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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 06:16

 

J’accueille aujourd’hui et demain, deux jeunes avec beaucoup de joie. La poésie n’est pas une question d’âge, mais de cœur et un esprit prêt à tous les voyages ! Bienvenue à Lauralie et Eléonore, dont les poèmes m’ont été proposés par Nicole Portay, responsable nationale du concours de poésie jeunesse de la Société des Poètes Français.

 


Je rêve d’une vieille capitale
D’une perle d’Estrie au Mont Royal
Je noie mes songes dans un boulevard mouvant
Je m’attarde aux rives du Saint-Laurent

 

Je rêve du berceau de l’Amérique française
Qui offre une hivernale parenthèse
Là où le fleuve se rétrécit
Le songe d’une Nouvelle France me ravit

 

Je rêve des déserts blancs de l’Hiver
Un joyau sauvage aux aurores de lumière
Où Harfangs des neiges et fous de Bassan
Nous emmènent au nord du Mont Tremblant

 

Je rêve des forêts boréales
D’une baleine, d’un caribou, d’un orignal
D’un théâtre marin, d’un ballet souverain
Qui fait danser le pays de Champlain

 

Je rêve d’immuables archipels
Au nord du cinquante cinquième parallèle
D’une odyssée dans la baie Eternité
Où chaque regard est sérénité

 

Je rêve d’une lointaine langue de Molière
D’un fier combat au mât de la Ville-Lumière
Je rêve d’un Verlaine algonquien
Des mots surréels d’un Littré amérindien

 

©Lauralie ALFONSI
5ème – 1er prix Section 5ème à la 3ème          

 

 

 

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 06:13


 


-    Dis-moi, mon cher pigeon voyageur,
lorsque tu n’es plus sur la touche
et t’en vas coucher par écrit,
loin du nid douillet où le feu couve sous la cendre,
le récit un peu flou de ta nouvelle excursion
au fond d’un sommeil aussi profond
que réparateur,
combien de cordes as-tu encore à ton arc
et de flèches dans ton carquois ?

-    Oiseau je suis de par mes plumes.
Au moins deux que je manipule à ma guise :
la première, bien taillée, ouverte aux traits d’esprit,
y compris les plus excessifs ;
l’autre, en parfaite apesanteur, édulcorante à souhait,
quelle que soit la question évoquée.
C’est ainsi qu’entre poids plume et poil à gratter,
avoir de la patte ou marquer vos mémoires de ma griffe,
il m’est fréquemment arrivé d’hésiter
avant d’emprunter la seule voix de l’air
qui ne serait pas complètement dénuée d’intérêt.  
 

©Michel Duprez
 
 
 
 
 

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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 06:51
Albert BIERSTADT - Dans les montagnes de la Sierra Nevada

 

 


Le ciel s'aquarelle, le vent s'émerise, sa claque devient râpe, sa traque devient rage.

 

Les bêtes se claquemurent, les hommes s'entre murent dans les mailles d'un long sommeil de bois : ailes rognées, rabotées, limées. Mais la vie est toujours là : elle tremblote, clignote, s'enroue et s'enroule dans une spirale de feu qui couve.

 

Néanmoins, vaille que vaille, elle va, la vie, à petits pas de somnambule, dessinant des bulles dans l'espace-espoir, griffonnant des mots d'étincelles bleues, esquissant une fleur d'aurore saisissante et des être humains pleurant sous la lune, une planète malade appelant au secours.


Tableaux émouvants d'un monde en péril, d'un monde à réinventer, à réenchanter...  

 

©Michèle Freud

 





 

 

 

 

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24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 07:16

 

 

 

Le bûcheron marque la première entaille

un frisson parcourt le corps crevassé mais altier

doucement je t’étreins

caresse tes cicatrices veinées de lierre

mes lèvres s’attardent sur ton écorce

tu veux vivre encore

dialoguer avec l’oiseau et la source

te taire avec la nuit et la pluie

mais déjà autour de toi se dresse la potence

tout ce que vent et feu t’ont conté

tu le sais dans ta chair

agressive la scie approche

dans le soleil levant

je t’ai vu pleurer des larmes d’or

je t’aimais.  
 


 

©Nicole Hardouin.
 

 


 
 


 

 

 

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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 06:57
Photo Jean Dornac

 

 

 

L’hiver est là

L’hiver est froid

L’hiver est entré dans l’église

Tout semble pétrifié.

 

Soudain, flûte, luth et rebec

Se font entendre

Nous transportant

Dans le « roman de la rose »

Un voile translucide s’est posé

Sur le présent

Le couvrant d’une poussière de rêves.

 

La Dame au hennin

Va sans doute bientôt arriver 

Au bras du Damoiseau,

Un petit morceau du passé

Envahit l’espace.

 

Fini le froid et l’hiver,

Les notes s’égrènent, s’envolent,

Un rai de lumière irisée passe

A travers les vitraux

Déposant des perles colorées çà et là.

Les vibrations cristallines de la musique

Entourent nos rêves éphémères, si doux.  

 

©Eliane Hurtado

 

 

 

 

 

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 06:50

 

 

Partir vers l’ailleurs pour rencontrer un monde maintes fois fouillé par nos rêves
 
Cheminer pour, sans cesse, s’émerveiller dans le regard de nos rencontres
 
Marcher dans le vent sur la dune où le silence est une grande et belle expérience intérieure ; un instant fabuleux lorsque sa propre existence apparaît reliée aux arabesques du rivage, et, dans l’épaisseur de la lumière, écouter fleurir l’immortelle des sables
 
Le véritable défi d’une odyssée, c’est de faire perdurer la curiosité au-delà du retour
 
Que vogue votre ramure au vent de l’aventure, endettée de la générosité des autres.
 
                                               Bel été aux chatoyantes couleurs, une plume ailée en bandoulière

 

©Roland Souchon

 

 

 

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 06:53
Arthur Rimbaud (1854-1891) par Ernest Pignon-Ernest.

 

 

 

 

De Picasso à Cocteau,

Nombreux sont ceux

Qui dessinèrent et s’inspirèrent

De l’énigme poétique de Rimbaud.

Fernand Léger, s’aventura inconscient

Dans les méandres « des illuminations »,

Valentine Hugo, maria son décor de rêve

Aux sillages des semelles de vent.

Ernest Pignon Ernest, par la magie du crayon

Le fit devenir résolument moderne

Et lui rendit ses lettres de noblesse

Par l’instinct de la liberté.

La sculpture de Moirignat,

Sublime de légèreté, éblouissante d’élévation,

Transpose l’alchimique fusion du sang.

Le poète n’est plus qu’un funambule

Entre terre et ciel

Pierre angulaire des signes de l’amour.

Ladislas Kijno saisit la main de Rimbaud

Pour danser avec lui dans une folle

Arabesque d’encre et d’éternité

Rejoignant les voleurs de feu.

Avec lui Sonia Delaunay  

Retrouva la musique de son Orphée.

Zao Wou Ki en transcenda l’éblouissement

Sur l’espace aux vides transparences.

Jacques Moretti esquissa passionnément

L’étrange errance des nuages,

Il partit vers l’infini d’une fresque

A jamais inachevée.

Germaine Richier, gravera dans le cuivre

Le parcours du juif errant,

L’ivresse du désert, la puissance des tempêtes

En d’étranges arcs en ciel.

Jeanne Esmein, imagina sa bohême

Sur les cris des corbeaux

Dans les espérances de l’aube.

Luc Simon, échafaudera « la parade sauvage, »

Le voyage des dernières caravanes.

Ipousteguy offrit au poète les ailes

Dont il avait rêvé toute sa vie,

Pour fuir l’humaine comédie

« Les semelles devant » (1)

Se résumant à une seule empreinte

Gravée sur un granit d’Ardenne.
 

©Michel Bénard.
 (1) Titre de la sculpture d’Ipousteguy

 
 
 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 06:28

 

 

Liminaire Claude Luezior

   Éditions France Libris 2019

 

Quatre mains sur le clavier de l’amitié et accords : naissent des mouvements. Allegro, andante, scherzo se conjuguent, s’entrecroisent en parfaite harmonie. Ils s’encerclent, chassent les échos des cicatrices hivernales, cheminent dans les litanies du crépusculeet les oraisons solaires, ils sont possédés par le feu ses tenailles, ses images, ses espoirs : songe à tous ceux qui t’aiment.

De leur alliance naît la beauté, beauté de l’instant qui,  très tôt, va te happer : lumière enfouie dans les strates du cœur, pliures où se calent l’encrier et la palette.

Les deux auteurs offrent, avec Convergence, un concert où les notes sont des buissons de mots, traits, couleurs. Écrire pour sentir fleurir l’air… / pour tenir son feu en vie.

Tournent les fuseaux, danse l’humour : j’ai toujours été fasciné par les miroirs / surtout celui du fleuve, un peu comme Ulysse. Se dentelle le silence qui est espoir du soir au fil du désir, pulse l’originalité lorsque un bon artiste inspiré / passe ses idées au chalumeau. Parfois un pleur d’étoile ponce le marbre de la nuit, la nostalgie s’enroule dans un galop de pluie et le vent ne chante plus que notre émoi.

Voyage intersidéral, intersidérant pour chasser nuages, orages, ombres, pour se désaltérer dans la luminosité des dessins et la richesse  des mots.

Les phrases, comme des oiseaux multicolores, chantent, s’égosillent, les heures s’affolent, vacillent laissant aux épines du temps…./ des baies de jais et de rubis.

À l’endroit, à l’envers, les mots vont, viennent, cœur et pensées sont à nus.

Les pages se tournent à s’en rendre fou, à s’en rendre sage, houles contre vagues, flux et reflux mêlés sur la grève du papier. Mots réverbères pour éclairer les souvenirs, mots calices pour offertoire débordant de vie où les algues font la prière, mots au goût de sel, nostalgie, mots de pluie pour trouver l’eau dans les déserts du cœur, communion du silence dans les mains du mystère. Mots de vie : quatre enfants pars seconde / et dire que parfois on se sent seul, mots du rire : Ah, je vous le dis : ça me maroufle  / les pantoufles. S’entrecroisent les premiers pleurs de l’enfance et la main de grand-père qui est une plage de chair, le souvenir des disparus, quand je ferme les yeux …/ j’entends ta voix.

Textes et dessins se répondent, lucioles au visage d’encre, la flamme est prêt à bondir dans l’éventail d’écorces bleues car les oiseaux chantent en bleu / ils ont gardé leurs ombres marines. Ce recueil est un glissement, un espoir, un apaisement, dans une bourrasque d’ambre, une arche aérienne pour tous les hommes / en quête de transcendance.

Sans être ni eau ni nuit, dans des flambées de sarments / serments, le lecteur s’insinue dans la fissure de l’entre-ciel pour retenir les arabesques du souffle des deux auteurs.

Avec eux plus besoin d’acheter compléments alimentaires, vitamines, finis les cachets et ampoules dynamisantes, Convergence est un nouveau médicament, à faire breveter, rude concurrence pour la pharmacopée.

Ce recueil, à lui seul, est vivifiant, revigorant, à  consommer sans modération, aucun effet secondaire, hors le bonheur de la lecture, l’écoute du regard.

Convergence se referme pour s’ouvrir sur une arche luminescente où la sève, issue d’invisibles racines, ruisselle et dessine le visage de la beauté. Alors  dans une explosion d’étincelles s’installe le rêve : Jeanne Champel Grenier et Louis Delorme nous en donnent les clés.                         

Nicole Hardouin                                    

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19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 06:39
Photo Tibet - Martin Beaulieu©

 

 

Au clair matin du jour chargé de soleil sur mes plaines
Je regarde les cieux, souris, m’apprête, preste
Et je vais boire ailleurs les eaux de la fontaine
En soupirant vers qui me viendra de l'Est

Mon pays est de ceux où baignent les ambres
Aux désirs antiques venus d’inatteignables chambres
Il est un pays imaginaire, il est un pays, mon pays secret
Celui que j’habite en tout temps, seule, sans nul regret

~*~

Des orfèvres de là-bas cisèlent des légendes
Filets entremêlés aux parures les plus rares
Esquisses de trophées d'or, belles offrandes 
Corbeilles fabuleuses où mon désir se pare 

~*~ 

Voici venir celui qui surpasse les ors
Précieux à jamais, tellement désirable
J’incline vers lui, il porte des trésors
Depuis toujours j’en connais la fable

~*~

Je suis moite du parfum de vanille dont suintent mes paumes
Qu’à la seule idée il viendra, son navire chargé de présents
De livres, de cuivres et d'étoffes de tous les royaumes
Enfin, il sera là le conquérant, il sera là mon amant

~*~

Il embaumera des encens les plus rares
Et sur nos chairs enlacés là où l’âme bat
Ravissant, superbe, qu’à nul je ne le compare
Les étoiles et la lune seront témoins de nos ébats

~*~

Nous serons sans nul pareil ainsi sera notre alcôve
Dévoilant mon ventre ivoire et mes seins d’ambre
Unis dans un charmant ouvrage comme des fauves
Dans les tendres effluves de vanille et de gingembre

~*~

Que de délicatesse noble et de grâces jolies
Ferons bombance d’amandes et de miel vivifiant
La figue, la mandarine se feront au soleil de nuit
Ainsi triompheront nos plaisirs ardents 

~*~

Mais la longue attente est amère à ma couche
Le désir brûle en mon ventre et mon sein
Que vienne le jour où il viendra y poser la bouche
Plaise aux dieux de ne me réserver un cruel destin

~*~

La rencontre de nous deux est exigeante au fil du temps
Une brume épaisse et floue le dérobe à ma face
Se dénouent mes cheveux en de longs flots rougeoyants
Sur mes épaules nues que seule la lune cette nuit embrasse

~*~

Vents d’Est et du Nord, soufflez vers ma couche
Conduisez mon cher amant dans mes draps de cannelle
Qu’il me couvre de son ombre et de sa bouche
En ces odeurs de nous que le désir emmêle

~*~

Mélange de rêveries aux odeurs de vanille et parfums exotiques 
Rêveries nordiques pour pays chauds, pays des amants
Magnifique voyage aux odeurs portées par les vents antiques
J’y reviendrai encor car ils varient avec le temps



Ode©

3 mars 2004



Création de la page
 Ode©


 

Sources : http://zodode.5.50megs.com/Mots_Bleus/parfums.htm

 

 

 

 

 

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18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 06:21
La divine comédie par Domenico di Michelino d’après l’œuvre de Dante — Jastrow, Photographie personnelle

 

 

 

 

 

 

Dans les ténèbres de mes angoisses

Je vous appelle, vous que j’ai aimés

Vous sur qui mon cœur se reposait

La vie, sans compassion

Vous a arraché à mon amour

A l’amour sans nuages…

 

Pour aimer encore

Il faut que je combatte

Mon double en moi

Qui ne veut que hurler

Que montrer le poing

Contre le ciel indifférent

 

J’ai vu les cieux s’ouvrir lors d’un songe

Ceux qui l’habitaient,

En nous regardant

Etaient triste ou pleuraient

Et, au centre, de l’intense lumière

S’échappait un flot humide et amer…

 

J’ai vu un autre soir

S’ouvrir le sol sur l’enfer

Là, contemplant

La brutalité stupide

Des humains ivres de pouvoir

Les démons et leurs chefs riaient à la folie !

 

Ils se frottaient les mains

Voyant des rois, des présidents

Des évêques et des cardinaux

Qui bientôt allaient les rejoindre

Pour un feu sans flamme

Qui brûle les cœurs à l’infini

 

Il n’y avait pas que des puissants

Des gens qu’on dit « petits »

Allaient aussi être cueillis

A cause de leurs médisances

Des mensonges sans nombre

Des jalousies parfois criminelles

 

Mais le plus grand nombre

Sans le savoir encore

Allait rejoindre les ténèbres

Surtout à cause de l’argent

Adoré comme étant l’unique Dieu

Celui qui autorise tous les crimes…

 

Effrayé, malheureux, angoissé

Je me réveillais enfin

Ne sachant si j’avais rêvé

Ou si j’avais eu le droit de voir

Pour savoir et le dire

Dans mes mots avec cœur…
 

©Jean Dornac

Lannion, le 1er juillet 2019
 

 

 

 

 

 

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