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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 07:18
Tableau d’Eliane Hurtado©

 

 

 

 

 

 

Doucement s’efface le portrait de la lune,

Je voudrais faire le vide,

Suspendre la fracture du quotidien

Et fixer sur un fil de soie

Les poudres d’or du rêve,

Repeindre mes souvenirs avec mes illusions.

 

Je voudrais faire de l’ange de l’Amour

Le gardien du temple de l’éternité,

Pour que la petite lumière du bonheur

Soit à l’abri du vent

Et des célestes turbulences.  

 

©Eliane Hurtado

  





 

 

 

 

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 09:28
L’école d’Athènes par Raphaël – Cliquez sur l’image pour découvrir l’explication de l’œuvre

 

 

 

 

Vous n’alliez tout de même pas encore vous soustraire,

ainsi, sans retenue, au mépris des règles,

comme par l’opération du Saint-Esprit ?

 

Pendant une fraction de seconde,

eh bien, figurez-vous que j’y ai cru.

C’est dire combien je vous avais sous-estimé.

Ce qui, je vous l’accorde, n’arrange pas vraiment nos affaires,

même si nous possédons en somme au moins tous deux

un dénominateur commun,

celui d’avoir su transformer en produits de substitution

les fruits d’une imagination récoltés à grand-peine :

pour vous l’envie de recueillir quelques signes de vie

impossibles à déchiffrer sans y apporter

votre touche personnelle,

pour moi le besoin de livrer un peu de moi-même

en mettant ma main au feu

que je pourrai toujours compter sur vous

et votre incroyable faculté d’adaptation.  

 

©Michel Duprez

  





 

 

 

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18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 07:28

 

 

 

 

 

Ne croyez pas qu'écrire est chose facile, qu'il suffit d'ouvrir un robinet pour que les mots coulent à flots, frais et pimpants. Erreur, madame Jules, grossière erreur ! Les mots mettent du temps à se retrouver sur une page blanche. Ils prennent plaisir à gigoter sur le bout de la langue, à se coincer dans la gorge, à se cacher dans les arabesques du cerveau ou à prendre carrément la poudre d'escampette. Et la page reste désespérément blanche, d'une blancheur de neige qui vous donne froid dans le dos.

 

Je me contenterais pourtant, d'un rébus tout simple, d'un tracé enfantin ou même d'un gribouillis pattes de mouches. Mais rien, pas le moindre signe, rien.

 

Je dois absolument rassembler mes idées si je veux faire avancer le schmilblick. Mais retrouver les brebis égarées, c'est chercher à n'en plus finir, c'est marcher à en perdre le souffle. Pensez donc, des idées, j'en déniche sur le fil à linge, sous une pierre, dans un trou, une touffe d'herbe, une coquille d'escargot, sur le chemin perdu d'une campagne déserte et même au sommet d'une montagne. Je crois que je serai bientôt prête pour le semi-marathon ! Il faut rêver, rêver jusqu'à l'ivresse, suivre le lapin blanc jusqu'au bout du terrier, oser franchir le mystérieux miroir et voir un petit être sortir d'une corolle.

 

Un rêve se tisse comme un tapis, un somptueux tapis volant.
Emporte-moi mon rêve, emporte-moi jusqu'au cap de Bonne Espérance. Espérance est le mot qu'il me faut, un mot phare qui soutient, guide et protège. J'accrocherai à son mât des images de vies frémissantes, de vies qui ne demandent qu'à vivre dans la paix et la joie, sans peur du lendemain.


 

Là j'y attendrai une nouvelle aurore...  

 

©Michèle Freud

 





 

 

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 07:37

 

 

 

En vous j’imagine cette beauté

De bois flotté aux racines lissées

Par l’effleurement du sable,

Le clapotis des flots,

La caresse du ciel

Et, les reflets de lune.

Etreint par tant d’émotion

En cet ineffable instant,

Tout me semble si fragile,

Alors délicatement

Je pose mon doigt

Sur ce silence satiné,

Et tel un miracle

Vous devenez

Mon embrasement d’automne.  

 

©Michel Bénard.







  

 

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 07:44
Oeuvre en titre de Djordje Prudnikoff©

 

 

 

 

 

Il est revenu l'amant

Poussé par les vents d'automne

Il est revenu l'amant

A entendu la voix de l'aimée qui raisonne

En son cœur, jusqu'à lui

En son corps, en sa vie

En son âme qui frissonne

 

A traversé les océans

Bravé les tempêtes

Hiverneront au chaud

Dans l'âtre du temps

Dans l'antre de la quête

Doux amants, l'un contre l'autre lovés

Amours, passions exprimées

 

Marcheront le chemin

Tendrement, orageusement

Se tenant toujours du bout de l'âme

Du bout du cœur

Du bout de la main

Sans crainte des demains

Portés par l'amour en leur sein

 

Il se sont retrouvés les amants

Plus jamais ne se quitteront

Venus de la nébuleuse

La belle Orion

Reconnaissance des toujours

De la nuit des temps

 

Un jour, y retourneront

Ode ©

 

 

Sources : http://zodode.5.50megs.com/DO/amantsre.htm  

 

 

 

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 07:37

 

 

 

 

 

EOLE peintre de la voûte insondable de l’infini

De ton souffle puissant chasse noirs nuages

Porteurs d’inquiétudes pour les grappes juteuses

Et moissons dorées prometteuses

Sois protecteur bienveillant aux

Cotonneux moutons blancs du cosmos 

Amoureux voyageur des landes et forêts

Fais-toi doux zéphyr pour ne point attiser

Les feux naissants de la mort

Coupables de la nuit du chant des oiseaux.

 

EOLE architecte des nuées sidérales

Gonfle ton souffle puissant pour

Bouter loin la horde sauvage  

Des cumulus menaçants 

Chasse la peur des yeux des impuissants

Créer l’embellie dans les esprits troublés

Face aux orages chagrinant l’amour

Pour au soleil espoir, ton ami,   

Laisser tout l’Espace    

 

EOLE gardien de l’Humanité

Ne laisse pas l’alchimiste fou d’or, avide

Stériliser, au lieu de les voir, porteuses d’espoirs,

Fuir doucement dans l’azur

Les nuées grosses de pluies fécondes

Pour asservir les peuples

Montrer son omnipotence

Provoquer sécheresse et famine

Semant mort et exode

 

EOLE maestro des sphères

Accompagne de douce musique sidérale

Au-dessus de têtes blondes ou crépues

Les espoirs de lendemains lumineux

Pousse loin les nimbus mauvais de la haine

De l’intégrisme, de la lâcheté, 

De l’hégémonie, pour qu’un air nouveau 

De liberté, d’humanisme, de courage

Fasse dans l’immensité bleutée,

Place au respect, à la sérénité,   

Dans un Arc en Ciel de Paix.  

 

©Gérard GAUTIER

Décembre 2018  

 

 

 

 

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 07:34
« Le pont d’Héraclite », René Magritte

 

 

 

J’ai traversé le pont des différences

Pour toucher du cœur

La beauté de l’amour

Que toi, ô femme

Si bien tu incarnes !

 

J’ai franchi le pont des indifférences

Celui des cruautés ordinaires

Que l’on ne voit même plus

Ces violences de tout instant

Qui disent l’absence de l’amour

 

J’ai vu, au loin, le pont des suffisances

Celui qui sert l’arrogance des puissants

Qui suscite à force d’injustices et de souffrances

La haine des plus fragiles toujours méprisés

Et qu’on ne fait que semblant d’écouter

 

J’ai vu, sous ces ponts

Couler l’eau des crimes

Ces poignards dans le cœur des vies

Commis par tous les pouvoirs

Et parfois par les peuples

 

J’ai vu le pont des médisances

Qui détruit peu à peu le cœur de l’âme

À force de se faire répéter des contrevérités

On ne sait plus ce qui est vrai

Ce qui est faux ni où est le mensonge

 

J’ai vu les ponts de haines

Entre individus

Entre peuples

Entre religions

Entre classes humaines

 

J’ai vu le pont du racisme

Ce lieu étrange

Où ne se fait plus aucun échange

Entre les deux rives d’une même humanité

Se méprisant sans raison ni pitié

 

J’ai vu le pont d’or

Du monde des trop riches

Qui ne veut rien connaître

De la rive où s’amoncèlent

Les cadavres de pauvres

 

 

Ô tristesse ! Que de chances gaspillées !

Un pont doit servir à nous relier

Jamais à nous diviser !

A présent, on oublie que les deux rives

Forment un unique pays !  

 

©Jean Dornac

Lyon, le 12 janvier 2019 

 

 

 

 

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 07:25
La fresque des Lyonnais, un dessin représentant Auguste et Louis Lumière datant de 1995. ©CreativeCommons Auteur : la Cité de la Création

 

 

 

 

 

Escale à Lyon

Printemps en floraison

Métro Monplaisir

et vous découvrir

Villa Frères Lumières

Comme un cadeau offert

On prend l’escalier

Au plafond ouvragé

Au détour du salon

Des reportages à foison

Géniales pitreries

Tout n’est que douce folie

 

Voyage, voyage

Au gré des images

D’un autre temps

Et pourtant

Je vous entends

Je vous respire

Au-delà des souvenirs

Auguste, Antoine et Louis

Je suis votre amie

Je suis si bien

et je sens le romarin

qui parfume le jardin

 

Des  4 coins du monde

Une fabuleuse ronde

pied de nez au labeur

de tous les travailleurs

Plongeurs  et forgerons

Ouvriers et piétons

D’arroseurs arrosés

et Pétanqueurs pompiers

la lanterne magique

Défit le tragique

A La sortie de l’usine

Les figures s’illuminent

 

Voyage, voyage

Au gré des images

D’un autre temps

Et pourtant

Je vous entends

Je vous respire

Au-delà des souvenirs

Je suis si bien

et je sens le romarin

qui parfume le jardin

 

Capter l’instant

Des jeux d’enfant

La petite fille s’entête

et n’en fait qu’à sa tête

Villa Frères lumières

Auguste, Antoine et Louis

On s’amuse et on rit

Témoins extraordinaires

D’un peuple qu’ils éclairent

De leur amour infini

 

© Florence Issac


 

Sa bio : http://www.florenceissac.com/    

Sa maison d’édition : http://www.lechappeebelleedition.com/    

 

 

 

 

 

 

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 07:36
©Dessin de Jeanne Champel Grenier

 

 

 

 

Personne n'entendait la lourdeur du silence

Un silence trop vieux et trop jeune à la fois

Car les voix s'étaient tues, tristes, désabusées

Foin des consultations qui ne menaient à rien 

Dépourvus on était et on cachait sa honte

Valait mieux rester sourd ne pas participer

Or, certains s'éveillèrent pour demander des comptes

On était en décembre, tout fit boule de neige

 

Ils étaient tous partis réclamer en haut lieu

Ce qu'on leur refusait et qui leur semblait dû

S'agissait-il d'impôts, s'agissait-il de taxes

S'agissait-il d'essence dont le prix augmentait

Il s'agissait surtout de sauver la décence

Décence des salaires, décence des loyers

Les Grands se moquaient bien de toute leur misère

 

Eux, avaient espéré au changement de train

Hélas, tout déraillait et les laissait au loin

Tout était si confus, avait-on bien voté ?

Personne pour porter la voix des sacrifiés

Noël n'était pas loin et les rêves aussi

Alors ils sont sortis, ceux qui avaient un toit

Et ont rejoint dehors ceux qui n'en avaient pas

On parlait, on riait, on se sentait unis

Enfin on se battait, rassemblés dans un but

Plus de fraternité et plus d'égalité !

On avait de l'esprit, les slogans fleurissaient

On se serrait la main, on se serrait les coudes

 

Oui, ils étaient partis réclamer en haut lieu

Hélas ! Chemin faisant des loups dans le troupeau

S'aiguisaient fort les dents et aussi les couteaux

On eut beau s'en méfier, l'ivraie mangeait le blé

Les casseurs étaient prêts pour tout faire avorter

Le pire est arrivé : trois morts dans la journée

Des symboles arrachés, et des rues enflammées

Des grenades, des gaz, la guerre de tranchées

 

Ils sont rentrés chez eux, les vrais, les sympathiques

Ceux qui avaient au cœur le plus grand des respects

Respect des compagnons et de la République

Ils ont nourri la mort, la louve, cette gueuse

Juste en criant très fort qu'ils vivaient de suppliques

Qu'ils méritaient aussi une vie plus heureuse

À qui sera la faute ? Qui paiera l'addition ?

Ce soir l'air est muet, les toits sont en veilleuse  

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 ( En hommage à mon père qui aurait été des leurs)

 

 

 

 

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 07:31

 

 

 

(Claude Luezior, éditions La Bartavelle)

 

 

Un chant à l’amour, ses vicissitudes, ses doutes, puis son triomphe final.

 

Après un chemin d’éloignement, de solitude – et peut-être de rupture –, l’amour retrouvé en la chair et l’esprit « Je crois aux retrouvailles/après l’errance de l’écho/et les râles blessés/des renards en solitude. » « Toucher le calice/pour que nos bouches/à l’orée des fusions/aient ensemble/le goût du sacré. »

 

Une ode à l’amour charnel et à la femme aimée, avec de très belles évocations aux accents baudelairiens : « Je bois ton regard/ magnétique/Je bois tes yeux/ d’ébène/… » ; « De tes dunes/ instinctives/s’évaporent/ des opalescences/ d’aube. » « Charnus oratoires/où l’ordonnance/ des prières/est survivance/d’une déesse/ profane. »

 

Mais l’amour n’est pas seul, il y a la poésie, et « vivre en poètes » est suspect en ce monde, aussi le poème interroge : combien sommes-nous à partager cet état ? Cent-mille, mille, ou se résume-t-il « à deux » ?

 

En l’amour retrouvé, le pacte d’alliance se veut renouvellement, dépassement des errements anciens, de la vie morne et sans surprise de la vie ordinaire, et apaisement des blessures infligées par les petitesses : « Ensemble nous voudrons/effacer lentement/la forge des volcans/qui dévorent leurs fidèles/l’immuable quadrillage des routes déjà tracées/et l’infinie morsure des gens en petitude. »

 

L’image du berger et de la bergerie est récurrente, lampe christique recourbée en l’immanence maritale : « Etre le berger un jour/d’une femme/et de ses enfants. »

 

Outre les extraits mentionnés précédemment, j’ai particulièrement apprécié – parmi d’autres – ces belles formulations : « Elle efface d’un geste fruité/les rides à mon front/où pulse le désir. », « Que l’on soit poète/troubadour de l’ocre/ou chercheur de lumière/… », « Là unique/et nécessaire/à la frange/de mes argiles/… », et ce magnifique : « Au fond des bergeries/frissonne/le poumon bleu/du silence . »

 

Superbes – et non dépourvus d’une pointe d’humour et d’autodérision – les titres des chapitres, notamment : « Peut-être n’était-il que le berger de fragiles armatures », « Les herbes longues boursouflaient le crépuscule de chuchotements », « Au bout du chemin était la pierre sacrée ».

 

Une langue sobre, épurée et à hauteur d’entendement, qui ne recherche ni l’effet ni l’artifice. Des images maîtrisées qui jamais ne brouillent les cartes ni ne noient le sens. Une poésie de Luezior qui fait le choix de la sincérité et du partage avec la communauté des hommes.

 

François Folscheid

2018

 

                                                                                                                                           

PS : ce recueil a été honoré par le Prix de poésie Maïse Ploquin-Caunan de l'Académie française en 2001, des mains de son Secrétaire perpétuel, madame Hélène Carrère d'Encausse

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