L’ignorance est la racine du mal qui détruit ici, tue ailleurs ! (Jean Dornac)
J’ai choisi ce poème de Claude pour ce jour, il est brûlant d’actualité en France après le crime contre l’innocence d’hier près de Carcassonne. Rien n’explique ni ne justifie, à mes yeux du moins, la folie meurtrière de ce genre de brute sans cœur ni intelligence… Jean Dornac
Elle se fait louve et hurle dans les nuits Sans étoile, En appelle à son alpha bleu céleste Ancestral fanal d’incertitudes opaques, Son cri taille un croissant de lune Dans les ténèbres Comme un manifeste Que révèlerait la pierre endormie Aux profonds de forêts magiques, Elle se fait louve et module ses vocalises En un chant unique en quête de liberté Avant de se mettre en chasse Dans le désir de nourrir d’amour Ses petits.
Il était une fois un jeune garçon dont le visage était difforme, mais ce fut dans le regard des autres qu’il en prit conscience. Oh pas dans celui de ses parents qui n’étaient qu’amour, mais dans le regard des enfants de l’école. Et ce gamin, avec douleur, lut dans leurs yeux de la crainte et de la méchanceté. Les gosses, cruels, l’excluaient de leurs jeux et lui criaient : « Va-t’en, tu fais peur à tout le monde, tu es un sorcier doté de pouvoirs maléfiques. » Le pauvre petit ne comprenait pas. Etait-ce un crime d’être laid ? Chaque parole blessante était une épine qui entrait dans sa chair.
En grandissant, cette situation persista. Sa souffrance devint énorme, trop lourde à porter pour un jeune corps fragile. Le désespoir l’envahit peu à peu. Il se recroquevilla, rentra dans sa coquille puisque les autres lui refusaient en quelque sorte toute existence. Il aurait tant voulu leur expliquer qu’il avait un cœur comme tout le monde, un cœur qui ne demandait qu’à aimer et être aimé. Malheureusement, il n’avait jamais été très doué à l’oral, parler était pour lui chose difficile.
Et puis, un jour, en se réveillant, il eut l’intime conviction qu’il devrait sans tarder mettre un terme à son calvaire. D’abord, il lui fallait sortir de son trou et agir, c’est-à-dire décider de sa vie. Il puiserait dans les profondeurs de son être, le courage et la force nécessaires. Une idée lui vint, une idée apparemment loufoque, farfelue, mais c’était la sienne, elle avait germé dans son cerveau tel un brin d’herbe dans un désert. Cette drôle d’idée, la voici : il voulait aller au sommet de la Tour Eiffel, mais en utilisant les escaliers.
Une semaine plus tard, il se trouvait dans la salle d’accueil de la Tour, juste à l’heure de l’ouverture. Il posa avec beaucoup d’émotion, mais sans hésiter, le pied sur la première des 450 marches à gravir, comme s’il pressentait que cette ascension allait transformer sa vie. Au fur et à mesure qu’il montait, il lui sembla qu’il s’allégait comme s’il se dépouillait de ses souffrances, comme s’il abandonnait en chemin toutes les épines, les griffures, les coups qu’il avait reçus. Il éprouva une telle sensation de liberté que des larmes perlèrent dans ses yeux. Quand il arriva sur la plate-forme sommitale, le soleil se levait et poudrait de rose les toits de la capitale. C’était un spectacle éblouissant qui le bouleversa. Il reçut toute cette magnificence en plein visage. Dans cette magie solaire, il se sentait renaître et même, il se sentait devenir beau et il le devenait en réalité, d’une beauté au-delà des apparences. C’était un miracle, mais un miracle qu’il avait créé lui-même, avec sa chair, son sang, son cœur, sa volonté de vivre en plein jour, comme les autres. Soudain, il éclata de rire, d’un rire en cascade qui semblait ne jamais finir. C’était comme un retentissant hymne à la joie qu’il lançait au monde entier.
Quand les premiers touristes arrivèrent, ils ne virent, sur la plate-forme, qu’un jeune homme dont le visage était rayonnant de lumière…
La nuit boit la salive du temps Sur les lèvres De la blessure minérale.
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Hordes d'images Galop dans les sillons de l'âme Couleurs fugitives Blancheur nocturne Souches à vif Miettes dans le déferlement du mot Draperie rouge sur les rides de l'eau
Rien Si peu Un tremblement Juste la pâture du vent.
Près de l’océan, sur la toile d’ennuis, les nuages s’aigrissent. Le ciel se grisaille d’embruns. Ici, le sel ronge la roche et en silence perfore les cœurs. Le froid consume. Au pays de granit, la pierre bouleversée pleure des cristaux de mer.
Près de l’océan quand l’orage se lève, l’horizon, paupières cisaillées, s’entrouvre. Et les ombres, prisonnières aveugles, libres se ruent. Rendues folles, elles essaiment leurs pluies de suie. Rendues folles, elles fuient dans la nuit, vers les falaises, le ressac aux vagues d’agate, vers la tempête, les furies aux seins d’albâtre.
Mon cher frère, Qu’on pardonne à la poète de te dire ce que n’importe qui dirait à un être cher dans le même cas. Je ne t’oublierai jamais ! Jamais tu ne cesseras de vivre dans mon cœur. Je te garde ta place bien au chaud dans la couverture de mon amour. Sache que, pour moi, tu n’es tout simplement pas mort ! Tant que je continuerai à vivre et à respirer l’air que tu as respiré, tu vivras car un être comme toi, on ne l’oublie pas. Sois sûr que tu ne m’as laissé aucun mauvais souvenir et, nos chamailleries d’enfants sont un véritable plaisir ! Il y a une seule chose que je regrette. Je regrette que la seule fois où je t’ai serré fort contre moi soit celle où ton corps était vide de toi ! Mon frère, quoi qu’on dise quoi qu’on fasse, moi je te garde ta place. Si je n’ai pas le pouvoir de te ressusciter, j’ai celui de le faire à travers mes pensées. Je te garderai toujours ta place en stimulant le passé. Comme dans un tableau inestimable, je travaillerai ta présence tous les jours sur les toiles des souvenirs à l’encre de mon amour impérissable.
Je dessinerai ton visage sur les jolies toiles du passé. J’y reproduirai tes mimiques et tous tes traits. Je te réveillerai au pinceau du souvenir pour que tu continues à vivre a nos côtés. Je repeindrai ta silhouette en mouvements trompe-l’œil pour l’illusion que nos bras s’ouvrent et t’accueillent. A l’encre indélébile de notre amour, je dessinerai ton sourire et, j’en accentuerai les contours. j’effacerai les imperfections qui dépassent pour faire s’éterniser ta place. Sur les toiles du passé, je dessinerai le présent un quotidien composé de paillettes, de pastelle et d’aquarelle de ton sourire, de tes regards et de tes rêves. Le relief d’un dessin que je retravaillerai tous les jours sur l’éternelle toile qui gardera ton image pour toujours avec le petit mouvement trompe-l’œil de ton retour !
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...