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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 06:42
Anonyme, Portrait d’homme avec une licorne


 

 

Jeu de la vie,
Jeu de l'Amour,
Gueuse de mes nuits,
Punch de mes jours.
 
Aigre douce, aigre forte,
Elixir d'herbes folles,
Espoir fou à ma porte,
A mon bras comme étole. 
Dame de pic, Dame de coeur,
Tu m'apportes, tu reprends,
Vie malheur, Vie bonheur,
Suis un être en suspens.
 
Jeu de la vie,
Jeu de l'Amour,
Gueuse de mes nuits,
Punch de mes jours !
 
Qui donc refuserait ce jeu
Passion d'un coeur de bohémien,
Guitare du coeur en bandoulière...
On se bat pour toi, pour les siens,
Du levant au couchant comme hier,
La vie est un superbe enjeu 
Qui n'accepterait de jouer
La pièce entière et tous ses actes
Les disséquer , les recouper,
Et mieux goûter tous ses entractes ?
 
Jeu de la vie,
Jeu de l'amour,
Gueuse de mes nuits,
Punch de mes jours !
 
Pygmalion eut une aphrodite,
Moi je n'ai eu qu'une licorne,
Ma vie d'errance en fut séduite,
A la musique d'une corne !
 
Jeu de la vie,
Jeu de l'Amour,
Gueuse de mes nuits,
Punch de mes jours !
 
©Pierfetz
 

 
 


 
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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 06:34
La Pensée qui voit – René Magritte

 

 

 
Chapeau ! Ah oui, alors là, chapeau bas ! Celui qui portait un melon et pointait son feutre vers moi vous a tous coiffé au poteau !
Vous l’aviez mal jugé, dans l’ombre où il poireautait depuis si longtemps  que tout le monde l’avait pris au départ pour un légume.
Voilà ce que c’est que d’avoir une double casquette, celle d’un homme et celle d’un poète. On ne se méfie pas de quelqu’un soupçonné d’avoir élu domicile dans un quartier de lune, qui plus est un beau quartier.
L’homme au melon n’a pourtant jamais été le fruit de mon imagination. Il existe, c’est même une forte tête. La preuve : demandez-lui n’importe quoi sur n’importe quel sujet, il démarre au quart de tour sur des chapeaux de roue et si, par hasard, il entend crier au complot, il ne pourra s’empêcher d’annoncer, le cou monté sous son faux col blanc: « Je prends la tête du mouvement ! ». Mais, rassurez-vous, comme il a toujours eu l’esprit de corps, il s’empressera aussitôt de déclarer, bon prince : « Evidemment, le reste est à vous ! ».
L’heure est venue aujourd’hui d’en finir une bonne fois pour toutes avec ce secret de Polichinelle.
Celui qui se prenait pour moi est bien réel, puisque chacune de ses apparitions donne matière à réflexion.
Maintenant que mes yeux se sont ouverts à la lumière, il est de mon devoir de regarder les choses en face et de remettre les pendules à l’heure : je suis, j’ai toujours été ce sombre héros.
 
©Michel Duprez




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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 06:29
blog.interflora.fr - fleurs d'été

 

 
Qu’est ce que le respect ?
Un sourire négligé mais calculé.
Une parole innocente mais mesurée.
Un geste simple mais bien soigné,
des petits écarts sans excès.
On peut rigoler en sachant s’arrêter,
Plaisanter sans se moquer.
On peut se permettre sans trop oser,
 ou… « oser » sans exagérer.
Le respect c’est aimer sans s’approprier,
se méfier sans détester.
Mettre des limites sans offenser,
des barrières pour ne pas être blessé.
Le respect c’est de la gentillesse déguisée,
de la méchanceté maquillée.
Malveillance et amabilité.
 
©Djida Cherfi
(Ceci n’est pas un poème, c’est juste la vérité)




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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 06:33
©Christine Mourgues - Création
 
 
 
 
 
 
En ce point sensible
De votre corps en appel,
D’un simple délié
Je pose mon doigt,
Et vous dessine toute la beauté
D’une femme au ventre
Offert et généreux,
Enceinte des musiques du vent,
Et des couleurs d’arc en ciel.
En ce point capiteux
De votre corps en désir
Je pose mon doigt,
Il entonne alors
Son plus beau
Chant d’amour.
 
©Michel Bénard.  




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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 06:48
 
 
 
 
L'oiseau en ce jour renflamme l'espérance
Pour adoucir le temps des partances
L'oiseau bleu demain fera une pause

Sur les fruitages des saisons belles et chaudes
 
C'est la promesse sacrée
 
Geste à la hanche charnelle du temps
Mes yeux comme grands puits s'y posent
 
Entracte
 
Âme, ma sœur Âme

Que s'achève l'exil

Un grand cri contenu m'étouffe

Je pense dans le désert

Seule mon âme entend
 
Silence

Solitude
 
Oui si seule, debout dans la difficile inquiétude
Soumise aux racines de mon essence
 
Entracte
 
Ah ! Qu'arrivent les tendres verts de mai

Les odeurs des lilas et des muguets

Que mes esprits se rapaillent enfin

Comme mes forêts d'épinettes et de sapins
 
Que je quitte retrouver mon île
Mon Isle aux Fées et ses grands pins
Et mon grand dôme étoilé
Et la nuit qui chavire dans sa lune
Au liséré de satin d'ors et de blancs
 
Mon île aux nuits douces et blanches
Terre des mystères enfouis
Terre de mes secrets blottis
Sous la dormance du temps
 
Je suis la rivière qui chante
Et le petit lac tranquille
 
Entracte
 
Et j'arrime mes amours en mes lieux
Dans la douceur blanche de juin
À la chaleur du feu de camp
Et du feu de mes passions
 
Je me sens bien avec toi
Tu m'as redonné l'étoile et l'espérance
C'est pour cela que je t'aime,
Amour
 
Ode©


7 avril de l'An Deux
 
 
 
 

 

 

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 06:36
Les quatre saisons – Alphonse Mucha

 

 

 

 
 
 
Au printemps, je me suis réveillé
Rêvant d’amour et de ses beautés
Corps débordant de sève
Comment ne pas désirer Eve ?
 
Toutes les femmes portent ce nom
Qui signifie tout, dans le fond…
L’amour, la sensualité, la folie à obtenir
Pour les plus beaux ravages du plaisir…
 
Lorsque sont venues les chaleurs
Des brûlants étés à toute heure
Nous avons tout consommé
Autant la pudeur que la chasteté…
 
Sous le soleil des amours
Nous avons brûlé nos esprits
Sacrifiant peut-être pour toujours
Les dieux et leurs fameux Paradis…
 
Corps dévorés de plaisirs
L’un dans l’autre assoupis
N’ayant plus la notion d’avenir
L’été engourdi est devenu automne…
 
Mais tu restais toujours la plus belle
En dépit des rides en forme de ruelles
Je perdais un peu trop vite ma folle toison
Et tu étais plus triste que de raison…
 
Trop fragiles et trop courbés
Nous nous sommes encore aimés
Réalisant qu’arrivait déjà l’hiver
Et que jamais plus nous ne serions verts…
 
Dans nos yeux se dessinait la nostalgie
De la jeunesse superbe de plénitude
Mais nous suivons encore avec notre reste d’énergie
Les chemins de notre amour baignés de gratitude…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 8 août 2017




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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 06:33
Fleur des champs – Louis Janmot –Musée des Beaux Arts de Lyon / Photo J.Dornac©
 
 
 
 
 
J’aime l’oiseau parce qu’il sait ton nom.
           J’aime le ciel parce qu’il est dans tes yeux.      Pierre Perret
 
J’AIME sentir le vent passer dans tes cheveux.
 
L’OISEAU roucoule en paix près de sa tourterelle,
PARCE QU’il l’aime fort en clamant ses aveux.
IL chante son amour, car son instinct fidèle
SAIT qu’à chaque moment, ils partagent leurs vœux.

TON prénom est divin, toi que mon esprit veut :

NOM combien beau pour moi, car tu es la plus belle !
 
J’AIME sentir le vent passer dans tes cheveux.
 
LE souffle passe et fond dans l’azur qu’il modèle,

CIEL toujours dégagé, sans ombre ou désaveu.

PARCE QU’il est léger, je sais qu’il m’interpelle,
IL décoiffe ta nuque, et ma main trop charnelle,
EST dans tes longs cheveux pour nous rendre nerveux…

DANS ton âme, je lis, des mots bien trop verveux.

TES regards sont troublants dans mon cœur qui chancelle :

YEUX tendres et profonds quand ton amour m’appelle !
 
©Robert Bonnefoy




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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 06:52
www.cnews.fr/content/upload/redactor/images/54b4212102e742051_haiti3_650x370.jpg

 

 

 

Le matin et le soir
Vivaient au même endroit
La nourriture était à l’ordre du jour
En compagnie de deux sacs de riz
Et d’une mitrailleuse à ma face
Qui me pressurait.
 
Ce jour-là
Je t’ai aimée à la limite
Du possible
Avec le soleil sous les bras
Et ce mal du pays dans le cœur
D’un soir dénaturé.
 
Des mots sanglants de pleurs
Moitié cauchemar
Moitié folie
Mais qui es-tu pour que
Je ne t’embrasse pas
Dans ce vide solitaire ?
 
Je te donne mon amour
Et ma vie en sac de voyage.
 
Ce jour-là
J’ai regardé le temps
Fuir avec une vie frivole
Par-dessus bord.
J’ai apporté des débris
Dans l’antre de mon monde
Ma ville est dans mon rêve
Et dans les habits poussiéreux
Que portent des enfants
Plantés comme des cactus
Autour de Port au Prince
Avec l’angoisse d’une misère cambriolée
A l’espace de mes ennuis.
 
Ce jour-là
Le matin avait la main libre
Et la vie était vide.
 
© Yves Romel Toussaint
Poète - Hinche HaitiPoème

Poème extrait du recueil « Tremblements de cœur » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Yves Romel Toussaint. Éditeur : Le Vert-Galant. Ce recueil est né à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010.




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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 06:29
Photo Claude Luezior©

 

 

 

 

Plus loin, dans la pénombre
des bavardages enfiévrés
 
Toutes eaux perdues
une grenouille radote sa prière
 
Une pie, deux fées translucides
s'inclinent avec cérémonie
 
Aux galets d'un purgatoire
où gisent des soleils calcinés

 
Déjà s'inscrivent sur des feuilles
les mémoires d'une canicule
 
Et pleurent sans larmes
des saules à l'abandon
 
En cohortes basculent des présages
au seuil de puits asséchés
 
Sous des murailles incandescentes
brûlent de viles broussailles

 
Une torchère traîne au Golgotha
des lambeaux d'horizon
 
Autodafé où se bousculent
siroccos et brasiers indécis
 
En vain se dilatent des nuages
enceints de grêle et d'éclairs
 
Tandis qu'étincellent en silence
les enluminures des grappes

 
Se gorgent d'alcool et de sucs
des guêpes aux indécentes ripailles
 
Sacristie où l'on prépare
du sang, l'éloquent sacrifice
 
Dans nos chairs, l'été en gésine
signe ses ultimes frénésies

©Claude Luezior

 

 

 

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 06:41
Émile Nelligan

 

 

 

« Clair de lune intellectuel » fait partie de « L’âme du Poète »
 
 
Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.
Elle a l'éclat parfois des subtiles verdeurs
D'un golfe où le soleil abaisse ses antennes.
En un jardin sonore, au soupir des fontaines,
Elle a vécu dans les soirs doux, dans les odeurs ;
Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.
Elle court à jamais les blanches prétentaines,
Au pays angélique où montent ses ardeurs,
Et, loin de la matière et des brutes laideurs,
Elle rêve l'essor aux céleste Athènes.
Ma pensée est couleur de lunes d'or lointaines.
 
Émile Nelligan
 
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