Tôt ce matin
Aux frissons de l’aurore,
Un rayon de soleil
Divin effaçait
Les dernières lueurs de lune.
Il réveillait de tièdes nuances
Sur vos lèvres lisses et nacrées,
Il s’offrait palpitant
Au seuil de votre tiédeur virginale.
Vous êtes ma source, ma vie,
Le rubis de mon Arcadie,
Ma cristalline note stellaire
Toute éblouie de mélancolie.
Vous êtes ma terre inconnue
Dansant sous mes étoiles,
Vous êtes cette beauté furtive
S’effaçant au détour de la rue.
Du bout des doigts pour vous
Je jongle avec le monde
Dans un prélude de silence.
Vous êtes ma source, ma vie,
Le rubis de mon Arcadie,
Jusqu’à, totalement brisé,
Tomber en faiblesse d’amour.
©Michel Bénard.
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Que sont ces jours passés
dans la lumière
tant de vœux embrassés
claire prière
De pleines souffrances terrassées
hâve ruisseau
en parfums brisés
en morceaux
Que sont les jours blessés
à mon âme, la lisière
de ses chants encastrés
pierre fière
Aux baisers enflammés
qui émeuvent
reviennent les phrasés
de mon fleuve
Mes nielles nacrés
tes lèvres fières
et nos sangs mêlés
fleuve de lumière
Plus d’échos froissés
mon âme entière
a pris tes amours osés
douce prière
Il est un baiser suave tendre délice
Il est un baiser qui fait morsure
Il est un baiser comme brûlure
Il est un baiser qui écorche l’âme
Où l’ombre nous dévore
Il est un baiser dernier
Celui de la mort
Ode©
10 août 2008
Sources : http://zodode.5.50megs.com/Mots_Bleus/dimanche_matin_fleuve.htm
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Gamin, je regardais passer les vieux
Ceux qui avaient trois fois vingt ans
Ou un peu plus
Souvent, leur embonpoint
Les précédaient
C’était même à cela et leurs habits gris
Qu’on les reconnaissait…
Je ne sais pas ce qui s’est passé
Je n’ai rien compris
Au temps qui passe
Mais le vieux, à présent
Qui s’est glissé dans leur peau
C’est moi, et je ne comprends pas
Pourquoi l’embonpoint pousse assurément
Je viens pourtant à peine de quitter
Les bancs de mon école
De dire adieu au maître craint et respecté
Je viens de quitter aussi les liens
Trop serrés d’un mariage sans gloire
D’un amour manqué
Et d’un autre trop vite passé
La fille, dans la cour d’école d’à côté
Celle dont j’étais secrètement amoureux
Je crois bien que c’est la petite vieille
Qui est passée, toute courbée
Accrochée à sa canne et ses rides
Il y a un instant devant moi
Et qui ne m’a pas reconnu…
Les rues de ma ville ont bien changé
Elles ne sont pas plus belles
Au contraire, des tours les défigurent
Il n’y a plus guère de cris d’enfants
De courses effrénées. Cela énerve trop
Les nouveaux vieux qui se sentent agressés
Tout comme les nouveaux riches qui se croient menacés
Car la jeunesse des autres
Est ressentie comme une injure
Par ceux qui n’ont pas vu
Passer le temps
Ce sinistre plaisantin
Qui ride nos fronts et pire encore
Qui se rit de nos douleurs généralisées…
Mais le délire de l’âge
Le plus lourd à vivre
C’est de ne plus savoir
Quoi qu’on fasse
Qui nous sommes
D’où nous venons…
Le temps a tout effacé…
©Jean Dornac
Lannion, le 18 septembre 2019
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Homme, tu ferais mieux de les ouvrir, tes yeux !
Tu verrais que tu cours à ta perte prochaine ;
Désensable ton crâne et mesure la peine,
Et la tristesse aussi, que tu dois faire à Dieu.
Tu ne respectes pas ce qu'ont fait tes aïeux,
Tu te mens et tes mœurs ne sont pas des plus saines :
Tu crois aller devant, tu restes à la traîne
Et tes engagements ne sont jamais sérieux.
Homme, tu ferais bien de les ouvrir tes yeux.
Tu saccages les mers et tu souilles les plaines,
Tu détruis la forêt, maison la plus ancienne
Où tes pères vivaient, sans doute plus heureux.
Les arbres, tu les fais disparaître à la chaîne.
On ne dénombre plus tes effets désastreux,
Tes défigurations s'observent en tous lieux.
Tu verrais que tu cours à ta perte prochaine,
Homme, si tu tâchais enfin d’ouvrir les yeux.
Tu voudrais bétonner des tours jusques aux cieux
Car ton orgueil n'a point de bornes, rien ne freine
Ta folle prétention, ni tes rêves odieux.
Tu multiplies les gaz de serre dangereux
Pour la survie de tous et, sans la moindre gêne,
Tu laisses tes déchets polluer ton milieu.
Homme, tu ferais bien de les ouvrir tes yeux.
Tu verrais que tu cours à ta perte certaine
Tu mets à mal les sols, en semant trop de graines,
Qui sont stérilisés de manière pérenne
Les abeilles ? perdues ! ça n’a rien de glorieux.
Ainsi qu’une liqueur, tu distilles la haine,
Tu fais de l’armement l’industrie souveraine
En pensant que tu seras toujours victorieux
Ne vois-tu donc pas que ta démesure est vaine
Et si tu continues, à la planète bleue,
Tu ne manqueras pas de faire tes adieux.
Cependant, celui qui s’attaque à la misère,
Ceux qui par charité sauvent des malheureux
Et celui qui combat l’incendie volontaire,
Celle qui se dévoue dans un milieu scolaire
De défavorisés ; ceux qui vont près des gueux
Porter de la chaleur et le pain nécessaire,
Ceux qui parlent d’amour au chevet de leurs frères,
Ceux qui vont en Afrique et soignent des lépreux
Font que tout peut changer et comme Dieu espère,
Voir demain le bonheur s’installer sur la terre,
Il attend, pour intervenir, encore un peu :
Il sait que tout, même le mal, est éphémère ;
L’homme finira bien par les ouvrir ses yeux
Et il se donnera un avenir radieux
©Louis Delorme
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Tout ronds tout ronds
les marrons dansent sur la route
Tout or tout or
les feuilles valsent dans la lumière
Caroline dans la classe
penchée sur son pupitre
écoute le chant rêche des plumes
qui courent sur les cahiers
Tout vent tout vent
les nuages glissent dans le ciel d’une dictée
les marronniers de l’école
bruissent sur les lignes bleues de la page
Soudain trille dans la cour
la sonnerie de la récréation
et montent dans l’automne
les cris de joie des enfants
Tout ronds tout ronds
les marrons pleuvent sur la route
©Béatrice GAUDY
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tu joues avec les convulsions
de mes ardents chahuts
comme joue un félin
sur les savanes africaines
tu pétris mes larmes
à l’ombre d’un baobab
comme on pétrit
une galette de mil
tu écoutes le spasme
de mes frémissements
comme vibrent au loin
des senteurs inouïes
tu caresses ta proie
à l’encolure encore tiède
comme tu caresses la mèche
de tes amants sacrifiés
tu embrasses et tu broies
mes errances à l’agonie
comme tu embrasses l’ombre
de tes propres souvenirs
tu joues, Amour
et mes fibres se rebellent
tu joues à ce jeu cannibale
à ce jeu auquel on ne joue pas
©Claude Luezior
Extrait du recueil « Prêtresse » aux éditions L’Harmattan
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Doucement la vie s’approche
sans même nous toucher
comme une illusion d’espace
ou un prodige qui dresse
son frémissement de jours
au regard hirsute et trompeur…
Pas une seule fois
la terre nous confie
ses enfants de matière…
la beauté contient
en ses flancs de clarté
le serpent des ténèbres
qui traverse le cœur !
La forme est un moment
que produit une force
mais chaque pas du monde
ensevelit le présent…
… les Signes n’appartiennent
qu’à la vision d’un souffle
et l’apparence n’étreint
que l’image d’elle-même…
… mais lorsque les yeux se ferment
l’âme se fortifie
dans la demeure secrète
des sentiments humains…
© Victor Varjac
Le Vauban, avril 1999
Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume
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Il y a une évidence
A ce que le soleil
Soit dans le ciel......
Pourtant, je l'ai vu dormir sur un lac...
Y-a-t-il une chance
Pour qu'"un plus un" ne fasse plus "deux"
Juste pour que nous soyons heureux ?
L'addition est paradisiaque...
Il y a une évidence
A croire qu'être soi-même et le vivre
C'est rester sauvage et libre...
L'instinct est toujours vrai...
Serait-ce une évidence
De croire en ce schème
En cette aura ou cette gemme ?
La vérité dans ton cœur est évidence...
©Lydia Montigny
Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris
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