Silence hier, entre nous des lucioles faisaient crisser le gravier de la raison ma nuque ployait lorsque tu retirais ma bure aujourd’hui nuit a ventre d'hermine et paupières de pluie, nous portons la crue rebelle de nos désirs inassouvis. obscurité aveuglement étamines perdues sur un murmure de hanches c'était juste avant l'envol de la mouette
trace rien chaos
regard clos sur un songe menteur ciel de menthe dérive aux rives de l'ombre ténèbres
ne rien voir un serpent rampe dans le sable de tes cuisses morsure, poison ne rien nommer ouvre la fenêtre le ciel déborde d'orage
silence je me penche au-dessus du gouffre
là est le cri Munch a gommé la bouche remets une toile sur le chevalet.
Trop sombre, la route figée se ferme au voyage. Le soleil buvant la poussière se mélange à la terre. La fatigue le cerne, son corps si peu aguerri se dérobe. Alors, délaissant la fuite de cet autre lui-même, ce frère si semblable : reflet inversé de son âme, dans l’ombre advenue, il s’abandonne, abattu. La roche est son chevet.
Ainsi, Jacob au creux de la terre s’est couché et la pierre opportune porte le songe.
Devant lui, dans la douceur des psalmodies, au parcours d’une échelle dressée, pullule le peuple des anges. Et l’Éternel parle à Jacob. Il écarte de ses yeux l’ignorance. Pénétré de l’avenir, de saisissement, Jacob s’éveille.
« Dieu est présent. Je ne le savais pas, car, il n’y a rien ici que moi-même boule de chair au creux de la terre. »
Il contemple la solitude nue, ceinte de nuit. Il se voit sous sa voûte, étendu. Alors, d’un murmure, il désigne la pierre :
« Il n’y a rien ici que la maison de Dieu et ceci en est le portail. »
Alors, d’un geste qui la révèle unique, il prend la pierre allongée, la dresse verticale et la nomme Beth-el.
Percy Bysshe Shelley (1792-1822) : ll'un des plus grands poètes romantique britanniques. Si les anthologies reprennent surtout Ozymandias, Ode to the West Wind, To a Skylark et The Mask of Anarcy, ses œuvres les plus importantes sont de longs poèmes visionnaires tels que Alastor, Adonaïs,Prometheus Unbound, et son poème inachevé The Triumph of Life.
John Keats (1795-1821) : est l'un des plus délicieux poètes romantique anglais, mort de tuberculose à Rome.
Spessartine (n.f.) : minéral de la famille des grenats. Les pierres gemmes peuvent être taillées comme pierre fine. La spessartine forme une série avec le grenat almandin et le pyrope.
Thalès de Milet, en grec ancien : Θαλῆς ὁ Μιλήσιος / Thalễs ho Milếsios, est un philosophe et savant grec né à Milet vers 625 av. J.-C. mort vers 547 av. J.-C.
C'est l'un des Sept sages de la Grèce antique et le fondateur de l'école milésienne. Philosophede la nature, il passe pour avoir effectué un séjour en Égypte, où il aurait été initié aux sciences égyptienne et babylonienne. On lui attribue de nombreux exploits arithmétiques, comme le calcul de la hauteur de la grande pyramide ou la prédiction d'une éclipse, ainsi que le fameux théorème de Thalès. Il fut l'auteur de nombreuses recherches mathématiques, notamment en géométrie.
Le Chariot : la Grande Ourse est la troisième constellation du ciel par son étendue. Elle contient la « grande casserole » (ou « grand chariot »). Faisant partie des 48 constellations identifiées par Ptolémée,elle est très facilement reconnaissable par la forme de casserole ou chariot que composent ses sept plus brillantes étoiles. La Grande Ourse est une constellation circumpolaire pour les observateurs situés au-dessus de 41° de latitude du Nord et elle ne semble jamais se coucher. En grec, le mot ours se dit arktos, qui a donné le nom d'Arctique.
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ENGLISH :
The Death of John Keats
for Norton Hodges
I think of Shelley’s heartbreaking line on the death of Keats:
And one with trembling hands clasps his cold head.
Keats, that sapphire voice, the evening nightingale of England
dead, dead in Rome, far from the melodious loves
and the blue kisses of its seraphic mouth!
Ah, this bare room where tearful angels,
with white snowdrops on their breasts
have lifted towards the ether the flickering brightness of his body
in the full brilliance of youth !
Clad in the transparency of the morning,
he will never again contemplate
the living splendours of the Eternal City!
Alone with the air, inconsolable,
I weep upon the shoulder of the vast night
that draws its sombre strength
from the still restless ocean of the darkness!
O light doted on by death,
O you, promise of immortality!
Now, the azure innocence of his soul
is lighting the trembling horizon and coming with a light touch
to chase far from oblivion his name engraved in garnet!
He who knew how to stir the celestial spirits
sailing the infinite beauty of the heavens with his ethereal verses!
Like Thales, he could measure
the hearts of the frail stars of the Great Bear,
that irresistible constellation
whose green light guided the Phoenicians
over the deeply moved waters of the sea!
O Muses, three times fortunate,
make me faint with pleasure
and cover his pale forehead with crowns of red roses!
And you, flowing streams and fertile grasses,
remind mortal men without cease
of the life-giving grace of his delicate words!
Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges
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Au début de l’enfance, elle n’est ni proche ni présente. Prélude d’avenir pour l’innocence encore blottie dans l’inconscience, c’est le départ d’une danse longue est éprouvante. Celle qui paraît si éloignée, n’est réelle que pour ceux qui n’ont pas eu de chance et qui combinent à leur danse une dévorante souffrance. Pas à pas on fait sa connaissance, mais instinctivement on garde la confiance. On croit en celle qui berce nos espérances, en jouissant de trésors qui deviennent dépendances. On oublie celle qui se nourrit d’indolence, on vagabonde et on garde la cadence. On apprend bien tard, pour le vivre comme un cauchemar. L’une nous séduit d’apparences, l’autre prend et nous offense. L’une est profit et abondance, l’autre est vide, est absence. L’une est tout simplement la scène de nos performances, l’autre est cruelle critique et unique audience. Malgré tout on se rue sans prudence, et on se voit trahi par la négligence. On se bat pour l’indépendance, et on est pris par les circonstances. La vie nous distrait puis nous abandonne, et la mort nous entoure puis nous emprisonne. Elles se disputent notre peau, nous ne pouvons dire mot. Toutes deux sont mystère, nous ne sommes que poussière. La vie nous attire, mais il faudra mourir. Et pour ne rien laisser derrière, on s’accroche à des prières.
Nathalie Lescop-Boeswillwald. « Pour une éternité de plus. » Editions Les Amis de Thalie. 53 pages. Format 21 x 14 ½. Préface Michel Bénard. Postface Christian Boeswillwald. Illustrations originales (22 + 1 ère et 4 ème de couverture) Eliane Hurtado.
« Passe le temps battant au rythme des saisons. » MB
Comme chaque nouveau recueil de Nathalie Lescop-Boeswillwald « Pour une éternité de plus » une question se pose, sur quel chemin va-t-elle aujourd’hui orienter nos pas, nos cœurs et nos âmes ? Notre poétesse a le don du renouvellement, de la remise en question, mais l’ensemble demeure toujours rattaché à la qualité du cœur, du ressenti, de l’émotion frémissante et de l’image révélatrice. Ne nourrit-elle pas ce profond besoin de réinventer l’amour afin de mieux le consolider, afin de mieux briser les habitudes réductrices. Immédiatement, c’est l’idée du métronome battant au rythme du temps qui passe et des saisons s’effaçant qui retient notre attention. Allant jusqu’à nous offrir l’envers du poème, sorte d’effet miroir. Les heures coulent avec lenteur dans l’imaginaire d’un chat dont les rêves s’ouvrent sur le monde. Au fil de la lecture, de belles visions s’offrent à nous en bouquets composés. Nathalie Lescop-Boeswillwald sensible et rebelle à la fois, se masquant derrière des voiles de pudeur, confirme à l’homme aimé la force du lien d’amour, tout en jouant de la dérision. Ce qui, à n’en pas douter, décuple les forces des « vieux enfants. » Les textes se présentent à nous sous un effet pendulaire oscillant entre prose et poésie marquant de leurs sceaux l’essentiel d’une réflexion sur la vie. Juste effleurement de la quintessence. Par la forme, nous côtoyons parfois le mode haïku. Notre poétesse veille dans le silence de la nuit campagnarde éclairée par un halo de lune à la métamorphose du monde. Soulignons la fidélité pérenne de Nathalie Lescop-Boeswillwald envers l’âme d’un frère trop vite emporté, mais dont elle reconstitue les pas dans « Le chemin caillouteux ». La nuit occupe une place importante dans l’œuvre de notre amie, elle lui permet de transcender le rêve ; il arrive aussi que certains poèmes déploient les couleurs et le rythme d’un tableau impressionniste, les couleurs ne traduisent-elles pas ce que sécrètent le cœur et l’âme ? Ne sentez-vous pas ici un petit parfum rimbaldien nous envahir ? « A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu .../... » ? Chaque ouvrage de Nathalie Lescop-Boeswillwald est également un prétexte où le clin d’œil à l’art en « pARTage » n’est jamais bien loin.
Je me perds dans ses bleus Je me noie dans ses verts Il me caresse les cheveux Mon Ami aimé Mon nouvel Univers Je suis son rêve il me l'a dit Rêve à moi seule, avoué Je suis celle qui détient la clef De ses plus profonds secrets La poésie l'a conduit jusqu'à moi Je le portais en moi Avant même de le reconnaître Mystérieuses sont les Voies Étonnés devant la Beauté et le Sacré De nos retrouvailles Frissonne une douce chaleur entre nous S'installe un nouveau langage La nuit, il veille sur mon sommeil Il est là, à mon réveil Lorsque je viens à sa rencontre Il est là, tout contre Il me consacre Eaudouce, son Odouce Son OdeFauve Son Odéesse Son OdeFine, son OdeFéline Amitié délicieusement trouble Et la poésie est là entre nous En nous... Doux vertige Tel un enfant, de mes mots, je le berce entre mes écrits tendresse et je l'entends me dire ces mots si doux : « Je vous avoue, que je ne cesse de rêver de vous J'étais à marée basse, à marée lasse Maintenant, je vous ai, vous... » ...Est-il plus beau Poème... « Nous avons la chance inouïe, mon ami Comme il n'en arrive qu'une fois par vie De pouvoir, même dans le non-dit Exprimer en prose ou en poème Nos amitiés, nos mots d'aime Nous avons la chance inespérée D'être, l'un pour l'autre, un jardin secret... Un jardin où, tous nos rêves peuvent s'épanouir Comme la fleur, s'ouvrir et s'offrir Où rien ne doit demeurer à l'autre caché Un jardin fait de mots tendresse Qui parfois touchent mieux que caresses... » « Tout ce qui nous arrive n'est pas vain Je ne demande rien de vous... déclare-t-il Mon Od'âme, mon Odouce Que d'être là, tout près Que d'exister et d'être heureuse De ce que nous offre le destin Je n'espère rien Sinon que cette passion pour les mots Qui nous couvre de grâce Dure toujours, bien au-delà Du Temps et de l'Espace... Voulez-vous, mon Odouce Sécher vos tristesses et être à jamais Mon jardin secret... » ...Est-il plus beau Poème... « Ma douce âme retrouvée Je n'attendais que vous pour Mon jardin secret partager Dans ce jardin, rien de triste N'arrivera plus jamais Il n'y aura de place autre Qu'à la tendresse À la poésie et aux mots caresses À quelque baiser reçu À quelque baiser donné Comme une offrande Les lèvres offertes Dénudées, pour la fête de nos sens Et, que nos âmes qui se dévoilent Comme vêtements qui s'entrouvrent Nous découvrant peu à peu Du Temple, baissons le voile... J'imaginaire, les yeux grands ouverts Vos longs doigts fins sur mon visage Vos magnifiques yeux verts Vos mains sur mes hanches Au gré de nos inspirations Pas trop sages Est-il plus beau poème, À réécrire encore et encore... Est-il plus beau poème... J'essaie d'être pour vous, amidoux Ce que vous êtes pour moi : une source fraîche Toujours renouvelée, de plaisir et d'inspiration Tant amie amoureuse, que poésie Je vous emprunte et jamais ne vous rendrai De votre signature, je garde l'imprimatur Comme un pacte, dans cette enveloppe scellée Déposée sur l'Autel des Amours abandonnées. » ...Est-il plus beau Poème...
Tu m’as entraîné sur le sommet d’un nuage Toi mon amour qui, là-haut, n’a plus d’âge Éternellement jeune et de fraîche beauté Pour parcourir toute l’étendue de l’éternité Tu m’as pris par le bras avec une ferme énergie Et dans tes yeux brillaient comme des bougies
J’ai vu ton corps se métamorphoser Telle une déesse il était revêtu D’une simple toge transparente et aérée J’en restais bouche bée, comme confus Tant il m’était difficile de te reconnaitre Toi qui n’avais jusqu’alors cure de paraître !
Par un prodigieux baiser Nos lèvres se sont enlacées Et j’ai senti toute la puissance Des étoiles, nos amies de naissance Envahir jusqu’à mes plus petites veines Tout en laissant mon âme sereine
Ensemble, comme dans nos contes d’enfance Mains tendues vers les contrées immenses Nous avons volé de concert au-dessus des nuages Comme si nous étions un couple de mages Tous deux, nous fûmes envahis D’une paix étrange loin des âmes ennemies
J’aurais voulu qu’il ne s’agisse pas d’un rêve Mais que nous partions au-delà des limites sans trêve Car nous avons senti que chaque parcelle De nos corps étaient mémoires d’étoiles, pures étincelles Dans un même élan, toi et moi, cœurs unis Nous avons enfin compris le sens de nos vies
Je te regardais et je savais que nous pensions à l’unisson Qu’il ne fallait pas quitter ce monde pour l’ancien Ici pouvaient se vivre les véritables passions Loin des charlatans et ridicules politiciens Ici, notre amour serait indestructible Ici, le mal n’atteindrait nulle cible !
George Frederic Watts, La jeune fille à la plume de paon
La fille fit d’un ciL un début très subtiL, Ivre pour son amI d’être nue et ainsI. Bien pincé sur l’aplomB d’un mamelon de plomB, Impudique et sertI, un bijou arrondI Descendait sur le blonD de son doux ventre ronD, Ornant tel un halO son corps de brasérO...
Références de la photo (cf dossier joint) et du texte : Mystères de cathédrale, texte de Claude Luezior, photos de Jacques Thévoz, BCU Fribourg, 4e trim. 2016
Juste au coin du narthex, un pieux bénitier. Autour de lui, le geste est souvent machinal, bâclé, sans souvenir précis des temps heureux : l’eau du baptême est à presque cent mètres de là. Certains se signent, pressés, comme pour pointer à l’horodateur du Seigneur. D’autres ont la lenteur de l’arthrose, humectant leurs phalanges de presque ressuscités.
S’avance la bigote à la peau parcheminée : marathonienne de la rédemption, elle hydrate les flétrissures de son cœur en vue de la dernière ligne droite. Juste derrière, les doigts légers d’une fleur de pavé. Selon les Évangiles, cette Marie-Madeleine coiffera l’athlète des ave à la porte du Seigneur.
Quelques enfants de chœur bousculent de leurs rires la bien-pensante. Plus loin, des canailles bâclent une génuflexion, tandis que des traîne-crasse envisagent une ablution. Et puis, un fada : d’après la légende, les fées, qu’on appelle dans le sud fadarelles, échangent parfois leur descendance dans le berceau des humains. Consolation des affligés, le simple d'esprit sera tantôt prince du royaume.
Suit la main droite du besogneux, trempant ses cals jusqu’à la paume et celle, un peu raide, du colonel qui hésite entre signe de croix et salut. Depuis l’ébrasement du porche, un martyr surveille le geste sévère de l’instituteur, égalitaire du gauchiste en goguette, opportuniste du politicien dont le menton tutoie les étoiles, niais de la cancanière en mal de calomnie.
On y voit aussi les ongles vernis de la précieuse qui, pour peu, déposerait une goutte sacrée sur son cou, tel un parfum. Et cette jeune-fille presque vierge, presque transparente, effleurant les satins de son amant.
En miroir, des doigts froissant à peine la surface de l'eau sacrée, comme pour ne pas déranger le Très-Haut : arachnéennes caresses d’une religieuse déjà en extase.
Pour clore cette humanité défilante, une troupe de dubitatifs, tièdes et païens de toute obédience évitant comme des chats maigres la sainte source et préférant passer à gué le seuil de l’Eden.
Self-service d’eaux lustrales, le bénitier a bien du mérite. Mirage d’anachorètes ou puits artésien pour âmes en rémission, on le retrouvera au tourniquet du Jardin premier.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...