Un poète aimant la beauté
Ne peut pas aduler la guerre
Et toutes ces vies massacrées
Il ne peut pas supporter les larmes
Des innocents sacrifiés
Et la sauvagerie des guerriers !
Jusqu’au bout,
Je me demanderai
Pourquoi la vie ?
Pourquoi la violence ?
Où donc se trouve le sens
De nos existences
Si c’est pour nous entretuer
Sans âme ni réflexions ?
Et dire que certains
Sont fiers
De commettre leurs crimes
Parfois au nom de la raison
Parfois au nom des croyances
Souvent par avidité
Ou stupide jalousie
Voire juste pour des principes
Ah les principes
Et les religions !
Que de crimes
Commis en leur nom
Alors que cela
N’est jamais
Que convictions
Personnelles !
Tuer des innocents
Avec pour prétexte
La supériorité d’une pensée
N’est que la preuve
D’une tragique stupidité !
Certes, l’argent et le sexe
Mènent le monde
Mais on oublie la stupidité !
On oublie que tous les tyrans
Se rangent dans cette catégorie
De la bassesse et de l’idiotie humaine
Celle de gens qui n’ont jamais compris
La valeur unique de chaque vie
Ils préfèrent tuer
Ceux qui ont raison
Et qui prétendent leur ouvrir les yeux !
Crions et agissons
Contre l’abjecte violence faite aux femmes !
Crions contre l’abominable et toujours criminel
Racisme, contre tous les racismes sans exceptions !
Crions contre les violences imposées aux enfants
Innocents depuis toujours et à jamais !
Crions contre la joie de tuer
Vécue et voulue pat trop de chasseurs !
Poètes mes frères
Poètes mes sœurs
Crions ensemble
Qu’il en est assez
De se conduire
En idiots criminels
Au nom de l’argent et du pouvoir
Au nom de simples convictions !…
Ce texte très fort de Michel Bénard se suffit à lui-même. Cependant, je veux dire quelques mots au regard de ce qui se passe ces derniers temps dans notre pays et en Europe. La bête hideuse du racisme imbécile tente à nouveau d’hypnotiser nos esprits ! Alors, soyons forts, crions un non ferme et définitif à cette saleté innommable que des gens à l’esprit noir et limité veulent nous imposer ! Jean Dornac
Quand les inconcevables et insoutenables errances de ce siècle retournent vers l’obscurantisme inconscient, les religions d’autres époques, réductrices et humiliantes, les fanatismes aveugles, canalisés et superstitieux, la xénophobie primaire et haineuse, il est rassurant de croiser sur sa route, des hommes, des poètes, des artistes, des penseurs osant nous faire encore croire que l’Amour universel existe, autrement que dans les flèches d’un innocent petit Cupidon, qu’il demeure toujours en nous au plus profond de l’âme et du cœur et que nous devons absolument le cultiver dans tous les sens du terme.
Peut-être peut-il encore sauver l’humanité, il serait bon de l’envisager !
Que sont devenues les espérances du siècle des Lumières ? La tolérance ? La libre circulation des idées ? L’humanisme ? L’universalité ? L’amour déculpabilisé ?
L’Amour est une fenêtre ouverte sur le bleu de l’infini, il vibre comme une symphonie printanière dans les premières lueurs de l’aube ou les irisations d’un vitrail au soleil couchant.
L’Amour est le germe de la beauté et de l’harmonie, il est bon alors de confier ce germe à des jardiniers de l’esprit, de la sagesse, du bon sens tout simplement, pour qu’ils rendent vie à ce jardin que nous avons tant piétiné, pour y revoir fleurir en toute Liberté, l’Amour dans tout le scintillement de sa Vérité.
Convaincu à l’instar de mon maître, le grand poète Marc Chesneau,
que « Dans un instant d’amour un siècle peut tenir… /… »
Ce poème de Louis Delorme est extrêmement fort, puissant ! Je suis fier et heureux de pouvoir le publier sur mon blog et je ne sais comment remercier Mr Delorme pour sa confiance ! (Jean Dornac)
Peinture de Louis Delorme
- LES HURLEMENTS - LXVII -
A Emmanuel D'ASTTER, le 12 février 1968.
Le cercle s'est bouclé pour une année encore,
La guerre a fait peau neuve, elle a trouvé du fric ;
Elle a changé de mode et gardé son folklore :
Acteurs médiocres, mais... nous sommes bon public !
Les engins font du bruit ; alors, des hommes tombent ;
On crèvera parce qu'il faut
Contre un seul épervier, dis, combien de colombes,
De mésanges pour un gerfaut ?
On crèvera pour que les promesses soient sauves,
Pour que les beaux discours soient pris au sérieux
Parce qu'il ne sied pas, même repus, aux fauves
De fuir sous les ruées du bélier furieux.
On crèvera parce qu'il faut trop de courage
Pour dire : « Nous faisons la paix ! »
Pour oser le premier des deux tourner la page,
Reconnaître qu'on se trompait.
Quand on est le plus fort, il est bien dur d'admettre
Que l’on n'a pas aussi davantage raison :
Nous traitons des héros d'assassins et de traîtres
Alors qu'au désespoir, c'est nous qui les poussons.
Massacrez tout un peuple et faites place nette,
Egorgez, tuez le Viêt-nam :
Des faibles il y en aura sur la planète,
Toujours, ad vitam æternam !
Quand vous aurez tué tous les hommes qui luttent,
De bonne volonté, de peine ou de couleur,
Pour assouvir encor vos bas instincts de brutes,
Vos frères vous prendrez comme souffre-douleur.
Dans quelque temps, contre eux, vous tournerez vos armes,
Vous sacrifierez vos amis
Et vous arracherez à vos mères des larmes
Répandues sur vos ennemis.
La Terre est donc à vous, peut-être aussi la Lune !
Dommage que là-haut n'y ait que des cailloux,
Point d'êtres à meurtrir, pas de sang à la une,
Personne à qui chercher dans la paille des poux.
S'il se trouvait jamais des mondes dans l'espace
Qui soient dans votre champ de tir,
Des peuples de robots à qui donner la chasse,
Des monstres à faire pâtir,
Vous nous auriez fiché la paix sur cette terre,
Vous nous auriez laissé profiter du soleil,
Attraper nos poissons, replanter nos rizières,
Rendu la liberté, le rêve et le sommeil.
Le jour où dans vos champs on portera la guerre,
Sur vos villes, sur vos maisons,
Vous comprendrez alors ce que c'est la misère,
La gangrène et sa déraison..
Vous verrez vos buildings plus que châteaux de sable
Crouler de peur comme si la terre tremblait ;
Vous saurez que l'enfer quand on n'est plus le diable
Perd tous les charmes dont il nous ensorcelait.
Vous verrez vos enfants courir comme des dingues,
Vos femmes se tordre d'horreur,
Lorsque, du fond du ciel, fondront sur vous les zingues
Comme des oiseaux de malheur.
Vous saurez ce que c'est que les feux d'artifice, L'absurde au goût du jour, la mort se rebiffant, Les atrocités qui laissent des cicatrices Sur les petits-enfants de vos petits-enfants.
Vous ne nous vaincrez pas, quel que soit le déluge Que vous fassiez pleuvoir sur nous ; II restera toujours quelqu'un dans un refuge Pour ne pas se mettre à genoux.
Qu'on m'arrache la langue, elle n'a rien su dire ! Qu'on me crève les yeux qui n'ont pas accusé, Qu'on me coupe les mains qui n'ont pas su qu'écrire : Elles voulaient se battre, elles n'ont pas osé !
Qu'on me crève le cœur, qu'on m'arrose d'essence ! J'y mettrai moi-même le feu. Celui qui ne combat qu'à grands coups de silence, Je crois, n'en mérite pas mieux.
Les enfants de demain contre nous crient vengeance : Êtes-vous sourds que vous n'entendiez pas leurs cris ? Ils viennent témoigner contre vos expériences, Ils plaignent leur forêt, pleurent leurs champs de riz ;
Ils vous montrent leurs plaies sur leurs bras et leurs jambes Du napalm ils ont hérité ! Cette chair, cette peau qui se tord et qui flambe Est peut-être l'humanité !
C'est vous qui les avez estropiés par mégarde,
En frappant ceux qui leur donneront vie un jour.
Tous ces pauvres enfants que vos avions bombardent
Verront bientôt les leurs infirmes à leur tour.
Est-ce le goût du mal, le besoin de carnage
Ou la soif de domination
Qui pousse l'homme au meurtre avec autant de rage,
Depuis tant de générations ?
Est-ce peur ou folie/ n'est-ce que l'insouciance,
Le doigt dans l'engrenage, est-ce la contagion,
Qui des êtres les plus doués d'intelligence
A fait les plus abjects de la création ?
Dans cent millions d'années, s'il reste encor des êtres
Qui sait ! descendront-ils de ce gosse brûlé
Qui porte pour ses fils, nos espoirs de renaître
De revoir, par leurs yeux, l'univers constellé,
De vivre par leurs sens, de sentir par leur âme, D'encore respirer les fleurs, D'être dans leur mémoire une petite flamme Qui leur fait vaciller le cœur,
Notre chance d'aimer, d'admirer notre terre, D'avoir des joies, du rire et des larmes encor Dans vingt mille ans, de trouver belle la lumière, Le sentiment de n'être pas tout à fait morts.
S'il porte, ce petit, l'humanité future, Laissons-lui toute sa santé ! Et n'empêchons pas d'être, pour lui, la nature Ce que pour nous elle a été.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...