MOSSOT — Travail personnel - Brigue - Chapelle Notre-Dame-des-Fontaines - Fresque du Jugement dernier
L’idéal inaccessible
un piton trop élevé
on s’y croyait arrivé
qu’il est encore invisible
on le recherche on le cible
mais on croit qu’on a rêvé
son temps est presque achevé
qu’on n’a pas fermé sa bible
on a cru dur comme fer
que le ciel comme l’enfer
pouvaient être de ce monde
on s’aperçoit que des deux
le second parvient le mieux
à garder son tour de ronde
1953. J'ai huit ans, et je suis en classe au village de Saint Etienne de Fontbellon ( Fontaine de Bellius) sous Aubenas ; c'est le cours moyen dirigé par le maître que j'adore : le père Escoutay qui fait aussi fonction de maire socialiste du village : ''La Souche''. Cet homme qui joue de la guitare ressemble à Georges Brassens comme son jumeau ( ''le vent qui souffle à travers la montagne me rendra fou''....Gastibelza l'homme à la carabine...'')
On vient d'écouter tout une série de conseils sur le respect à avoir pour notre belle et excellente langue française que bon nombre de pays nous envient...etc...etc... On est tous fin prêts pour la dictée de ce matin-là...sauf une absente, et c'est rare ! Jamais personne ne manque à l'appel de la dictée qui sera notée.
-Attention ! C'est la dictée de composition, relisez-vous bien !
-Oui, maître ! ( Réponse nourrie : fois 37, car on est 37 au cours moyen cette année-là)
Toutes les plumes à l'encre violette sont dans les starting blocks des encriers de porcelaine...
Une seule absente : Monique Malosse, l'aînée d'une famille nombreuse, famille serrée dont tous les enfants sont nés à un an d'intervalle à peine ; c'est dire si le père est vaillant et fier...et si la mère est épuisée, femme invisible : elle a donné naissance à une vraie touffe de champignons sauvages, bouilles rondes, cheveux raides coupés courts ; ils habitent en montagne au lieu-dit ''Les Espéraïgues''où toutes les sources sont vides l'été.
Pour descendre au village, la route est longue et ressemble à un lit de ruisseau à sec ; ils la parcourent toujours à pied, parfois en char-à banc tiré par deux bœufs. Ils apportent une petite cantine remplie de ''bombine'', ce fricot ardéchois de pommes de terre agrémenté d'un bout de lard, repas qu'ils mangent autour du poêle de la classe en hiver, un bout de fromage de chèvre et deux prunes en été, quelques châtaignes en automne...
Ah ! Ils ont du mérite ces petits paysans ardéchois, droits et vaillants par tous les temps et qui jamais ne se plaignent !
Ce matin-là, on est tous prêts pour la dictée du matin ; le nom de l'auteur est déjà écrit en belles lettres cursives au tableau : Marcel Pagnol lorsque :
-Toc toc toc...la porte de la classe s'ouvre
C'est l'aînée des Malosse, Monique, méconnaissable, ébouriffée comme un épouvantail de paille, le visage en sueur couvert d'égratignures et de bleus
-Bon sang Monique, dit le maître, que t'est-il arrivé ???
-Me sian toumba dédins oun bourdigas y me sian tout ingrapina lou mouré !
( Je suis tombée dans les buissons et je me suis tout égratigné la figure!)
Tout le monde a compris et personne n'a ri.
Monique, après quelques soins généreux au mercurochrome, le visage semblable à une pomme sauvage dévorée par les renards, a fait la dictée avec nous comme d'habitude, et comme d'habitude : zéro faute, puisque c'était la meilleure de la classe. Ce n'était pas un plongeon dans les ''bourdigas''ni dans le patois ardéchois qui allait changer les choses, bien au contraire !
"Comme tu viens souvent
je te donne la clef
de la porte secrète"
Souffle Pierre dans l'ombre
De cette grande salle
Où tout un bric à brac
Regarde la fillette...
Sa main reconnaissante
Serre la" Clef Magique"
Qui connait son royaume
Si près du magasin
De ce vieil homme tendre...
"Tu es presque ma fille
tu ne peux rien jeter
un siège ou un jouet
une lampe...un miroir...
compagnon de nos jeux
nous serions bien ingrats
d'omettre vos conseils
et votre fidélité
car en vous oubliant
nous effaçons nos jours
du tableau de la vie..."
"Merci..merci encore
d'avoir sauvé l'enfance
et la joie de mes rêves
qui vivaient au grenier...
merci d'être venu
et d'avoir acheté
à mes parents surpris
tout ce qu'ils voulaient vendre
pour faire de la place
au salon de Mamie...
Je n'étais que tristesse
et vous l'avez compris...
Je vous rembourserai
un peu chaque semaine"
Dit Camille au vieil homme.
"Je sais que tu écoutes
le silence et le vent
que tu parles aux insectes
et que les fleurs se penchent
en signe de respect
quand tu passes près d'elles...
Ma petite Camille
poursuit le magicien
à la voix merveilleuse
Sais-tu que ma boutique
dès qu'elle t'aperçoit
me parle d'une fée
qui règne sur les choses
et tout ce que tu vois
s'anime devant moi...
N'est-ce pas un paiement
plus vrai que de l'argent ?...
Tes amis te réclament
ils possèdent le livre
des mystères et des songes
Vas vite mon enfant
tu connais le chemin..."
Camille disparut
Au fond du magasin
Retrouver l'univers
De son nouveau grenier...
Sous l'astre de lumière
Au bonheur des fées...
Fin ...
Cette aventure fut imaginée, puis écrite avec le concours des élèves, lors des ateliers "Poésie" durant l'année 2012, au "Cours de l'Alphabet" à Cagnes sur Mer.
Je ne peux plus dire Maman
et personne ne pourra jamais me le dire.
Je n’ai jamais dit Papa.
Je n’ai jamais dit mon mari.
On ne m’a jamais dit Mami.
Ajouté à cela, ni frère ni soeur
Pas étonnant que je sois un peu perdue
au milieu du temps comme au milieu du désert
sans repère.
Quelqu’un n’a-t-il pas écrit
« Famille je vous hais ? »
Au temps où j’en avais encore une
j’ignorais qu’on puisse la haïr avec bonheur !
Je ne suis pas vraiment une pauvre orpheline
seulement la dernière feuille
d’un arbre en automne…
Heureusement il y a la parole des autres
une brise douce et tiède qui me réconforte
en attendant que le vent m’emporte
à la rencontre de mes rêves
Un livre est un message,
Une histoire que l’on signe...
Un livre s’écrit avec le sang,
En rouge, en noir et blanc,
Avec le sel de ses larmes,
Et le charme innocent
D’un regard si troublant...
Un livre n’est féminin
Que dans la légèreté,
L’érotisme effleuré,
Désinvolte, et dévoré !
Mais il n’est masculin
Qu’en sujets bien musclés,
La rime masculine
Jamais ne le décline !
Ni ambigène, ni arc en ciel
Le livre n’a de pareil...
Simplement : « il est »...
Ce n’était que le crépuscule
Qui empourprait la mer
N’injurie pas ton Dieu
Pour un démon facétieux
Qui s’égare dans la ville.
Laisse retomber les rumeurs
Dans les rues poudrées d’or.
Le sang versé sera rendu
Jusqu’à l’ultime goutte
Et sera compté
Chaque baiser arraché à la vie.
Ne renie pas ton Dieu
Il te suit pas à pas
Au coeur du labyrinthe,
Et je t’attends revêtue de lumière
Pour porter à tes lèvres
Le doux breuvage de l’oubli.
C’est l’heure des pipistrelles
Au ciel crépusculaire.
Leur incessant va-et-vient
Entre chêne et noyer
Tisse le hamac invisible
Où je m’endors sous les étoiles.
Ah ! Quelle nostalgie affleure
En cet instant d’éternité !
Le monde se balance en moi
Dans son véritable équilibre.
Je le berce comme un enfant !
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...