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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 05:19

 

Acrostiche de Robert Bonnefoy, d’après « Les malheurs de Sophie », de la Comtesse de Ségur
 
©Robert Bonnefoy
 
 
 
 
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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 05:19
Agonie pour poètes…

 

 

 

Ultime
 
 
Penser à mes chimères
toutes élytres arrachées
 
Agonie pour poètes sans clés
oracles et druides hermétiques
 
À l'entaille du destin
mes pages, alourdies de cicatrices
n'ont su étreindre
les tatouages dont la gloire
çà et là pollinise les pistes
 
Respirer à contre-courant
des stridences perverses
quand il suffit, pour épousailles
d'agiter l'arborescence
de magmas et de bruits
 
En vulnérables vendanges
voici le moût de mots
que tuméfie à l'automne
un soleil épars
 
Ardente, malgré le passage
qui s'approche sans cesse
ma main pourtant combat
jusqu'à l'ultime phalange
 
À la plume, au couteau
et jusqu'à la trame
pour une flaque de lumière
 
Une fois encore
à la frange des laves
 
Panser mes chimères
tous poèmes arrachés
 
© Claude Leuzior
Aux franges de l'essentiel
Ultime
 
 
Pensare alle mie chimere
tutte elitre strappate
 
Agonie per poeti senza parole
oracoli e druidi ermetici
 
All’intagliare del destino
le mie pagine, appesantite dalle cicatrici
non interpretano
i tatuaggi di cui la fama
impollina qua e là il percorso
 
Respiro contro corrente
gli stridori perversi
quando per le nozze basterebbe
agitare le ramificazioni
del magma e dei rumori
 
Nel raccolto vulnerabile
ecco il mosto delle parole
che gonfiano in autunno
un sole sparpagliato
 
Appassionato, nonostante il trapasso
s’avvicina senza tregua
la mia mano ancora combatte
fino all’ultima falange
 
Con la penna o con il coltello
fino all’essenza
per una sorgente di luce
 
Ancora una volta
ai margini di un fiume di lava
 
accudisco le mie chimere
tutte poesie strappate
 
© Francesco Casuscelli
Dairago, 23 novembre 2017
 
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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 05:18
Une fois encore, je tiens à remercier chaleureusement Francesco pour ses traductions qui enrichissent mon blog de poésie, tant cette langue évoque les arts, la beauté mais aussi le soleil et l’amour…

 

 

Parfois le ciel est bleu
 
 
Parfois le ciel est bleu
Mais combien de temps
Avant que ne vienne l’orage
Qui couve déjà à l’horizon ?
 
Il n’y a pourtant aucun nuage
Entre ton cœur et le mien !
Alors pourquoi entendre déjà
Le tonnerre au lointain ?
 
Peut-être en raison
De cette étrange lueur
Qui passe par instants
Au fond de tes yeux
 
Un rapace vole au-dessus de ton âme
Il a figure d’homme autre que moi
Tu lui souris pendant que tu m’oublies
Entre lui et moi, un éclair surgit !
 
La tempête se rapproche
Je la sens, là, si proche !
Tout ton corps le crie
Tu le veux, pas moi, mais lui !
 
Alors, sur tes yeux comme sur les miens
Tombe la pluie en averse
Pour tenter d’inonder
Ce feu qui nous consume !
 
Mais rien n’y fait
De moi tu te détournes
Et, en t’éloignant, tu me dis
Dans un large sourire :
« Je n’ai rien à te reprocher ! »
 
Et, pourtant tu t’en vas !
Le cœur léger tu m’abandonnes
Sur une étagère des objets perdus
Une autre pourra me ramasser
Dans un an et un jour mais pas avant…
 
©Jean Dornac 

 

A volte il cielo è blu
 
 
A volte il cielo è blu
Ma per quanto tempo
Prima che arrivi il temporale
Che già s’intravede all’orizzonte?
 
Non c’è ancora nessuna nuvola
Tra il tuo cuore e il mio!
Quindi perché aspettarsi
I temporali da lontano?
 
Può essere in ragione
Di questa strano bagliore
Che passa a momenti
Al fondo dei tuoi occhi
 
Un rapace vola sopra la tua anima
Ha una figura umana diversa dalla mia
Gli sorridi mentre mi dimentichi
Tra lui e me si scarica un fulmine!
 
La tempesta s’avvicina
La sento così vicina!
Tutto il tuo corpo gli urla
Tu lo vuoi, non me, ma lui!
 
Quindi, su i tuoi occhi come su i miei
Piove un acquazzone
Per tentare d’inondare
Questo fuoco che ci consuma!
 
Ma non riesce
Mi volti le spalle
E allontanandoti, mi dici
Con un grande sorriso:
“non ho niente da rimproverarti!”
 
E mentre tu vai via!
Mi abbandoni a cuor leggero
Su uno scaffale degli oggetti perduti
Un’altra potrebbe raccogliermi
Fra un anno e un giorno, ma non prima...
 
©Francesco Casuscelli
 
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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 07:44
Avec modération, bien sûr…

 

 

 

 
 
Une nouvelle année vient juste de naître : c’est un petit bout d’an tout neuf, plein de promesses. J’ai envie de le prendre sous mes ailerons, de lui sourire avec amour, de pousser la chansonnette tout en le berçant. Et puis, je suis drôlement fière de lui présenter mes bonnes résolutions.
 
Je vous vois venir avec vos gros sabots. J’entends même vos paroles ironiques, mais je ne suis pas née de la dernière pluie, je sais que les bonnes résolutions, il ne suffit pas de les formuler, il faut les traduire en actes. D’accord, cela demande des tonnes d’efforts, mais qui vous a dit que la vie ressemblait à de la nougatine ? L’essentiel est de ne pas si laisser abattre. Essayez donc ! Je vous assure que vous ne travaillerez pas pour des nèfles ; à tous les coups, vous serez gagnants. Pas besoin de galérer, de vous escarbiller le ciboulot. Il suffit d’y aller à la décontracte, sans vous magner le train, mais en tenant le coup dans la durée. Et puis, savez-vous que vous avez carte blanche pour écrire chacune de vos journées ? Alors, mitonnez-vous un petit art de vivre sympa qui vous mettra le cœur en fête tout en éclaboussant les copains de petits bonheurs, d’éclats de rire, de bris de lumière. Tricotez-vous des pensées-clowns, des pensées-musiques, des pensées-frissons. Payez-vous des escalopes-surprises, des virées décoiffantes, d’immenses feux de joie avec tous vos soucis, vos peurs et vos angoisses, sucrez-vous le bec, rincez-vous le gorgoton, cela vous donnera une humeur de champagne.
 
Si un jour, vous êtes vraiment coincés, prenez un ticket pour la voie lactée, respirez-y le parfum des comètes et vous sentirez, sous votre crâne, bouillonner tout un univers.
 
Et puis, pensez que si chaque jour, vous pouvez vous beurrer la mie de pain, il y en a qui ont tout le temps les crocs et rien à se mettre dans la galtouse. Il faut relativiser, relativiser sans cesse et vous arrêterez de vous faire du jus de cervelle. Gravez dans votre soupente qu’il ne tient qu’à vous de vivre dans la joie, l’amour, la beauté, le partage. Et vous savez quoi ? Mine de rien, le monde affichera bonne mine. Alors mettez-vous à l’œuvre sans tarder…
 
©Michèle Freud
 
 
 
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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 07:56
Tes palais de givre…

 

 

 

 

Par les espaces bleus
Où se confond la nuit
Tu vis libre et heureux
Dans tes palais de givre.
Mais penses-tu seulement
A celle qui attend
Dans l’ennui de la ville.
Tes pas sur la neige
Laissent l’empreinte du silence,
Pendant qu’un soleil pâle
Se couche sur l’Ariège.
Serre sur ton cœur
Mon pauvre cœur qui tremble.
Et tandis que mon visage repose
Dans l’ovale de tes mains,
Que viennent l’émerveiller
Les baisers de l’éternel été.

©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 07:49
Serrure de l’âme…

 

 

Le faisceau de mes habitudes
Est-il rempart ou prison ?
 
Tout ce qui vole à son entour
Est-ce colombe ou danger ?
 
Faut-il entrouvrir les fenêtres
Ou renforcer la muraille ?
 
Dois-je enfoncer le coin à fendre,
Ou colmater les fissures ?
 
Je suis mon propre geôlier,
Je puis  forcer la serrure !
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 07:57
Ce poème écrit par Nicole Hardouin me donne l’heureuse occasion de vous présenter son tout nouveau site à cette adresse : https://nicolehardouin.weebly.com/
 
N’hésitez pas à rencontrer cette femme de lettres à l’inspiration très riche, allez à la découverte de ses œuvres sur ce site très agréable à parcourir et qui nous enrichit de belles littératures et créativités. Jean Dornac

 

Passion…

 

 

 

 

Encerclez-moi
je hurle dans la chair
attendez jusqu'à la mendicité de l'extrême.
 
                   Attendez.
 
Nos chemins s'écartèlent en tendres violences,
mon souffle part en croisade, vous encercle.
 
Je bouscule vos intimités,
votre arc se tend à la saveur de mes effluves.
Je creuse le sable de vos paupières,
mes rets s'y abritent.
 
Vous lancez des filets sur mes margelles humides.
Les caresses dénudent les corps.
 
Le serpent veille
Y aura-t-il jugement ?
 
©Nicole Hardouin
In FONTAINES CARNIVORES
Éditions L.G.R. Paris.




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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 09:26

 

« Je suis rivière
tu es ruisseau
tu coules en moi
nous dérivons vers
le Grand Fleuve
Nous sommes unis
en infimes gouttelettes d'eau...
Nous sommes immenses
nous sommes Océan
nous sommes vagues
sommes torrents
sommes le calme
sommes la tempête
sommes inséparables amants...
Nous nous abreuvons
chacun à la fontaine de l'autre
d'éternité, il en sera de même
l'un à l'autre, toujours
L'un pour l'autre, pour l'Éternité... »
 
 
~¤¤~
 
 
Le Ruisseau
 
 
« Tu es là
et je m'apaise...
Je retrouve en toi
ce qui manquait en moi
pour que la Vie
me reprenne dans ses bras. »
 
 
~¤¤~
 
 
La Rivière
 
 
« Tu es là
je te retrouve en moi
tu me manquais déjà...
La Vie reprend ses droits
et nous prend dans Ses bras...
Déversons-nous dans le Fleuve
pour y faire le plus beau
voyage... »
 
 
~§¤§~
 
Le Fleuve
Source éternelle
Débordante
Des amants d'O
 
 
~§¤¤§~
 
 
Ode ©
20 décembre 2000
Création de la page par Ode ©
Source : http://zodode.5.50megs.com/DO/oode.htm 
 
« Sono fiume
tu sei ruscello
ti affluisci in me
andiamo alla deriva
il Grande fiume
siamo uniti
in piccolissime gocce d’acqua…
siamo immensi
siamo oceano
siamo onde
siamo torrenti
siamo la calma
siamo la tempesta
siamo amanti inseparabili…
Noi ci abbeveriamo
di eternità ognuno alla fontana
dell’altro, e sarà la stessa
l’una dell’altro, sempre
L’uno per l’altro per l’eternità…»
 
 
~¤¤~
 
 
Il ruscello
 
 
« Tu sei qui
e mi calmo…
ritrovo in te
quello che manca in me
affinché la Vita
mi riprende nelle sue braccia. »
 
 
~¤¤~
 
 
Il fiume
 
 
Tu sei qui
ti ritrovo in me
già mi manchi…
La Vita riprende la sua strada
e ci prende nelle sue braccia…
Ci mescoliamo nel Fiume
per fare il viaggio
più bello…»
 
 
~§¤§~
 
Il fiume
Sorgente eterna
Traboccante
Degli amanti d’O
 
 
~§¤¤§~
 
© Francesco Casuscelli
2 gennaio 2018
 
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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 09:13
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20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 08:10
« Le Bain turc », Jean-Auguste-Dominique Ingres
 
 
 
 
 
Au gynécée, les belles désœuvrées reposent les sens engourdis et dans leur cage, portes closes, ne peuvent que rêver. Alors, secouant avec mollesse l’inertie de leurs corps assoupis, elles délaissent leur parure d’ennui et viennent au bain alléger le carcan de leur existence cloîtrée.
 
Dans l’intime pénombre, la voûte souveraine, faisant naître l’écho des torrents et des ruisseaux, se joue de l’insouciance des fontaines et du clapotis de l’eau. Sur les bassins captifs, éclosent lascives des volutes de brumes. Au bain, les belles, glorieux gisants de chair rougissante, immergées dans la tiédeur infuse s’abandonnent, nonchalantes. Là, dans la chaleur confuse, les regards se croisent et sur les corps lentement s’évaporent les heures. Alentour, des vasques de marbre et de porphyre, embuées de rosée, accueillent en la fraîcheur de leur sein une eau préservée. Et voici qu’une nuée de petites mains, dociles, puise ce nectar et le mène aux baigneuses avides de cette manne. L’onde servile embaume. Elle ruisselle sur le lys des peaux et, telle une étole, enlace leurs corps où pleure le nard des sueurs encloses.
 
Dans le bruissement sibyllin de l’eau, leurs chairs s’émeuvent, leurs âmes frissonnent et, dans l’attente, se cabrent. La moiteur des étuves, dans un tendre supplice, révèlent ou dissimulent complices, une gorge attirante, une cuisse luisante. Ainsi, devant l’esquisse d’un sourire, elles acquiescent. Au gynécée, les belles désœuvrées viennent au bain pour s’aimer.
 
©Béatrice Pailler
Recueil Motifs
In Jadis un ailleurs L’Harmattan 2016 
 
 
 
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