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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 07:23

 

 

 

L’aube à son front coule entre ses cornes,

Il boit ce jus clair de fruit jeune sur sa lèvre.

Pan s’ébroue, la nuit s’échappe de son poil,

S’étire, se gratte et c’est un rire qui tombe de sa côte.

Il ramasse l’éclat et le place au moelleux de sa langue.

Nouveau-né aux creux de ses joues,

Pan le retient au rempart de ses dents.

Rire et salive se mêlent, lève un chant

Que sa gorge roule en cascade

Que sa gorge cuit de soleil. 

Son pied sur l’entame du jour

Entonne la mesure.

Dévers face aux nues,

Pan chante sur la terre.  

 

©Béatrice Pailler

 

Revue Souffles : hommage à Joseph Delteil

N° 258-259-Juin 2018  

 

 

 

 

 

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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 07:46

Un nouveau poète, un nouvel ami arrive sur couleurs poésies. Bienvenue à Gérard Cazé recommandé par Louis Delorme. Son premier poème est plus que bienvenu face à la montée des extrêmes et de l’antisémitisme. Levons-nous pour que la bête ne renaisse pas, ne renaisse jamais ! (Jean Dornac)

 

 

 

Pour ne pas oublier ce qu'est un génocide,

Un juif, un holocauste, un SS, un kapo.

Pour ne pas oublier la cruauté morbide

Des coups de la milice et de la gestapo.

 

Pour ne pas oublier que l'étoile était jaune,

Son port obligatoire à partir de six ans.

Pour ne pas oublier qu'il existait des zones

Où le fait d'être humain n'était plus suffisant.

 

Pour ne pas oublier ce que Shoah veut dire :

"Catastrophe", en hébreu et dans le monde entier.

Pour ne pas oublier les témoins du martyre,

Les rafles du Vel’ d'Hiv’, Barbie, Papon, Touvier.

 

Pour ne pas oublier le trajet sans escale

De Drancy à Auschwitz au camp de Birkenau.

Pour ne pas oublier la "solution finale",

Treblinka, Buchenwald, Ravensbrück et Dachau,...

 

Pour ne pas oublier que dans un crématoire,

Après la chambre à gaz, on enfournait les corps.

Pour ne pas oublier les Ombres de l'Histoire,

Des lois de Nuremberg aux "marches de la mort".

 

"POUR NE PAS OUBLIER", répétons ce message

A l'enfant d'aujourd'hui qui le dira demain,

Pour que d'autres, plus tard, transmettent l'héritage

Qui nous est parvenu de six millions d'humains.

 

©Gérard Cazé 







 

 

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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 07:34

 

 

 

 

 

Dans le tourment de la révolte

Un homme dit à un autre :

« Je suis là, ne crains pas,

Unissons nos mains,

Pour que revienne le matin »

Et le second au troisième

Répète doucement :

« Ne crains pas, je suis là… »

Ainsi en est-il

Tout au long de la chaîne vivante.

Alors entre les hommes en lutte

Se crée une ligne de force,

Qui vibre dans les veines rouges

Et soulève leurs âmes.

Puissance égale à celle

De cette lame

Que rien ni personne

Ne pouvait briser.  

 

©Denise Bernhardt



 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.

 







 

 

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26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 05:36

 

 

 

Sospensioni Molecolari  (Suspensions moléculaires) de Francesco Casuscelli, Ed, La Memoria del Mondo, St-Magenta (Milano), 2017

123 pages, ISBN 9788899933111

_____________________________________________________

 

Juste un petit hommage à Francesco Casuscelli dont les lecteurs de Couleurs2poésies ont maintes fois pu lire les traductions de divers auteurs en italien. Ce poète a également publié le recueil sus-mentionné dans la langue des anges. Cette dernière, par la richesse de ses voyelles et de son vocabulaire donne à la poésie une dimension musicale issue d'un paradis.

 

Ingénieur en chimie travaillant dans la recherche pharmaceutique près de Milan, Casuscelli triture également avec bonheur les molécules du verbe et du rêve. Son imaginaire fait preuve d'une grande sensibilité, toujours au service de la fraternité et de l'amour.

 

Son propre blog est : www.sospensionimolecolari.blogspot.com . Casuscelli organise par ailleurs des présentations de livres dans des institutions culturelles et anime des cénacles poétiques. Plusieurs de ses textes sont parus sur divers sites et dans la revue littéraire Il Convivio. On trouvera ci-dessous un poème traduit par lui-même en français. 

 

                                                                                    Claude Luezior

 

 

 

Mia dolce amata

 

 

i sorrisi nei tuoi occhi

brillano come le stelle

e sulle tue labbra

maturano le fragole più dolci

 

nelle tue mani di velluto

si trovano morbide le carezze

tra i tuoi capelli

si mescolano i profumi dell’erba

e sulla tua pelle fioriscono gardenie.

 

Prendi ancora una volta

la mia vita e

rifugiamoci in quel prato

coprendoci di nuvole

 

 

Ma douce aimée,

 

 

brillent les sourires

dans tes yeux

comme les étoiles

et sur tes lèvres

mûrissent les fraises les plus sucrées

 

dans tes mains de velours

les caresses sont douces

les arômes de l'herbe sont mélangés

dans tes cheveux

et fleurissent les gardénias sur ta peau.

 

Reprends une dernière fois ma vie

Et réfugions nous dans cette prairie

qui nous couvre de nuages

 

 

                                   ©Francesco Casuscelli

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 05:45

 

 

 

 

La Race de nos jours, s’est donné pour foucades,

De se subordonner à l’aune des enfants ;

D’en simuler les embuscades,

Réfractaires qu’ils sont. Dès lors, les olifants

Qu’embouche cette engeance,

Eclatent forcenés et trompètent vengeance

De ce que leurs parents, précisément le soient !

Comme dans toute meute, aboient 

Friands de suspectes prébendes,

Des monstres accomplis ; pervers

Arpenteurs de calendes,

Ils exigent du Droit qu’il chausse leurs travers !

Et la rumeur colporte,

Qu’entre insolences, bris et claquements de porte,

Dansent les tyranneaux !

Chaque parent se tasse au sortir des berceaux,

D’où surgissent hardis, des crânes sans cervelle…

Une énigme nous tient à corps perdus,

Bouche bée, esbaudis, qu’en dernière nouvelle,

L’adulte soit contraint, tous lapsus confondus,

De céder au vaurien qui fait de sa faiblesse,

De quoi ses géniteurs les bien tenir en laisse ;

Où sont les coutumes d’antan, quand l’enfant grec

Sur l’Agora, fermait son bec ?

Dès lors, voilà le temps de Furie et Mégère,

L’enfance a tout compris, violant père et mère,

S’invite Tisiphone aux basques du complot !

Le lâche ayant cédé de ses pouvoirs le lot,

Il bidouille des trucs de funestes factures ;

Educateurs par-ci, psycholo-psy par-là,

Associations qui greffent des boutures,

Quand pour en toute fin de Charybde en Scylla,

Ayant bouclé la boucle et sa somme obligée :

S’impose larmoyant l’indigne périgée !

N’en déplaise à ces gens, d’abord calamiteux,

Aux slogans ruineux :

Il n’est de lâcheté qui ne soit pas complice, :

Du Mal d’abord, après tant de fatras,

Incrédule à la fin devant ses patatras,

D’avoir aux jeux cédé – le sombre maléfice –

De quelque argile fou. Ce sont de ces matins

Qui coiffent leur aurore aux humeurs crépuscules !

Où sont ces chants, morales majuscules,

Dont on gavait, rois futurs, les gamins ?

J’exhumai mes bilans d’archives amassées,

Rempli du souvenir jamais chagrin,

De ce que mes parents me payaient en fessées,

Faisant de moi, ce vertébré d’airain.

 

©Claude Gauthier

 

 

 

 

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 08:03

 

 

 

 

 

Le vide construit

la cage des tourments

grimace accablante

où le vacarme silencieux

choisit la réclusion

et bâillonne les rencontres

d’une serrure de misère…

 

Ô paysages humains

hantés par les fleuves

que chevauchent les pleurs !

 

Qui me guidera

dans la tourmente

où l’obstacle interdit

prolonge le désordre ?

 

Montrez-moi l’innocence

je vous apporte mon courage…

mais tant que la gorge du jour

portera la trace de vos doigts

je vous réclamerai

la force du juste !

 

Sous l’interrogation

ma parole cherche

l’embuscade invisible

où pousse l’abandon

comme une faiblesse

toujours multipliée…

 

Ah ! La malédiction des astres

dont la paisible lumière

n’est qu’un gouffre

qui dépasse les formes !

 

Tempête incandescente

au sanglot de l’abîme

tu avives

les gerbes éternelles

de nos cris…

                                                           …mais tu mourras

                                                          de ma présence

                                                          quand mon âme

                                                          enfin pure

                                                          te livrera les Signes !  

 

© Victor Varjac

Antibes, octobre 1998

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 07:30
©Tableau d’Eliane Hurtado

 

 

 

 

 

Je ne pense plus à rien lorsque je peins,

Sur ma toile blanche

Sans l’ombre d’un pli

Je pose mes enduits,

Puis les multitudes colorées  s’étalent,

Avec mes couteaux et mes spatules

Je les juxtapose, les mélange,

Je n’entends plus rien,

Ma toile prend vie.

 

Comme une délivrance

Le combat de la vie,

La joie, l’amour, la douleur

Prend fin.

 

Je termine par la couleur blanche,

Une signature discrète,

Une couche de vernis,

L’œuvre est finie.

 

La vie à nouveau s’empare de moi.  

 

©Eliane Hurtado

  





 

 

 

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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 07:30

 

 

 

 

 

Moi, ton pigeon qui roucoule

à chaque fois que ta chair fond sous ma langue

en me laissant tout, sauf un goût amer, au passage,

comment parviendrais-je à ne plus soupirer

quand je crois avoir décodé tes billets doux

et que l’émotion me prend à la gorge,

après que les mots, sillons du cerveau devenus cerfs-volants,

jadis peu volubiles, à présent si sûrs d’eux-mêmes

-          Enfin, si l’on peut dire    -,

à leur tour, aient volé en éclats.

 

Et toi, ma Beauté, mon Canon, ma Bombe,

aussi intrépide que désarmante,

ange qui passe et qui repasse à travers ma vie,

sans poudre de riz ni habits de cérémonie,

au rythme habituellement indécis des points de suspension,

qui rit dans la plupart des cas plus qu’elle ne pleure.

 

ô Toi qui m’es jeu et joie tout à la fois,

la plus parfaite imperfection

qu’il me soit donnée de rencontrer

en ce jour de grâce où le silence a raté son entrée,

te voilà de retour auprès de celui qui,

ayant mal digéré le fait

d’avoir dû manger de la vache enragée

durant près d’un quart de siècle,

annonce avec fierté qu’il sera d’ores et déjà

la proie de tes prochains sortilèges.  

 

©Michel Duprez

  





 

 

 

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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 07:36

 

 

 

 

Je marchais depuis une heure, quand surgirent, dans leur parure de rêve et leur blancheur nacrée, les amandiers ! Ils dressaient fièrement, comme des promesses, leurs branches fleuries dans le bleu du ciel, " distribuant aux yeux de tous leur gratuite espérance " .
Leur floraison extraordinaire confinait au merveilleux et j'étais sous le charme de ces arbres qui illuminaient la colline. Toutes ces fleurs blanches ou roses, délicates et fragiles, étaient comme des flocons d'espoir qui annonçaient le renouveau.

 

Mais la fleur ne s'épanouit pas uniquement pour notre bonheur. Son aboutissement, c'est le fruit, qui est comme un trésor caché dans une coque crevassée, elle même enveloppée dans un brou verdâtre et pelucheux. L'amande, si elle est douce, réjouit tous les palais : elle se croque, se déguste sous forme de nougats, de dragées, de pralines, de calissons... C'est un régal pour les gourmands !


 

Les amandiers, qui ont en hiver, un profil triste et tourmenté, se métamorphosent, dès le mois de février, en énormes bouquets de fleurs, si fines, si légères, qu'elles semblent immatérielles, voire spiritualisées.


 

Dans cette clarté radieuse, j'écoutais avec mon cœur, les notes douces d'un violon magique, qui s'envolaient avec des pétales blancs, pour s'unir à l'azur. La nature, autour de moi, m'offrait le premier sourire du printemps...

  

 

©Michèle Freud

 





 

 

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 07:47
©Collage de Michel Bénard

 

 

 

 

 

 

Ce n’est plus qu’une longue

Complainte nocturne,

Où les anges déchus

Tombent sur la terre brulée

Accompagné du requiem

Du long piano rouge.

Ce n’est plus qu’un rictus

Ironique du disque d’argent,

Ample stigmatisation

Se découpant dans la nuit,

Sous les doigts effilés

Du grand marionnettiste.     

 

©Michel Bénard.







  

 

 

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