Jamais bonheur plus intense n’éclot si près lorsque se dévoile le corsage d’une rose sauvage.
Lorsque naît la fraîche aurore frémissante, le paon du jour fait escale à la source des parfums
Plus loin, la révérence d’une digitale suscite l’ondoiement de l’âme
Haussé par le vent, l’astre blanc, proue de lumière, réveille la toison ambrée des collines
Pâturins et vulpins, aériennes graminées, vous savez fort bien que javelles, gerbes et meules ne reviendront pas
Mais, sur l’ourlet herbacé, le roncier reste le témoin d’une indomptable vigueur lorsque s’endort la sève
Au chant du grillon, le pied nu d’Aphrodite s’est posé sur le velours d’un arc-en-ciel
Ce concert pastoral est pour l’irrésistible peau blanche des muses au théâtre de l’idylle
Sur les plis du vallon s’installent les premières broderies de l’automne
L’ombre encore tiède d’un sourire a rejoint la soie du crépuscule
Voici la muse
Nymphe couronnée d’azur aux sept couleurs du vent
Lumineuse des paupières de l’aube au couchant
Chapeau d’onde pure au vent d’autan
Tu embaumes les vastes prairies de nos vies
Dis la muse, viendras-tu boire à la source où fleurit la clef des songes ?
©Roland Souchon
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Écoutez chanter le violon vert
Amour, pendant que la fleur flétrit
Sous le givre gelé de l'hiver
Que ses pétales fondent sur le blanc lit
Écoutez chanter le violon vert
Amant, pendant que l'alcôve refroidit
Absence des amours à découvert
Vous rappelle de si loin à la vie
Écoutez chanter le violon vert
Ami, le temps de vos moissons
Les vainqueurs se sont offerts
Les vaincus consolés en leur saison
Écoutez chanter le violon vert
Amour, comme sa musique est nostalgie
Des amours mortes souvenirs d'hier
Le vent les emporte dans sa nuit
Écoutez chanter le violon vert
Amant, n'entendez-vous pas ce qu'il dit
« Vous êtes ma source, mes rivières
Et de vous, je m'ennuie »
Écoutez chanter le violon vert
Ami, comme un souffle de votre bouche
Sur mes bras tendrement ouverts
Qui vous rappellent à ma couche
Écoutez chanter le violon vert
Mon amour, mon amant, mon âme !
Ode©
1 août 2019
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Éd. France Libris, 4e trim. 2018
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Un cadeau de Noël s'est envolé vers moi. Vers nous, les petits-enfants de ta chair et de ton cœur. Et tous ceux qui grimpent sur les genoux et qui se couchent tard.
Tout d'abord, je suis fier que tu parles de ma couverture Pilou et de Bob le train. Les animaux du jardin, pie amoureuse, famille hiboux, Jojo l'escargot, Caroline la grenouille et son cousin crapaud qui joue un air de banjo y ont une bonne place. Et le chat aussi, qui s'approche / Et délicatement / De sa langue rose / Lape le ciel.
Bon, au gré des pages, tu révèles que j'aime les crêpes et le saucisson. Quel fripon ! Et l'omelette du renard me fait rire, avec ses épinards et ses œufs de canard (là, Mamie, je crois que tu t'es laissé emporter par la rime !).
L'étoile du berger me fait penser au Petit Prince. Monde magique où la mésange chante bleu, où l'on murmure à mon oreille petit loir, quand mon cœur bat la chamade.
Oui, nous irons au cirque, avec Coline, ton arrière petite-fille, voir la crevette Mimosa et son ami Baptiste ; nous irons regarder, le soir venu, l'œuf du soleil / Pour y tremper / Des mouettes. Encore et encore, tu me liras ton recueil et, comme toi, je dessinerai un arc-en-ciel toujours teinté de bienveillance et de bonne humeur.
Ensemble, nous irons glaner ces haricotons / fils d'un haricot vert et d'une haricotte et nous ferons la soupe aux petits pois / Qui chante dans la soupière. À jamais ton livre sera mon rêve du Bois Dormant et je serrerai tes pages sur ma joue comme un galet précieux. Pour mille ans et même davantage.
Ton Clément
(dans les mots de Claude Luezior)

Ce n’est pas un rocher
que l’homme d’aujourd’hui
hisse
au sommet des montagnes.
Il ne s’en est pas aperçu
mais c’est un œuf
d’une espèce nouvelle,
celle qui va le remplacer
sur l’échiquier
de l’univers
dont le hasard bouge les pièces
pas forcément
pour gagner la partie.
Mais simplement pour voir
ce que cela pourrait donner
de différent,
de nouveau,
de meilleur
ou de pire.
©Louis Delorme
Extrait du recueil « Alternances » aux éditions Thierry Sajat
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Traduction en provençal de Béatrice Gaudy
Un deux trois quatre cinq six sept huit hommes
qui tapent de toutes leurs forces
un grand nombre de fois
sur un homme sans arme
tombé à terre
Tu ne parviens pas à concevoir
que leur uniforme
élève ces huit hommes
au-dessus de la délinquance
* * *
Un dou trei quatre cinq sièis sèt uech omei
que tuten de touta loûr força
un grand noumbre de fes
un ome sen armo
toumba au sou
Tu ne pervenei pa à councevre
que lour uniforme
eilevo qui uech ornei
au-dessus de lo delinquencio
©Béatrice GAUDY
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empesés de rêves, des corbeaux
évanouissent leurs silhouettes
dans la masse fleurie du soir
l’aujourd’hui, qui piétinent
des souvenirs acides, ébroue
sa toison tel un chien perdu
s’effrangent les étoffes déchirées
d’oliviers qui contorsionnent
leurs plaintes d’amants inassouvis
ici s’étreignent et s’entremêlent
pour une ultime sarabande
les grelots de désirs démembrés
par touches pyromanes
des jaunes à la hâte allument
les contre-jours en gestation
tableau en déshérence
quand s’allongent vainement
les traces qu’un désespoir macule
traces chromatiques
d’une unique oriflamme
pour ligne de survie
en ces arpents dont l’épiderme
se pare de démesures
jusqu’à l’inéluctable démence
l’homme à l’oreille tranchée
s’égare une fois pour toutes
dans l’huile d’un crépuscule
trois traits sur canevas incendié
trois corbeaux lourds du soir
s’arrachent au rêve d’une toile
©Claude Luezior
in : Jusqu'à la cendre, Ed. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018
https://editions-lgr.fr/claude-luezior/
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