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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 06:23
Fragonard – Les amants heureux

 

 

 

 

Mon corps n’existe
qu'au pays de tes caresses
trouble impénétrable
et plus extrême
que ta nudité…
 
Créature éphémère
vas-tu m’apprendre enfin
le tragique plaisir
du souffle qui embrase
la force des dragons
aux flammes de ma vie ?...
 
Fais rugir le feu
qui  brise l’écorce
et jette l’extase
dans la chair de mes mains
ivres de ta peau
brune et soyeuse
comme un voile inconnu
à l’aube de la terre…
 
Arrache de mon âme
la glace de l’oubli
et fouille le désert
qui marche vers ma tombe…
 
Effleure le chant
de l’odeur enivrante
qui déchaîne ton ventre
pour que l’image folle
traque la horde sauvage
des spasmes de mon sang… 
 
© Victor Varjac
Antibes, le 28 septembre 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 06:56

 

 

 
 
Souvenir atavique des jours de colère, la lumière à longs traits chute sur la terre. Flèches ardentes empennées de soleil, vous êtes les archangéliques larmes du ciel qui suintent des ailes saintes souillées de fiel qui martèlent les dômes de verte luminescence et transpercent les feuillages d’émail intense.
Dans une chute que rien n’arrête, ni frondaison ni socle de pierre, aux entrailles des gouffres, ces vastes béances, vous allez vers Lui, vers sa tanière, son domaine muet, sa geôle princière.
 
©Béatrice Pailler
Recueil Motifs
In Jadis un ailleurs L’Harmattan 2016  



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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 06:43

 

 
 
 
 
Bravo ! Vous arrivez pile pour le face à face.
On a terminé de lui arranger le portrait.
 
Vous avez raison, il s’agit bien d’un cas de figure,
ou d’école, aussi, naturellement.
 
Un sacré exercice à l’évidence,
un véritable coup de maître,
plutôt classe, entre nous, j’en conviens.
 
La question de son examen de conscience,
actuellement à l’étude,
eut l’heur de susciter pas mal d’interrogations.
 
Il nous avait pris pour des collégiens,
mais loin d’être dupes et de mordre à l’hameçon,
on est parvenu quand même in extremis
à lui damer le pion
jusqu’à le contraindre à revoir sa copie.
« Épithète, épithète, et patati et patata … »
Devant un tel manque de confiance en soi,
comment envisager sérieusement qu’un recueil digne de ce nom
ait encore des chances d’aboutir
sans recevoir une bonne leçon !
 
Et maintenant, vous voyez d’ici le tableau ?
Dans ce cas pas la peine de s’attarder sur ce sujet.
Le plus sage, selon moi,
serait de passer l’éponge.
 
©Michel DUPREZ
 



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17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 06:36
 
 
 
 

Dans une lande de hautes fougères dorées, elle s'engouffra comme en un rêve. Elle respirait la bonne odeur d'humus et ce parfum l'apaisait, l'allégeait, la revitalisait. Cela faisait belle lurette qu'elle s'était sentie aussi bien et dans ses yeux dansaient des lueurs de cristal. Le chant d'un oiseau qui s'égrenait était comme une petite parcelle d'amour.
 
Goûter la radiance de l'instant, bien regarder et pénétrer l'essence mystérieuse des choses, voilà ce qui lui mettait l'âme en musique.
Elle se disait que dans la vie, lorsqu'il n'y a pas de côté brillant, il faut polir le côté sombre jusqu'à ce qu'il reluise.

Seule dans cette nature sauvage où le soleil giclait de partout, elle eut un sentiment ébouriffant de liberté, elle ne s'entortillait plus dans des soucis imaginaires.
Le temps coulait lentement, léger comme un nuage. Dans ce paysage, le simple fait d'exister était un pur bonheur.

" Vivre est un acte magique " se dit-elle...

©Michèle Freud
 



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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 07:05

 

 

 

 

 

C’est le souffle qui passe,
Une délicieuse caresse,
Un silence doux et profond
Au cœur d’une étrange embellie.
C’est un glissement de soie bleue,
Le frissonnement d’une perle nacrée
Sertie de roses nuances argentées.
C’est la sève qui s’éveille,
C’est le frémissement des rives
Au cœur de l’intime delta.
 
©Michel Bénard.



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15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 06:41
©Photo de Ode à la mer
 
 
 
 
Au creuset de la passion
Je fais fondre la philologie
Grammaire antique
Lave siliceuse
Qui parle en mes tréfonds
Et déplante mes abstractions

Substrat philosophale

Asservie sur l'autel de mes dieux archaïques
Les découvertes se font riches
Quand le rêve est héritage
Et que point vilain, est le lettrage

Signes

Il faut tout sacrifier à la découverte
Tout saccager le savoir reçu
Pour en extirper l'émeraude verte
Qui renferme la Vérité nue

Symboles

Décrypter les symboles perçus
Les transposer en mots poèmes
Pour enfin être comprise et lue
Puisqu'il s'agit de mots d'aime

Dédicace

C'est pour vous, Monsieur, ce soir
Que je fais cette prospection
En ma collective mémoire
Penchée à mon écritoire
À vous écrire toute ma passion


Ode©
29 janvier 2002

Sources : http://zodode.5.50megs.com/DO/poeme.htm



Création Ode© 
 
 
 
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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 06:32
Photo J.Dornac©

 

 
 
 
Tu n’es qu’une petite féline
Au regard  très malin
Assurément coquine
Devant l’Éternel et les humains !
 
Va donc savoir pourquoi
Ton ronron ne m’a pas laissé froid
Tu as touché mon cœur
Pendant quelques mois, tu as fait mon bonheur…
 
Chez les chats, tu es une dame
Et comment en douter
A voir ton allure et ton charme
Les mâles ne peuvent que craquer !
 
Aujourd’hui, tu es partie au loin
Nous ne nous reverrons point…
Au fond de mon cœur, tristesse
Au fond du tien, détresse…
 
Te souviens-tu de moi
Quand j’étais ton seul ami durant des mois ?
Te souviens-tu, toi sur moi te reposant
Et moi, tendrement te regardant ?
 
Je ne peux oublier la tendresse de tes yeux
Tant ils semblaient dire sous mes caresses
Que je t’apportais quelque chose des cieux
C’était en quelque sorte comme notre messe…
 
A jamais, tu me manqueras
Toi, l’amie de mon frère !
J’espère qu’à nouveau tu le charmeras
Qu’il sera ému en te caressant, ma chère…
 
Jean Dornac©
Lyon, le 13-05-18



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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 06:12
©Calligramme de Robert Bonnefoy
 
 
 
 
COMMENT laisser mourir le cœur de sa famille,
PENSER que ses petits n'ont besoin que d'argent
LE ''reste'', s'il en est, n'étant qu'une gambille ?
MONDE fou sans jalon où tout est astringent
SI un écueil paraît d'une simple broutille
 
ON se tourne le dos, on divorce et se pille,
NE recherchant d'abord que son plaisir urgent...
SAIT on qu'en découchant le foyer s'éparpille,
LE nid est déserté, l'oisillon, indigent :
REVER pour un enfant n'est pas d'être une bille...
 
©Robert Bonnefoy
 
Acrostiche en calligramme (Voir la composition ci-dessus)




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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 04:07
Le tableau de Louis Delorme

 

 

Contrepoints, vol.III : Poètes citoyens
de Louis Delorme et Jeanne Champel Grenier
Editions France Libris, 2018
 
 
Et si, dans le cycle infernal que nous avons engendré, les arbres se mettaient à cracher de la fumée ? Comme ça, par je ne sais quelle tendance, quelle mondialisation, quel profit. Question de mode, pour épouser un noir/blanc ambiant, un non-figuratif omniscient, pour faire "chic", bobo, par déférence à un amour d'Hiroshima ?
Juste pour tatouer notre future ex-planète bleue, afin d'effacer le vert pomme un peu vieux jeu de ses vergers, les camaïeux de ses frondaisons, ses arcs-en-ciel démodés. Oui, une fumée de tous les diables, âcre, bien toxique, qui vous prend aux tripes, nourrie par Lucifer en personne, à Seveso, Bhopal ou ailleurs.
Ah, respirer à plein poumons du soufre saupoudré de nanoparticules, de l'isocyanate de méthyle ou un bol de charmante dioxine ! Au lointain, dans ce tableau réjouissant qu'affectionne notre amie Lilith, une main, un bras, un seul : qui fait coucou, saluant la révolution grise. Ou qui crève : pas grave, l'humanité s'est éteinte. Et vive la modernité !
Voilà quelques lignes jetées en son temps devant la gravure néo-expressionniste de Louis Delorme (ci-après). Détail croustillant, ce tableau date de 1971 et prend sans doute, de nos jours, un sens prophétique.
Une fonction du poète n'est-elle citoyenne ? Celle d'un lanceur d'alerte devant l'incurie de nos civilisations qui, parées de leurs technologies, ont déjà généré tant de désolations. L'artiste, en un saisissant raccourci, s'empare de ferraille et d'un tuyau pour symboliser Le retour du soldat. Capitale de la douleur d'un Eluard ou Machines de Tinguely ? De son côté, Jeanne Champel Grenier  évoque les déchirements sanglants de Verdun et la fatale solitude de l'Otage. Par ailleurs, le Cycle infernal de Louis nous ramène à Bosch, tandis que sa Clef fait mine, à la Dali,  d'ouvrir ou de fermer une porte brisée.
En contraste, l'on perçoit, au-delà de ces figurations, (comme le disait Armand Niquille qui, lui aussi, a peint la guerre de manière crue), au-delà de ces mots cabossés... l'existence renaissante :
 
Capter les petits riens du tout
Les bouts vivants qui font un tout.       (Jeanne)
Car, poursuit-elle, nous sommes noirs de vie, en nous grouille le monde.
Son pinceau, tantôt couleur aquarelle, tantôt chargé de soleil et d'épaisseur humaine, trace une route d'espérance pour son concitoyen mais s'inspire également de ces peuples autres symbolisés par Des poupées de chiffon aux laines bariolées / Qui nous donnent le ton et le goût de lutter (Le grand Pamir) 
Grammaire nouvelle, ici, ailleurs ou au mitan de forêts amazo-miennes, syntaxe amoureuse de l'aube, mots tendres : nos vies ne devraient-elles être huîtres perlières ? 
 
Qui ne doutent jamais de rien
Et se donnent un mal de chien
À transformer les sablières
En perles de nacre princière       
Jeanne, avec sa verve, la brillance de sa touche picturale et des étoiles chevillées au cœur, irradie d'optimisme.
En miroir, le regard acidulé de Louis dans un dernier autoportrait: fenêtre ouverte, personnage contemplatif, sablier, manuscrit, palette. Tout un monde résumé, son monde encore en jachère... Il y a peu d'écart entre nos partitions, résume-t-il. Alors que son Bouquet fantastique semble être imprégné par les  teintes chaleureuses de Jeanne.
CONTREPOINTS : écriture polyphonique. Langage musical. Superpositions de lignes mélodiques, chuchote le dictionnaire. Sur ces portées de vie, dans ce triptyque brossé à quatre mains, vibrent sans cesse l'œil acéré de Jeanne Champel Grenier et celui de Louis Delorme. Qui font appel à tous les poètes et artistes citoyens mais aussi à tout être porteur d'espoir et de lumière.    
                                           ©Claude Luezior
                                           Extrait de la préface du vol. III de Contrepoints
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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 06:26
 
 
 
 
Un souffle mystérieux
Caresse le sable,
Esquisse le poème de nos pas,
Empreintes légères gravées
A l’écho de deux voix.
Derrière moi,
Le vent a déjà effacé les traces
Mille fois écrites
Sur le parchemin de ma vie.
Je ne me retourne pas.
Capitaine lucide en partance
Vers un pays des sens révélés,
Je dessine un voyage en devenir,
Rêve ineffable
D’une réalité pensée,
Indicible.
De petites gouttes cristallines me pénètrent,
C’est une rosée qui effleure le cœur et l’âme,
Nourrit la fleur fragile,
Aux racines infrangibles.
Essences à la fragrance d’un instant,
La myrrhe et l’encens ont un goût d’éternité.
Rencontre inespérée
Du Petit Prince dans le désert ocré,
A l’orée du couchant.
 
©Nicole Portay
 
Extrait du recueil « Entre rêve et réalité, le reflet du silence »
aux Editions les Poètes français




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