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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 06:43
Conte à rebours – Michel Duprez
 
 
 
 
J'ai changé mon carrosse doré en une énorme citrouille,
mon superbe attelage en stupides souris,
mon cocher bien dodu en un rat tout ratatiné,
mes six plus fidèles laquais en horribles lézards.
Le jour où Cendrillon disparut pour de bon
et qu'il ne resta plus à sa place
qu'un tout petit tas de cendres,
je me suis rendu compte au bout du conte
combien j'avais perdu au change
et j'ai changé mon fusil d'épaule
en commençant par changer un lapin en chapeau
pour mieux saluer le temps qui passe,
ensuite une statue de sel en blonde incendiaire
pour réchauffer au feu de l'amour
ce cœur plus frissonnant qu'un enfant perdu dans la nuit.
Mais – Hélas, trois fois hélas ! -
l'idée m'est à nouveau venue de refaire le monde.
J'ai donc changé le singe en homme,
l'homme en génie,
le génie en lampe,
enfin la lampe en ce fichu bec de gaz
qui provoqua l'étincelle soupçonnée
- à tort -
d'avoir déclenché la guerre froide.
Alors, en attendant le dégel,
lassé d'avoir vendu tant de sable dans le désert,
j'ai décidé à compter de ce jour,
et ce jusqu'à ce que mes vieux os soient changés en poussière,
de laisser la nature suivre son cours
et de continuer à gagner ma vie
en reprenant mon petit commerce de glaces
au Pôle Nord.
 
©Michel Duprez  


 

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 06:44
Rêves haut-perchés – Djida Cherfi
 
 
 
 
Tout au long de ce périlleux voyage
Qui s’appelle ma vie,
Je ne cesse de tourner des pages
A chaque mésaventure, chaque ennui.
Quant au sommet de cette immense montagne
Ou tous mes songes sont accrochés,
Je rencontre un problème de taille
Qui s’appelle réalité,
Je me rends bien compte que tout en étant vraie,
La dernière reste infidèle aux rêves que j’ai tant espérés.
Infidèle à ces espoirs un peu exagérés,
Infidèle à des ambitions… très haut-perchées !
Dans cette solitude que je ne saurais décrire,
Mais où je suis pourtant si bien entourée,
Je repense à ma montagne de délires,
Et à toutes les choses que j’aurais aimé changer.
Des choses, certes, auxquelles on s’habitue et,
Qui peuvent nous rendre heureux.
Mais des choses qui, en même temps, nous tuent
Quand elles nous rappellent  nos rêves merveilleux.
Dans ce périple qui est ma vie,
J’essaye de me donner du courage,
En concentrant  ma hargne et ma rage
Sur tout ce que, jusqu’ici, j’ai accompli !
 
©Djida Cherfi
24/11/2015  


 

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 06:44
Surgissant des brumes blanches – Michel Bénard
 
 
 
 
Surgissant des brumes blanches,
Des ombres de silence
Glissent mystérieusement
Sur le miroir automnal des eaux.
Ce sont des lettres et signes
De lumière diaphane,
Qui nous habillent
De songes et de promesses
Aux transparences de porcelaine.
 
©Michel Bénard.  


 

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 06:40
Esperanza - Ode

Oeuvre en titre : « Coup de foudre » de Claude Théberge©

 

 

 

 

De tout temps je t'attendais
Depuis les débuts du Monde
Des siècles j'ai erré
Mais puisque la terre est ronde
Je t'ai enfin trouvé


Le sais-tu seulement
Toi que j'aime en secret
Que depuis tout ce temps
Du destin il est un décret
Celui qu'un jour tu m'aimerais


~*~


Au ventre tourmenté des synchronies
Sous les étoiles du songe
Monte le désir de chair et de sang
Replié dans l'écho blanc des lunes
Comme feuille au bourgeon de printemps


Au soleil vert des prairies gorgées d'eau
Les fleurs sauvages offrent leur mystère
Comme je t'offre le mien, je me dévoile
L'âme dénudée, offerte, enfin, enfin toi !
Tu m'ouvres les bras, il est l'heure


À la récolte des miels d'automne
Des grappes remplies de vins chauds
La chair mûrira, la feuille rougira
Fleuriront nos amours
Et nos regards porteront le jour


Car dans le sillage des départs jaillissent les retours


~*~


De tout temps tu m'attendais
Depuis les débuts du Monde
Des siècles tu as erré
Mais puisque la terre est ronde
Tu m'as enfin trouvée


Tu sais maintenant
Toi qui m'aimais en secret
Que depuis tout ce temps
Du destin il est un décret
Celui qu'un jour je t'aimerais

Ode©
11 mai 2005

 

http://histoiresdemots.free.fr/esperanza.htm  


 


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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 06:44
Au bout du chemin – Jean Dornac
 
 
 
 
Au bout des marches de la vie
J’enfoncerai les portes de la nuit
Il fut épuisant et parfois effrayant
L’escalier des jours à gravir tous les ans
 
Pour arriver enfin en cet endroit
Entre brûlante lumière et triste néant
Espérance d’éternel bonheur de la foi
Ou vide attendu par tous les mécréants…
 
Cette vie à profusion
Etait-elle autre chose
Qu’une vaste illusion
Qu’une folie à forte dose ?
 
Etions-nous vivants
Ou ne faisions-nous que semblant ?
Un rêve peut être tumultueux
Comme un astre qui explose dans les cieux…
 
J’ai gravi les sentiers du haut mont
Celui qui se cache derrière les nuages
Bien sûr, j’ai reçu quelques dons
Mais qu’en ai-je fait au bout de l’âge ?
 
J’ai cherché quelques Vivants
Mais je n’ai rien vu de ressemblant
J’ai enfoncé la porte des étoiles
Mais je n’ai vu que d’éphémères voiles…
 
Alors, de rage, j’ai exigé la Vérité
Rien qu’un épais silence me fut donné…
Et gravé dans le ciel : Bientôt, il sera l’heure
D’embarquer pour l’ultime demeure !
 
Alors viendront enfin les réponses
Par un grand Tout ou un grand Rien !
Je saurai enfin si Tout n’était que ronces
Ou si Rien était vérité de tout bien…
 
©Jean Dornac
Lyon, 5 juin 2016  


 

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 06:36
"SOLEIL sur TERRE" - Pierfetz
 
 
 
 
Il  réveille nos matins
Il auréole nos soirs
Efface nos chagrins
Chasse nos idées noires.
 
Tout avec lui s'éclaire
Au néant de la nuit
Il impose sa lumière
Et il nous éblouit !
 
Sa chaleur purifie,
Réchauffe notre corps,
Mais sans nuage et pluie
il apporterait mort.
 
Subtile photosynthèse,
Echanges surnaturels
Ne seraient que fadaise
Sans terre, sans eau, sans ciel !
 
©Pierfetz
 


 
 
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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 06:41
Mon esprit rebelle – Salah Bekka
 
 
 
 
Souvent, mon esprit rebelle me quitte
Pour aller chercher dans l’espace,
Tous mes vieux souvenirs en fuite,
Auxquels il manque l’ombre d’une trace ;
 
Il feuillète ainsi dans mon passé
Toutes les pages écrites dans le noir,
Et dans son comportement de pressé,
Il les fuit le jour mais les compulse le soir ;
 
Tous ces chapitres chargés de folie
Le versent souvent dans l’étroit sillon,
Ils arrivent en lui en quittant l’oubli
Et lui offrent les tenaces tourbillons ;
 
Il veut noyer dans la profondeur
De mes sentiments tous ses remords,
Et il attendait depuis cette heure,
Pour se libérer du sombre bord ;
 
Je le regarde, je lui demande,
De laisser mon passé au vieux passé,
Puis d’arrêter de faire ces rondes
Qui amoindrissent mes facultés ;
 
Dans son esprit il me voit fier,
Et aussi coupable sans le crier,
J’ai fait de lui un vif repaire,
Car il ne cesse de me capturer.
 
©Salah BEKKA. Auteur
Fleurs, Épines et Frissons…
Paru au : LES ÉDITIONS DU NET
92150 Suresnes France 


 
 
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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 06:49
L’amour du matin – Kacem Issad
 
 
Sur mon lit cousu de vers
Cherchant le verre de son visage
Pour saouler mon âme
Avec les fleurs du mal
Ou les épines du bien
En commençant par ses yeux de félin
Qui nourrissent en moi les désirs du matin.
 
©Kacem Issad  


 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 06:47
Le lutin – Michèle Freud
 
 
 
 
Il était une fois un lutin qui vivait seul, au gré de sa fantaisie, dans une vaste forêt abandonnée. Curieux, avide de découvertes, avec un goût prononcé pour l’aventure, il se sentait libre d’inventer sa vie. Sans habitudes, sans idées préconçues ni a-priori, il saisissait la moindre occasion qui le conduirait dans les arcanes du mystère et de la magie. Il était comme un explorateur qui part à la recherche de trésors. Il pressentait que dans cette immense forêt, il y avait plus de merveilles que ne pouvaient contenir ses rêves.
 
Un jour, il découvrit un ruisseau, un ruisseau musicien qui menait sa vie tranquillement, sans se presser, en chantant. A travers les myosotis, le lutin y trempa ses mains. La transparence de l’eau permettait le passage de la lumière : Elle était bonne à boire ; il s’en régala, avec le bleu du ciel et quelques brins de soleil qui s’y reflétaient. Puis, il se coucha sur un sol moussu. Aussitôt, une joie exubérante, un peu fofolle, vint le rejoindre. Elle le prit dans ses bras, l’enveloppa, l’imprégna. Et puis, pour s’amuser, elle se désintégra en fumée bleue, Ô combien enivrante.
 
De surprises en émerveillement, le lutin se trouva, un beau matin, devant un arbre qui se dressait à proximité d’un rocher, un arbre très haut, sans écorce et sans feuilles, au tronc lisse et brillant. Qui l’avait si parfaitement poli ? Voilà un mystère à éclaircir ! « Je verrai plus tard dit le petit explorateur. Pour le moment, j’ai une chose plus urgente à entreprendre. » Et il se mit à grimper sur cet étrange totem, avec la légèreté et l’adresse d’un écureuil. Les branches, semblables aux barreaux d’une échelle, facilitaient grandement la tâche. Il arriva vite au sommet et, là, ô surprise, il aperçut, étalé sur trois branches, un nid tressé de branchages, sans doute le refuge de quelques bêtes ailées. Le lutin, le soir venu, fut heureux de s’étendre sur ce lit providentiel.
 
A l’aube, de ce nid haut perché, un drôle d’oiseau prit son envol, avec deux ailes certes, mais avec… un corps de lutin !
 
©Michèle Freud



 
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 06:45
Tenderly – Denise Bernhardt
 
 
 
Dans l’ombre mélodieuse
Qui me menait à vous,
J’aurai voulu prendre votre main
Comme une jacinthe d’eau
Sur ma joue,
Avant de déposer
En son calice,
La tendre empreinte d’un baiser.
Car vous avez reçu
Le souffle de l’Esprit
Pour donner aux hommes
Un monde
A la mesure de leurs rêves,
Et les initier
A la respiration de l’amour.

©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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