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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 07:36
L’ignorance est la racine du mal qui détruit ici, tue ailleurs ! (Jean Dornac)

 

 

J’ai choisi ce poème de Claude pour ce jour, il est brûlant d’actualité en France après le crime contre l’innocence d’hier près de Carcassonne. Rien n’explique ni ne justifie, à mes yeux du moins, la folie meurtrière de ce genre de brute sans cœur ni intelligence… Jean Dornac
 
 
 
ils fracturent
et concassent
tel Moïse, le veau d’or
ou les tables de la loi
même
les leurs
les nôtres
 
et piétinent
et saccagent
les statues
des musées
même les leurs
les nôtres
 
et meurtrissent
et congédient
l’âme millénaire
d’un peuple
même
le leur
le nôtre
 
et mutilent
et lapident
femme
et enfants
même
les leurs
les nôtres
 
et manipulent
et démantibulent
les signes
de Dieu
même
le leur
le nôtre
 
et bafouent
et distordent
toute parcelle
de dignité
même
la leur
la nôtre
 
et saccagent
et dilapident
le partage
du pain
même
le leur
le nôtre
 
et fissurent
et balafrent
les racines
de l’Histoire
même
la leur
la nôtre
 
et poignardent
et décapitent
l’autre
le frère
même
le leur
le nôtre 
 
©Claude Luezior
 
Extrait du recueil « Clames » aux éditions tituli




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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 07:34

 

 
 

Elle se fait louve et hurle dans les nuits
Sans étoile,
En appelle à son alpha bleu céleste
Ancestral fanal d’incertitudes opaques,
Son cri taille un croissant de lune
Dans les ténèbres
Comme un manifeste
Que révèlerait la pierre endormie
Aux profonds de forêts magiques,
Elle se fait louve et module ses vocalises
En un chant unique en quête de liberté
Avant de se mettre en chasse
Dans le désir de nourrir d’amour
Ses petits.
 
©Nicole Portay
 
 
 
 

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 07:37

 

 

 
 
 
Il était une fois un jeune garçon dont le visage était difforme, mais ce fut dans le regard des autres qu’il en prit conscience. Oh pas dans celui de ses parents qui n’étaient qu’amour, mais dans le regard des enfants de l’école. Et ce gamin, avec douleur, lut dans leurs yeux de la crainte et de la méchanceté. Les gosses, cruels, l’excluaient de leurs jeux et lui criaient : « Va-t’en, tu fais peur à tout le monde, tu es un sorcier doté de pouvoirs maléfiques. » Le pauvre petit ne comprenait pas. Etait-ce un crime d’être laid ? Chaque parole blessante était une épine qui entrait dans sa chair.
 
En grandissant, cette situation persista. Sa souffrance devint énorme, trop lourde à porter pour un jeune corps fragile. Le désespoir l’envahit peu à peu. Il se recroquevilla, rentra dans sa coquille puisque les autres lui refusaient en quelque sorte toute existence. Il aurait tant voulu leur expliquer qu’il avait un cœur comme tout le monde, un cœur qui ne demandait qu’à aimer et être aimé. Malheureusement, il n’avait jamais été très doué à l’oral, parler était pour lui chose difficile.
 
Et puis, un jour, en se réveillant, il eut l’intime conviction qu’il devrait sans tarder mettre un terme à son calvaire. D’abord, il lui fallait sortir de son trou et agir, c’est-à-dire décider de sa vie. Il puiserait dans les profondeurs de son être, le courage et la force nécessaires. Une idée lui vint, une idée apparemment loufoque, farfelue, mais c’était la sienne, elle avait germé dans son cerveau tel un brin d’herbe dans un désert. Cette drôle d’idée, la voici : il voulait aller au sommet de la Tour Eiffel, mais en utilisant les escaliers.
 
Une semaine plus tard, il se trouvait dans la salle d’accueil de la Tour, juste à l’heure de l’ouverture. Il posa avec beaucoup d’émotion, mais sans hésiter, le pied sur la première des 450 marches à gravir, comme s’il pressentait que cette ascension allait transformer sa vie. Au fur et à mesure qu’il montait, il lui sembla qu’il s’allégait comme s’il se dépouillait de ses souffrances, comme s’il abandonnait en chemin toutes les épines, les griffures, les coups qu’il avait reçus. Il éprouva une telle sensation de liberté que des larmes perlèrent dans ses yeux. Quand il arriva sur la plate-forme sommitale, le soleil se levait et poudrait de rose les toits de la capitale. C’était un spectacle éblouissant qui le bouleversa. Il reçut toute cette magnificence en plein visage. Dans cette magie solaire, il se sentait renaître et même, il se sentait devenir beau et il le devenait en réalité, d’une beauté au-delà des apparences.  C’était un miracle, mais un miracle qu’il avait créé lui-même, avec sa chair, son sang, son cœur, sa volonté de vivre en plein jour, comme les autres. Soudain, il éclata de rire, d’un rire en cascade qui semblait ne jamais finir. C’était comme un retentissant hymne à la joie qu’il lançait au monde entier.
 
Quand les premiers touristes arrivèrent, ils ne virent, sur la plate-forme, qu’un jeune homme dont le visage était rayonnant de lumière…
 
©Michèle Freud




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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 07:09

 

 

 

 
Il est une altitude
Où les galets
Luisent sous l’eau claire,
Et les feuillages
Dans la lumière,
Il est un espace
Où les amants baignent
Dans le tumulte blanc
Des torrents
Et dorment dans le lit des étoiles
Sanctifiés d’écume sélène.  
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 07:55
Le satellite Jason 3 - © Cnes

 

 

 

 

Je ne fais que passer
Au près de vous,
Au loin de vous,
 
Satellite au pourtour
Éloigné de sa base !
 
Grâce à moi vous communiquez,
Je suis le sommet du triangle,
 
Mais je suis seul,
Abandonné,
Condamné à transmettre
Sans jamais rencontrer.
 
Mon appel est désespéré !
 
 © Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 07:40

 

 

 

 

La nuit boit la salive du temps
Sur les lèvres
De la blessure minérale.

                      ...

Hordes d'images
Galop dans les sillons de l'âme
Couleurs fugitives
Blancheur nocturne
Souches à vif
Miettes dans le déferlement du mot
Draperie rouge sur les rides de l'eau

                      Rien
Si peu
Un tremblement

Juste la pâture du vent.
 
©Nicole Hardouin
 
Extrait du recueil Les portiques du vent, éditions L'Harmattan, Paris, 2003




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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 07:55
Carnaval de Nice

(Pamphlet!)
 

 

Nos dirigeants maîtres-chanteurs
Agissent en toute sécurité.
Maîtres à penser ou bons Pasteurs
Nous imposent leurs vérités.

Le premier qui s'en affranchit
Se retrouve vite prisonnier
Traité parfois comme un maudit,
Un malade d'urgence à soigner.

Les Institutions au pouvoir
Privatisent tous les profits
L'ÊTRE n'a plus barre sur l'Avoir
On socialise les déficits !

On parle beaucoup des "Droits de l'homme",
On n'empêche pas l'inhumain
Tout un système bancal en somme
Qui ne saurait aller bien loin

Quel Carnaval des Animaux
La Vérité est bien ailleurs.
Pour les humains un bien grand mot.
L'AMOUR seul rend le monde meilleur.

VERITE est un divin prisme
Dont nous ne sommes que les facettes...
Il me semble que plus d'humanisme
Changerait le monde en guinguettes !!!

Je crois au pouvoir de l'Amour
Je suspecte l'amour du pouvoir.
 
Pierfetz©

Ce poème a obtenu le prix « Insurrection Poétique » organisé par l’Union des Ecrivains Vosgiens et de l’Est  en 2015.

Accessible sur le site de l’auteur- http ://arciel88.fr – Recueil numérique gratuit à charger aussi « La Clef des Songes ».
                                                                                     



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17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 07:54
La mer Morte et les montagnes de sel

 

 

 

 

Près de l’océan, sur la toile d’ennuis, les nuages s’aigrissent. Le ciel se grisaille d’embruns. Ici, le sel ronge la roche et en silence perfore les cœurs. Le froid consume. Au pays de granit, la pierre bouleversée pleure des cristaux de mer.

 

Près de l’océan quand l’orage se lève, l’horizon, paupières cisaillées, s’entrouvre. Et les ombres, prisonnières aveugles, libres se ruent. Rendues folles, elles essaiment leurs pluies de suie. Rendues folles, elles fuient dans la nuit, vers les falaises, le ressac aux vagues d’agate, vers la tempête, les furies aux seins d’albâtre.

 

Et aux gouffres tourmentés,

 

Elles s’abîment,

 

Sombre,

 

Liées.

 

©Béatrice Pailler

                                                                                     



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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 05:22

 

 
 
 
Tu n’existais pas.
Nous attendions que ta mère
songe à t’inventer.
 
            *    *
               *
 
On t’a refilé
un bas de laine haut de gamme
et tu perds ta langue ?
 
            *    *
               *
 
Tout coulait de source.
Il te suffisait de suivre
un trait continu.
 
            *    *
               *
 
Un mot après l’autre
jusqu’au retour à la ligne
et ainsi de suite.
 
            *    *
               *
 
À toi d’être en l’Être
tout en demeurant toi-même
au cœur du poème.
 
            *    *
               *
 
Hélas, il est clair
que le plaisir ressenti
s’inscrit dans l’instant.
 
            *    *
               *
 
Toute voix rend l’âme.
À moins de reprendre vie
après un temps mort.
 
            *    *
               *
 
Il est donc normal
de trembler comme une feuille
avant d’être lu.
 
©Michel DUPREZ
                                                                                    



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15 mars 2018 4 15 /03 /mars /2018 05:33

Mon cher frère,
Qu’on pardonne à la poète de te dire ce que n’importe qui dirait à un être cher dans le même cas. Je ne t’oublierai jamais ! Jamais tu ne cesseras de vivre dans mon cœur. Je te garde ta place bien au chaud dans la couverture de mon amour. Sache que, pour moi, tu n’es tout simplement pas mort ! Tant que je continuerai à vivre et à respirer l’air que tu as respiré, tu vivras car un être comme toi, on ne l’oublie pas. Sois sûr que tu ne m’as laissé aucun mauvais souvenir et, nos chamailleries d’enfants sont un véritable plaisir ! Il y a une seule chose que je regrette. Je regrette que la seule fois où je t’ai serré  fort contre moi soit celle où ton corps était vide de toi ! Mon frère, quoi qu’on dise quoi qu’on fasse, moi je te garde ta place.  Si je n’ai pas le pouvoir de te ressusciter, j’ai celui de le faire à travers mes pensées. Je te garderai toujours ta place en stimulant le passé. Comme  dans un tableau inestimable, je travaillerai ta présence tous les jours sur les toiles des souvenirs  à l’encre de mon amour impérissable.  

Je dessinerai ton visage sur les jolies toiles du passé.
J’y reproduirai tes mimiques et tous tes traits.
Je te réveillerai au pinceau du souvenir
pour que tu continues à vivre a nos côtés.
Je repeindrai ta silhouette en mouvements trompe-l’œil
pour l’illusion que nos bras s’ouvrent et t’accueillent.
A l’encre indélébile de notre amour,
je dessinerai ton sourire et,
j’en accentuerai les contours.
j’effacerai les imperfections qui dépassent
pour faire s’éterniser ta place.
Sur les toiles du passé,
je dessinerai le présent
un quotidien composé de paillettes, de pastelle et d’aquarelle
de ton sourire, de tes regards et de tes rêves.
Le relief d’un dessin que je retravaillerai tous les jours
sur l’éternelle toile qui gardera ton image pour toujours avec
        le petit mouvement trompe-l’œil de ton retour !
   

©Djida Cherfi
11/03/2018.  
 
 
 
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