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23 octobre 2023 1 23 /10 /octobre /2023 06:43

Illustration proposée par l’auteur.

 

 

Un petit caillou blanc s’est égaré dans l’escalier d’un vieil immeuble parisien.

Échu, désorienté, entre troisième et quatrième.

Blotti dans le fourrage d’un paillasson brosse-poils de chien

Il gisait esseulé, rue Linné dans le cinquième.

Un caillou sans papiers, balloté par un godillot

Pressé d’atteindre sa garçonnière, un Roméo

La chambre d’une Juliette, nymphette à brodequins

D’une Colombine, chaussons satins.

 

Maintenu par le manche d’une poigne matrone

Un balai effrangé fera choir l’étranger vers la bouche d’une pelle

À ordures gloutonne

Le ventre avide d’une poubelle.

Bien triste destinée, pour qui fut cœur de pierre

Que de passer poussière

Pour s’en aller sombrer dans un champ de gravas, pas même un cimetière.

 

Une main habillée saisit le fourvoyé

Le glisse dans une poche, dévale l’escalier

Ouvre la porte sur la rue

Traverse l’avenue

Le pose dans un parterre de fleurs repiquées.

Te revoici dans ton jardin, signent les doigts gantés.

Méfie-toi de la botte : celle du jardinier !

 

Heureux tout simplement de retrouver les siens

Le caillou se trémousse, il salue les ramiers

Ses amies les souris, les fourmis et les chiens.

Puis l’index d’ajouter :

Et merci pour ma plume de t’être fourvoyé entre troisième et quatrième

Car ce soir c’est à toi que je dois ce poème.


 ©Serge Lascar
Nouveaux Cahiers de Poésie                    
 
 
 

 

 

 

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22 octobre 2023 7 22 /10 /octobre /2023 06:46


 

Découverte en l’appel flegmatique
Te parler dans le silence du regard
Et dans l’abandon de tout superflu te convier
Charme des chairs altières
Attrait des errances vestibulaires
L’air est au plaire mais aussi au leurre
Sou(s)-rire au pire à venir
Le port fièrement désinvolte mais cependant feint
Noires prunelles belles et pourtant obscures
Énigmatique posture prête à la morsure
Te fasciner par l’attente patiente et ne plus te lâcher
Pour t’emporter aux pays mystérieux

 

©Gérard Leyzieux                    
 
 

 

 

 

 

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21 octobre 2023 6 21 /10 /octobre /2023 06:24


 
 
 
D’abord il y a ce point,
À la ligne, nu, sans virgule,
De croix ou de salut,
Tache dans l’œil du soleil
Qui vient regarder par-dessus ta haie
Si tu veux bien être aimée
Ou seulement réchauffée.
 
Après, il y a ce cri,
Venu de loin, né de nulle part,
Qui déchire mon cœur de sa césure âpre,
Juste après l’amour, juste avant la mort.
Un cri d’abandon
Long comme un jour sans pain,
Qui cesse brusquement quand la nuit le saisit.
 
Enfin, il y a ta joie, belle comme les blés
Qui laissent le vent léger
Se perdre en leur blondeur.
Elle me fait pleurer, elle me dit tant de toi
Je ne pourrai jamais la serrer contre moi
À peine désirée, sitôt envolée.
 
© Bernard Delpech               
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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20 octobre 2023 5 20 /10 /octobre /2023 06:42


©Etienne Fatras                            
 
 
 
 

 

 

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18 octobre 2023 3 18 /10 /octobre /2023 09:33

Héritage du souffle, de Jean-Louis BERNARD, Ed. Alcyone, Coll. Surya, 73 p., Jonzac (Charente-Maritime), 2023, ISBN : 978-2-37405-107-9

        

         On ne peut qu’être médusé par la poésie de Jean-Louis BERNARD. Les mots y éclosent dans une sorte de véracité primitive d’avant l’anthropocène.

grand silence blanc

du poème

où guette furtive

l’harmonie d’avant le monde

 

         Comme si la parole, sans doute pré-biblique, était née directement du labeur des étoiles. Quand, dans une nuit fondatrice, chantaient  l’impermanence du rivage / et la clarté / des abysses.

          Tropisme vers des mots-gemmes (j’allais dire des mots rares ou précieux, mais cette poésie n’est ni maniérée, ni précieuse), souvent au pluriel, sans doute issus de quelque météorite langagière : lamaneurs, guipures, aménités, biffures, glyphes, chablis…

         Proximité instinctive avec la nature :

                                    l’orage tissait

                                    de longs poignards

                                    sur la blanche obscurité

                                    des pierres

 

         Ou bien :

 

                                    Suivi

                                    la puissance du fleuve

                                    au plus intense

                                    de sa lenteur

                                    comme un frisson

                                    sur les eaux fauves

 

         L’absence, l’inachevé, la pliure de l’aube, les soleils apatrides, un songe démembré, la mémoire des berges, le dénuement des mortes-eaux, l’air haché de givre font partie constitutive de tout un monde où doutes, volcans, mystères, mais aussi douceur et bienveillance sont les incandescences poétiques chez Jean-Louis BERNARD.

         L’écrivain conclut son recueil par :

                                    et l’ombre que nous

                                    abandonnons

                                    arpente pérenne

                                    les seuls chemins qui mènent

                                    à ce qu’on ne voit pas

 

         Foisonnement d’images, dans une mise en perspective dénuée de tout artifice, sans ponctuation ni titre, avec juste une majuscule au début de chaque poème. On remarquera également une mise en page impeccable sur un magnifique papier nacré.

           Oui, tout au long de son œuvre, le présent auteur a du souffle. Héritage (selon l’adage latin : on naît poète, on ne le devient pas) ou patient labeur à l’écoute de son subconscient ?

 ©Claude LUEZIOR  

 

                                                           
 

 

 

 

 

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18 octobre 2023 3 18 /10 /octobre /2023 06:56


Poèmes Lauréats Concours Jeunesse SPF 2023
 

 

Dans l'obscurité de la nuit,
Je me sens si seul, si petit,
Une âme perdue, un être fragile,
Pris au piège dans un monde hostile.
 
Je me questionne sur mon existence,
Sur le sens de ma vie, sur ma persistance,
Dans ce monde éphémère, si étrange,
Où tout change et tout se mélange.
 
La tristesse m'envahit, me consume,
Je me sens si seul dans cette brume,
J'erre sans but, sans direction,
Cherchant une réponse à ma question.
 
Qui suis-je donc, dans ce grand univers,
Un simple être, sans pouvoir ni travers,
Vivant dans l'illusion de la liberté,
Prisonnier de ma propre réalité.
 
Je me sens si petit, si insignifiant,
Face à l'immensité de l'infini présent,
La tristesse m'envahit, me submerge,
Dans cet univers où tout est éphémère.
 
Mais malgré tout, je continue d'avancer,
De chercher ma place, mon identité,
Dans ce monde si complexe, si sombre,
Où la tristesse est notre ombre.
 
Et je navigue à travers temps et espoir,
Découvrant l’indécence de ce que nous sommes sans y croire.
 

©Daniel M’BOUYOU

– TERMINALE
64000 PAU
1er prix 2023 – Section terminales-étudiants-non scolaires

                                                           
 

 

 

 

 

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17 octobre 2023 2 17 /10 /octobre /2023 06:34


 

 

Dans le fond du jardin
il y avait un petit mort
Muet au dessous de son arbre,
l'écureuil, couché sur le côté,
l'oeil serein, la griffe courbe
Mort de vieillesse en juillet
alors que les fruits sont verts
à peine formés mais les écorces
déjà molles aux quenottes

L'écureuil est bien tout roux
comme on le dit et sa queue
d'écureuil mort dans le fond du jardin
ressemblait à une large plume d'oiseau mouillée
En septembre dernier, tu filais
de sureau en sureau, tôt
le matin avant que je me lève
Pour choisir tes noix et tes noisettes
et les enterrer

Maintenant que la mort
t'a surpris au pied de ton arbre
je peux te dire que les fruits ont germé :
Comme des lentilles
entre deux couches de coton humide
C'est un noyer qui s'échappe maintenant
de la coque de tes noix...

À Hyde Park, tu nous avais beaucoup amusé ;
Sautillant, l'oeil furtif, aux aguêts,
quémandant cacahuète sur cacahuète
-Seulement une à la fois-
pour les enterrer un peu partout
dans la pelouse entretenue à la tondeuse
du grand jardin londonien...

Ah, l'écureuil, je te regardais
grimper dans les sapins au dessous de Zerinatt
Il y a des années de cela,
et te laisser parfois apprivoiser,
les pattes arrière en haut, bien élevées,
les pattes avant en bas, hésitant toujours,
bien fébrile, à prendre dans ta petite main
les friandises des promeneurs...

Un grand écureuil tout roux
mort dans le fond du jardin
sous son arbre, l'oeil serein

©Pierre MIRONER

 
       

 

 

 

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16 octobre 2023 1 16 /10 /octobre /2023 06:44

Photo Denis Portay

 

Béance de la vie
Écrite à l'encre du soir
Battement feutré
D'ailes noires.
Requiem sur la pierre élimée
Du moulin des sens.
Comment croire encore
À la verdeur du vieux chêne
Au vertige de la sève
Jaillissant de semailles
Jetées à l'encre solaire.
Pleurs de l'élan
Dans le miroir des eaux ridées.
Comment esquisser
À l'encre de la source
Le reflet d'une verte pousse
Sombrant sur le sang
D'un dernier soleil.    

©Nicole Portay    

 

Nicole Portay a été honorée de la distinction d’Ambassadeur de la Paix.  
 

 

 

 

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15 octobre 2023 7 15 /10 /octobre /2023 06:45


Proposé par Sonia Elvireanu
 


 
Je cherche la chambre cachée
où l’amour attend
depuis des années, en toute patience.
           
Les murs de la maison ont flétri
depuis que je cherche
par les yeux de la fenêtre
le rayon conseiller.
           
Depuis un moment,
je l’attends, d’après les saisons,
tantôt avec des bouquets de lilas,
tantôt avec des roses à peine fleuries,
tantôt avec des coquelicots ou des bleuets.
           
Aujourd’hui, pour toi, amour,
j’ai rempli mes bras
de l’or des caille-lait jaunes.
 
comme je sais que, finalement,
tu y seras,
j’ai aussi paré mon âme.

 

© Rodica Gabriela Chira
               
 
 

 

 


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14 octobre 2023 6 14 /10 /octobre /2023 06:46

15 poèmes tristes, 15 chansons joyeuses -  bilingue français et espagnol – postface Philippe Courtel – Editions les Poètes français – 1 er trimestre 2023 – format 15x21 – nombre de pages 79 –

 

 

Le dernier recueil – 15 poèmes tristes 15 chansons joyeuses -  de la poétesse et essayiste Elena Fernández-Miranda s’ouvre sur un décor de quais de gare réveillant toujours un angle de la mémoire, les images reviennent entre deux brumes, en tourbillons enivrants, la lumière s’imprègne de  séquences parfois joyeuses, la nuit inspire le plus souvent tristesse et nostalgie. La main de l’être cher et proche frémis dans le vide de la nuit, elle lance comme un appel. Ici nous rencontrons une poésie poignante, érigée sur un vécu en déchirure « Que redoute mon âme déjà éteinte ? » L’œuvre est marquée par les traces d’une intense dualité entre ombre et lumière, joie et peine. Voici une écriture émouvante ne laissant nulle place à l’indifférence. Deux langues cohabitent et se répondent en effet miroir. Voix hispanique chaude et déchirante, voix des terres du Nord romantique et tragique enveloppée d’un silence de brume, un souffle intemporel. Notre poétesse tente par l’acte poétique se reconstruire, se réinventer, dans un monde où elle transcende la réalité. Cette écriture est un appel, une espérance tressant un lien entre deux mondes, le temporel fragile et éphémère, le spirituel magnifiquement révélateur et éternel.  Une porte parfois s’ouvre sur la solitude. Au-delà de l’ombre solitaire, l’espoir, la joie, l’allégresse reprennent de temps à autres leurs droits, alors c’est l’heure où l’on court dans le vent, dans les rires d’un enfant. Le temps revient où notre poétesse se tisse des rêves d’argent, des songes enchanteurs, comme clés d’un autre bonheur. Ce recueil touche à son terme en s’ouvrant sur un éventail d’espoir, de vie, de jeunesse, de beauté et d’espérance, entre prières et chimères déposées sur une mèche blonde, éclaboussant tout de lumière : « Ay què dias de flores y què noches de plata / Tejer suenos de espuma /  Como rosas en rama » « Ah que de jours fleuris / Que de nuits d’argent / Tisser des rêves d’écume / Comme roses sur la branche. »  

©Michel Bénard.


Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

     
 


 
 

 

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