Les soleils du dimanche soir
peinent à réchauffer les mômes
Demain ce sera la romance grise
qui les reprendra sans façons
pour les traîner dans les tourbières
d’un Eden de menue monnaie
Derrière des murs de langueur
si peu conçus pour l’espérance
les gamins muets ses désolent
des lendemains privés d’enfance
° ° °
Les soleils du dimanche soir
parlent d’hiver sans retenue
Rien qui vienne habiller l’ardoise
des maisons tristes du faubourg
rien pour combler les dérobades
du peu d’amour dans les cartables
Ce sera lundi pour longtemps
C’est l’heure bleue
Où se profile une étoile
A la porte du rêve,
Ciselant ma plume
De ses subtiles essences florales.
Déroulant le fil de vie
Elle ramène au coeur de son filet
Les mots en dissidence,
Fusion des symboles
Fertilisés du miel philosophal,
Germe de création.
A l’heure bleue matinale
Que sourde la source de la liberté,
Qu’une brise nouvelle y enracine
Les fragiles graines du blé de l’espérance.
Vue sur les kiosques des allées du Président-Roosevelt. 1952. Jean Dieuzaide - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 47Fi313.
La lumière baisse, faible à reflet, elle n’est plus faite que de petits yeux aveugles. Le froid transpire de ces prunelles muettes collées aux vitres. La lumière baisse, le froid se perd en brumes ; l’eau court la pente du carreau.
Lumière en larmes, vie de la vitre sous l’eau-forte d’un regard.
Feuilles en tas, bois coupés, le réel déposé. Vient l’hiver qui efface, d’un trait de pluie, d’un trait de neige. Vient l’hiver qui retranche et pièce à pièce déconstruit le jour.
Ligne floue, l’œil ânonne son alphabet, mot à mot de l’hiver et pièce à pièce construit le silence.
Vivre est autre chose
que des modulations de coma
et des démangeaisons de source
sur des chandails de laine
tu sais
et je te dirai mon enfance
lestée de flancs conciliants
d’un océan sonore
mon enfance encore à voir le fond
à en soulever les pierres
pour trouver l’or des merveilles
mon sens aigu de la traversée
mon dos d’écume ma bouche cousue
pour des raisons qui m’appartiennent
je te dirai aussi mon indiscipline première
née sur des croupes d’enchantement
solitaire et dépareillée comment
je me demande par quelle grâce
et à la faveur de quelles circonstances
tout cela tient aujourd’hui
à la proue d’un seul soleil
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...