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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 06:31
Où sont-ils les marins sombrés dans les nuits noires ? - Détail d'un dessin de Victor Hugo
 
 
 
 
 
Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis ?
Combien ont disparu, dure et triste fortune ?
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l'aveugle océan à jamais enfoui ?
 
Combien de patrons morts avec leurs équipages ?
L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée,
Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée ;
L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots !
 
Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus
Oh ! que de vieux parents qui n'avaient plus qu'un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !
 
On demande " Où sont-ils ? Sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont' ils délaissés pour un bord plus fertile ? "
Puis, votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli
 
On s'entretient de vous parfois dans les veillées,
Maint joyeux cercle, assis sur les ancres rouillées,
Mêle encore quelque temps vos noms d'ombre couverts,
Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures,
Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures
Tandis que vous dormez dans les goémons verts !
 
Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue ?
Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encore de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur !
 
Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont !
 
Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots ! que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir, quand vous venez vers nous...
 
Victor Hugo
 
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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 06:26
 
 
 
 
 
Quand tu demandes merci,
Vaincu par trop d’amour,
Et que tu viens faire naufrage
Entre mes bras,
Mes mains caressent
Doucement tes cheveux
Et je veille la vague régulière
De ton souffle d’enfance,
Pendant que s’ébauchent en moi
De sourdes ambivalences.
En ces instants de plénitude
Toute ma vie est suspendue
A l’abandon confiant de ton être,
Que berce la nacelle nue
De mon âme.  
 
 ©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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1 mai 2018 2 01 /05 /mai /2018 06:45

 

 
 
 
Chacun se taille une ouverture,
Vaille que vaille,
Bon gré mal gré,
 
Se défriche un petit lopin
Et l’ensemence
A sa façon,
 
Espère entre mille possibles,
Une récolte
Unique à lui,
 
Ne voit pas qu’il est dirigé,
Pantin docile
Au bout des fils !  
 
 © Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 03:58
Image extraite du merveilleux film « Le peuple migrateur »
 
 
 
 
Entre nuages et étoiles 
s'avance un flux hiératique
 
silence
délivré de sa cote de maille
 
silence 
aux milles mots
qui se liquéfient
 
mon silence
coule, s'écoule 
 
libéré d'un baillon 
de ronces, de feu, d'épines
 
il s'enroule, se déroule 
entre les vols d'oies sauvages
 
opulence d'un monde retrouvé
cri mutique 
dans le devenir d'une comète
M'entends-tu ?
 
©Nicole Hardouin




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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 06:45
 
 
 
 
Tout à coup
la lumière pâlit
et se mit à trembler
ce furent les premiers signes
d’une fièvre étrange…
 
Saisies d’étonnement
les demeures des hommes
lancèrent une pluie de volets
contre le crépuscule !...
 
Ainsi la peur de l’ombre
creva l’œil de chaque fenêtre
effaçant d’un seul geste
le sourire des vitres
avec ses mains de bois !...
 
Tandis que
patiente et silencieuse
la nuit ramassait
chaque graine sombre
et jetait sa moisson
aux ténèbres voraces !...  
 
© Victor Varjac
Antibes, 4 mars 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 06:44

 

 
 
 
Jeunesse et printemps.
Amours et beaux jours.
Que de bons moments,
A chacun son tour.

L'un tombe en sommeil
... et passe le temps.
L'autre se réveille
... et souffle le vent.
 
Chacun s'émerveille,
Quand il vit d'Amour,
Et croit au soleil,
Qui revient toujours.
 
Moi, j'aime aussi la pluie
Fraîche pluie de l'été
Elle vous tombe sur le nez
Et verdit la prairie
Chaque feuille en reluit.
Le ruisseau est ravi.
Et petite grenouille,
Prend sa douche et se mouille.
 
P.F.©
 
                                                                                     



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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 06:37
 
 
 
 
 
Sans vous, que serais-je,
vous tous, mes souffleurs de vers
dont la liste des noms
serait bien trop longue à énumérer.
Qu’aurais-je pu faire
sans vous, sans votre amour fou
entré discrètement dans mes veines ?
 
Les mauvaises langues
raconteront sûrement que j’avais l’air d’un perroquet
après vous avoir longuement écouté,
vous toutes, mes sources sûres,
ensemble ou séparément.
 
Un perroquet vert surpris à divaguer
à cent mille lieues de sa réserve naturelle,
avec, en plus, un bec de papier
pour tout moyen d’expression,
pensez-vous donc que ce soit crédible ?
 
Tout cela tandis que vous trempiez vos plumes
dans l’encrier du réconfort
pour essayer d’empêcher les ciseaux
d’une autocensure injustifiée
de me rogner les ailes.
 
C’est un peu léger ?
Bien sûr que oui : grâce au poids des mots
si vite envolés.
 
©Michel DUPREZ  
 
 
 
 
 
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26 avril 2018 4 26 /04 /avril /2018 06:31

 

 


Elle est née en plein mois d'août, par une nuit-douceur, par une nuit-tendresse. Elle est née du mariage du vent et d'un rayon de lune.

Mariage d'amour, amour passion, ondes de joie, joie de donner naissance à un être tout en mouvance, en mouvance de plumes, un être qui se balade et se balance dans les airs, dégustant des nuages-fleurs ou une étoile filante, offrant à son ami Pierrot, un poème de lune, dessinant sur un coin de ciel bleu, un bel espoir tout neuf.

©Michèle Freud
 
 
 
 
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25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 06:48
Felix Trutat : Femme nue sur une peau de panthère
 
 
 
 
Me voici tremblant,
Comme un homme fasciné,
Troublé, enfiévré, envouté,
Par la liberté que me révèle
L’intégrale beauté de votre corps,
Avide et fébrile ma main se tend
Vers ce trésor dénudé,
Corps purifié,
Corps divinisé,
Corps marmoréen
Aux reflets de satin,
Corps écartelé, altier et nu,
Drapé d’un halo
De lumière nacrée,
Corps en gloire, ébloui,
Comme un lys mystique,
Face au phallus tendu
Vers l’inconnu,
Vers l’absolu,
Offert au souffle du monde
Dans l’ultime et l’intime
D’une transcendante jouissance.
 
©Michel Bénard.
 
 
 
 
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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 06:33

 

 

 
 
Dans les brumes de l'attente
Je rêvasse le passé
Tout est silence
Dans l'atelier

Au redoux du jour
Fait place un ciel, de gris, teinté
Par ma fenêtre dentelée
Même le soleil ne veut entrer

L'attrapeur de rêves
Suspendu là, pour me protéger
Des cauchemars et des fièvres
Est-il à me tromper

Toiles, par moi, délaissées
Sculptures, abandonnées
Projets, en suspends
Où sont mes énergies d'avant

Qui m'a emprunté mes rêves
Il me faut les rapatrier

Je suis la créatrice de mon imaginaire
C'est moi qui l'ai sculpté
Jamais je ne le laisserai se défaire
Jamais le laisser fouler aux pieds

~§~

Je puise en moi la force nécessaire
Je me lève et mets une douce musique
Le silence est brisé
À ma fenêtre dentelée
Un rayon de soleil vient de percer

Moment de tendresse
Je me sens bien
Comme caresses
Qui me viennent de loin

Ma plume, je laisse glisser
Des mots-amours
Des mots-tristesse
Je ne sais pas
Ce qu'elle dira

Je prends un pinceau et des couleurs
J'y peins un ciel à notre hauteur
Mets des encens à brûler
De doux miel doré
Bois de santal, de vanille, quelles odeurs
J'invente un monde parfumé

À ma plume, je retourne
Pour, sur la feuille blanche
Ces mots y laisser glisser :

Tes yeux d'émeraude
Comme pierres de mai
Sont les seuls miroirs
Dans lesquels je veux me mirer


Et je retourne à ma toile
Sourire au cœur
Tendresse à l'âme
Et, notre ciel, achever

À notre hauteur
Mon amour, mon aimé


©Ode
24 janvier 2001

Création Ode©
 
 
 
 
 
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