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22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 07:44

Poètes - image de Ode

 

 

De musiques inconnues
Vous avez fait vibrer la nature,
Chanté l’amour,
Tremblé vos émois,
Crié vos vaines révoltes,
Votre dégoût à l’intolérance
Vomi sur la bassesse des petits
Et la cupidité des nantis,
Vous avez réveillé les consciences assoupies
Interpellé la lâcheté des tyrans,
N’avez pas hurlé avec la meute abêtie,
De couleurs vous avez
D’espoir, de beauté, de paix,
Peint les mots.

Sans jamais avoir
Croisé votre chemin
J’ai eu le bonheur de vous rencontrer
Vous êtes partis, ailleurs,
Au Pays de l’imaginaire, recréer
Un autre Monde, loin des maux
Et des larmes
Nous laissant avec vos rimes
Raisons d’aimer, d’espérer,
De rêver…

Saint-Brieuc, avril 2004
 
© Gérard Gautier  

Extrait du recueil « Je suis une île » aux éditions L'Echarpe
 


   
 
 
 

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21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 07:43

Sculpture de Francine Hamelin
 

 


et toujours ce lieu
que tu ouvres d’un poing blanc
l’attouchement sacré de la paume
et de la pierre
son cri d’herbe égratignée
dans une débandade de blocs
son poids de terre
son poids de ciel et de mystères
la fragilité que tu caresses
à la limite de l’air et des sens
le champ des bravades là-haut
orienté soudaine vers l’évidence
être pour soi-même l’étreinte
et le noyau solaire
la matrice sans écart d’une plénitude
atteinte
la vie sans plan et le perchoir
d’un seul oiseau

 

© Barbara Auzou.                  
Extrait du recueil « L’envolée mandarine » aux « éditions 5 sens »      
 
 
 

 

 

 

 

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20 janvier 2023 5 20 /01 /janvier /2023 07:49
Vanitas, Philipe de Champaigne


 


Chacun s’engouffre
Dans un destin inconnu

Parmi les figurants
Des réalistes et des rêveurs

Entre les deux
Les poètes

Les poètes racontent l’histoire
Une histoire

 © David Chomier
Extrait du nouveau recueil de David Chomier : Vivons à Mort                
 
 
 
 
 
 
 

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19 janvier 2023 4 19 /01 /janvier /2023 07:39


 


"Heureux est celui qui meurt après avoir vécu…"


J'ai demandé à la mer de me bercer,
Elle a dit mon enfant je risque de te noyer.
J'ai demandé à la montagne de le faire
Elle a dit tu tomberais brutalement à terre.
J'ai demandé au soleil de me laisser l'approcher,
Il a dit malheureuse je te brulerai !
J'ai alors prié le ciel de m'héberger,
" Si tu vas voir la mer, la montagne et le soleil,
Jusqu'à moi ils te mèneraient"... le ciel.

 

 ©Djida Cherfi   2020.                      
 
 

 

 

 

 

 

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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 07:32

 

nos morts ne sont que des nombres inoubliables
des mots raccourcis,
des cris gelés d'une maladie banale, absconse

 

nos morts sont les rêves inventés par des mères
la définition parfaite de la souffrance
nos morts lointaines sont
leurs paumes atteintes d'une maladie méconnue
où les caresses sont interdites

 

les larmes égorgées, les yeux vides
nos morts s'attardent sur un tableau muet, caduc,
des chiffres d'une guerre froide qui absorbe nos existences
et nous plonge dans les abîmes

 

nos morts feront naître d'autres morts
jusqu'à la fin des siècles,
l’ombre de leurs visages aura passé subtilement,
tel un fil muet, dans l’abysse de l’oubli

 

extrait du recueil La blessure de l'amphore, paru aux editions Neuma, octobre 2022

 

© Elina Adam                                                                           
 
 
 

 

 

 

 

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17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 07:41

Tableau « Passage du temps » d’Eliane Hurtado

 

Dans ce parc, un arbre en gloire
Pacifie l’atmosphère sereinement.
Ce n’est pas un rêve éphémère
qui le drape d’une musique
devenue nôtre dans le privilège de l’instant
indescriptible et intemporel.
Cette mélopée légère ne serait-elle
Qu’une goutte de mélancolie ?

Assis seul sur un banc
Un homme contemple l’infini,
Bilan de vie ou méditation ?
Le mystère restera en suspens.


©Eliane Hurtado        
   

 

 

 

 

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16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 08:00
   
                               "Feu"
     
                     Pépère flammèche
                     Patibulaire brasier
                   Des cendres vétustes .

 
"Eau"
Singulière goutte
Indolent ruban marin
Audacieux flot .

 

"Air"
Un souffle discret
Une fumée hésitante
Brouillard étouffant.

 

"Terre"
Grains par myriades
Petit palais de ramures
Champ engloutissant.

 

© Mounia CHELOUAH                        
 

 
 

 

 

 

 

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15 janvier 2023 7 15 /01 /janvier /2023 07:48


Prix Louis Guillaume 2023, éditions Le Silence qui roule

Excellente nouvelle pour Béatrice Pailler lauréate du Prix Louis Guillaume 2023 ! Formidable début d’année pour elle !

Ci-dessous un note du poète Michel Lamart

 


    Herbes folles confrontées au jardin, sa rigueur, son soin, et, entre les deux, le chemin où il est doux de se perdre car « aujourd'hui est ailleurs où hier conduit à demain. » Toute la subtilité du propos réside dans ce va-et-vient permanent. Et Béatrice Pailler en file brillamment la métaphore. Le projet – pacte de lecture – s'affiche au seuil du recueil (du jardin) dans un verset qui précise clairement la démarche de la poète :
    « Le vent sème et l'herbe et l'homme, enracine l'un, déracine l'autre. L'herbe est de poussière et d'eau. L'homme est de terre et de larmes. Histoire commune, voyage commun. Le vent sème. Un brin d'espoir pousse au chemin. »

    C'est à ce voyage que nous sommes conviés dès la première (« Corps sauvageon ») des trois parties subdivisées en deux sous-parties qui constituent le corps de ce recueil de proses poétiques. C'est ce corps où circule la sève qu'il nous est donné de parcourir par la magie incandescente de la langue d'une richesse exubérante – quasi végétale – de Béatrice Pailler.

    « Corps sauvageon ». Ce qui compte, ici, c'est l'adjectif. « Sauvageon » désigne à la fois l'arbre non greffé et sujet à greffer et l'enfant qui pousse, tel un petit sauvage. « L'oubliée » s'anime, danse, rêve : « En chasuble de nuit, avec la lune pour compagne, l'herbe vit son plus beau rêve. Un rêve d'infini. » Cette danse « qui du vivre au mourir régit l'homme. » « D'Autan et d'Ancolie » : c'est l'incursion dans un fantastique orchestré par le diable : « Le diable à voix de cor lève le camp, battant campagne en appel à ses fous. » Vent orageux et agrément des jardins : « sur la toile de mai l'ombre en bouquet épouse ta main. » Insaisissable ancolie : « Nul ne peut l'atteindre, nul ne peut l'étreindre ». Le vent, le traître, « découd nos pensées » mais « l'Ancolie veille, portant l'aube dans ses poings. » Triomphe de la lumière sur le diable et la mort.

     « Sève et sang ». « Grand » devient l'étalon, la mesure d'une vie menacée par le chaos, le mystère, la mort « Seuls au grand Rien, Grand Néant. » Nouvelle confrontation. Cette fois du dehors et du dedans. Avec la fenêtre en miroir qui « naufrage l'instant. » La nuit « cogne à la fenêtre », efface le dehors et avive le dedans. Révèle la fable mythologique où triomphe, à la croisée des chemins, la maléfique Hécate. Vieille histoire sur laquelle toujours veille l’œil à travers une fenêtre où « s'absente le vivre, s'invite la vie ». « Dis-moi » opère, par les mots (« respiration de nos corps », « sève et sang de nous-mêmes »), une approche du jour et de la nuit. Clair-obscur qui mime la frontière ténue entre sommeil et insomnie : « L'insomnie veille, mangeuse de rêve ; sommeil à tire-d'aile que la chouette salue d'un cri de lune. » On y retrouve la fable qui est le récit de l'enfance autour duquel tout s'organise mais dont il faudra bien s'échapper... pour devenir « Grand » : « L'oiseau, le cerf et le loup sont en mémoire comme en cage. Artisans de la nuit, ils usent la faim, façonnent de nouveaux mots, de nouveaux rêves pour que, paupières closes, le hanneton n'écoute plus sa peur. » Le monde devient lui-même récit : « la fenêtre ouvre le livre. » Acquiert, avec son unité, son sens : « un seul monde, trois visages : l'arbre, le loup et le poème. » La louve (« Au jardin : l'enfance de la Bête. » qui rôdait déjà dans « Sève et sang ») enfante le futur dans ses jappements : « De cris en appels, de souffles en mots, par la voix naître au monde. »

    « Fenêtres » Au clair de l'hiver : février. C'est la transparence du poème réinventée : « La fenêtre à verse et de verre et de temps. » Alors, « L’œil éclaire le monde, donne un nom à toutes choses ». Pour cela, il a fallu traverser le sommeil, cueillir le fruit à naître du poème. Lequel invite au voyage dans son éclosion : « Ainsi vient le poème. Ainsi voyage le poème : joie posée sur l'indicible du jour, l'inarticulé de nos vies. » « L 'herbier du poète » retour à l'indécision du clair-obscur : « Entre le sombre et le clair, les fougères penchent incertaines du choix. » Condition essentielle de l'écriture : « Aux branches de l'ombre mûrit le poème. » L'herbier du poète présente la richesse d'un inventaire que l'on feuillette de saison en saison : sous-bois de mars, renoncules rapportées des croisades, graminées couleur de plumes, pissenlit dont le « feuilles font jardin », chardon, l'ivraie « sang de nature » qui vêt le chemin - « sans elle, la parole s'éteint », le lilas et son secret, l'hortensia cuvant ses liqueurs, chant de l'oiseau « fruit de l'aubépine », néflier « chargé d'automne ». Tel est cet « Herbier de silence où s'inscrit le temps. »

    On sort de cette lecture ébloui par la richesse inventive de la forme, le renouvellement des images, le travail de la syntaxe. L'écriture. Le style n'est plus « de l 'homme même », comme l'écrivait Buffon. Il est aussi de la femme. Totalement. De manière parfaitement assumée. Il est travail. Il ne traduit pas ce « ressenti » dont nous accablent trop de poètes d'aujourd'hui.  Béatrice Pailler nous rappelle ici quelque chose d'essentiel :
    « Se dépendre du réel, telle l'eau : eau des fontaines muettes, eau du chemin trop dur, eau des paupières ; simplement se dépendre.

    Revêtir le temps pour écouter l'instant, l'inscrire en nous. Cueillir aux lavis des fenêtres le silence, sa force. Ainsi viendra le poème. »

    N'en déplaise à Rimbaud : on ne naît pas poète (« Lettre du voyant »), on le devient !

    Évelyne Voldeng – à qui fait penser le travail de Béatrice Pailler (thèmes de prédilection identiques : nature et flore –, au début des années quatre-vingt-dix, avait distingué quatre modèles distincts d'écriture féminine/féministe : biologique, psychanalytique, linguistique, culturelle. Le biologique fait ressortir qu'un texte est marqué par le corps (anatomie et textualité). Le psychanalytique situe la différence dans le psychisme de l'auteure et dans le rapport qui s'établit entre le genre et le processus créateur. Le linguistique cherche à confirmer l'hypothèse que la différence sexuelle est l'axe des variations du langage. Le culturel s'approprie les modèles précédents mais les interprète en fonction du contexte social dans lequel ils se produisent.  C'est le cas de Béatrice Pailler chez qui le glissement du corps vers la langue s'illustre dans la métaphore du jardin.  

    michel lamart  

 

 

 


 L'Autre Versant,
 Le Silence qui roule

 9782492888021 / 15€
https://www.lesilencequiroule.com/

 

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 07:34

Tableau de Nicolas Poussin
 
 


 
Ce matin, éclairée par une lumière d’hiver, ma plume glisse vers vous
 
Que devenez vous ?
 
Un peu essoufflés, le cœur en coulisse, l’âme tourmentée par notre monde en folie …
 
N’y a-t-il pas un chemin vers l’émerveillement, cette couleur qui permet d’ébranler nos certitudes ?
 
Rappelons nous l’aubépine odorante, blanc bouquet sur un chemin oublié
                             le premier vol des hirondelles sous le toit aux tuiles rouges
                             ce mois de mai, enlacés avec notre brin de muguet
                             cette valse musette un soir de fête des vendanges
 
Aujourd’hui,  je croise votre regard, les yeux mouillés de souvenirs
 
Si proche de l’an neuf, voici un vœu :
 
     N’oublions jamais les nymphes au bord de la rivière transparente de l’aube
 
                      Elles sont les sources vives qui enchantent nos cœurs.
 


©Roland Souchon

www.rolandsouchon.com            
 
 

 

 

 

 

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13 janvier 2023 5 13 /01 /janvier /2023 07:29


 

Sortir de la nuit
Au long des chemins d’incertitude,
Baigner ses pensées
Dans la rivière de la lucidité
Et voir glisser sur l’écume
Un filet de brume
Déchirant la voilette
De secrètes pensées.
Entraîné par un vent nouveau
Vers des sommets purifiés,
Libérer un souffle satiné
Sur les racines en dérive
Des fleurs humaines assoupies.
D’une plume au bleu d’acier,
Esquisser les signes indélébiles
De la beauté brute et primitive,
Vision d’une paix révélée
A l’émerveillement des abeilles à miel.
Au long des chemins de solitude,
S’enchanter enfin
De la lumière du matin.

 

©Nicole Portay
 
Extrait du recueil : Les racines du miel - Editions les Poètes français              
 
 

 

 

 

 

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