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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 06:54
 
 
 
 
Dans le jardin miroitant le soleil en déclin,

Les rires d’enfants effleurent

Les massifs en robes fleuries

Et les jupes libres de l’été.
Eclipse. Couleurs figées.

Deux taches sombres cheminent lentement,

Féminité des regards

Violence de l’ombre

Sur les corps voilés.
Eclipse. Lumière violée.

L’homme l’a dit.

Le ciel déverse ses dernières rougeurs 

Embrasant la roselière de la rive limpide

Où les cygnes sifflent la fin du jour

Comme un appel aux sombres passantes.
Eclipse. Sons assourdis.
Dans le jardin aux verts exubérants

Roussis par l’astre solaire

Les regards baissés se font fenêtres de l’invisible,

Deux cœurs enfermés en quête d’identité ?

Tout près protégée par la pénombre médiévale

Une forme sœur enrobée de bleu profond

Émerge de la vieille ville à la pierre ancestrale,

Visage de tissu

Emmuré aux yeux noirs,

Le teint de l’âme en quête de liberté ?
Eclipse.  
 
©Nicole Portay
 
 
 
 
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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 06:37
De la douleur à l’apaisement

 

 
 
 
 
Brusquement, elle ressentit, dans le bas du dos, une douleur fulgurante, si intense qu'elle crut que le ciel allait lui tomber sur la tête. Ce n'était pas un petit truc ni un trucage mais un monstre effrayant qui saccageait tout sur son passage. Oui cette douleur était d'une encombrance noire. Et dans le corps de la pauvre femme, ça chavirait, ça s'émiettait, ça s'effritait, ça se gondolait. La bête lui suçait même le sang comme un vampire, elle venait lui lécher, de sa langue rêche et brûlante, le vif de ses espoirs, elle broyait et cisaillait ses neurones. Cette situation apocalyptique était insupportable. Non seulement les ruminations, les plaintes et les pleurs ne servaient à rien, mais elles étaient coûteuses en énergie, lui infligeaient une vie étriquée, voire infernale. Elle devait absolument trouver une solution. C'est ainsi qu'elle laboura ses terres intérieures, y traça un sillon d'espérance. Elle se créa des mondes et des rêves nouveaux, s'inventa de nouvelles faims.
 
Et puis elle comprit que cette douleur, il fallait qu'elle l'accepte et l'intègre dans son quotidien. Elle reprit alors confiance en elle.
 
Demain, le soleil brillera encore.
 
Demain, elle accueillera à nouveau dans sa tête, des bals, des fêtes, des carnavals et tout son intérieur brillera comme un fruit d'alkékenge...

©Michèle Freud
 



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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 06:29
J’ai le plaisir de vous annoncer ma première rencontre avec des lecteurs grâce à l’honneur que m’offre la Société des Poètes Français dans ses locaux, le 14 septembre, rue Monsieur le Prince à Paris.
 
Ci-dessous l’affichette consacrée à cette séance de signature.
 
J’espère rencontrer celles et ceux qui le pourront, ce jour-là.
 
Au plaisir de vous rencontrer !
 
Jean Dornac
 
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28 août 2018 2 28 /08 /août /2018 07:08
 
 
 
 
Passagère d’un monde
Imprévisible et improbable
Où tout peut arriver,
Fractale incertitude
Au-dessus de l’abîme,
 
Je reste reliée
A mes divins haubans,
Autre réalité
Qui toujours me ramène
A ma passerelle intérieure.  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 06:45

 

 
 
 
 
Neige des amants
neige du temps aboli
neige rouge
rouge-passion, peau à peau
rouge incandescent, souffle à souffle
rouge-crépuscule, songe à songe
 
Il neige rouge.  
 
©Nicole Hardouin.
 
Extrait du recueil « Fontaines carnivores » diffusion : Libraire Galerie Racine




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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 06:45
Jeanne Julie Louise Le Brun se regardant dans un miroir – Œuvre d’Elisabeth Louise Le Brun
 
 
 
 
Savons-nous pourquoi le miroir
renverse l’apparence
et fascine les yeux
au delà du reflet ?
 
Rencontrer son image
suspendue à un mur
par la seule magie
du regard sur la glace
n’est-ce pas entrouvrir
la porte secrète
qui donne sur le rêve ?
 
A peine quelque pas
et la lumière du visage
se dilue dans l’espace…
aucune empreinte…
aucune ride…
sur le lieu de rencontres…
 
L’écho de l’apparence
s’est volatilisé
et le miroir immobile
comme le chasseur à l’affût
attend sans impatience
qu’une nouvelle image
apparaisse un instant
dans la joie de son œil !  
 
© Victor Varjac
Antibes, février 1997

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume




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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 06:57
 
 
 
 
Veinée de nuit, la terre révèle ses brumes. La lumière, humide des ris de l’aube, rayonne. Et les prairies prisent aux brises du levant rougissent. Elles viennent, baptisées de la poussière des chemins, aux fontaines du matin se griser de rosée. L’air embaume, aromal, ourlé de fraîcheur. A l’unisson des premières clartés, du rose, du gris, les essences s’entremêlent, le monde reverdit.
 
Gorgé de prime pureté, le sous-bois, lentement, sort de sa nuit. Ici, à la croisée des sentiers, une croix survit. Elle s’éveille embuée du terne reflet des eaux mortes. Déjà‡, son ombre défigure le talus. Enchaînée à la roche de cette croix, elle rampe au long des déchirures de pierre. Flaque sinistre, elle s’épanche. Enflée du glauque des lichens, elle s’effondre. Là, sur le chemin, elle griffe la terre et s’étire difforme.
 
Les corbeaux au perchoir délabré vaticinent entre eux. Perdue, au lacis des bruyères, au pied du calvaire, gît une charogne. Dévoilant sa chair, à tous, l’impudique se donne. Ainsi, près du grand Christ meurtri, éruptive, elle s’épanouit. Au jour mortifié, les mouches s’étourdissent et les voici, sur l’inflorescence, posées en mélodieux rubans, velours de vert, de bleu, en arcs-en-ciel trépidants.
 
A l’ombre de la croix, ivres, elles tourbillonnent, ivres, elles s’affolent et sous l’hermine diaprée, la dépouille infestée devient festin d’éternité.
 
©Béatrice Pailler
Recueil Motifs
In Jadis un ailleurs L’Harmattan 2016
 




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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 04:07
Giorgio de Chirico - « L'énigme d'un jour »
 
 
 
 
Salut, bonté ! Il paraît que les petits cadeaux entretiennent l’amitié. Acceptez donc ce présent, je vous prie, il est à vous, je vous l’offre et, surtout, ne vous inquiétez pas pour moi, j’ai toujours préféré le futur. J’y ajouterai un peu de passé et le tour sera joué !
Je lis dans vos pensées : vous croyez que la nature a été plus que généreuse à mon égard en m’accordant le don d’anticiper chaque instant qui se prépare ? Eh bien, laissez-moi vous dire, vous n’y êtes pas du tout, mais alors là pas du tout, car, dès l’instant où j’ai commencé à vivre en imagination, paroles, gestes,  regards, états d’âme, plus rien  ne m’a paru naturel.
Tenez, en parlant de cadeau, je peux vous assurer qu’avoir sans arrêt une longueur d’avance sur sa propre destinée n’en est pas un.
Au lieu de laisser le temps faire son œuvre… Non, il a encore fallu qu’il me vienne l’idée saugrenue d’inventer ma vie !
Je sais, les poètes prévoyants ne courent pas les rues. D’ailleurs, sans mentir, vous en avez déjà rencontré, vous ? A part moi, bien sûr.
Par contre, les visionnaires, Rimbaud, Hugo, Blake, Shakespeare, Senghor et compagnie, c’est en veux-tu en voilà, mais moi, de ce côté-là, rassurez-vous, je suis tranquille, tout va bien, je n’ai jamais eu de visions, seulement l’intime conviction que mon séjour ici-bas possédait encore un bel avenir.
Si ce n’est pas ça qu’on appelle la bonté du diable, je donne ma langue au chat !
 
©Michel Duprez
 

 


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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 06:44

 

 

 
Copier, coller,

Recto, verso,

Tout est faux

Et le vrai

Tourne le dos...

Le plagiat n’est pas « beau » !
 
On s’émeut

Pour si peu,

On s’en veut

D’un trop peu,

On dit « encore » aux aveux
C’est la règle du jeu
Puis on y met le feu
Enjeu du désaveu !
 
Le toc se cache

Comme un tic postiche,

La copie s’entiche

D’un plagiat sans tache...
Vous volez son âme !

Que le ciel vous damne !
Mais ne volez pas l’artiste,
Seul, unique... Universaliste !  
 
©Lydia Montigny
 
Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris
 
 
 
 
 
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22 août 2018 3 22 /08 /août /2018 06:48
Illustration de Michel Bénard
 
 
 
 
Cette beauté d’ébène me subjugua,
Son regard d’antilope me transperça,
Lisse de peau comme un pagne de soie,
Seins d’obsidienne d’une jeune gazelle.
C’était le temps des transhumances,
Avec son ciel plombé, tourmenté,
Que déchiraient les branches
De l’arbre roi, le baobab.
Chaleur lourde, pesante, oppressante,
Corps humides en quête d’amour,
Cette beauté d’ébène de grâce furtive
Croisée à l’angle d’une case,
Fondit dans la pénombre du soir
Pour s’effacer à tout jamais.  
 
©Michel Bénard.




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