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15 janvier 2025 3 15 /01 /janvier /2025 09:38

image : https://amarudi.com/le-mythe-de-la-quadrature-du-cercle/

 

 


À mon humble avis, le temps peut être
un témoin gênant par rapport
à chacun de nos faits et gestes.
- Peut-être.
- D’accord, mais, d’après moi, la nuit peut être,

en se servant du sommeil,
le plus sûr moyen de prolonger la vie.
- Peut-être. Ou peut-être pas.
- Peut-être avez-vous trouvé la réponse adéquate
à toutes ces quadratures du cercle.
D’autant plus que si le doute n’existait pas,
nous n’aurions aucune raison
de continuer à rechercher la vérité
et, par conséquent, d’en venir à se dire :
« Finalement, pourquoi pas ?
Tout est possible ».

 ©Michel Duprez                                                                
 
 
 
 
 
 

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12 janvier 2025 7 12 /01 /janvier /2025 10:40

traduction du roumain par Dana Shishmanian et Ara Alexandre Shishmanian, Phos (ΦΩΣ), 2024, 172 p., 12 €.

ISBN : 978-2.9525042-87.

 

Ara Alexandre Shishmanian, né en 1951, exilé roumain en France, historien des religions et de la littérature, est aussi un poète prolifique, avec déjà six recueils traduits en français par Dana Shishmanian dont on connaît par ailleurs la propre production poétique. La Létale de la lune qui paraît aujourd’hui dans une traduction cette fois à quatre mains par Dana Shishmanian et l’auteur, s’inscrit dans la même note surréaliste sous l’égide de la lune que certains autres recueils comme Orphée lunaire (2021).

 

On peut aborder de plusieurs façons ce livre hors norme que je rapprocherai seulement des Chants de Maldoror. Soit dans l’ordre des 58 tableaux, après avoir pris connaissance de la copieuse préface de Dana Shishmanian, riche de précieuses indications tant sur les sources de cette épopée intime que sur le sens général qui se dérobe facilement sous le verbe foisonnant et souvent énigmatique. Ou bien entrer tout de suite dans le texte en suivant l’ordre des tableaux et ne venir qu’ensuite à la préface pour chercher un éclairage complémentaire. Ou bien, dernière possibilité, le prendre comme un recueil de poésie ordinaire où chaque poème peut se lire indépendamment des autres. C’est alors considérer ce livre étrange où la liberté de l’auteur éclate à chaque page, tant sur le plan du récit que celui du style, comme un appel à la liberté du lecteur, lequel s’autorisera à s’en saisir comme il l’entend, s’arrêtant sur tel passage où le lyrisme d’Ara Shishmanian s’accorde à sa propre sensibilité et, aussi bien, survolant tel autre passage, trop étranger. La poésie n’est pas un roman dont le sujet, s’il nous captive, oblige à une lecture continue, quitte à sauter certains passages. La poésie se rapproche davantage du tableau ou du morceau de musique. Elle fait appel à notre sens esthétique davantage qu’à notre entendement. Dans une exposition de peinture, certains tableaux nous touchent, tandis que d’autres du même peintre nous laissent indifférents et nous passons après un simple coup d’œil. De même pour les poèmes. C’est cette lecture butinante que nous avons pratiquée, aussi ne trouvera-t-on ici presque rien qui puisse éclairer le lecteur sur le message que l’auteur a voulu délivrer (la préface y pourvoit amplement) mais, espère-t-on, suffisamment d’arguments pour le convaincre de la beauté qui surgit si souvent au fil des pages de ce livre.

 

Comme il se doit dans un texte qui affiche son caractère lyrique dès le sous-titre, l’auteur est omniprésent, un vieux narcisse aveugle, un homme âgé donc, conscient de ses insuffisances et – ajouterai-je, des incertitudes de son discours – comme de la présomption qu’il peut y avoir à se vouloir en être le héros, même malheureux. L’auteur dit aussi je suis le remord et la brume et encore je fais semblant de vivre pour découvrir où je pourrais me retrouver. Personnage spectral, donc, hanté par la létale de la lune du titre, qu’il nous présente ainsi :

 

La létale de la lune apparaît toujours nue • disparaît presque invisible • toujours illisible • baignée de cette pudeur équivoque • dont le soupçon s’échappe…

 

Le texte apparaît comme une suite de paragraphes scandés par des « • », sans majuscules, avec de nombreux « – », construisant un long poème de vers libres (où l’on préférera peut-être voir plutôt de la prose poétique). Le registre mêle tendresse cachée et cruauté ouverte.

 

Il y a bien de l’amour mais qui ose à peine s’avouer : qu’est-il, cet invraisemblable départ – tissé d’ajournements indéfinis • sinon un grand silence – une grande syllabe muette – un mot plus imprononçable que le nom de dieu • un mot ou nous nous cachons tous les deux • moi de toi – et toi, de mon amour •

 

… et qui semble de toute façon bien incertain et davantage lié au malheur qu’au bonheur, ce prétendu amour qui n’est que la souffrance d’un pacte blessé –

 

Pas d’éros, en tout cas, sans son thanatos : oh ! chaque jeune et belle créature génère autour d’elle une aurore létale

 

Rien de moins défini, ceci dit, que le sexe : non il n’y a pas ici de nostalgie d’une quelconque origine perdue – mais seulement un inattendu absurde – vertigineux de miracle • un absurde – vertigineux vestige de l’orgie bleue que l’on contemple par un interminable – transsexuel crépuscule

 

Qui est pourtant partout présent : pâle il caresse le vagin des vallées, le roi-lune – les traîneaux rêveurs des seins – le clitoris des horizons, enneigé sous le solitaire et sous l’ombre •

 

Sexe et violence, enfin : un vélo au roues brutalement déflorées comme le pubis cru d’une fillette violée • et l’herbe aldine – aux fils soulignés par des éclaboussures étrangères comme un graisse de la lune – hantée par les fragiles sabliers

 

On mesure sur ce dernier extrait la richesse de l’écriture du poète, « l’herbe aldine » venant juste après le « pubis violé », par exemple. Rappelons que le mot « aldine » renvoie aussi bien à un type d’écriture italique créé en 1499 par un certain Francesco Griffo à la demande de l’imprimeur vénitien Alde Manuce qu’au signe typographique, dit « feuille aldine » dû au célèbre Garamond (en 1549), une feuille avec la tige particulièrement ramifiée. On imagine ainsi « l’herbe aldine » aussi bien comme de l’herbe couchée sur un côté que de l’herbe enchevêtrée à l’image de la tige de la feuille aldine. La suite de ce bref extrait n’est pas moins intéressante avec le contraste entre « graisse de lune » qui laisse une impression d’épaisseur, de lourdeur et les « fragiles sabliers ».

 

Aucune incompatibilité entre le lyrisme et la crudité du langage, voire un certain humour : ce qui reste – un reliquat de vie comme un dernier rêve • ou peut-être juste une ironie éjaculée vers le sexe d’une fille – plus sec qu’un crâne de bouffon • la nostalgie de quelque poète qui joue au ping-pong avec la mort – ou l’orgasme d’un pendu qui refuse de devenir la gomme de son propre testament absent – à jamais non écrit • oui, entre un glome et une gomme – quelle autre trace pourrait subsister

   

On aura noté, ici, l’énigme de ce pendu qui refuse de devenir la gomme d’un testament inexistant complétée par l’assonance, purement gratuite, glome (une partie du sabot des équidés) / gomme (même s’il existe une gomme spéciale pour nettoyer les chevaux).

 

Les images surréalistes abondent, comme dans cette évocation de la peur comparée à une petite fille à la pâleur douce qui ne peut – de la coquille étrangère de l’escargot – jamais plus descendre • Tandis que l’on conçoit aisément la frayeur d’une petite fille perchée au sommet du rocher dont elle ne sait redescendre, imaginer cette enfant perchée sur une coquille d’escargot nous transporte dans un monde de fantasmagories.

 

Si la peur n’est pas bleue chez Shishmanian – un poncif à éviter, évidemment – il introduit cette couleur là où l’on ne l’attendrait pas, pour créer d’insolites effets. On a déjà rencontré « l’orgie bleue », voici trois autres exemples pris dans les dernières pages du livre :

combien est pleine de bleu cette coupe plus vacillante qu’une étincelle •

des vortex de bleu impondérable perdus en des lointains incolores •

une corde de bleu m’attire dans les sentiers – presque un raisin par un hiver ailé

 

On note à nouveau le goût des contrastes : pleine / vacillante (pleine, la coupe est lourde donc a priori stable), bleu / incolores – et des comparaisons improbables : corde / raisin. Il serait intéressant d’éclaircir cette attirance du poète pour le bleu (d’autres exemples sont cités dans la préface), plutôt que le rouge, par exemple, qui apparaît bien plus rarement (quoique deux fois sur la même page :

une eau de mer calme et étrange – plus rouge que le vin • (expression reprise à Homère) ;

la femme enduite de nuit et d’abject crépuscule – avec la poitrine cramoisie et les seins rouges de désespoir et de solitude blessée

 

Sans torturer la syntaxe, Shishmanian sait néanmoins créer la surprise autant par l’agencement des mots que par l’insolite de l’image. Ainsi dans le vers une louve à la forêt électrique que bleu j’embrasse • où l’on note, à nouveau, le mot « bleu » curieusement antéposé, même si la formulation demeure correcte.

 

Au-delà des questions de forme – bien sûr essentielle en toute poésie et qui est ici particulièrement travaillée – la surabondance des images le plus souvent insolites, parfois indéchiffrables crée chez le lecteur une sorte de vertige. Rarement la langue aura-t-elle eu un tel effet sur « lalangue ». Même si l’intellect peut se raccrocher à de belles et profondes pensées, comme l’insatiable extase athée de l’homme qui se vide du divin, ou cette définition de l’âme : une solitude de passage – voici l’âme de l’homme une solitude servie par d’humbles oublis

 

©Michel Herland

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9 janvier 2025 4 09 /01 /janvier /2025 09:58

Je tente mon retour, aujourd'hui. La forme n'est pas encore là, je ne promets donc pas des publications quotidiennes. Mais je ferai mon possible ! Jean Dornac

 

 


Auteur de la photo :
Hermes from mars

 

Pays tout à la fois sombre et pâle qui tarde à renaître, pays d’arrière-pluie au printemps hésitant. Des monceaux de feuilles, tels des essaims, comblent les sentiers et coagulent en nids : guêpiers où le temps s’enlise.

L’hiver toujours loge au ras des terres.

Pourtant, aux rives des feuillages, les fanions clairs des cimes s’échevellent : résilles aquarellées.
Mais déjà, repris par la brume, l’horizon se glace.

Pourtant, aux talus des nuages, une tache solaire grandit ; ombre juvénile, comme un souvenir de chaleur.
Mais déjà, repris par la brume, l’horizon s’efface.

Pays de mauvais temps où la glaise scelle le pas d’un poids séculaire, pays de marne au chant de silence.
Mais déjà, reprises par la vie, les boues verdissent nourries de brume.

Le printemps toujours germe au ras des terres.

 

©Béatrice Pailler

 

Extraits d’EAU-FORTE

Revue en ligne le Capital des Mots http://www.le-capital-des-mots.fr/2018/11/le-capital-des-mots-beatrice-pailler.html

 

 

 

 

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17 novembre 2024 7 17 /11 /novembre /2024 09:45

Bonjour amis de la poésie !

Certains le savent, le blog n'a plus bougé depuis le 3 octobre...

En fait, les pompiers et mon médecin m'ont trouvé, inconscient, à côté de mon lit... Bien sûr, j'ai été hospitalisé d'urgence, j'y suis resté jusqu'au 13 novembre... En dépit d'une importante quantité d'examens durant les 5 semaines à l'hôpital, on ne sait toujours pas ce qui est arrivé...

Je n'ai pas récupéré suffisamment pour faire le même travail qu'avant le "problème"...

 

J'en suis désolé, mais dès que je le pourrai je reviendrai pour publier, ici !!

Jean Dornac

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1 octobre 2024 2 01 /10 /octobre /2024 09:05

Gustave Courbet

 

 

 

Une fois je suis tombée
Dans un ravin profondément creusé
Deux fois j'ai trébuché,
En essayant de remonter
Trois fois je me suis reposée
Sans réfléchir à ce que je faisais
Quatre fois je me suis relevée
Essuyant les larmes
de mes terrifiantes pensées
Cinq fois j'ai trébuché
En tentant un nouvel essai
Six fois je me suis posée
Pour réfléchir à ce qui m'arrivait
Sept fois je me suis redressée
En essayant d'oublier
Huit fois ma jambe s'est brisée
Alors que je grimpais
Neuf fois je me suis relâchée
J'ai voulu abandonner
Dix fois à terre je suis restée
Entre le déni et la vérité

Une fois je suis tombée
Mille fois j'ai essayé
Mille fois j'ai échouée
Et plus d'une fois j'ai été dupée
Plusieurs fois je suis retombée
Trahie par ma naïveté
Mille fois j'ai pardonné
Mille fois j'ai espéré
Tant de fois j'ai cru oublier
Une fois tombée à n'en plus finir...
Le reste à combattre l'adversité
Puis une bonne fois à réaliser
Qu'aujourd'hui doit être le dernier

Une fois je suis tombée
Dans un ravin isolé

Une dernière fois j'ai décidé
De rassembler les forces qui me restaient
Pour enfin dire stop et crier.


©Djida Cherfi    
21/08/202
          
 
 

 

 

 

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30 septembre 2024 1 30 /09 /septembre /2024 06:37

Extrait de « Le jardin des délices », Jérôme Bosch -
 

 
 
Ce ramassis d’ombres
Qui traîne sur la plaine
Hommes vides de tous remord ;
Mort déjà ;
Qui  sans se  soucier
Débattent encore des cancrelats
Qui s'invitent dans le terroir de leur avidité...
 
Rien que de l'ombre
Si peu de lumière
Rien que de l'homme
vidé de son être
Que l'on a vendu au pouvoir
Sois disant absolu
 
Au sommet de l'heure fauve
Ils s’acharnent
Comme les guerriers implacables
S’arrachant des parts d'ombre
Comme des carnassiers sanguinaires
Qui se font les dents d'aciers
Sur une chaire trop  indolente
Ne leur abandonne aucun goût
Sinon celui d'en redemander encore
Tellement leur appétit est sans fond...
 
Il m'arrive parfois de penser
Que là, la vie se meurt
Mais il n'en est rien....
Avez vous réfléchi aux cancrelats...
 
Dans l'ombre la plus profonde
Comme sous le soleil le plus éclatant
La vie veille souveraine
Sans dissonance aucune
Au milieu de sa terre
De son pays
De sa création....
 
Elle veille inlassable
Et devant elle
Même la mort s'incline;
La grande dame
Sait d’où elle vient.
 
Dans ce ramassis d'ombres
Qui traîne sur la plaine
La vie encore trouve son nid
Car entre les êtres qui s’évertuent à conquérir la terre
Certains en creusant ont trouvé une lueur
Qui au regard de beaucoup demeure inconnue
N’en est pas moins sue de la vie
Qui l’alimente
Et creuse au fond d'eux une aurore naissante
Qui explosera comme un soleil retentissant
Au milieu de leurs rêves....
 
Là ou tout s’assombri
Là ou se répand l'ombre et l'obscurité
La symphonique cacophonie
D’avidité affriolante
Là dans le plus profond du gouffre
La vie a déposé un soupir
Une note
Un sourire
La  joie d'un enfant
La clameur d'une rose
L’explosion d'un bouquet
Le sourire de l'amante repus et conquise
Le silence de l’amant
Qui la regarde avant de s'endormir
 
Et dans la flamme tant d'autres  germes
Que la vie n'en finit plus
De livrer tant d'espérance
Tant et tant de gouttes de soleil
Qu’elle n'a jamais vu la nuit ...
 
Que la lumière de ce qui luit
Au plus profond des abîmes de l'indifférence
Et de l'envie et des ténèbres.
 
Alors que l'ombre est l'autre coté de la vie
Pour qui la sait
La lumière elle ne cesse de luire
Car son côté sombre est l'infini.....
L’autre côté de l'homme qui jamais ne se dit
 

Yves Drolet©
28/09/2024

 

 

 

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29 septembre 2024 7 29 /09 /septembre /2024 06:39

œuvre d’Eliane Hurtado©

 

 

C’est un après-midi comme je les aime,
Un après-midi de musique ancienne,
Douce, lointaine,
Du temps de Léonard de Vinci,
Celle qu’il a peut-être écoutée
Aux rythmes de quelques troubadours
En peignant la Joconde !
Les persiennes presque closes
Assombrissent l’atelier,
L’été se veut caniculaire,
Le chat dort sur la fraicheur du carrelage,
Une psalmodie du monastère de Cluny
Susurre les psaumes,
Mon âme se fait alors vagabonde
Perdue dans ces prières grégoriennes.
 

©Eliane Hurtado          
 
 
 
 
 

 

 

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27 septembre 2024 5 27 /09 /septembre /2024 08:53

 

Voilà bien un élixir d’impertinence et de jouvence ! Et nous en avons bien besoin !
Le livre s’ouvre sur ces quelques mots de Boris Pasternak :

« Il siérait aux étoiles de rire aux éclats
Mais quel trou retiré que ce monde »

Et Jeanne Champel Grenier va pourtant s’employer avec brio et l’humour qu’on lui connaît, dans quarante-trois nouvelles aux univers très différents, à semer dans ce vide sidéral tendresse, rires, lucidité, chaleur et rébellion –sans jamais cesser d’interroger l’humain, sans jamais cesser de porter sur lui un regard d’ironie tendre.
On peut lire ainsi page 43, dans la nouvelle intitulée Doutons un peu :

«  Au commencement sur la terre, il n’y avait que des huches à pain, des huches à pain en pin, du nord au sud en passant par les Mistiches. Un beau jour, l’une d’entre elles dit :
-Et si on faisait un homme ? »
Et de conclure dans cette chute succulente comme une miche bien chaude :
« En résumé, si on regarde de plus près, le tout tendrait à prouver, même si l’exégèse est toujours par nature exagérée, que l’homme descendrait plus de la huche à pain que du singe ; ce qui expliquerait en partie le grand vide sidéral qui s’ouvre en lui lorsque son boulanger est fermé. »

Jeanne Champel Grenier enchante, célèbre et égratigne avec talent et générosité.

Une mention spéciale pour l’univers aussi beau qu’étriqué de la poésie avec un grand P, chasse gardée de quelques grands pontes autoproclamés et d’amis d’amis de ces mêmes pointures, dans la nouvelle La poésie : un lien indestructible, traité de tolérance et d’ouverture toute feinte qui se termine en pugilat. La poésie doit-elle vraiment être faite par tous ? Que nenni ! On comprend bien les intérêts à la maintenir dans ses cercles restreints !

Enfin, j’aimerais aussi mentionner (et le choix de l’une ou l’autre de ces nouvelles a été difficile) le délicieux dialogue tenu dans la chambre 310 d’un hôpital entre notre auteure et une patiente rebelle de quatre-vingt-dix-huit ans qui s’obstine à voir des cerisiers blancs dans la vallée de l’Eyrieux, là où s’étendent à perte de vue des pêchers roses. La mémé Vernet a fait le mur pour rejoindre son ancienne école, pour vivre encore. Et c’est la leçon que l’on retient entre toutes.
La vie est plus forte que tout.

Refermant ce livre plein d’ardeur et d’humour je pense à ces vers de René Char qui siéent si bien à Jeanne Champel Grenier :

«  la lucidité est la blessure la plus proche du soleil. »


Barbara Auzou

 

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27 septembre 2024 5 27 /09 /septembre /2024 06:37


 

 


En réponse à la pierre
sur mon chemin semée
par un dieu téméraire
qui tel l’a décidé

Vais conter sans manière,
en mépris de sonnet
bien qu’en filant des vers,
que son « coup  m’a  sonnée »

Car fauché de travers
dessous l’herbe et le pied,
le caillou n’eût que faire
du sang qu’il fît couler

Lors me déplace sur l’air
du refrain bien connu :

« J’ai pied qui ne va guère
   un pied qui ne va plus » .


© Jeannine DION-GUERIN      
     (inédit du 24/09/2024)

   
 
 

 

 

 

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26 septembre 2024 4 26 /09 /septembre /2024 06:55

Illustration Jeanne Champel Grenier©

 

Voyez toutes ces hirondelles
Elles vont et viennent à tire d’ailes.
Bonjour, M’sieur Printemps, bienveillant !
tu les accueilles en souriant.
Et, d’où venez-vous donc, les belles ?
Et qu’est-ce, qu’ici, vous appelle ?
Comment traduire la mélodie
De vos clameurs qui psalmodient
Les vieux, les jeunes et les petits
Que l’on aperçoit, tout blottis,
Dans vos nids, cachés prudemment,
Sous nos toitures, prestement.
Des oiseaux de tout l’Univers
Premiers à affronter l’hiver
Qui traine, encore, à s’en aller
En oubliant quelques gelées ;
Vous êtes un enchantement !
Soyez les bienvenus, vraiment !
Ah, ce retour de migration
Du printemps est célébration…

 

©Annie Leroy                                                                          
Extrait du recueil : Petits ou grands, pas si bêtes ! Editions Thierry Sajat        
 

 
 

 

 

 

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