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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 10:41
Je serai absent de dimanche 11 mars à mercredi 14 mars inclus et sans ordinateur. Il n'y aura donc aucun poème publié durant ces quatre jours. Veuillez m'en excuser, je vous prie !
 
A très vite toutes et tous !
 
Jean Dornac
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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 07:30

 

 

 

 

soi-disant
sans raison
sans détour
et sans souvenance
 
soi-disant
sans voisin
sans foi ni loi
et sans nuance
 
soi-disant
sans peur
sans façon
et sans appartenance
 
soi-disant
sans secret
sans souci
et sans dispense
 
soi-disant
sans gène
sans amant
et sans pénitence
 
Elle est partie
pour oublier
Elle est partie
pour l’exalter
 
criant mon nom
 
©Claude Luezior
 
Extrait du recueil « Clames » aux éditions tituli




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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 06:05
J’ai le grand plaisir de vous présenter un nouveau poète dans le blog, Nicole Portay qui m’a été recommandée par Michel Bénard. Bienvenue à elle !!
 
* * *

 

Tableau de Gustave Courbet

 

 

 

 
Éternelle pénélope
Au retour de l’aurore nouvelle,
Je tisse la foi de fils d’or
À l’âge où des impressions de lumière
Aspirent le cri des vanités,
Mon regard s’envole vers les voiles
De nuages gorgés des gouttes ressources
Du nectar de la vigne.
À l’âge où le silence rayonne
Je cueille les fruits naissant de ma terre,
Lueurs émanant du reflet
De jeunes pousses miellées,
Là où naît le fleuve.
Éternelle pénélope
Je me fais fidèle fileuse de l’espoir
Comme un devoir.
 
©Nicole Portay
 
 
 
 
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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 07:50


 

 

 

 

Bérangère regardait sa feuille blanche où elle avait écrit : « Vers quel monde secret un escalier inachevé mène-t-il ? »
 
Elle le visualisait bien cet escalier. Il lui suffisait de plonger dans son enfance marquée par la guerre : ville bombardée, immeubles dévastés où ne subsistaient que des escaliers inachevés, évoquant un monde surréaliste, un monde de fous. Bérangère les avait regardés longtemps avec stupeur, avec angoisse. En les observant, elle avait pensé à des doigts, des doigts accusateurs qui disaient la folie et la barbarie des hommes, la monstruosité et l’horreur de la guerre. Mais ces doigts ne menaient-ils pas aussi à un refuge de silence et de paix, à une forêt de questions sur l’art de vivre ensemble, à une plage de réflexions ?
 
Bérangère n’en finissait pas de réfléchir, mais, malheureusement, elle était à court d’idées. Celles-ci, sans doute, se prélassaient dans les replis de son cerveau. Mais elle n’avait jamais su s’y prendre pour les réveiller. Pourquoi certains jours arrivaient-elles par bouquets, par brassées ou par gerbes, alors que d’autres jours, une seule apparaissait, une toute petite fleur, triste et solitaire ? Parfois même, le jardin était vide. Un désert.
 
« Cet escalier commence à me taper sur le système, ronchonna Bérangère. Je sens que je vais me mettre en boule et quand je suis en boule il me pousse des piquants. Alors, attention, danger ! Et elle sortit pour respirer un bon coup. Dans son jardin, elle ne put réprimer un cri de surprise : son cerisier, un arbre énorme, avait disparu ! A sa place, se dressait un escalier géant, avec deux rampes ! Impossible d’en voir la fin.
 
« Oh la la, s’ esclaffa Bérangère, y a de la magie dans l’air, je dirai même mieux : ça sent l’aventure, le mystère, les énigmes à résoudre, ça sent la jubilation, le suspense et les frissons ! Eh bien, qu’attends-je ? »
 
Alors, sans hésiter, Bérangère posa le pied sur la première marche. Elle grimpa d’abord dans l’allégresse, dans le neuf. Sa tête bouillonnait d’idées farfelues : « Et si je me retrouvais sur la voie lactée ou sur un anneau de saturne ou devant les portes du paradis ! » Elle était si excitée qu’elle se mit à chanter, à danser. Mais elle avait oublié que ses pieds se trouvaient sur une marche d’escalier. Elle eut juste le temps de se cramponner aux deux rampes et elle s’offrit la plus esthétique glissade de sa vie ! Seules ses mains n’étaient pas de cet avis…
 
En arrivant sur la terre ferme, Bérangère fut prise de vertiges. Quand elle reprit ses esprits, l’escalier géant s’estompait et puis il disparut tandis que le cerisier reprenait sa place dans le jardin…
 
Un escalier inachevé mènerait-il vers le monde secret de la folie ?
 
©Michèle Freud
                                                                                    



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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 05:55

 

 

 

 
Après avoir cru au ciel
Aussi bien qu’à l’enfer
Sans jamais connaître
De réponse,
J’essayai de donner
Un sens à la vie.
Pouvoir m’inscrire en marge
Les pictogrammes du bonheur,
Les nombres scellés de la beauté,
Les harmonies de l’idéal,
Nés des arcanes de l’amour.
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 07:22

 

 

 
 
 
Vais-je enfin remonter
De mon puits intérieur,
 
Réapparaître au jour,
A l’étoile, au soleil,
Telle une eau scintillante,
 
A nouveau prête à refléter
La profusion du monde,
 
A murmurer à l’infini
Le clapotis rêveur
Du poème perpétuel ?  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 05:53
Aquarelle de Jeanne Champel Grenier


 

 

Je cherche le bleu du  matin initial ; ce bleu de sauge et d’ardoise qui contient l’écho du devenir et le frisson de la première rosée.
 
Ce bleu léger du premier vent encore lié au feu, ce bleu, manteau des ombres, celles qui hésitent entre lumières et ténèbres.
 
L’impatience du devenir dans les frissons de ma peau, je tremble à l’orée du mirage.
 
Des réminiscences effrangées glissent dans la mantille du soir, l’imaginaire galope au cœur des interdits, j’embroche les chimères, l’instant vacille.
 
Dame des tempêtes, je bois la salive des étoiles, glisse pour nourrir les songes et faire jouir les dragons.
 
Déesse triomphante à la féminité tellurique je remplis l’espace ruisselante d’eau lustrale.
 
Je suis la voluptueuse enroulée dans des soies vénéneuses.
 
©Nicole Hardouin
 
 
 

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4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 05:08
La ronde des prisonniers, par Vincent Van Gogh

 

 

 

 
 
Éveillés sans doute
par une voix silencieuse
nous découvrons
au fil des jours
que « comprendre »
n’appartient pas
à ce terrible jeu !...
 
Le temps trace la clôture
qui borde notre voyage
et nous ne pouvons affronter
ce qui est interdit
alors tout semble dérisoire
et l’espérance même
n’ose plus nous protéger !...
 
Pour le divertissement
de quel dieu
sommes-nous sur la terre ?...  
 
© Victor Varjac
Antibes, 20 janvier 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 07:36
Photo sous CC BY Flickr de Markbyzewski.

 

 

 

 

Quand s’efface la servitude du jour, au soleil déclinant, le jardin se dénude, les calices offerts chantent et le vent mécréant sème sa folie.
Ressac flamboyant, les parfums fouettent la nue, déposent aux joues des nuées leurs miels musqués. Colonisant les massifs, le crépuscule rôde. Les mauves pâlissent en roses fruités. Ici, aux tapis des pelouses, une teinte bleue étourdie volette. Le vent forcit. Le jour faiblit. Assourdie, elle vire violette.
Au brasier du couchant, le ciel couve ses derniers feux. La lune couronne la nuit. Alors, seulement, s’époumonent aux cols des calices, les corolles sanguines.
 
©Béatrice Pailler
 
 
 
 
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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 05:02
Patrick George/Getty Images

 

 

 

 

Je croyais être un personnage en vue, un grand homme, mieux, vu ma taille, un grand homme grand… Eh bien non, quand j’ai ouvert les yeux, mon nom n’était écrit nulle part, j’étais devenu, ou alors – allez savoir – j’avais toujours été persona non gratta, le poète invisible !
 
Franchement, cette fois, ça commence à bien faire ! À tel point que, complètement désœuvré, je suis pour l’instant à deux doigts de replonger dans mes rêves. Car tout le monde sait qu’en dormant le sommeil se dissipe, la réalité apparaît alors tel un soleil de pure poésie, raison pour laquelle, d’aussi loin que je me souviens, mes pareils et moi avons toujours été bâilleurs de fond de pères en fils.
 
Bien sûr, les méchantes langues ne manqueront pas aussi d’ajouter qu’avec moi, le hic, c’est que le dernier vers est toujours le premier. Et alors ! Le grand Baudelaire lui-même n’a-t-il pas conseillé de s’enivrer ?
 
Je sais, ce genre de jugements, à l’emporte-pièce, manque cruellement de poésie, mais que voulez-vous, c’est ainsi, on ne changera pas le monde ! Tenez, un jour, quelqu’un a prétendu que certaines anthologies étaient des machines de guerre. Des machines de guerre, non, mais vous vous rendez compte ? Même si j’avoue ne pas être candidat au Prix Nobel de la Paix, je dois bien reconnaître que cette personne n’avait pas tout à fait tort et qu’en poésie est souvent appliquée la loi du plus fort ! Du coup, presque tous les poètes qui prétendent innover ont tendance à se prendre  pour Attila, roi des Huns.
 
Il m’en aura fallu du temps pour comprendre, mais à présent je sais : je suis le roi des Autres.
 
©Michel Duprez

 
 
 
 
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