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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 06:46

 

 

 

 

Demande ton chemin aux bourgeons

ils viennent de si loin

économise le dire des roses,

recueille la brise sur leurs pétales

interroge le battement d'ailes du rossignol

il connaît tous les secrets de l'aurore

déchiffre le paraphe de la nuit

juste pour comprendre l'identité des étoiles

enlace l'ombre des loups,

pour effacer ton passage.

accompagne le silence,

il chemine vers un infini à partager.

 

©Nicole Hardouin.

 

 

 

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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 07:34
PICASSO, La femme au tambourin, 1939

 

 

 

 

 

La peau, ce tambour

On y porte la main

On y porte la dent

Souple chagrin

 

Et la lèvre se fend.

 

©Béatrice Pailler

 

Revue Décharge le site

http://www.dechargelarevue.com/Voix-nouvelle-Beatrice-Pailler.html

 

 

 

 

 

 

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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 07:26
Le retour de la mer – Félix Vallonton (Musées d’art et d’histoire de la ville de Genève)

 

 

 

 

Quand tu gardes ma main

Dans ta main prisonnière,

C’est mon cœur que tu serres

Dans un étau de chair.

Car, vois-tu, je n’ose

Ouvrir mes doigts

Pour laisser s’envoler vers toi,

Mes amours adolescentes.

Ta passion violente,

M’effraie plus qu’autre chose,

Et je ne sais si tu m’aimes

Pour moi-même,

Ou pour faire de moi, ta chose.

Donnons-nous un peu de temps,

Soyons paisibles

Comme l’eau plane,

Pour que nos ondes s’harmonisent

Et que s’unissent un jour, nos mains,

Dans l’étreinte confiante des âmes.  

 

©Denise Bernhardt



 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.

 







 

 

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 08:14

 

 

 

 

La bouche exprime le mensonge

et multiplie les fautes…

… errance de la lumière

au pays de l’ombre et du sang…

 

Le courage est injuste

quand il enfonce la douleur

comme des langues de fiel

au delà du fanal

où s’éteint l’espérance…

 

La matière approche ses mains

du souffle étrange de l’abîme

où le mirage du futur

porte l’épreuve de l’éphémère

… éternellement…

 

… Mais la mortelle faiblesse

du démon de la vie

déchire le songe d’argile

comme la fatalité

plonge l’irréparable sentence

dans l’ombre du désastre…

 

L’aventure clandestine des hommes

se métamorphose alors

en une blessure inexplicable

comme l’énigme de l’existence

dans la cendre des images…

 

Vengeance du chaos

qui jette sur nos rêves

le sang noir de l’oubli !  

 

© Victor Varjac

Antibes, juillet 1998


Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume





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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 11:10
Tableau d’Eliane Hurtado

 

 

 

 

C’est un tableau aux reflets argentés

Qui sort de mon rêve.

Mon imagination le construit

Avec des débris de la nature.

Bizarre et splendide à la fois.

 

Il semble festonné

De lumière translucide

Faite avec des encres célestes

Et des perles de rosée.

Les vibrations cristallines

De l’astre solaire

Lui donne une aura mystique.

 

Pourrais-je le reproduire ?  

 

©Eliane Hurtado

  





 

 

 

 

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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 07:30
Œuvre d’André Martins de Barros

 

 

 

 

Il faut l’avoir vu pour le croire.

à l’origine, il s’est contenté de lire en cachette

un tas d’ouvrages plus fins que les bras de Morphée.

Il avait à peine dix ans

quand il commença à ne plus discerner les choses

qu’à travers un brouillard à couper au couteau.

C’est alors qu’un opticien proposa à ses parents

de l’équiper de verres correcteurs.

L’enfant étant devenu adulte,

on remplaça ses lunettes par des lentilles de contact.

Un jour, jouant de malheur

après avoir contracté un zona ophtalmique,

il se retrouva face à un véritable choix cornéen,

dut postposer sans retard le traitement au laser,

pourtant prévu de longue date,

et le remplacer par la pose de cristallins artificiels.

Toujours aussi obstiné, même après un repos bien mérité,

notre jeune retraité bouquina de plus belle

tout en continuant à croire dur comme fer

que lecture allait de pair avec écriture.

 

Ah, écrire, ouvrir son cœur et son âme

à celle ou celui sans qui nous n’aurions pas lieu d’être !

Hélas, voilà qu’une déchirure rétinienne

à nouveau vient compromettre ses projets.

Par bonheur, une intervention rapide

parvient à éviter le pire avant qu’il soit trop tard.

 

Moralité : ceux qui ont le culot de vous dire

« On ne fait pas d’homme de lettres

sans casser des yeux »

devraient surtout d’abord apprendre à lire.  

 

©Michel Duprez

  





 

 

 

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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 07:23

 

 

 

 

 

Habillée de rêves et d'un voile de brume, elle inventait sa vie au fil des heures, au fil des jours.

 

L'archet de son âme vibrait sur le violon du vent. Une musique limpide jaillissait alors et s'égouttait, câline, dans un pré, parmi l'éclairette et la menthe sauvage. Tout en écoutant ronronner les ombres, elle tournoyait, légère dans l'air frais du matin jusqu'à perdre le souffle dans les bras d'un vieux chêne. Son écriture-étamine, seul l'oiseau la déchiffrait. La lecture du ciel lui était familière.

 

Elle disparut un jour dans un champ de bruyère. Personne ne la revit, pas même l'oiseau de lune qui nichait, solitaire, dans les clochettes mauves.

 

Mais cet être mystérieux avait eu le temps de transmettre à la terre, une graine, une graine vivante, une graine d'espoir qui, bientôt, germerait et s'épanouirait en une fleur précieuse : la fleur de la paix durable...  

 

©Michèle Freud

 





 

 

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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 06:46

D'encre et de lumière, Michel BÉNARD,

Éditions des Poètes français, Paris, 2018

_____________________________________________

 

 

Coup sur coup, on entre dans ce livre par une préface puis une postface de Nathalie Lescop-Boeswillwald et Christian Boeswillwald, remarquables orants d'une grand-messe en poésie, comme si Adam et Eve nous ouvraient la porte d'un Paradis. Le ton est donné pour un parcours cabalistique des origines jusqu'au cosmos.

C'est que Michel Bénard est bien connu dans les milieux artistiques pour ses portes, collages et tableaux non figuratifs, dont les clés en polychromie se nichent dans notre imaginaire. En contraste, mais avec une même verve, l'auteur exprime ici, avec ses mots ô combien figuratifs, l'essence même d'un monde pétri de transcendance.

Il est l'infatigable célébrant d'un Amour Éros mais aussi Agapé tout à la fois extérieur, voire charnel : Femme effleurement de l'acte suprême (...) Me voici mendiant / Du miel sacré de tes lèvres et intérieur : Femme souffle précurseur / Jamais très éloignée des tourments de l'enfer. Tête dans les étoiles, sous les stèles du ciel, mais également pieds dans la glaise humaine, Michel Bénard revêt ses habits de Grand Prêtre au Temple d'Amon pour parer ses lignes de la déchirure d'une prière, de trirèmes perdues mais aussi d'une quête de ses racines.

Le poète, tel un bâtisseur, a fait ses choix : chaque page est une offrande sans titre individuel (bien qu'elle soit répertoriée par ses mots premiers dans la Table des poèmes en fin de volume) : chaque braise allume l'oraison suivante. Tout vers se revêt d'une majuscule en son début mais la verticalité du texte garde la charpente d'une construction prosaïque, avec sa ponctuation propre. Bien que non versifié, l'ensemble conserve une homogénéité, un style, une cohérence sans doute hérités de hautes traditions poétiques. Plus proche des maîtres d'enluminures que de plasticiens déjantés, cette écriture nous relie à un monde byzantin brûlant de ses feux et de ses ors :  divine luminosité / Se déposant / Parcimonieusement / Sur la Sainte Face / D'une icône. On sait d'ailleurs que plusieurs livres de Bénard sont parus en version bilingue français-roumain.

 

Tel un calice en orfèvrerie, chaque espace célèbre l'amour et le divin qui s'entrecroisent, dialoguent. se complètent et s'enchevêtrent en subtile connivence. Foisonnance de l'intraduisible, le parcours est initiatique, ésotérique, empreint d'une dimension jouissive et esthétique. L'écrivain enchante tantôt par sa fragilité, sa vulnérabilité, tantôt par les effleurements d'âmes à l'affût et les jachères de l'esprit. La poésie n'est-elle, de tout temps, la langue des dieux ? Chorégraphies complices / Nos silences se mesurent / À l'aune enluminée / Du destin de nos écritures.

Oui, Michel Bénard est cet officiant du temple (...) Pour le grand voyage initiatique, tout à la fois foetus en prière et poussière d'étoiles.

 

Claude Luezior

 

 

 

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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 07:26
Photo par Ode©


 

 

 

 

Au petit matin, le vent


Me pénètre jusqu’à fleur de chair



 

Sur la psyché du fleuve


Reflètent


Les pensées des pêcheurs




 

Le vent doux


Pousse les blancs voiliers


Qui


Me rappellent les voitures d’eau


De l’Île-aux-Coudres


Que je vois là-bas


Couchée sur le fleuve


Dans la brume qui se lève



 

Le vent léger du fleuve


Laboure


La mémoire des porteurs d’eau





 

 

~*~





 

 

Jamais tu n’auras marché mes rivages


Et pourtant ta présence est puissante


Je te sais, te vois, te ressens



 

Vois, l'herbe salée des berges


Sous mes pieds nus


Qui la foulent avec bonheur et sensualité


Tu m’accompagnes



 

Entends au loin le cri du héron qui s'envole


Pour aller se poser


Sur une gerbe d'écume





La vie remonte en moi


Des pieds jusqu’à mon corps entier


Elle envahit mon esprit


Je respire l’air salin


Qui gonfle mes poumons de toutes odeurs mêlées





C’est le raccommodage de l’âme



 

Au petit matin


Comme au soir déclinant


Je sens dans ma paume


Se glisser une douce chaleur


Je n'ai crainte


Ce n'est que l'esprit de ta main dans la mienne


Cette douceur me remplit de toute ton affection


De ton éternelle tendresse



 

Te souviens-tu de nos feux


Ceux qui se sont rallumés dans le noir



 

À la nuit venue


Aux soirs de lunes bleues


D’étoiles en dentelles


Je te ferai d’autres bouquets d’étincelles



 

Et l’esprit de ta main se posera de nouveau dans la mienne


Pour regarder danser les flammes



 

Rituel sacré




 

Ode©


Des Aulnaies


29 juin 2009







http://zodode.5.50megs.com/Mots_Bleus/matin_fleuve.htm  

 

 

 

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 07:27
IL PARAÎT QUE LA STATUE DE LA LIBERTÉ PLIE BAGAGE À LA RECHERCHE D’UN AUTRE PAYS OÙ S’INSTALLER…

 

 

 

Il en est qui rêvent de bâtir des murs

Alors que j’aimerais qu’on abatte

Définitivement et pour sûr

Ces horreurs qui ne flattent

Que les dirigeants indignes

Qui les ont tracés comme ligne

Sur une carte de papier

En abusant de contrevérités !

 

N’est-il pas amusant et tragique

De vivre ce retournement historique

Qui montre qu’un président, stupide capitaliste

Imite, après les avoir vilipendés, les tsars communistes ?

Souvenez-vous combien, à juste titre

Les dirigeants américains avant ce pitre

Huaient le mur de la honte de Berlin

Avec l’envie d’y envoyer leurs fantassins…

 

Ces barrières, tragiques obsessions

Sont différentes des murs de nos maisons

C’est la guerre des possédants

Contre les masses déshéritées

Qui aux yeux des puissants

Sont juste tous bons à crever

Ils ont la peur au ventre, ces trop riches

Sachant que leur fortune est le fruit de triches !

 

On ne devient des nantis boursoufflés

Qu’au moyen du pillage des populations

Ces humains toujours exploités

Sous prétexte de plus vastes productions

Depuis toujours les pauvres du monde

Sont les garants de l’éclat des riches immondes !

Le cancer des égoïstes et profiteurs

Fait le lit des guerres et des malheurs

 

Enfermez donc vos populations

Dirigeants ignominieux

Beaucoup désirent cette affliction

Ne comprenant pas, ô pauvres hargneux

Que ces murs seront leurs prisons

Où leur bonheur et leur liberté périront

Par peur et souvent par égoïsme

Et parfois hélas, par pur racisme…

 

Bientôt, à forces de stupides murs

Les populations qui se croient protégées

Seront les bêtes des zoos futurs

Qu’on ira nourrir et photographier

Du haut de nos miradors

Et nous serons biens, nous, dehors !

Rien n’est plus précieux que la liberté !

La vie est diversité, il ne faut pas l’oublier !  

 

©Jean Dornac

Lyon, le 30 janvier 2019

 

 

 

 

 

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