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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 06:44
Photo J.Dornac©

 

 
Déméter et Perséphone éploient leurs senteurs sur l’ourlet herbacé.
 
                                      Pétrie d’azur, d’argile et d’humus, une main s’approche et rêve d’efflorescence.
 
                                      Dans sa robe ensoleillée, une abeille s’invite chez la fleur en doigt de gant d’une digitale pourpre.
Valériane du cœur, elle est la plante irremplaçable sans oublier la recette avant de s’offrir sa digitaline.
Installée mi ombre, mi soleil, la digitale se balance sur la frange de la clairière.
La grâce de cette fleur sauvage évoque une caryatide de l’Erechthéion sur l’Acropole d’Athènes.
La grappe de fleurs dévalant en harmonie sur sa hampe n’est pas sans suggérer la tresse des nattes prolongée par la légèreté des plis de l’étoffe sur le corps de la caryatide.
Un symbole de liberté et d’élégance victorieuse. Insaisissable beauté des lignes, des volumes et des couleurs pour créer l’irréel.
 
                                      Un chardonneret vient de se poser sur la cardère sauvage, communément appelé chardon.
La cardère sauvage est haute, bien campée sur une tige robuste, épineuse, ramifiée et déterminée. Elle rappelle l’Aurige de Delphes dressé sur son char.
Tous les deux sont une merveille d’équilibre, charpentés en leurs corps, définis par tous leurs profils.
Sur leurs allures altières circule une onde, chaude sonorité de la terre.
Si la détermination du regard de l’Aurige du sanctuaire d’Apollon est tempérée par le bandeau cernant son front, c’est pour mieux évoquer le collier de fleurs violet pâle disposé en anneau sur la tête ovale de la cardère sauvage.
La nature a modelé ce chardon qui vit sur des terrains incultes, mais dont l’énergie soutenue en fait sa beauté.
Cette ardeur devait habiter le cœur des artistes grecs pour avoir su créer une force immédiate qui resplendit sans effort.
 
                                       Sauvage beauté, jeunesse immortelle, équilibre façonné par l’art, mystère impénétrable où, à chaque battement de cœur, résonnent le flux et le reflux de l’âme.  
 
©Roland Souchon
 
 
 
 
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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 06:43
Nu – Dos, peinture de Nadine Amiel©

 

 

 

 

Tôt ce matin

Aux frissons de l’aurore,

Un rayon de soleil

Divin effaçait

Les dernières lueurs de lune.

Il réveillait de tièdes nuances

Sur vos lèvres lisses et nacrées,

Il s’offrait palpitant

Au seuil de votre tiédeur virginale.

 

Vous êtes ma source, ma vie,

Le rubis de mon Arcadie,

 

Ma cristalline note stellaire

Toute éblouie de mélancolie.

Vous êtes ma terre inconnue

Dansant sous mes étoiles,

Vous êtes cette beauté furtive

S’effaçant au détour de la rue.

Du bout des doigts pour vous 

Je jongle avec le monde

Dans un prélude de silence.

 

Vous êtes ma source, ma vie,

Le rubis de mon Arcadie, 

 

Jusqu’à, totalement brisé,

Tomber en faiblesse d’amour.  

 

©Michel Bénard.
 

 

 

 

 

 

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24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 06:35
Photo:
Fleurs au Chalet Bleu, de Ode©

 

 

 

 

 

Que sont ces jours passés
dans la lumière
tant de vœux embrassés
claire prière

De pleines souffrances terrassées
hâve ruisseau
en parfums brisés
en morceaux
Que sont les jours blessés
à mon âme, la lisière
de ses chants encastrés
pierre fière

Aux baisers enflammés
qui émeuvent
reviennent les phrasés
de mon fleuve

Mes nielles nacrés
tes lèvres fières
et nos sangs mêlés
fleuve de lumière
Plus d’échos froissés
mon âme entière
a pris tes amours osés
douce prière

Il est un baiser suave tendre délice
Il est un baiser qui fait morsure
Il est un baiser comme brûlure
Il est un baiser qui écorche l’âme
Où l’ombre nous dévore
Il est un baiser dernier
Celui de la mort


Ode©
10 août 2008

 

Sources : http://zodode.5.50megs.com/Mots_Bleus/dimanche_matin_fleuve.htm

 

 

 

 

 

 

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 06:31
Dessin de HéricK

 

 

 

Gamin, je regardais passer les vieux
Ceux qui avaient trois fois vingt ans
Ou un peu plus
Souvent, leur embonpoint
Les précédaient
C’était même à cela et leurs habits gris
Qu’on les reconnaissait…

Je ne sais pas ce qui s’est passé
Je n’ai rien compris
Au temps qui passe
Mais le vieux, à présent
Qui s’est glissé dans leur peau
C’est moi, et je ne comprends pas
Pourquoi l’embonpoint pousse assurément

Je viens pourtant à peine de quitter
Les bancs de mon école
De dire adieu au maître craint et respecté
Je viens de quitter aussi les liens
Trop serrés d’un mariage sans gloire
D’un amour manqué
Et d’un autre trop vite passé

La fille, dans la cour d’école d’à côté
Celle dont j’étais secrètement amoureux
Je crois bien que c’est la petite vieille
Qui est passée, toute courbée
Accrochée à sa canne et ses rides
Il y a un instant devant moi
Et qui ne m’a pas reconnu…

Les rues de ma ville ont bien changé
Elles ne sont pas plus belles
Au contraire, des tours les défigurent
Il n’y a plus guère de cris d’enfants
De courses effrénées. Cela énerve trop
Les nouveaux vieux qui se sentent agressés
Tout comme les nouveaux riches qui se croient menacés

Car la jeunesse des autres
Est ressentie comme une injure
Par ceux qui n’ont pas vu
Passer le temps
Ce sinistre plaisantin
Qui ride nos fronts et pire encore
Qui se rit de nos douleurs généralisées…

Mais le délire de l’âge
Le plus lourd à vivre
C’est de ne plus savoir
Quoi qu’on fasse
Qui nous sommes
D’où nous venons…

Le temps a tout effacé…

©Jean Dornac
 Lannion, le 18 septembre 2019

 
 
 
 
 
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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 07:19
 
L’étreinte d’Egon Schiele
 
 
Au creux d'une plage
nous avons dormi
tant de nuits d'été...
 
La vie nous aimait
 
Tout près de nos coeurs
chantait le vent bleu
à l'odeur de feu
aspergé de mer
 
Seul un cri de mouette
rythmait nos soupirs
Un grand tamaris
couvrait nos corps nus
d'une ombre douillette
caressant le sable
Et son mouvement
berçait ton sommeil
 
La vie nous aimait
 
Tant de nuits d'été
nous avons dormi
au creux de la plage
mouillés de rosée
trempés de baisers
 
Le ciel étoilé
nous enveloppait
de son grand filet
 
La vie nous aimait  
 
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
  
 
 
 
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21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 06:24

 

 

 

Homme, tu ferais mieux de les ouvrir, tes yeux !


Tu verrais que tu cours à ta perte prochaine ;


Désensable ton crâne et mesure la peine,


Et la tristesse aussi, que tu dois faire à Dieu.



 

Tu ne respectes pas ce qu'ont fait tes aïeux,


Tu te mens et tes mœurs ne sont pas des plus saines :


Tu crois aller devant, tu restes à la traîne


Et tes engagements ne sont jamais sérieux.


Homme, tu ferais bien de les ouvrir tes yeux.



 

Tu saccages les mers et tu souilles les plaines,


Tu détruis la forêt, maison la plus ancienne


Où tes pères vivaient, sans doute plus heureux.


Les arbres, tu les fais disparaître à la chaîne.


On ne dénombre plus tes effets désastreux,


Tes défigurations s'observent en tous lieux.


Tu verrais que tu cours à  ta perte prochaine,


Homme, si tu tâchais enfin d’ouvrir les yeux.



 

Tu voudrais bétonner des tours jusques aux cieux


Car ton orgueil n'a point de bornes, rien ne freine


Ta folle prétention, ni tes rêves odieux.


Tu multiplies les gaz de serre dangereux


Pour la survie de tous et, sans la moindre gêne,


Tu laisses tes déchets polluer ton milieu.


Homme, tu ferais bien de les ouvrir tes yeux.


Tu verrais que tu cours à ta perte certaine

 

Tu mets à mal les sols, en semant trop de graines,


Qui sont stérilisés de manière pérenne


Les abeilles ? perdues ! ça n’a rien de glorieux.


Ainsi qu’une liqueur, tu distilles la haine,


Tu fais de l’armement l’industrie souveraine


En pensant que tu seras toujours victorieux


Ne vois-tu donc pas que ta démesure est vaine 


Et si tu continues, à la planète bleue,

Tu ne manqueras pas de faire tes adieux.




 

Cependant, celui qui s’attaque à la misère,


Ceux qui par charité sauvent des malheureux


Et celui qui combat l’incendie volontaire,


Celle qui se dévoue dans un milieu scolaire


De défavorisés ; ceux qui vont près des gueux  


Porter de la chaleur et le pain nécessaire,


Ceux qui parlent d’amour au chevet de leurs frères,


Ceux qui vont en Afrique et soignent des lépreux


Font que tout peut changer et comme Dieu espère,


Voir demain le bonheur s’installer sur la terre,


Il attend, pour intervenir, encore un peu :


Il sait que tout, même le mal, est éphémère ;


L’homme finira bien par les ouvrir ses yeux


Et il se donnera un avenir radieux  

 

©Louis Delorme   

 

 

 

 

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20 septembre 2019 5 20 /09 /septembre /2019 06:35
Dessin de Béatrice Gaudy©

 

 

 

Tout ronds tout ronds

les marrons dansent sur la route

 

Tout or tout or

les feuilles valsent dans la lumière

 

Caroline dans la classe

penchée sur son pupitre

écoute le chant rêche des plumes

qui courent sur les cahiers

 

Tout vent tout vent

les nuages glissent dans le ciel d’une dictée

les marronniers de l’école

bruissent sur les lignes bleues de la page

 

Soudain trille dans la cour

la sonnerie de la récréation

et montent dans l’automne

les cris de joie des enfants

 

Tout ronds tout ronds

les marrons pleuvent sur la route  

 

©Béatrice GAUDY  

 

 

 

 

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 06:21

 

 

 

 

tu joues avec les convulsions

de mes ardents chahuts

comme joue un félin

sur les savanes africaines

 

tu pétris mes larmes

à l’ombre d’un baobab

comme on pétrit

une galette de mil

 

tu écoutes le spasme

de mes frémissements

comme vibrent au loin

des senteurs inouïes

 

tu caresses ta proie

à l’encolure encore tiède

comme tu caresses la mèche

de tes amants sacrifiés

 

tu embrasses et tu broies

mes errances à l’agonie

comme tu embrasses l’ombre

de tes propres souvenirs

 

tu joues, Amour

et mes fibres se rebellent

tu joues à ce jeu cannibale

à ce jeu auquel on ne joue pas  

 

©Claude Luezior

 

Extrait du recueil « Prêtresse » aux éditions L’Harmattan





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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 06:23
Jérôme Bosch, détail du Jardin des Délices

 

 

 

 

Doucement la vie s’approche

sans même nous toucher

comme une illusion d’espace

ou un prodige qui dresse

son frémissement de jours

au regard hirsute et trompeur…

 

Pas une seule fois

la terre nous confie

ses enfants de matière…

la beauté contient

en ses flancs de clarté

le serpent des ténèbres

qui traverse le cœur !

 

La forme est un moment

que produit une force

mais chaque pas du monde

ensevelit le présent…

                       … les Signes n’appartiennent

                       qu’à la vision d’un souffle

                       et l’apparence n’étreint

                       que l’image d’elle-même…

… mais lorsque les yeux se ferment

l’âme se fortifie

dans la demeure secrète

des sentiments humains…  

 

© Victor Varjac

Le Vauban, avril 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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17 septembre 2019 2 17 /09 /septembre /2019 06:49

 

 

 

 

Il y a une évidence


A ce que le soleil


Soit dans le ciel......


Pourtant, je l'ai vu dormir sur un lac...

 

Y-a-t-il une chance


Pour qu'"un plus un" ne fasse plus "deux"

Juste pour que nous soyons heureux ?

L'addition est paradisiaque...

 

Il y a une évidence


A croire qu'être soi-même et le vivre

C'est rester sauvage et libre...

L'instinct est toujours vrai...

 

Serait-ce une évidence


De croire en ce schème


En cette aura ou cette gemme ?


La vérité dans ton cœur est évidence...  

 

©Lydia Montigny

  

Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris

 

 

 

 

 

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