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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 04:28
 
 
 
 
Une graine attend longtemps
Dans son corset protecteur.
 
Soudain le terreau l’accueille,
Le destin, la providence
Sont à l’affût autour d’elle.
 
Au-dehors, le jour flambant
Se prépare à l’éblouir,
A l’inonder de lumière
Et à la livrer aux vents.
 
Elle croîtra en hauteur,
Quittera ses origines,
Perdra son pollen au monde.
 
Et sa semence envolée
Touchera terre inconnue.  
 
 © Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 06:23

 

 

 

 

 

Je suis grappe au pressoir de vos tensions
Alcool en devenir.
 
Le feu vendange la nuit
j'assemble les ténèbres
les chimères naissent et raient le miroir.
 
J’arrive.  
 
©Nicole Hardouin.
 
Extrait du recueil « Fontaines carnivores » diffusion : Libraire Galerie Racine




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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 06:05
Oh Mort, où est ta victoire ? Jan Toorop
 
 
 
 
 
Ils demandaient à la vie
de les retenir…
 
Ils suppliaient la vie
de ne pas détourner
la force de leur visage
pour un lieu imaginaire…
 
La honte entrait
comme une répugnance
dans ces corps indécis…
 
Non la vie ne devait pas
les quitter
pour un voyage inconnu…
 
L’homme s’enfonce dans la défaite
quand la porte se referme
et les regrets s’épanouissent
comme les fleurs du Printemps…
 
Dans cette lutte suprême
la violence n’appartient
qu’à l’absurde
car aucun être vivant
n’a pu repousser
la mort qui l’entraîne
vers le cercle du mystère…
 
Homme apprivoise ton cœur
avant d’être vaincu…
Fais de tes jours
un noble destin
que le sublime trouve
le chemin de ton sang…
 
Alors tu pourras entrer
dans cette nuit intérieure
où le soleil ne trouvera plus
l’aube assise sur ton lit
mais cette lumière sera
le souvenir de ton passage
comme la tendresse d’une âme
pour tous ceux qu’elle à connus… 
 
© Victor Varjac
Antibes, 8 février 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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31 mars 2018 6 31 /03 /mars /2018 04:09
Vestales (Raffaelo Monti)

 

 

 

 

 

Fardeau du jour, léthargie du soir, aux heures blanches serties des lueurs des cierges, les vestales au silence demeurent asservies. Les bûchers assagis s’enlisent, incendiant le pâle de leurs visages impassibles. Et dessous le métal des blessantes parures, les peaux s’animent de luisantes moirures. Icônes serviles d’ivoire blême, elles sont à l’image des idoles qu’elles vénèrent. Et parmi les vapeurs d’encens, sous les dais de soie, sur le brocart des divans luxueux, elles sommeillent dans la divine langueur d’une chair complice. Au brasillement des lumières, une aube feinte estampe la pierre. Dévouées captives, femelles recluses à vos côtés, se couchent les ombres. Unies en ces ténèbres que la beauté féconde, peaux soyeuses, pelages sombres dans l’attente se mêlent et se confondent. Sur les palanquins de leurs litières figées, face aux autels froids, elles reposent : luxurieuses figures de marbre lisse.
 
La nuit enlace la nue d’une étreinte où affleure le sang. Emmaillotées de ténèbres, les chandelles du temps une à une s’éteignent. Et dans l’obscurité naissante d’une nuit souveraine pour les Dieux arrogants, les cieux outragés saignent.
 
Voici que du sein nourricier des forêts, la Panthère s’éveille. Aux premiers rais de lune, elle quitte son gît ; goutte de naphte, sa robe supplante la nuit, sa queue fouette ses flancs. Elle flaire le gibier, le fumet du sang. Alors, elle feule, découvre ses crocs, mais dédaigne sa proie, car son désir d’humanité l’entraîne près des villages et des cités.
 
Sa voix hante les cieux, c’est le grand cri de la femelle en chasse. Alors, aux temples où la faim tourmente, les bouches, les gueules s’entrouvrent et aux pieds des autels, les poitrines fidèles s’émeuvent espérant en l’immense forêt.
 
©Béatrice Pailler
Revue Souffles « Bêtes et Bestioles »
N° 256-257 / 2017  

 

 

 

 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 06:38
Le silence est d’or (Roger Bezombes 1968)

 

 

 
 
Vous pensez que je déraille ?
On croit rêver !
Ouvrez un peu les yeux :
Voilà justement qu’il rapplique à nouveau en quatrième vitesse
et pleinement conscient du péril encouru.
Le train où vont les choses m’a encore filé sous le nez
sans crier gare,
à tel point qu’il m’a laissé sans voix,
pour ne pas dire muet d’admiration.
Ce qu’on voit à présent n’est d’ailleurs plus que son ombre.
Il m’a carrément coupé la parole,
menacé de représailles
s’il me venait par hasard l’idée saugrenue
d’oser ne fût-ce qu’un simple signe de la main
pour tenter de l’interrompre.
 
Un grand moment de paix intérieure
envahit depuis mon pauvre corps de fortune.
 
Pardon ? Comment est le silence en cet instant précis ?
Enfin, nom d’un chien !
Mais d’or, voyons, mais d’or !
 
©Michel Duprez
 
 
 
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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 04:04
Photo J.Dornac©

 

 

 
 
Au saut du lit, la rivière
vient imposer ses songes.
Elle envahit ses terres
des cauchemars qui la rongent
Les champs et les plaines
se prosternent devant elle.
Les pâturages la craignent,
cette furie qui se déchaine.
   Tel un torrent, l’eau qui dort au réveil,
   le monde observera, un jour, ta colère plus que ta peine. 
 
©Djida Cherfi,
26/03/2018.  
 
 
 
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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 04:16

 

 
 
 
Sur l’aile d’un archange
A la pointe extrême du cœur
L’évanescence de votre image
Me revient tel un songe,
Je contemple chacun de vos traits,
En parcours l’intime des nuances
Pour en sertir la quintessence
Au grain de mon recueil.
Poète je drape vos épaules
D’un châle rose imprégné
De mille reflets nacrés.
Poète patiemment je dessine
Sur l’orbe de vos seins
Un collier en perles noires
Tel un talisman d’Orient
Aux étranges pouvoirs.
 
©Michel Bénard.
 
 
 
 
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27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 06:35
Oeuvre en titre : « Femme nue sous la pluie » de Ode©

 

 

 
 
Dehors il pleut, il fait orage
À l'intérieur, tout était si calme
Orgueil, malentendus, vient la rage
Et s'éteint la flamme
Les bonheurs fuient sous la pluie
Se délavent en lavis
En larmes tombées
Sur le tapis de fleurs de mai
Ce beau visage
De tes vingt années
Tes beaux rivages
Comme je les ai aimés...
J'ai accosté à tes amarres
À ton quai, tu m'as retenue
Fabuleux coup de barre
Ton âme en moi contenue
Comme marée haute
Comme douces vagues
Comme vents battants
Comme temps clément
Que je me souvienne
C'était hier, je crois
Tu étais mien et moi, tienne
Nos âmes, nos cœurs étaient rois
Les orages, les tourmentes
Pour nous n'étaient que tendresse
S'évanouissaient en délicatesse
Sous de troublantes caresses
Mon corsaire, mon marin
Mes eaux salées et douces
Mes nuits, mes lendemains
Mes hier, mes matins...
Tes falaises souvenirs
Tes océans mémoire
Sont ancrés en moi à jamais
Dans mon jardin secret
En ce temps doux de mai
En mon pays intérieur
Je ferme les yeux
Retrouve les odeurs

Et

Sur ta mer, je hisse les voiles du passé
Pour mieux te retrouver


Ode©
6 mai 2001


Création Ode©

 
 
 
 
 
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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 04:40
Le maître d'école et sa classe, vers 1848, par Albert Anker (1831–1910)

 

 

 

                                                               En hommage à Monsieur Baldeck, instituteur
                                                               qui a marqué ma vie par ses qualités...
 
 
 
Il était grand, il était sévère
Dans la cour de récréation
J’étais haut comme un nain
Je ne craignais qu’une chose
L’avoir comme maître un jour !
 
Toujours en costume
Jamais en tablier gris de maître
Cheveux courts, coiffée en brosse
Il nous surveillait sans méchanceté
Mais nous étions tous inquiets
 
Comme d’habitude lorsque je crains une chose
Nécessairement, elle advient…
Je fis partie de ses élèves…
A la rentrée, estomac noués
Je découvris sa voix plutôt douce
 
Il avait un petit sourire en coin
Un regard plutôt malicieux
Et il nous tint un discours
Ma foi plutôt rassurant
Sauf pour les punitions éventuelles
 
Au fil des jours et des mois
Après quelques remontrances
Pour l’éternel rêveur que j’étais déjà
Quelque chose en moi se réveilla
Je me mis à apprécier le maître
 
Il nous faisait lire les Misérables
Et j’étais conquis pour Victor Hugo
Mais aussi par l’instituteur
Qui sut développer pour nos jeunes esprits
Le sens du respect et nous le fit aimer
 
Il en fut de même pour l’histoire
Où, sous ses mots, je me voyais
Parcourant les siècles
De Clovis à la Révolution
Parfois admiratif, parfois choqué
 
Il y a eu tant de crimes
Tant d’abominations
Qui ont ensanglanté mon pays
Pays que, pourtant j’aimais
De plus en plus grâce au maître
 
Avec lui, j’étais devenu un bon écolier
J’ai compris qu’il ne formait pas des élèves
Non, il faisait de nous de futurs hommes
Capables de comprendre la vie
La société, le présent, le passé et l’avenir
 
Jamais je ne l’oublierai
Je lui dois tant, presque tout
On ne dira jamais assez
L’importance d’un maître
Qui aime son métier et les enfants !
 
J’ai appris que tu es parti
Du côté des étoiles
Mais tu es gravé dans mon cœur
Comme tous les miens…
Merci mon Maître !
 
©Jean Dornac
Mulhouse, le 17 mars 2018




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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 06:52

 

 

 

 

 

CUEILLEZ ces quelques fleurs qui ornent les rochers,
DES fins boutons de gels qui perlent aux touchers.
AUJOURD'HUI ils sont beaux, demain ils seront morts...
LES oeuvres éphémères s'oublient sans un remord !
ROSES de ces grands jours, beauté de ce matin,
DE quels cristaux es-tu neige de mon destin ?
LA pente qui m'attire joue t'elle sa revanche ?
VIE brève d'un cristal dont dépend l'avalanche...
 
©Robert Bonnefoy
 
RB – D’après Ronsard, mais sur la montagne...




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