Fardeau du jour, léthargie du soir, aux heures blanches serties des lueurs des cierges, les vestales au silence demeurent asservies. Les bûchers assagis s’enlisent, incendiant le pâle de leurs visages impassibles. Et dessous le métal des blessantes parures, les peaux s’animent de luisantes moirures. Icônes serviles d’ivoire blême, elles sont à l’image des idoles qu’elles vénèrent. Et parmi les vapeurs d’encens, sous les dais de soie, sur le brocart des divans luxueux, elles sommeillent dans la divine langueur d’une chair complice. Au brasillement des lumières, une aube feinte estampe la pierre. Dévouées captives, femelles recluses à vos côtés, se couchent les ombres. Unies en ces ténèbres que la beauté féconde, peaux soyeuses, pelages sombres dans l’attente se mêlent et se confondent. Sur les palanquins de leurs litières figées, face aux autels froids, elles reposent : luxurieuses figures de marbre lisse.
La nuit enlace la nue d’une étreinte où affleure le sang. Emmaillotées de ténèbres, les chandelles du temps une à une s’éteignent. Et dans l’obscurité naissante d’une nuit souveraine pour les Dieux arrogants, les cieux outragés saignent.
Voici que du sein nourricier des forêts, la Panthère s’éveille. Aux premiers rais de lune, elle quitte son gît ; goutte de naphte, sa robe supplante la nuit, sa queue fouette ses flancs. Elle flaire le gibier, le fumet du sang. Alors, elle feule, découvre ses crocs, mais dédaigne sa proie, car son désir d’humanité l’entraîne près des villages et des cités.
Sa voix hante les cieux, c’est le grand cri de la femelle en chasse. Alors, aux temples où la faim tourmente, les bouches, les gueules s’entrouvrent et aux pieds des autels, les poitrines fidèles s’émeuvent espérant en l’immense forêt.
Dehors il pleut, il fait orage À l'intérieur, tout était si calme Orgueil, malentendus, vient la rage Et s'éteint la flamme Les bonheurs fuient sous la pluie Se délavent en lavis En larmes tombées Sur le tapis de fleurs de mai Ce beau visage De tes vingt années Tes beaux rivages Comme je les ai aimés... J'ai accosté à tes amarres À ton quai, tu m'as retenue Fabuleux coup de barre Ton âme en moi contenue Comme marée haute Comme douces vagues Comme vents battants Comme temps clément Que je me souvienne C'était hier, je crois Tu étais mien et moi, tienne Nos âmes, nos cœurs étaient rois Les orages, les tourmentes Pour nous n'étaient que tendresse S'évanouissaient en délicatesse Sous de troublantes caresses Mon corsaire, mon marin Mes eaux salées et douces Mes nuits, mes lendemains Mes hier, mes matins... Tes falaises souvenirs Tes océans mémoire Sont ancrés en moi à jamais Dans mon jardin secret En ce temps doux de mai En mon pays intérieur Je ferme les yeux Retrouve les odeurs
Et
Sur ta mer, je hisse les voiles du passé Pour mieux te retrouver
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...