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1 août 2018 3 01 /08 /août /2018 06:52
Photo d’Ulrich Lebeuf

 

 

 
 
Ma fleur noire
A l’obscure douceur
Je respire tes fragrances sucrées
Je goûte tes pétales
Et la sève de ta tige
Osant profaner le mystère
D’un monde flottant
Dans l’inconsistance de l’air.  
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 06:24
Louis Janmot
 
 
 
Toutes les voix aimées,
Au monde ou disparues,
Habitent mon écoute
Sans discontinuer.
 
Chacune à son tour
S’élève en soliste,
Floraison audible
Aux accents multiples.
 
J’emporte en tournée
Ce chœur ambulant
Sur toutes les scènes
Où je me produis.  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 06:25
©Clark Little
 
 
 
L’utopie griffe les miroirs, la folie vibre
ivre
je cours sous la pluie, elle recule apeurée
par mon rire.
 
Démente
j’ouvre la mer, brise les vagues, les force à
boire le sable.
 
Egarée
je me roule dans la neige.
 
Brûlure.
 
©Nicole Hardouin.
 
Extrait du recueil « Fontaines carnivores » diffusion : Libraire Galerie Racine




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29 juillet 2018 7 29 /07 /juillet /2018 06:34
Œuvre de Vladimir Kush
 
 
 
 
Dans la roulotte vagabonde
le rêve nourrit l’espérance…
en secret il entre
dans le cœur sec
d’un homme enchaîné
à l’ignoble matière
et dépose
une mèche de lumière
dans son corps statufié…
 
Ô Rêve
            plus éphémère que la vie
tu dessines
            le premier geste des anges
que nous traversons
            aveugle et solitaires
telle une image
            qui n’existe pas
mais d’un souffle
            tu nous offres
l’enchantement
au milieu des ténèbres…  
 
© Victor Varjac
Antibes, juin 1996

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume




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28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 06:49
 
 
 
 
 
Aux Forêts-Citadelles, le soleil est un banni, la lumière une pénitente en sursis. La futaie s’obsède de silence. Dans la pénombre, au sein des déliquescences, des tiédeurs lacustres, sommeille la descendance du Serpent ; sentinelle du monde qui enserre la terre diurne étreinte profonde.
 
Mais, fils ignorant de son illustre Père, le grand écailleux sans mémoire n’est qu’un fleuve de chair. Déployant ses méandres, dans la mouvance de ses anneaux, il avance inexorable, tel le courant. Devant l’onde, la végétation succombe. D’un doux susurrement, sa langue sonde l’air et le gibier sidéré, subissant sa loi, se noie dans l’incandescence de son iris.
 
Au labyrinthe marécageux, le reptile, repu, s’endort et, sous l’assaut des réminiscences, sombre dans l’inconnu. Les soubresauts du rêve ravivent son histoire. En lui, s’éveille l’antique savoir du Serpent. Héritier d’une race éteinte, témoin d’un âge révolu, face à l’indéchiffrable passé son œil se trouble. Il est une bête sans souvenir, une bête voulant s’assoupir. Nerveusement, il noue et dénoue la moire de son corps. Sa tête se dresse inquiète. Il hésite, se ravise et d’instinct fuit vers son royaume, le limon des mangroves secrètes.
 
©Béatrice Pailler
Recueil L’heure métisse
In Jadis un ailleurs L’Harmattan 2016
 
 
 
 
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27 juillet 2018 5 27 /07 /juillet /2018 06:29

 

 

 

N’ayons pas peur des mots. Les siens ne sont d’ailleurs pas si différents de ceux que nous employons au cours de nos échanges quotidiens, même si les nôtres ont l’air beaucoup plus candides et donnent l’impression de couler de source.
 
Pour tout vous dire, ce langage-là n’aspire qu’à chanter aussi bien nos joies que nos peines. Celui qu’il s’est choisi après son réveil et maintes hésitations n’a rien fait pour cacher son penchant naturel pour le rire en gardant malgré tout un œil bienveillant sur ce qu’il pense être bon d’exprimer en vue de rendre également la douleur supportable.
 
S’il s’avère cependant inapte à imposer ses idées et encore moins à vous convaincre, il est important que vous sachiez que chacun d’entre vous possède en lui - et pour cause ! – à tout moment le pouvoir de le transformer selon la façon strictement personnelle avec laquelle il appréhende les choses.
 

©Michel Duprez
 
 
 

 
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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 03:54
L Acropole de la Pnyx athènes en Grèce - Huile de William Turner
 
 
 
La Volute a son axe expéditionnaire,
S’en écarte, y revient, en élargit les tours,
Fige son mouvement de calciques atours…
Vitruve en avait lu le jeu pavillonnaire.
 
L’Alvéole mystique et convulsionnaire,
Dont le sien génie œuvre entre allers et retours,
Façon dont sa polaire assure des contours
De tangente constante, en tous points partenaire.
 
De la sorte encodé, du mouvement son iks,
L’architecte athénien fit l’agora, la Pnyx,
 Qui reprend à son gré notre Univers en marche.
 
Ainsi du Coquillage aux cosmiques étangs,
Tout fait suite et sa vague en enroulant notre Arche,
Prit pour fleuron l’Hélix, aux jeux déconcertants.
 
©Claude Gauthier
 
 
 
 
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25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 06:57
Œuvre de Joséphine Wall
 
 
 
 
 
Pour toi, je décrypterai la beauté
En lisière d’un mirage,
Là où l’or laisse perler
Les couleurs sacrées du sang.
Je laisserai couler mes lèvres
Sur la tiédeur salée de ton intimité,
Pour y fixer les nuances d’un rêve,
Jusqu’à ce que la lumière d’extase
Caresse ton visage empourpré.
Pour toi j’enluminerai les mots
De notre odyssée flamboyante.  
 
©Michel Bénard.




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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 06:48

 

 


Un manteau de neige blanche
Recouvre mon pays
Mon pays des longs hivers
Mon pays aux amours emmitouflées
Blanc, mon pays !
 
Sont gelés les ruisseaux
Gelées les rivières
On y patine, y glisse sur les congères
Y chantent encore les oiseaux
Sur mon pays, il fait Beau
 
Et moi, dans ma solitude, bien au chaud
Je tisse mes nuits de rêveries
Je détisse mes journées
Je sculpte le passé
Mes mots, j'écris
 
Et je pense à nous
À tout ce blanc qui nous sépare
À ce passé qui se dénoue
Page blanche des éphémères
Où sont donc nos hier ?
 
Et dis,
 
Où va donc le blanc, lorsque fond la neige ?
 
Ode© 
8 janvier 2001
 
Création Ode©
 
 
 
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23 juillet 2018 1 23 /07 /juillet /2018 06:36
Dessin de Victor Hugo
 
 

Mon cœur reste en deuil
Son absence est trop lourde
Mon âme pleure
Dans le secret de mes jours…
Ne me laissant nul répits
Son image s’impose jusque dans mes rêves
 
On ne choisit pas son frère
Ni ses parents, que je sache
Mais la vie m’a offert
Cette famille et ce frère
Copain, ami, confident…
Où es-tu à présent ?
 
Quelque part dans le grand vide
Celui que l’on nomme néant ?
Ou comme d’aucuns le croient
En pleine lumière
Avec ton Sauveur
Partout et nulle part à la fois ?
 
Rien que pour te retrouver
Je voudrais croire que Dieu
N’est pas qu’une invention
Faite pour accepter le sort
Si cruel de notre mort !
Las, comment y croire encore ?
 
Certes, comme on le dit
La vie est belle… Souvent…
Mais on le dit moins
Comme pour le cacher
Que cette si belle vie
Est très cruelle aussi…
 
Ne doit-on pas tuer pour vivre
Massacrer les animaux d’abattoir
Ou même arracher les herbes et salades
Comme les légumes et les fruits ?
Qui me dit que ce monde
Ne souffre pas lui aussi ?
 
Quelle curieuse morale
Que de devoir être barbare
Juste pour survivre !
Et au final, une seule interrogation :
TOUT ÇA POUR ÇA ?
Juste pour terminer dans un trou de terre…
 
Nul n’est obligé de me suivre
Mes pensées sont couleur néant
Mon espérance fait partie du passé
La joie m’a pour longtemps quitté !
Ne reste que le souffle de l’Amour
Si toutefois lui aussi n’est pas qu’une illusion…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 22 juillet 2018  
 

 

 
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