswillwald « Pour une éternité de plus » une question se pose, sur quel chemin va-t-elle aujourd’hui orienter nos pas, nos cœurs et nos âmes ?
Notre poétesse a le don du renouvellement, de la remise en question, mais l’ensemble demeure  toujours rattaché à la qualité du cœur, du ressenti, de l’émotion frémissante et de l’image révélatrice.
Ne nourrit-elle pas ce profond besoin de réinventer l’amour afin de mieux le consolider, afin de mieux briser les habitudes réductrices.
Immédiatement, c’est l’idée du métronome battant au rythme du temps qui passe et des saisons s’effaçant qui retient notre attention.
Allant jusqu’à nous offrir l’envers du poème, sorte d’effet miroir.
Les heures coulent avec lenteur dans l’imaginaire d’un chat dont les rêves s’ouvrent sur le monde.
Au fil de la lecture, de belles visions s’offrent à nous en bouquets composés.
Nathalie Lescop-Boeswillwald sensible et rebelle à la fois, se masquant derrière des voiles de pudeur, confirme à l’homme aimé la force du lien d’amour, tout en jouant de la dérision.
Ce qui, à n’en pas douter, décuple les forces des « vieux enfants. »
Les textes se présentent à nous sous un effet pendulaire oscillant entre prose et poésie marquant de leurs sceaux l’essentiel d’une réflexion sur la vie. Juste effleurement de la quintessence.
Par la forme, nous côtoyons parfois le mode haïku.
Notre poétesse veille dans le silence de la nuit campagnarde éclairée par un halo de lune à la métamorphose du monde.
Soulignons la fidélité pérenne de Nathalie Lescop-Boeswillwald envers l’âme d’un frère trop vite emporté, mais dont elle reconstitue les pas dans «  Le chemin caillouteux ».
La nuit occupe une place importante dans l’œuvre de notre amie, elle lui permet de transcender le rêve ; il arrive aussi que certains poèmes déploient les couleurs et le rythme d’un tableau impressionniste, les couleurs ne traduisent-elles pas ce que sécrètent le cœur et l’âme ?
Ne sentez-vous pas ici un petit parfum rimbaldien nous envahir ? « A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu .../... » ?
Chaque ouvrage de Nathalie Lescop-Boeswillwald est également un prétexte où le clin d’œil à l’art en «  pARTage » n’est jamais bien loin.
 
Michel Bénard.
 
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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 07:28
Œuvre en titre : Dessin modèle vivant de Ode©

 

 
 
 
Je me perds dans ses bleus
 Je me noie dans ses verts
 Il me caresse les cheveux
 Mon Ami aimé
 Mon nouvel Univers
 Je suis son rêve il me l'a dit
 Rêve à moi seule, avoué
 Je suis celle qui détient la clef
 De ses plus profonds secrets
 La poésie l'a conduit jusqu'à moi
 Je le portais en moi
 Avant même de le reconnaître
 Mystérieuses sont les Voies
 Étonnés devant la Beauté
 et le Sacré
 De nos retrouvailles
 Frissonne une douce chaleur entre nous
 S'installe un nouveau langage
 La nuit, il veille sur mon sommeil
 Il est là, à mon réveil
 Lorsque je viens à sa rencontre
 Il est là, tout contre
 Il me consacre Eaudouce, son Odouce
 Son OdeFauve
 Son Odéesse
 Son OdeFine, son OdeFéline
 Amitié délicieusement trouble
 Et la poésie est là entre nous
 En nous...
 Doux vertige
 Tel un enfant, de mes mots,
 je le berce
 entre mes écrits tendresse
 et je l'entends me dire ces mots si doux :
 « Je vous avoue, que je ne cesse de rêver de vous
 J'étais à marée basse, à marée lasse
 Maintenant, je vous ai, vous... »
 ...
Est-il plus beau Poème...
 « Nous avons la chance inouïe, mon ami
 Comme il n'en arrive qu'une fois par vie
 De pouvoir, même dans le non-dit
 Exprimer en prose ou en poème
 Nos amitiés, nos mots d'aime

 Nous avons la chance inespérée
 D'être, l'un pour l'autre, un jardin secret...
 Un jardin où, tous nos rêves peuvent s'épanouir
 Comme la fleur, s'ouvrir et s'offrir
 Où rien ne doit demeurer à l'autre caché
 Un jardin fait de mots tendresse

 Qui parfois touchent mieux que caresses... »
 « Tout ce qui nous arrive n'est pas vain
 Je ne demande rien de vous...  
 
déclare-t-il
 Mon Od'âme, mon Odouce
 Que d'être là, tout près
 Que d'exister et d'être heureuse
 De ce que nous offre le destin
 Je n'espère rien
 Sinon que cette passion pour les mots
 Qui nous couvre de grâce
 Dure toujours, bien au-delà
 Du Temps et de l'Espace...
 Voulez-vous, mon Odouce
 Sécher vos tristesses et être à jamais
 Mon jardin secret... »

...Est-il plus beau Poème...
 « Ma douce âme retrouvée
 Je n'attendais que vous pour
 Mon jardin secret partager
 Dans ce jardin, rien de triste
 N'arrivera plus jamais
 Il n'y aura de place autre
 Qu'à la tendresse
 À la poésie et aux mots caresses
 À quelque baiser reçu
 À quelque baiser donné
 Comme une offrande
 Les lèvres offertes
 Dénudées, pour la fête de nos sens

 Et, que nos âmes qui se dévoilent
 Comme vêtements qui s'entrouvrent
 Nous découvrant peu à peu
 Du Temple, baissons le voile...
 J'imaginaire, les yeux grands ouverts
 Vos longs doigts fins sur mon visage
 Vos magnifiques yeux verts
 Vos mains sur mes hanches
 Au gré de nos inspirations
 Pas trop sages

 Est-il plus beau poème,
 À réécrire encore et encore...
 Est-il plus beau poème...

 J'essaie d'être pour vous, amidoux
 Ce que vous êtes pour moi : une source fraîche
 Toujours renouvelée, de plaisir et d'inspiration
 Tant amie amoureuse, que poésie
 Je vous emprunte et jamais ne vous rendrai
 De votre signature, je garde l'imprimatur
 Comme un pacte, dans cette enveloppe scellée
 Déposée sur l'Autel des Amours abandonnées. »

 ...Est-il plus beau Poème...
 

 Ode©
 17 octobre 2000

Création Ode©

Source : http://zodode.5.50megs.com/DO/odoucepo.htm  
 
 
 
 
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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 07:41
La Traviata – Rafal Olbinski

 

 

Tu m’as entraîné sur le sommet d’un nuage
Toi mon amour qui, là-haut, n’a plus d’âge
Éternellement jeune et de fraîche beauté
Pour parcourir toute l’étendue de l’éternité
Tu m’as pris par le bras avec une ferme énergie
Et dans tes yeux brillaient comme des bougies
 
J’ai vu ton corps se métamorphoser
Telle une déesse il était revêtu
D’une simple toge transparente et aérée
J’en restais bouche bée, comme confus
Tant il m’était difficile de te reconnaitre
Toi qui n’avais jusqu’alors cure de paraître !
 
Par un prodigieux baiser
Nos lèvres se sont enlacées
Et j’ai senti toute la puissance
Des étoiles, nos amies de naissance
Envahir jusqu’à mes plus petites veines
Tout  en laissant mon âme sereine
 
Ensemble, comme dans nos contes d’enfance
Mains tendues vers les contrées immenses
Nous avons volé de concert au-dessus des nuages
Comme si nous étions un couple de mages
Tous deux, nous fûmes envahis
D’une paix étrange loin des âmes ennemies
 
J’aurais voulu qu’il ne s’agisse pas d’un rêve
Mais que nous partions au-delà des limites sans trêve
Car nous avons senti que chaque parcelle
De nos corps étaient mémoires d’étoiles, pures étincelles
Dans un même élan, toi et moi, cœurs unis
Nous avons enfin compris le sens de nos vies
 
Je te regardais et je savais que nous pensions à l’unisson
Qu’il ne fallait pas quitter ce monde pour l’ancien
Ici pouvaient se vivre les véritables passions
Loin des charlatans et ridicules politiciens
Ici, notre amour serait indestructible
Ici, le mal n’atteindrait nulle cible !
 
©Jean Dornac
Lyon, le 19 novembre 2017
 
 
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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 07:40
George Frederic Watts, La jeune fille à la plume de paon

 

 

 

 

La fille fit d’un ciL un début très subtiL,
Ivre pour son amI d’être nue et ainsI.
Bien pincé sur l’aplomB d’un mamelon de plomB,
Impudique et sertI, un bijou arrondI
D
escendait sur le blonD de son doux ventre ronD,
Ornant tel un halO son corps de brasérO...

 
Acrostiche triple 

 

©Robert Bonnefoy

 



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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 07:47
Références de la photo (cf dossier joint) et du texte : Mystères de cathédrale, texte de Claude Luezior, photos de Jacques Thévoz, BCU Fribourg, 4e trim. 2016

 

 

 

 

Juste au coin du narthex, un pieux bénitier. Autour de lui, le geste est souvent machinal, bâclé, sans souvenir précis des temps heureux : l’eau du baptême est à presque cent mètres de là. Certains se signent, pressés, comme pour pointer à l’horodateur du Seigneur. D’autres ont la lenteur de l’arthrose, humectant leurs phalanges de presque ressuscités.
S’avance la bigote à la peau parcheminée : marathonienne de la rédemption, elle hydrate les flétrissures de son cœur en vue de la dernière ligne droite. Juste derrière, les doigts légers d’une fleur de pavé. Selon les Évangiles, cette Marie-Madeleine coiffera l’athlète des ave à la porte du Seigneur.
Quelques enfants de chœur bousculent de leurs rires la bien-pensante. Plus loin, des canailles bâclent une génuflexion, tandis que des traîne-crasse envisagent une ablution. Et puis, un fada : d’après la légende, les fées, qu’on appelle dans le sud fadarelles, échangent parfois leur descendance dans le berceau des humains. Consolation des affligés, le simple d'esprit sera tantôt prince du royaume.
Suit la main droite du besogneux, trempant ses cals jusqu’à la paume et celle, un peu raide, du colonel qui hésite entre signe de croix et salut. Depuis l’ébrasement du porche, un martyr surveille le geste sévère de l’instituteur, égalitaire du gauchiste en goguette, opportuniste du politicien dont le menton tutoie les étoiles, niais de la cancanière en mal de calomnie.
On y voit aussi les ongles vernis de la précieuse qui, pour peu, déposerait une goutte sacrée sur son cou, tel un parfum. Et cette jeune-fille presque vierge, presque transparente, effleurant les satins de son amant.
En miroir, des doigts froissant à peine la surface de l'eau sacrée, comme pour ne pas déranger le Très-Haut : arachnéennes caresses d’une religieuse déjà en extase.
Pour clore cette humanité défilante, une troupe de dubitatifs, tièdes et païens de toute obédience évitant comme des chats maigres la sainte source et préférant passer à gué le seuil de l’Eden.
Self-service d’eaux lustrales, le bénitier a bien du mérite. Mirage d’anachorètes ou puits artésien pour âmes en rémission, on le retrouvera au tourniquet du Jardin premier.
 
©Claude Luezior
 



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