Dessin de Jeanne Champel Grenier
Relu à l'occasion de la guerre au Proche Orient
Souviens-toi, c'était hier...
« Blewu ! » Chante Angélique Kidjo
Aux chefs d'états réunis sous l'Arc de triomphe
Écoute la Déesse noire, idole béninoise
En hommage aux tirailleurs sénégalais
Dont la couleur de peau ne gênait pas l'armée ...
Si lointaine, si exotique cette paix
C'est un rêve éveillé d'oiseaux de feu
Aux vasques débordantes du fleuve
Ces oiseaux d'eau légers, vifs et somptueux
Espèce première, intouchée, aux plumes bleues
Oiseaux du paradis, si prés de nous
Que malgré la distance et la mer
Leur chant d'amour pagaie nos âmes
« Patience ! » crie l'oiseau du couchant
Tout n'est pas perdu, tout renaît toujours
Le soleil bat son or et l'Amour bat des ailes
Nul ne le perce, nul ne le met en cage
Nul ne l'enterre, nul ne l'oublie
L'Amour attend le désir de l'homme
C'est un fruit multicolore, une grenade
Qui s'ouvre pour le partage ou bien éclate
Et vous met la douceur de paix à la bouche
Lorsque, traîtreusement, rejaillit l'ancestrale haine
Se retenir avec courage de choisir son camp
Se souvenir que partout : désert, montagne ou plaine
Des fourrés de la vengeance se multiplient les serpents
Quand un dieu en qui tu as foi demande de verser le sang
Oublie le ! C'est un démon imaginé par les méchants
Regarde le grand ciel bleu et blanc sans frontière
Nul besoin de rouge pour embellir la bannière
Juste un oiseau, blanc dont on connaît le chant
Écoute les Sages chanter jour après nuit
La longue et belle marche du cœur et de l'âme
À travers les mille pistes rouges de la terre
Écoute, c'est juste un battement de tam-tam
Mais il bat patiemment depuis la nuit des temps
Lève les yeux, enfant, au delà des jours de deuil
Et vois défiler les esprits neufs, debout sur le seuil
Écoute la voix des hommes du partage
La seule, l'unique voix humaine
Non pas le cri guttural du poison de la haine
Et tu entendras dans les accalmies du vent
S'ébrouer la paix, et la fraternité tranquille
Tu sentiras les parfums que tu aimes
Parfums d'ailleurs, parfums de fruits
Douceur des mots, chants d'harmonie
Dans les feuilles nouvelles du temps
Dans tous les yeux qu'ils soient noirs ou bleus
Qui ne te demandent pas le nom de ton dieu
Le petit chien blanc s’approcha, que dis-je, courut vers une paire de baskets qui traînaient abandonnées sur le parquet. Il renifla, tourna autour, renifla encore, s’étonna qu’il y eût des fleurs dedans. Il tira sur les lacets et entendit : - ouille ! Surpris, il tira à nouveau sur un des lacets et à nouveau surgit un - ouille ! Cette fois, il était sûr d’avoir bien entendu, et en plus, que cela venait des chaussures.
- Tiens, dit-il, des chaussures qui parlent !
- Ben oui, lui fut-il répondu. Tu parles bien toi !
- Oui mais moi, rétorqua le petit chien blanc, c’est parce que je suis intelligent.
« Ah ! Parce que tu crois que c’est pas être intelligent, pour des chaussures, de protéger les pieds des gens ? dirent-elles en chœur.
- Bon, bon, ne vous fâchez pas. C’est parce qu’on dit bête comme ses pieds, alors les chaussures... Et pourquoi - continua le petit chien blanc, vous avez des fleurs dedans ?
- C’est elle qui nous met du parfum pour sentir bon. Les pieds, ça transpire, tu sais, après avoir beaucoup marché. Et nous ne sentons pas bon.
Elles soupirèrent.
Le petit chien blanc à la curiosité insatiable, allait demander : - qui elle ? lorsqu’il entendit : - Bastien, ne traîne pas et mets tes baskets !
Et Bastien sortit de son doux rêve. - oui maman !
Histoire extraite de HISTORIETTES et CHANSONNETTES POUR L’ENFANT QUI EST PARTI…
Sans écriture, je suis réduite au silence,
Mains attachées, toute la journée, mon esprit est en prison.
Mais le soir, brisant mes chaînes,
C’est tout mon corps qui se réveille.
Les mots courent sur le cahier,
Filent entre mes doigts
Écrire en liberté ou en pleine consigne
Entre les lignes,
Je me transporte dans un autre monde
Imaginaire.
Couchant mes pensées sur papier,
Mon âme en stylo plume
n’est qu’audace,
Révolte.
Hélant mes rêves, mes impatiences,
Le temps se fige.
Je ne souffre plus,
Personne ne peut m'arrêter.
C’est une plume de plaisir qui m’a tout appris,
Toute entière noyée de bleu,
Dans un encrier de volonté face à la page blanche
Quand je ne peux pas parler, j’écris.
Collectif Images et mots – CM1 à 5ème
Prix Gabriel Celaya jeunesse 2023
Clara Santos, Grand lycée franco libanais Madrid – Hana HADJ-MABROUK, 94550 Chevilly Larue –Zélie SCHMITT, 69008 Lyon – Maïa TOPRIDES PUYDUPAIN, 38114 Allemond – Calixte DEMOUSTIER de COLOMBE, 31500 Toulouse – Louison BREGIROUX, 93260 Les Lilas – Hao Xuan SHI, 75015 Paris – Mina ROBERT FOURMIGUÉ 75011 Paris
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Sa maison, réelle ou rêvée,
avec le soleil glissant à travers tous les murs,
habillée dans les nuances de l’arc-en-ciel
de l’aube blanche aux flammes du crépuscule,
émaillée de bleuets et de pavots,
au parfum d’azur, sur son vert de mer,
des vagues de mouettes emportent
sous les ailes des vers de tous les coins du monde,
des chaînes de poèmes s’élèvent au ciel
dans la danse rituelle du soleil,
un bleu collier d’étranges perles,
comme on peut en voir seulement en peinture ou en poésie,
une maison bleue, une île dans la mer,
un arrêt pour tous les voyageurs téméraires,
prêts à affronter la tempête pour une rencontre rare
avec l’étrange esseulé de la terre,
orange dans le crépuscule qui se pose silencieux
et serein sur la plaine et sur les crêtes des montagnes,
sur la plage, le vent nuageux ne la traverse pas,
seulement les brises de la mer et l’azur,
une maison dans la plaine, le ciel dedans,
sous la voûte de la vigne, un pain
et un verre de vin pour les pèlerins.
Lettre parue en été 2003 dans la regrettée revue « Remue-Méninges » à propos du beau livre* consacré à la peinture de Salvatore, analysée par Anita Nardon.
* « Traces de l’art », Éditions Art in Belgium, 2002.
Le 29 janvier 2003
Cher Salvatore,
À peine sortie de mes visions, de mes intérieurs et extérieurs voyages (il y a un an, je me trouvais en Inde du Sud), me voici invitée à celles, à ceux de ton livre !
Je ne puis y entrer qu’avec mon propre regard, ma propre entente. D’éminent(e)s critiques ont analysé ta peinture. Aussi, est-ce en tant que seule peintre et seule poète que je la contemplerai.
Hier soir, quand tu m’as téléphoné pour une autre invitation, celle de t’envoyer quelques dessins et poèmes pour « Remue-Méninges », je venais de vivre un épisode poétique, de ceux qui créent des légendes.
Sur le plus grand des deux tablas indiens (achetés en Inde du Nord en 1978) décorant un coin de ma demeure, j’avais pianoté, puis tambouriné avec cette colère qui est l’autre versant de mon énergie.
Aussitôt, le vent au-dehors se leva. Un orage éclata.
Ces coïncidences me remplissent toujours d’un immense bonheur.
Quelle ne fut ma surprise de voir ensuite tomber la neige ! Des éléments du ciel se mêlaient. Le vent, le tonnerre, la neige : l’air, le feu, l’eau. Tous trois dans des états extrêmes.
De ma fenêtre, je voyais avec ravissement le sol blanc tandis que la foudre se canalisait dans quelque paratonnerre. Et ma colère, et mon énergie extrême, étaient au ciel ! C’est le cas de le dire.
Alors, tu me téléphonas. Je repris ton livre aux beaux tableaux dont les ciels aussi mêlent différents éléments. Je passai la soirée à le redécouvrir, c’est-à-dire à le mieux découvrir.
• « La spirale de la vie »...
Dans le conte (La Source d'Incandescence, 2002 Bruxelles et Inde du Sud) que je viens d’écrire, encore inédit, un taureau, terrienne monture de Shiva, s’envole. Dans ta vision, la corne est d’or ; son or, d’abord de la Terre, devient solaire en s’effilant. Un croissant de soleil !
À l’image de ton nom – Salvatore –, ce croissant sauve. Il semble sauver la ronde harmonie de notre planète. Il la sauve, la contient, la maintient hors des crevasses et des abruptes chutes, telle une main émergeant encore de marais enliseurs qui voudrait sauver une étincelle de vie. Dans ta sphère, cette étincelle est le soleil. Combien, cher Ami, je suis sensible à ces images, étant sans cesse animée, habitée, par de pareilles ! Cette étincelle, ce feu, est d’ailleurs le départ de mon dernier conte. Que l’on me pardonne de parler à nouveau de moi, mais c’est dans le cadre d’un dialogue de visions.
Ta spirale qui est spire, est-elle involution ou évolution ? Elle me semble repli méditatif en un monde qui s’effrite, se fissure, se brise. La bonne Terre, symbolisée par l’animal le plus terrien : le taureau, est enlisée dans une destruction, un écroulement. Une seule corne en émerge qui peut-être deviendra cosmique. Si tu as voulu cette corne de bélier, on peut espérer un bond, un saut par-dessus les abîmes.
Dans mon conte, j’ai doté d’ailes l’animal.
Mais la Terre, chez Gucciardo, est massive et opiniâtre, elle a d’autres moyens, d’autres envols.
• Dans « La destinée humaine », un Ange féminin apparaît, discrètement, qui désigne du doigt une voie hors cadre, tandis qu’un musclé humain montre le centre du tableau, un couple au pied duquel est assis un serpent apprivoisé – et ailé !
Cette « destinée » place résolument l’Humain au milieu, sa rédemption est dans le couple. Dans l’androgyne, peut-être, car trône au-dessus, telle une divinité, presque une idole, un homme au visage de femme.
• Le nuage compact du « Jugement dernier » est-il vraiment tragique ? Il semble plus contenu qu’atomiquement explosif... Ne sortirait-il pas du cerveau de l’accusé, de celui montré du doigt par le représentant d’une foule dans l’ensemble plus passive qu’effrayée ? Assis comme le « Penseur » de Rodin, le désigné n’est-il pas incompris des gens agglutinés de part et d’autre de lui ?
Bordé par tout ce monde, un chemin relie le solitaire à la perspective de sa création : à un jugement ?
Les solitaires et créatifs artistes sont-ils jugés dans leur vision ? Dans leur pensée ?
De quelle sorte d’explosion sont-ils accusés ?
Salvatore, je ne connais pas les dates de tes tableaux. Mais, même si « Le jugement dernier » est postérieur à la « Traversée flamboyante », l’accusé du premier pourrait être l’homme rivé de la seconde. Rivé à sa planète, en formant un croissant, gravitant sans errance au-dessus d’un paysage doux et suave qui, telle une rose, comporte quelques épines, des tours ou collines acérées. L’homme aux mains absentes fut-il ainsi condamné ?
Dans cette éventuelle condamnation, est-il aussi heureux que celui ou celle enfermé(e), protégé(e), dans la translucide sphère de « La joie sacrée » ? Sans doute, car sage et serein est le profil de son visage. Si la métallisation de son corps est un vestige de la robotisation d’une ancienne période de Gucciardo, elle l’a coulé en sculpture, dans un alliage de terre et de feu.
Voici, cher Salvatore, quelques étapes dans le voyage que je viens de faire au sein de ton livre.
Lorsque, naguère, tu me fis découvrir de tes tableaux, je restai abasourdie devant nos affinités cosmiquement visionnaires.
Mon conte La Source d'Incandescence, écrit en 2002, est paru en 2004 aux regrettées Éditions de la Page. Il vient d’être réédité aux Éditions M.E.O., en 2022.
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...