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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 04:56
Des yeux trompeurs – Kacem Issad
Par Amélie Beaury-Saurel — Photothèque Musée des Augustins, Toulouse
 
 
 
 
 
Dans les eaux troubles de ton regard
Je me suis noyé.
J’ai cru que seul
Mon souffle ravivait ton visage
Que seul
Mon cœur était ton réveil
Que seule
Ma peau était ton parfum
Que seules
Mes pupilles étaient tes astres
Que seule
Ma voix était ta mélodie
Mais mensonge, mensonge
Tu m’as trompé avec tes yeux traîtres
Et tes pensées infidèles.
 
©Kacem Issad




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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:45
Rêve de lumière – Michèle Freud
 
 
 
 
 
Un jour, en montagne, j’ai eu l’occasion de marcher dans un bois étrange avec des lichens qui pendaient de chaque rameau, d’énormes pierres moussues, une végétation luxuriante, exubérante. On aurait dit la forêt de la Belle au Bois dormant. Dans ce lieu insolite où planait une atmosphère mystérieuse, j’eus brusquement le sentiment que j’allais vivre des moments peu ordinaires. Tout mon être frissonnait de plaisir.
 
Soudain, je remarquai l’Arbre avec ses énormes branches tordues et noueuses, son tronc imposant dont l’écorce épaisse était sillonnée de rides profondes paraissant dessiner un pays imaginaire, peuplé d’êtres fabuleux. Avec les mains, j’explorai le contour de cet étrange royaume. Mais que se passait-il tout à coup ? Comme si j’avais prononcé la formule magique : « Sésame, ouvre-toi » le tronc tout doucement commença de s’ouvrir. Je me dis alors que je me trouvais devant un arbre extraordinaire : Il avait une porte et il était tout creux. Par curiosité, j’entrai dans cette drôle de maison. Aussitôt, avec un claquement sec, la porte se referma. C’était incroyable, incompréhensible car il n’y avait pas le moindre souffle de vent. Quand j’ai voulu sortir, ce fut impossible. La porte ne s’ouvrait pas. Or je n’avais pas peur. J’étais plutôt intriguée par le côté magique de la chose et puis le mystère qui planait autour de moi me ravigotait les méninges. J’étais en attente d’un événement hors du commun et c’était exaltant. Je n’eu pas à attendre longtemps car je me suis endormie brusquement comme si l’on m’avait fait boire un potion miracle. Et je fis un rêve merveilleux. Pourtant à mon réveil, j’avais tout oublié. Tout ? Pas exactement. Il me restait une impression de lumière douce, pure, inoubliable. Sans difficultés, cette fois, je sortis de ma cachette et légère, délestée de tous mes soucis, je pris mon envol au-dessus des prairies multicolores, ruisselantes de clarté…
 
©Michèle Freud



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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 06:51
Ma barque a sombré – Denise Bernhardt
 
 
 
 
Ma barque a sombré dans tes incohérences.
Une année recommence
Et tu n’as jamais retrouvé
Ce goût de France sous ta langue.
Le glissement de tes mains dans mes cheveux
Mon visage humide sous tes baisers
Et nos souffles suspendus
Dans ces instants d’éternité
Que nous avions volés
Qui nous étaient donnés.
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 06:30
Passage au-delà – Luce Péclard
 
 
 
 
 
Qui passe le seuil de souffrance
Récolte l’indicible
Et sème une prairie.
 
On s’y promène désormais
Libre de pesanteur,
A pas aériens
De grâce illuminés.
 
Un appel sonne-t-il ?
 
Peut-être est-on suivi
A grandes enjambées,
Dans le lointain freinées
Par l’écran d’un nuage
Captif d’anciennes fulgurances…
 
©Luce Péclard
23.3.2017
 
 
 
 
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 06:38
Tu m'as fait l'amour – Phara
 
 
 
Sur ton lit, pleine de promesses
Tu m'as fait l'amour
Privée de raison
Tu me déshabilles d'envies et de caresses folles
 
Tes doigts connaîtront le goût
Du jouir
Ensemble on a cueilli toutes les étoiles pour
des épis de baisers
 
Ton corps danse dans ma tête
Au son du vaudou
Tu me parles de mots d'amour
Et ton silence m'a noyé
Mon cœur a tangué
Comme une barque à rames
 
©Phara
 
 
 
 
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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 06:07
Qui es-tu – Victor Varjac
©Jeremy Geddes
 
 
 
Qui es-tu
admirable folie
un coquillage magique
crépitant de soleil
ou bien l’écho de ma pensée
investissant l’espace
de volutes enchanteresses
ou encore ce vent des sables
qui ordonne
à l’essaim de poussière
la danse des mirages ?...
 
Rêve inexploré
qui touche le versant
inouï de l’espérance
tu portes le parfum
étonnant de l’aube
comme une peau nouvelle…
… effluve qui s’effeuille
à l’approche du jour
je sens ruisseler
sur mon corps inconnu
ta chanson de lumière…
 
Sève qui coule
et déborde
tel un rire cristallin
mène-moi
je t’en prie
à la muse du cœur
où le sang trempe l’ombre
dans l’oubli de l’artère
pour renaître sans tache
au festin de la vie…

© Victor Varjac
Antibes, le 30 novembre 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 06:25
Le reliquaire des songes - Nicole Hardouin
L’heure des chimères, huile sur toile de Hugues de la Taille©
 
 
 
 
 
Nuit d’été, dis-moi pourquoi ses lèvres, aux odeurs de festins intimes, viennent encore s’abreuver à mon attente ?
 
Syllabes de feu sur ma peau.
 
Mirage aux yeux d’obsidienne, vénéneuses illusions. L’érotisme déchire ses ronces
 
Lourde nuit d’antilope fauve et de soie sauvage, ses yeux me font transpirer dans le brasier des souvenirs. Ils dévastent mes versants alors que la chouette hulule sur mes insomnies.
 
Nuit oppressante, tu moissonnes mes désirs.
 
Lèvres en gémir, à la douane des chimères, ma nudité est une harmonique sans portée.
 
Indifférente à mon désarroi, la lune bâille, les étoiles s’enfoncent dans les ravines de l’impalpable. Le silence se démembre dans le reliquaire de songes en ébauche.
 
Opium des abysses.
 
Nuit affamée, compagne du nautonier, au plus noir du noir, tu tiens conclave, toi seule possèdes la clé de l’aube. Je suis à ta merci.
 
Tu me voles mes rêves.
 
Clos tes divagations ciselées de braises palpitantes, je ne veux plus t’entendre, cesse tes murmures qui me fouaillent et ravivent les précipices à la reliure des corps.
 
Nuit délirante, nuit cauchemardesque, nuit affolante avec lequel de tes visages vais-je devoir cohabiter ce soir ?
 
©Nicole Hardouin
 
 
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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 06:32
L’anti-mythes – Michel Duprez
 
 
 
 
 
L’essentiel, pour moi, dans la vie, n’est pas de paraître,
mais seulement d’être.
être ce que je suis en m’abstenant à tout prix
de suivre qui que ce soit.
Alors, quand la foule s’écrie haut et fort :
« Laissez-les passer, ce sont des personnalités ! »,
je demeure perplexe.
Une personnalité,
on en a ou on n’en a pas,
un point c’est tout.
 
Hélas, les gens absorbent tout comme des éponges.
Un personnage historique, au fond, n’est rien de plus
que l’acteur de sa propre vie,
personne d’autre que lui-même.
 
Et puis toutes ces légendes, ces pures inventions de l’esprit,
la plupart du temps à propos de quelqu’un n’ayant même pas existé
mais qui serait en mesure de nous servir de modèle !
 
Allons, allons… à quoi on joue ?
Parce que le spectacle,
aujourd’hui,
il est dans la rue
là-bas où même les plus grands artistes ne seront jamais que de passage.
Celle ou celui qui imite un mythe
devrait savoir qu’un tel choix
est voué d’avance à l’échec.
 
Non, vraiment, j’en ai marre de tous ces bobards
et profite de l’occasion pour vous l’avouer en toute franchise :
Je suis un anti-mythes.
D’autant plus que ces derniers,
ça crève les yeux,
sont bien trop complexes.
Surtout celui d’Œdipe.
 
©Michel Duprez
 
 
 
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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 04:27
Rencontre avec Joe Black – Djida Cherfi
 
 
 
 
…la Mort se mit à pleurer !
(Ceci est un Hommage au film américain « Meet Jeo Black » une histoire d’amour entre la Vie et la Mort !)
 
 
 
 
Un jour, la Mort tomba
sous le charme de son opposée.
Elle décida, alors, de séjourner
dans le monde animé
pour pouvoir apprivoiser
cet univers très mouvementé
dans lequel elle s’était matérialisée.
 
Avec un futur défunt,
elle conclut un marché,
celui d’être accueillie
en échange de plus de temps
Auprès des aimés.
L’homme fut enchanté,
et la Mort put rester.
Sous son toit, elle se logea et,
elle apprit à rêver…
 
Au fil du temps,
l’Ange de la Mort
fini par s’amouracher
de la vie et de ses excès.
La dernière l’ayant envoûté,
devint pour lui un danger
en lui apprenant à respirer
pour mieux le faire suffoquer.
 
Habituée à cette perle de plaisir,
l’Ange décida de la faire mourir
afin que de l’autre côté,
il puisse mieux la chérir.
Il semblait avoir oublié,
que si elle passait la grande porte,
la si merveilleuse opposée,
ne serait plus que l’égale qui emporte !
L’homme le lui avait bien dit,
et la Mort a réfléchi…
 
Au final, elle n’emporta que l’homme,
qui en larme fit ses adieux.
Son âme s’éleva vers les cieux
et la Mort ferma les yeux.
Des larmes furent versées,
quand l’homme se mit à pleurer.
Des larmes furent versées,
quand l’Ange se mit à pleurer !
 
En voyant la fin approcher,
La Mort, elle-même, se mit à pleurer !
 
©Djida Cherfi
15/09/15
 
 
 
 
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 06:28
Aux lueurs frémissantes de l’aube – Michel Bénard
Eros, de J.C. Bemben©
 
 
 
 
 
Aux lueurs frémissantes de l’aube
Sur la soie des draps,
Les lignes de ton visage se profilent,
Doux, serein et sage reflétant
Ses nuances d’adolescence
Sur le grand miroir silencieux
Des parcelles délitées de la nuit.
Les chaudes sèves de l’amour
Montent à l’orbe de tes seins,
Ton corps parfumé d’essence huilée
Devient cette image de rêve
Où j’entends battre le cœur du monde.
 
©Michel Bénard.
 
 
 
 
 
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