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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 06:31
http://capturesdinstants.blogspot.fr/2010/04/joli-pont-de-pierre.html
 
 
 
 
 
On ne reverra plus le petit pont de pierre,
ne serait-ce qu’un temps, on n’y reviendra pas,
Saurait-il partager les pleurs de nos faux-pas,
être consolateur à l’ombre de son lierre !
 
Sage recoin de paix, penché sur la rivière,
quand nous venions pêcher ou chercher des appâts :
on était seul au monde et mon cœur sans compas
aime encor tes yeux bleus sous ta frange si fière…
 
Ni ton nez, ni ton front, n’étaient plus beaux pour moi :
aimer c’est avant tout, vibrer dans son émoi,
quand chaque jeu se mêle aux rires d’un enfant…
 
On a grandi depuis, ton tablier bouffant
Est devenu serré sur ta douce poitrine…
Sage instant d'autrefois couché dans la feutrine.
 
©Robert Bonnefoy
 
"On ne saurait être sage quand on aime, ni aimer quand on est sage"
(Publilius Syrus).
 


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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 06:36
©Francis Fritsch, huile sur toile, 63 x 50 cm

 
Traduire les craies
qui échappent des doigts
teignant nos épidermes
de poussières astrales
 
Traduire l'encre
qui coagule ce bec d'acier
liant et déliant
mes plus blondes pensées

 
Traduire une page blanche
qui crie sa virginité
se rebellant à mes lignes
pour d'ardentes fiançailles
 
Traduire les ombres
qui déclinent leurs stances
refoulant les trilles
d'un soleil nouveau-né

 
Traduire la toile
qui saigne ma fibre
luttant en désespoir
comme Jacob et l'ange
 
Traduire la pâte et l'huile
qui se font clairs-obscurs
refusant à ma palette
les lueurs de l'aimer
 
©Claude Luezior  
 
 

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 06:38
Paysage au moulin – Brueghel Jan l’Ancien - photo MP

 

 
 

La vie est un moulin dont les ailes câlines,

Toutes voiles dehors visitent l’horizon,

Que leur voyage pousse en quête de raison,

Il y va du désir d’enchanter la colline

 

Mais le sort y vient voir, contraire lui décline

Au moins facétieux, d’en brusquer l’oraison,

Au besoin d’un palais en sceller la prison…

Jugez-en ! Pompéi - dixerunt nos deux Pline !

 

Quand j’aborde ce char me tient à cœur surtout,

D’en visiter les flancs, la mécanique itou,

Dont l’âme s’aventure aussi haut que l’espace ;

 

Tandis que le meunier après Dieu, maître à bord,

Mieux que ne sut l’Icare, en sait brider l’audace,

Avec, humble cocher, le pur esprit d’un mors.

 

©Claude Gauthier  

 



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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 06:52
collectiondartjaviermendez.fr.gd/Peinture-Suisse

 

 

 

« Clotilde, si tu es prête, nous partons maintenant, tu sais que nous ne pouvons aller vite avec notre vieille guimbarde qui ressemble plus, question vitesse, à une charrette qu’à une automobile. »
 
Sans plus attendre, ils commencent à rouler. Le tacot a fière allure avec toutes ces fleurs multicolores peintes sur la carrosserie : on dirait une prairie ambulante, généreuse et souriante. Mais le moteur ne rigole pas : il a des problèmes digestifs et manifeste sa mauvaise humeur par des borborygmes et divers bruits insolites et bruyants. Il est impossible aux deux passagers de regarder le paysage qui défile lentement, tant leur esprit est absorbé par le langage discordant de la machine tandis que leurs douloureuses oreilles lancent un appel à l’aide.
 
« Je pense, dit Clotilde, qu’une pause est nécessaire pour savourer quelques instants de silence. Viens, le ciel nous invite au bonheur et à je ne sais quelle ivresse tranquille, dans la contemplation et dans la paix. » Et ils garent leur voiture sur une plate-forme herbeuse. Ils ont la chance de trouver rapidement un chemin de terre qui leur semble prometteur.
 
Très vite, il se transforme en sentier et zigzague parmi les fougères, entre des arbres aux essences variées. Puis il contourne une ancienne maison forestière qui disparaît presque sous des guirlandes de clématites. Il s’exhale de toute cette végétation, à la fois sobre et luxuriante, un apaisement indéfinissable, une sérénité harmonieuse qui dénoue toutes les tensions. Ils sont sous le charme de cette forêt, mais ce qui les attend plus loin est absolument extraordinaire. Et c’est vrai : ils ne tardent pas à pénétrer dans un champ dont l’herbe est douce et moelleuse comme du velours. Plus ils avancent, plus ils ont l’impression d’entrer dans le parc d’un château du temps passé : ici des ormes imposants dont le feuillage traîne jusqu’à terre, abritent une combe verdoyante, là, un petit marécage dort, piqueté de fleurs violettes, plus loin, un bosquet de bouleaux accueille un troupeau de moutons et sa bergère. L’ensemble est si somptueux, si féerique que Pierre et Clotilde s’attendent à voir arriver le Prince Charmant sur un nuage d’or. Une joie douce et bienfaisante les enveloppe et ils restent là, immobiles, à boire, à petites goulées, toute cette beauté inattendue. Et sur la pointe des pieds, ils quittent ce domaine enchanté, qui restera imprimé dans leur cœur, tel un souvenir précieux.
 
©Michèle Freud




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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 06:41
www.hellopro.fr/sticker-adhesif-mural-fenetre-et-mer-en-trompe-l-oeil
 
 
 
 
Les poèmes viendront
Avec leurs cohortes
De rêves et d’aurores.
Les fenêtres s’ouvriront
Vastes sur la mer
Où la vague étourdie
Par les cris des oiseaux
Annoncera au monde
La naissance attendue
D’un nouvel amour.
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 06:33
www.photodenature.fr/photo-paysage-flou-2/photo-photo-paysage-flou-3

 

 
 
C’est dans l’inachevé
Que la route s’élonge,
Ainsi qu’une rivière
Aux nombreux affluents.
 
Je puis la suivre
Et l’explorer,
La remonter,
La redescendre.
 
Mais ma meilleure volonté
Ne pourra jamais la quitter
Car elle est ma personne même.
 
Ce que je veux qu’elle soit
La déroule devant moi.
 
© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 06:38
JE VOIS DES ODEURS 55 par 54 huile sur toile GIL POTTIER

 

 
 
 
Combien de lèvres ont- elles lissé votre prénom
combien de lèvres l’ont mordu
combien de lèvres lui ont donné corps ?
Sous chaque bouche l'homme est nouveau
l'homme est premier
l'homme se redécouvre, renaissant, ultime.
Vos mots m’ont troublée
étrange douceur  enveloppante
pétales.
Respiration, oxygène.
Mots de nuit, hors temps
virtualité et réalité, être, non-être
intelligence du dire, intelligence de la peau.
Est-ce ou n'est-ce point ?
Au creux du corps
au large du cœur vos élans d'homme
j’ondule dans votre lente montée.
Gorge à gorge
naufrage de salive
spasmes, sueur, sperme.
Vos syllabes de feu à mes lèvres.
                Ma bouche festoie.
                Avons-nous rêvé ?
 
©Nicole Hardouin
 



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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 06:42
perlesdorphee.wordpress.com/tag/surrealisme
 
 
 
 
 
Je me souviens
du papillon de lumière
posé sur ton visage
et de l’odeur nacrée
du rêve de ta peau
et de ton sourire épanoui
telle une fleur sauvage
et de cette joie printanière
plus vaste que le monde
qui blessait d’amour
l’inconnu touché
par l’infini de tes yeux…
 
Oui… je me souviens
mais au pays du temps
nul ne peut entrer
dans la chair des jours
appartenant à la mémoire…
 
… alors… j’écoute le passé
debout… face à moi-même
et je vois… oui je vois
la flamme de ton corps
chevaucher
la force de ma vie
dans un cercle
aux couleurs d’arc en ciel…
 
A la taverne du soir
le breuvage des heures
enivre l’illusion
de mes pas oubliés
mais la splendeur d’hier
conserve ton parfum
dans un calice inépuisable
où le charme de la nuit
se mêle au sang capricieux
du souvenir
mendiant l’image
de ma vie
aux étoiles qui passent…
 

© Victor Varjac
Antibes, le 24 décembre 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 06:51
blog.ac-versailles.fr/lettresdarts/index.php/picturesShow/368977

 

 

Tangue, tangue le rafiot, forte houle au creux de l’eau.
Vogue la vague, jamais ne chavire, saute, tressaute le navire.
 
Dans l’entrepont enténébré s’amoncellent les remugles, soufrés des vieux pets, aigres, piquants de chou, d’oignon. Parmi les ombres rampantes, à la lumière chiche des brandons, dans cette fournaise de la coquerie enfumée, l’homme de l’art, luisant de gras, aux fourneaux rageusement attise les braises. Maître-coq, ta gueule d’enfer aux poils roussis, cuite et recuite, se chauffe rougissante aux culs des poêlons.
 
Vogue la vague, jamais ne chavire, saute, tressaute le navire.
Roulent, déboulent, s’agitent les flots, fessent les flancs du bateau.
 
Ce diable d’homme contrefait, aux jambes arquées, tout couturé, tout tailladé, au gré du roulis, d’un bord à l’autre, glisse, sautille et s’arc-boute, bancal, au plancher mal équarri. Des creux, des bosses, il faut que ça bouge, il faut que ça danse et au fond des marmites malmenées, chante le bouilli. Pourvoyeur de vivre, il sait que belle provende donne bonne pitance, leste le ventre et réjouit l’affamé.
 
Roulent, déboulent, s’agitent les flots, fessent les flancs du bateau.
Festons d’écume au faîte des vagues et les lames de mer mugissent, divaguent.
 
Surtout, ne jamais oublier les tristes jours sans graisse, ni gruau, jours infâmes faits de suif et de sciures mêlés. Il a connu les voyages hasardeux, les traversées malheureuses, au manger médiocre vite épuisé, vite gâté. Il a vu des hommes, épaves en sursis, ronger cordages ou voilures et des harnais finissant au pot alimenter le brouet. Mais ce soir, le rata est solide et avec une pleine ventrée de ce ragoût épicé, le matelot repu aura la panse bien calée.
 
Festons d’écume au faîte des vagues et les lames de mer mugissent, divaguent.
Tangue, tangue le rafiot, forte houle au creux de l’eau.
 
Sur son visage lunaire embué de sueur, sa lippe épaisse s’éclaire d’un sourire édenté. Hilare, sa bouche torse dévore sa face camuse. Ici, il ordonne et prélève sa dîme, un peu de ci, un peu de ça, le regrat du carré. Cuisinier cambusier, envié, craint, il est le maître de l’office où tonne son rire d’arquebuse. Il sait que demain foisonne de souvenirs, d’aventures non vécues. Sa fortune, il ira la cueillir, de la pointe d’un harpon, au plus loin de la terre. Pour lui, vagabond des mers, le retour est impossible. Il sait qu’un jour, sous le vaste horizon crêté de vent, l’océan lui offrira le repos d’une couche, douce d’écume, blanche de sel.
 
©Béatrice Pailler
 
2015- Recueil « L’heure métisse » - Prix Jean Giono 2015 de la Société des Poètes Français




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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 06:35
http://www.mysteredelavie.fr/archives/2014/11/15/30962329.html

 

 

 
 
Vite, envoyez-moi dès que possible
votre meilleur élément,
supplia l’univers face à votre humble serviteur
évidemment surpris par cette requête.
 
Enfin, c’est vrai, quoi,
la prière a beau m’avoir été adressée à brûle-pourpoint,
il n’y a pas le feu.
 
Non vraiment, là, le monde entier ne manque pas d’air.
 
Pendant que j’y pense, à propos de l’air,
on peut compter sur ses filles,
de belles hôtesses,
et puis, encore, ce qui n’est pas non plus négligeable,
ses tas de colonnes ainsi que de coussins
destinés sans doute à faire bonne impression.
Il paraîtrait même que le ciel
serait devenu son lieu de résidence préféré.
 
Ensuite, il y a également l’eau, si fière de ses châteaux,
de ses piscines et de ses aquariums,
ses jets privés de pierres et de vitres
ou toutes ces croisières aux escales paradisiaques.
L’eau qui pourrait s’imaginer qu’elle est bénite.
 
Ah, devant pareille énigme,
la terre et moi avons la tête qui tourne.
 
Bon sang, mais c’est bien sûr !
Ne garde-t-on pas toujours le meilleur pour la fin ?
éléments, éléments…
D’après vous, lequel des quatre est le plus cultivé ?
Dès le départ, la réponse était là,
sous mes yeux comme à mes pieds.
 
élémentaire, mon cher Watson !
 
©Michel Duprez




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