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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 06:32
@Gilles Martin-Raget

 


 
Une lame de fond vient d’emporter ton âmE
Noyant dans son rouleau nos espoirs et ma faiM :
Elle nous a surpris, très tôt, sans préveniR,
La boue emportant tout, tel un visqueux magmA
Aux ventouses de mort, aux odeurs de fieL
Rien n’avait fait prévoir un pareil cataclysmE
Même pas l’Au-Delà prié dans un refraiN,
Et je bois sans retour sur tout ce que j’ai vU

©Robert Bonnefoy

Acrostiche double et inversé (Une larme)
 
 
 
 
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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 06:39
Göran Strand : Un arc-blanc lunaire dans une aurore boréale

 
 
 
 
le cambouis de la nuit à fini de
couler dans mes artères
 
entre chien et loup s’allongent les
ultimes rapines du noir
 
dans ses brumes en charpie, le jour
ébroue ses victoires premières
 
ton sourire s’amarre à mon regard
 
au bouquet des sens respirent des
fumets d’aube
 
le bruissement des couleurs est à
marée haute
 
tutoyer la lumière
 
 
©Claude Luezior
 
Extrait du recueil « Prêtresse » aux éditions L’Harmattan




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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 04:33
J'ai conscience de la chance énorme que m'offre Francesco par la traduction de mes poèmes. J'aime profondément l'Italie et savoir que mes textes peuvent être lus là-bas est un intense bonheur pour moi !
 
Alors, très grand merci, mon ami Francesco !!
 
Jean Dornac
 
 
 
 
Etoile du matin

 

Qui es-tu, femme mystère,
Qui agite mes nuits,
Que dans mes délires, j’espère ?
De ton souffle, je languis…

Tu brilles dans mon cœur,
Toi l’Astre, chant de mon âme,
Tu te caches aux premières heures
Et mon jour devient infâme.

Si ton reflet ne se dessine pas
Au cœur de mon iris,
Chaque seconde est un trépas
Où vivre n’est plus qu’un caprice.

Astre singulier au cœur de ma vie,
Lorsque tu te montres à mon regard ébloui,
Mon âme danse un troublant fado,
Disparaissent tous mes fardeaux.

Alors, au long des jours, tu m’illumines,
Et qu’importe si les jaloux fulminent.
Belle étoile du matin, tu es ma force,
Si je suis arbre, tu es mon écorce.

Resteras-tu encore, demain, dès l’aube,
À me montrer le chemin des fleurs,
Par monts, par vaux, tout autour du globe,
Me mèneras-tu vers l’infini bonheur ?


© Jean Dornac
Paris, le 7 avril 2010
Stella del mattino
 
Chi sei tu, donna misteriosa,
Che agiti le mie notti,
Che nei miei deliri, io desidero?
Nel tuo respiro, io languo…
 
 
Tu brilli nel mio cuore,
tu astro cantante della mia anima
tu ti nascondi alle prime ore
e il mio giorno diventa infame.
 
 
Se il tuo riflesso non si disegna
Nel centro della mia iride,
ogni secondo è un mortorio
dove vivere non è che un capriccio.
 
 
Astro solitario nel cuore della mia vita,
Quando tu appari al mio sguardo abbagliato,
La mia anima balla un fado travolgente,
E spariscono tutti i miei fardelli.
 
 
Così, durante i giorni, tu m’illumini,
e non importa se i gelosi ci fulminano.
Bella stella del mattino, tu sei la mia forza,
se io sono albero, tu sei la mia corteccia.
 
 
Ritornerai ancora, domani, all’alba,
Per mostrarmi il cammino fiorito,
Attraverso montagne, per le valli, e tutto intorno alla terra
Mi accompagnerai verso la felicità infinità?
 
 
© Francesco Casuscelli
Dairago, 30 settembre 2017
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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 06:27
L’oiseau papier
 
 
 
 
 
Julie était sans cesse en partance, n’en finissait pas d’explorer la nature, sa maison à ciel ouvert, elle y vivait heureuse et libre. Elle se frottait au vent, à la pluie, au froid, à l’imprévu, à l’insolite et même à la peur. Toutes ces expériences la fortifiaient, rafistolaient sa vieillesse avec des lambeaux d’aventure, d’enthousiasme, de pétilance, qui se transfusaient en gouttes légères dans tout son corps.
 
Il fallait la voir, la Julie, trottiner sur les sentiers, le dos bien droit, les yeux brillants de curiosité, le cœur vaste comme le monde, toujours prêt à accueillir les trésors de la Terre et les partager avec les amoureux du beau.
 
Un jour d’automne, au bout d’une heure d’errance dans un sombre bois de pins, elle se heurta à une vigne, aux feuilles desséchées, comme rissolées sous le feu ardent d’un été sec et brûlant. Mais une feuille, une immense feuille attira son regard : elle semblait vivante, habillée de rouge, de jaune et de vert. Julie s’approcha, la prit dans sa main, la caressa longuement avec une tendresse renouvelée à chaque geste. Brusquement, la feuille se détacha du cep et se mit à palpiter comme un oiseau prêt à quitter son nid et puis, tout doucement, elle s’envola, en dispersant autour d’elle, de brillants éclats de joie. Julie suivit des yeux cet étrange oiseau que ses doigts, avec amour, avaient fait naître…
 
©Michèle Freud  
 
 
 
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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 06:39
Vénus africaine, Charles Cordier, 1851
 
 
 
 
Moulage d’airain et d’argile
Vénus noire au sourire d’infante
La nuit file de brocart
L’orbe de tes cils
Femme fleur de tous les désirs
Auxquels nul ne se dérobe
Rose de pluie
De sable et d’écume
Refoulés par le souffle
De toutes les impatiences
Pour vêtir de nudité
Les étoiles nubiles
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 06:30
Le monolith de Gustav Vigeland – Photo Patrick Mignard©

 

 

 
 
Prends bien garde,
Partout la poudrière explose.
 
Attention,
Où poser tes pas désormais ?
 
Les medias
Te déroulent un tapis d’angoisse.
 
Leurs images
Ne sont pas que reflets factices.
 
Et tu erres,
Pur fantôme au milieu des morts,
 
Impuissant,
Réduit à te tordre les mains !
 
© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 06:59
« Pourquoi pas » - Franco Cossutta©

 

 

Pas pressés du besogneux
pas feutrés de la moniale
pas cinglants de la conquérante
pas onctueux du curé
pas assurés du nanti
pas insultants du détrousseur
pas insolent du dandy
pas incertain du travesti
pas quémandeur de la tapineuse
pas dégénéré du fin de race
pas naturel du bâtard
pas sur le macadam
macadam usé, malmené
pitié pour le macadam
pourquoi pas ?
 
©Nicole Hardouin
 


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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 06:46
Copains comme cochons ?
 
 
 
                                                Chez moi, quand on tue le cochon, tout le monde rit.
                                                Sauf le cochon ! - Edgar Faure

CHEZ mon petit boucher, près du pont, sur le cours,
MOI, j'écoute toujours ses ragots dans l'échoppe,
QUAND il parle du porc en coupant l'escalope.
ON imagine bien les mots de son discours…
 
TUE sous grand renfort de vin blanc sec et court,
LE goret dort, pendu, le regard d'un cyclope…
COCHON comme il se doit, le tueur et sa clope
TOUT en vociférant, boit dans la basse - cour…
 
LE feu est alors mis sur les soies et la paille :
MONDE de bactéries qui vivent par dépôt…
" RIT - on beaucoup chez vous ?… Un barbecue ?… Ripaille ?…"
 
" SAUF que dans ce bûcher, nous sommes la tripaille !…"
LE charcutier jubile en poussant son chapeau, essuyant sa main
COCHON comme son nez, rose comme sa peau…
 
©Robert Bonnefoy
 
RB – Sonnet en acrostiche
 


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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 06:42
Grand nu couché – Picasso

 

 

 

 

Les larmes saines, des corps étriqués,
Des seins saintement décortiqués,                        
Sont de Saints saignements
Où l’âme enseigne que la Sainte ment     

 

©Béatrice Pailler




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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 04:17
Je veux dire ici, un énorme merci à Francesco pour sa traduction en Italien de mon poème en l'honneur de ma grand-mère Marie qui a fait, pour l'essentiel, ce que je suis.
 
La goût de la beauté, l'amour de la vie, c'est à elle que je les dois. Ma mère ayant dû aller travailler après le décès prématuré de mon père, c'est ma grand-mère qui s'est beaucoup occupé de mon frère et de moi. Inoubliables souvenirs...
 
Jean Dornac
Il tuo nome era Marie
Un angelo perso, gettato senza riguardo
Nel fuoco della storia
immerso nel cuore d’una regione contesa
Tra due nazioni rivali
 
Avrei voluto tanto onorarti
Ma io non sono che un poeta
Ho soltanto i miei umili versi
Per cantare il romanzo della tua vita
Allora, poiché il cielo
Mi ha offerto generosamente questo dono
È solo in tuo onore,
Marie
Che scrivo questo poema
 
Donna del popolo, povera e amante
Sarta per la comodità delle signore
Semplice come l’acqua fresca
Tu mi hai rivelato l’amore
E la grandezza suprema degli umili
 
I pedanti e l’arroganza degli ignoranti
Ti giudicavano, dimenticando la tua storia
E i drammi che hanno segnato le tue aurore
È facile deridere e calunniare
Se nessuna ruga viene a sgualcire i nostri giorni
 
Quanti, sarebbero stati
Coloro che avrebbero sopportato
Le croci che tu hai dovuto portare?
Nessuno avrebbe accettato
Di versare le lacrime
Amare e salate che la storia
ha imposto con gioielli crudeli
È stato il tuo splendore saperli indossare
 
Cuore tenero e anima generosa
Madre coraggiosa e gentile
Tremante, hai dovuto
Lasciar partire i tuoi quattro figli
Portati via dal furore
Dei soldati grigio verdi
 
Arruolati di forza, due sono stati poi falciati
Dalla collera di mitragliatrici
Da soldati sconosciuti
Tutti criminali innocenti
Comandati da un gruppo di fanatici
Non ti sei ripresa mai più…
 
Quando mi tenevi sulle tue ginocchia
Mi raccontavi l’inenarrabile
La testa posata sul tuo grembo
Con occhi grandi e attoniti
Guardavo scendere le lacrime
Ma non ho mai visto l’odio
Deformare i tuoi occhi
Niente, solo l’abisso
Di una perdita incolmabile
 
I capelli riavvolti a chignon
Ammiravo la tua arte di pettinarti
Opera assai minuziosa
Che le tue agili dita
Creavano ogni mattina presto
 
Tu hai guidato i giorni e gli anni
Della mia infanzia più tenera
Tu mi hai fatto diventare quello che sono
La tua vita è stata la mia felicità
E la più sensibile delle poesie!
 
Appena adolescente
Un giorno all’inizio di giugno
Ho saputo improvvisamente
del tuo passaggio verso l’incognito
Non ci saremmo più visti
 
La mia infanzia è finita
Con la tua partenza prematura
Per viaggiare tra le stelle
E nella notte, anche dopo decenni
Ti vedo ancora
Percorrere le costellazioni
Con i tuoi capelli lunghi e sciolti
Bella come un angelo
Un cuore offerto all’amore
Totale e per sempre
 
Oh Marie, meravigliosa nonna mia
 
©Francesco Casuscelli
Dairago, settembre  2017

 

Marie était ton nom
Ange égaré, jeté sans égards
Dans le feu de l’histoire
Plongée au cœur d’une région déchirée
Entre deux Nations rivales…
 
J’aurais tant voulu t’honorer
Mais je ne suis qu’un poète
Je n’ai que mes mots
Pour chanter la romance de tes jours
Alors, puisque le ciel
A bien voulu m’offrir ce don
C’est pour ton nom
Que j’écris ce poème
Marie.
 
Femme du peuple, pauvre et aimante
Couturière pour le confort des Dames
Simple comme l’eau fraîche
Tu m’as révélé l’amour
Et la suprême grandeur des humbles
 
Les pédants et la morgue des ignorants
Te méprisaient, oubliant ton histoire
Et les drames qui ont saigné tes aurores
Il est aisé de rire et de médire
Si nulle ride ne vient plisser nos jours…
 
Combien, pourtant, étaient-ils
Ceux qui eussent supporté
Les croix que tu as dû porter ?
Aucun n’aurait accepté
De verser les larmes
De sel et d’acide que l’histoire
T’a imposées en cruel joyaux
Ce fut ta splendeur de l’avoir porté…
 
Cœur si tendre et âme ouverte
Mère courage et caressante
En tremblant, tu as dû
Laisser partir tes quatre fils
Emportés par la fureur
Des soldats vert-de-gris
 
Enrôlés de force, deux ont été fauchés
Par la fureur et la mitraille
De soldats qu’ils ne connaissaient pas
Tous innocents du crime
Ordonné par une poignée de déments
Jamais tu ne t’en es remise…
 
Mais, lorsque sur tes genoux
Tu me racontais l’indicible
Tête posée sur ta poitrine
Yeux grands ouverts
Regardant couler tes larmes
Jamais je n’ai vu la haine
Déformer tes yeux
Rien que l’abîme d’une
Perte irréparable…
 
Natte enroulée en chignon
J’admirais ton art de te coiffer
Œuvre si minutieuse
Que tes doigts agiles
Créait chaque petit matin
 
Tu as guidé les jours et les ans
De ma plus tendre enfance
Tu as fait de moi ce que je suis
Ta vie était mon bonheur
Et le plus sensible des poèmes !
 
A peine adolescent
Un jour de début juin
J’appris brutalement
Ton départ pour l’inconnu
A jamais…
 
Mon enfance a péri
Avec ton précoce
Voyage dans les étoiles
Et la nuit, après tant de décennies
Je te vois encore
Parcourir les constellations
Tes longs cheveux dénoués
Belle comme un séraphin
Cœur offert à l’amour
A tout jamais
 
Ô Marie, ma merveilleuse grand-mère…
 
©Jean Dornac
Paris, novembre 2010

 

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