Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
11 août 2018 6 11 /08 /août /2018 06:59

 

 

 

Battre les jours et la crasse des heures, comme un tapis foulé ; brocart mémoriel d'où bruinent les souvenirs, tombant en semences et pluies aux pierres de sel.
Ainsi que la mémoire se vide pour vierge peut-être renaître.
 
* * *
 
Naître à nouveau, mais sans le sac de peau cousu au col, sciant les reins, cassant le dos ; sac écolier lancé au ciel des retours de classe et qui, au ban des après-midis, jeté aux orties, finit, déversant sa leçon, glissant aux carreaux.
Et dans la chaleur, la leçon repêchée s'étale sur la toile cirée entre le gros pain tranché large, le beurre suant et la jatte crémée où ravine rouge un sang de groseille.
Un sang perlé, comme un morceau radiant de vitrail, devenant, ce vif pétale au drap des noces, cette plaie au bout du chemin.
Chemin où le sac de peau s'ouvre à la dernière leçon.
 
©Béatrice Pailler
Recueil de Sel et d'Eau
Revue Les Amis de Thalie
Hors Série Hiver 2016
« Les feuilles du temps »  
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
10 août 2018 5 10 /08 /août /2018 06:47
Bernard Buffet : Les clowns
 
 
 
 
 
Ah, les arts ! Beau sujet, mais pas vraiment de quoi amuser la galerie.
En peinture, par exemple, on ne sait jamais à quoi l’on s’expose. À peine terminé, ne voilà-t-il pas en effet que mon portrait en trompe-l’œil commence à perdre de l’huile, tout cela sans motif apparent… Vous voyez d’ici le tableau !
Même moi, qui ai toujours été verni et maintes fois pris comme modèle, je commence sérieusement à me poser des questions sur nos perspectives d’avenir.
Non, croyez-moi, à moins d’être bien encadré, et encore !....
Mes tubes ? Je croyais pouvoir en tirer un meilleur parti en musique : eh bien, détrompez-vous. D’après certaines voix, dites « autorisées », il ne s’agirait là que d’airs empruntés. Il est toutefois hors de question pour moi de rembourser quoi que ce soit. Parce que je suis innocent, totalement innocent en ce qui concerne les faits dont on m’accuse. Si on devait d’ailleurs me reprocher quelque chose, ce serait au contraire d’avoir fait trop souvent des avances. Mais attention : uniquement par amour !
Pour vous aussi, les petits rats, gare aux coups de balais, car c’est fini le temps des entrechats, du grand écart, des pirouettes et ronds de jambe sur fond de cancans. Si vous voulez encore être de celles qui font battre le chœur de l’opéra, sachez rester cha-cha-cha, car aujourd’hui plus personne ne sait sur quel pied danser.
Oh, mais ne vous inquiétez pas, tout est relié. Moi-même, qui ai pourtant toujours été à la page, il suffit que je bénéficie d’une bonne couverture quand un de mes enfants passe en revue pour qu’en général l’envie de coucher par écrit m’obsède et se retourne contre moi.
Et toi, la femme de chambre noire envoyée en ces lieux en vue d’immortaliser nos illustres tronches, arrête un peu de nous mitrailler ! Tu vois bien qu’y-a pas photo. On a les traits bien trop tirés pour que tu nous tires en portrait. Allez, sois gentille, s’il-te-plaît, tire-toi, tire-toi en douceur.  
 
©Michel Duprez  



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
9 août 2018 4 09 /08 /août /2018 06:32
J’ai le plaisir d’accueillir un nouveau poète qui nous accompagnera régulièrement, Lydia Montigny. Je lui souhaite la bienvenue dans ma modeste « maison de la poésie ». J’espère que vous lui ferez un bon accueil, chers lecteurs. J. Dornac
 
 
 

 
Vieille femme assise sur un banc – Henri de Toulouse-Lautrec
 
 
 
 
 
Assise sur un banc

Trop vide, trop usé par le temps,
La vieille dame attend

Sans un mot, discrètement...
 
Elle porte avec grâce

De longs cheveux blancs

Et ses boucles lasses

Coulent en brillant ;

Ses yeux errent sur l'horizon

Et ses pensées comme des papillons
Volettent en déraison

Lui donnant quelques frissons...
 
Tout se mélange...

Comme c'est étrange...

Elle est happée par cet hier
L'entortillant comme du lierre
Se nourrissant du souvenir
Qu'elle chasse d'un soupir...
 
Parfois ses mains serrées

Ses mains courbées, tannées
Semblent tendrement caresser
La douceur d'un baiser

Posé il y a des milliers d'années
Sur sa joue chiffonnée...
 
Assise sur un banc

A écouter le chant du vent
La vieille dame attend
Souriant à ce temps...
 
©Lydia Montigny
 
 
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
8 août 2018 3 08 /08 /août /2018 06:45
La Femme au divan noir - Jean-Jacques Henner (Mulhouse, musée des Beaux-Arts)
 
 
 
 
 
 
Par d’enivrants parfums
De rêve déferlant sur la grève
Et l’éclat fragile d’une gerbe d’écume,
J’entends vos murmures de femme
Désireuse de sublimer l’amour,
En brûlant sous les feux du plaisir.
Délivrés de leurs fougueuses passions
Nos corps harassés retombent
Tels deux flammes soufflées,
Laissant vers le ciel
S’élever quelques fumeroles,
Dans l’espoir d’un lendemain
Annonciateur de semailles nouvelles.  
 
©Michel Bénard.




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 06:29
Photo : Lever du soleil à Carleton, Québec. Ode©
 
 
 
 
Une minute, juste une minute
Et le soleil se lèvera
Le jour éteindra les lumières
Un enfant naîtra
Un grand-père mourra

C'est l'heure bleue
L'heure de tous les possibles
L'heure des amours passionnées
L'heure des amours assassinées
L'heure où l'oiseau va chanter

Un jour nouveau qui se lève
Émerveillement
La Vie
Mille projets pour ce jour
Une rose s'offre par amour

Création, joie, bonheur
La journée passe
J'attends le soir
J'attends la nuit
Qui ouvrira ses lumières

Tu seras là, radieuse lune
Accompagnée de mon amant
Faisceau pour l'une
Secret bien gardé
Dans la lumière de la nuit

Restera

Jusqu'à l'heure bleue
Où s'éteignent les passions
Comme les lumières
Jusqu'à la nuit revenue
Où nous nous retrouverons

Jusqu'à l'heure bleue


©Ode
31 mars 2001
 
 

 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:53
Œuvre de Michel Charvet
 
 
 
 

O toi le chasseur
Qui se plaît à tuer
Ce que tu appelles une bête !
Sache qu’avant tout
C’est un être vivant
Pas moins digne
Que tu ne l’es !

Ton illusoire force
Ne tient qu’à la balle criminelle
Qui se trouve dans ton fusil
Dérisoire force qui n’est que crime !
Crime contre la vie !
Crime contre la nature !
Au final,
Crime contre toi-même !

Tu prends plaisir
A ôter la vie des innocents
Mais un jour
Tu seras la proie
Que tes victimes chasseront !
Que diras-tu alors ?
Qui boira ton sang ?
Qui voudra partager la chair
D’un misérable assassin de vies ?

Face à l’univers
Et l’ensemble de ses mystères
Te voilà bien mari !
Sans réponse
Pour justifier
Tes jeux de mort
Que, pauvre fou
Tu nommes peut-être
Art de la chasse ?

Comme si tuer
Relevait d’un art !
Non, ce n’est que
Sinistre barbarie
Héritage de générations
Trop lointaines
Où l’on ne cherchait
Ni plaisir ni art
Juste la survie

Eux avaient des excuses
Mais toi ?
Toi, tu n’as rien
Que ta folie
Que ta bêtise
Que ta sauvagerie !

Regarde donc
L’être que tu vas tuer
Rien que par stupide plaisir
Regarde ses yeux !
Vois sa détresse !
Comprends sa souffrance !
Comprends sa panique !
Comprend que comme toi
Il désire juste vivre encore !…

Mais que veut dire vivre
Pour toi qui aime tuer
Sans distinction
Sans pitié
Sans compassion
Avec un plaisir sadique
Dans ce qui te sert
De regard
Meurtrier !…  

©Jean Dornac
Lyon, le 5 août 2018  
 
 

 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
5 août 2018 7 05 /08 /août /2018 06:44

 

 
 
 
Jaillis hors le Néant, songe docte et vital,
Unique ex-Nihilo, vrai tour de passe-passe,
Ont surgi, belle astuce et les ères, l’espace,
Prémices de Futurs au message fœtal.
 
En l’absence de tout, pas même d’un fractal
Elargi de l’antique au point qu’il l’outrepasse,
Survenu sans Ailleurs un vœu force l’impasse,
Quoiqu’il fût démuni du moindre capital.
 
D’un Désir sans Besoin, d’une Encre sans Calame,
Il allume sans Mèche et sans Cire une Flamme :
En quoi l’Homo Sapiens fonde un Dogme-ornement.
 
Ecartant le créé, mythe antique à proscrire,
L’on célèbre : Big-Bang ! Mais tel Commencement
Pour Yah, ne fut au plus… qu’un Grand éclat de Rire !  
 
©Claude Gauthier
 
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 06:43
 
 
 
 
les guerres
impunies
 
 
leurs silences
falsifiés
 
 
nos révoltes
sous les bottes
 
 
ces harangues
de sous-chefs
 
 
tes espoirs
qu’ils effilochent
 
 
combien
d’enclumes
au purgatoire ?  
 
©Claude Luezior
 
Extrait du recueil « Mendiant d’utopie » aux éditions L’Harmattan
 
 
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 06:32

 

 

 
 
Un silence cri de violence
Déchirant la nuit à la lueur fade
D’une flamme qui fléchit.
Hier le soleil se faufilait
Entre les branches séculaires
D’un univers singulier
Et les âmes légères bruissaient
Au souffle d’une brise bénie
Comme une caresse du ciel
Qui bercerait le cœur.
Un silence cri de violence
Déchirant la vie.
Alors mes mains plongées
Dedans une terre délaissée
Ont retiré l’ivraie
Rendant au vent les graines en dormance,
Prescience d’un moiré arc en ciel
Au-delà du silence ombré
Semant un jeune Verbe
Sur notre grimoire.  
 

©Nicole Portay
 
 
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 06:23
Martine Passion Photos, voyage au pays de la lavande

 

 
 
 
Je voudrais dire l'été avec des mots jaunes de soleil et de blé, avec des mots d'azur, des mots-couleurs, des mots-musique, des mots tout ronds comme une cerise, juteux comme une pastèque, sucrés comme un melon.

Je voudrais dire l'été avec les arabesques d'un papillon, le trait d'une étoile filante, la danse des libellules, les notes des cigales et le parfum des roses.

Je voudrais dire l'été avec les mots du sable, des coquillages, des galets et des vagues.

Je voudrais dire l'été avec des éclats de rire pour que toute la nature résonne d'allégresse...

©Michèle Freud
 



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche