Te voilà enfin
Toi que j’attendais
Depuis des années, sans fin
Toujours, je t’aimerai !
Tes parents, tout comme moi
T’ont espéré puis attendu
C’est long neuf mois
Surtout pour maman au ventre tendu !
Je ne t’ai pas encore rencontré
Mais je sais que tu seras le plus beau
De tous les bébés du monde de cette année
Devrais-je pour cela être traité de sot !
Tu es né dans un milieu d’artistes
Si tu choisis la même voie
Seras-tu un merveilleux pianiste
Ou un poète qui portera loin sa voix ?
T’appeler « ti ‘bout » n’est pas une insulte
C’est que je ne connais pas encore
Le nom que tes parents, qui ne sont pas incultes
Ont choisi pour accompagner ta vie et ton corps.
Pour l’heure, je ne veux penser
Qu’à la joie de l’accueil du nouveau né
Bénédiction depuis toujours
Et tout au long du reste de mes jours
Tu arrives dans un monde de fous
Mais oublions quelque temps
Pour privilégier les moments doux
Avant l’arrivé de tes premières dents…
Viens sur mon torse, ti ‘bout
Tire donc sur la barbe du pâtre
Pour entendre ton rire fou
Et sentir la chaleur de ton nouvel âtre
Ce petit cœur qui bat la chamade
Tout étonné d’être arrivé
Sans excès de pommade
Mais sûr d’être à jamais aimé !
Baladin rebelle
À l’envers du miroir
Tu es scribe en cavale
Dans les sphères célestes,
Nourri par la main des étoiles
Ton calame réfléchit la folie lucide
D’un dédale invisible
À la lisière de l’au-delà,
Nouant des fils de soie
Sur le lien d’argent effiloché.
Héphaïstos au feu mystérieux
Tu forges les tesselles
Des mots de cristal fêlé.
Ton souffle gorgé de brume
Allume le verbe
Le cajole le libère
Réveille des soleils éteints,
Émaillant d’épis d’or tes poèmes
En des terres en jachère.
Sous l’arbre aux abeilles
Je démêle les arcanes
Du parchemin miellé
Par le baladin rebelle,
Passeur de pollen.
Il lui avait offert chaque jour une rose,
Pendant des mois, sans jamais rien lui demander.
Jusqu’au soir où, n’y tenant plus, il lui propose
D’un coup la botte, avec un air bien décidé.
Et ce fut le bouquet, quand sortant l’épinette,
Directement et sans aucun a priori,
Il prit la chose en mains pour que la blondinette
Fasse grossir entre ses doigts le canari.
Une fois déformé, l’oiseau était de taille.
Mais encor fallait-il penser à l’habiller.
Chacun voulant œuvrer, c’est à la courte paille
Que le sort a choisi qui devait l’emballer.
C’est elle qui gagna de poser la capote.
Mais lui n’y perdit pas car elle avait des doigts !…
« Des doigts de fée ! » A-t-il raconté à ses potes.
Entendez bien qu’elle fit ça comme il se doit.
Vous connaissez la suite on ne va pas la dire.
S’engager plus avant serait indélicat.
Face à la pandémie il nous fallait décrire
Un moyen judicieux d’arrêter le sida.
Si je vous ai choqué, c’est pour la noble cause.
Le sida tue encor, il faut le rappeler.
On doit dans tous les cas, bien emballer la chose,
Que ce soit pour la faire ou bien pour en parler.
J’accueille avec beaucoup de joie la deuxième jeune proposée par Nicole Portay responsable nationale du concours de poésie jeunesse de la Société des Poètes Français.
La neige me recouvre et son manteau me glace
Je ressens dans mes os sa froide mordaison
Je m’engourdis toujours, plus les minutes passent,
Et la noire blancheur me fait une prison
Le petit animal qui gratte doucement
Trouvera porte close, il se consolera
La terre est toute à lui ; les choses dont le temps
M’a privée aujourd’hui, lui les retrouvera
Seconde, année ou mois, le temps n’en finit plus
Mon corps inerte et pâle est dur comme du bois
Le ciel déverse encor toute l’eau qu’il a bue
En milliers de cristaux qui volent dans l’air froid
Moi je m’endors ici, et pour l’éternité
Je rêve doucement, pour autant que Dieu veuille,
Car mon cœur est transi en ces mois de gelée,
Et je ressens la neige au fond de mon cercueil.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...