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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 07:15
Sagittaire de Christian Schloe©

 

 

 

 

 

Si vous cherchez l’étoile, elle est toujours là-bas.
Le ciel, sous ses faux-cils, la couve avec orgueil ;
Mais celui qui l’appelle est certain de ses pas
Et rien ne lui paraît plus clair que les écueils.
 
Comme un pouvoir latent choisit l’instant propice,
L’étourdissant désir nous pousse au-devant d’elle,
Et l’obstacle lui-même a tout l’air d’un complice
Qui ferme ses grands yeux perçants de sentinelle.
 
Me voici, j’apparais sur l’astre de mes nuits,
Ayant tout délaissé d’un monde à l’abandon.
Je ne sais plus très bien si c’est moi qui vous suis
Ou si je tiens le fil ténu de la chanson.
 
Si vous cherchez l’étoile, elle est dans toute chose ;
Heureux qui sait l’atteindre à chaque instant de vie
Et s’y maintenir pur dans la métamorphose,
Architecte sans nom qui cache son génie.
 
Dans les herbes du Temps, j’entends chanter l’histoire,
Chaque plante a son timbre et sa façon de rire,
J’apprends que mon reflet est un aide-mémoire
Et qu’un nouveau détail viendra bientôt s’inscrire.
 
Si vous cherchez l’étoile, elle est toujours là-bas,
Où la pensée entière agit comme un seul homme
Et chercher à savoir comment elle se nomme
Lui ôterait sans doute un peu de son éclat.
 
©Michel DUPREZ
 
 (Extrait de « à condition d’y croire », paru chez Graphing en 1972)

 

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 06:52
©Katia Gobeaut – Soleils levants
 
 
 
Texte écrit à la Valade dans
la mémorable nuit  du 15. 07. 2017
 
 
 
 
Sur le seuil d’un rêve,
Vouloir vous privilégier
D’un effleurement comme le ferait
En hiver un rayon de lumière,
Avec toute la délicatesse
D’une main qui caresse
Le ventre d’une femme enceinte.
Oublier la pesanteur,
Danser au rythme du cœur,
Tel un défi, un pari, une folie,
Aller jusqu’au bout de la vie,
En se disant qu’ici rien
N’est jamais accompli.
D’un effleurement sur l’empyrée
Comme le ferait un oiseau,
Sur la pointe d’un rêve
Un poète traverse la nuit,
Avec à la main son bâton de pluie.
 
©Michel Bénard.



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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 06:28
 
 
* * *

« As-tu dit " âme ma sœur âme " ? »

* * *


Certes j'ai dit ces mots, amour
Venus du fond de l'âme
Le jour même de ton retour
À tes aveux je me pâme

Quand ta confidence se fait tendre
Et qu'elle insuffle le désir
Ce baiser au coin là, qu'à me rendre
Sur le champ de tes plaisirs

Tu me touches du bout des mots
Je te sens - inestimable attraction
Que cela soit en prose ou rondo
De la première fois, j'en garde le frisson

Qu'à tes yeux, de me les livrer
Prenne une telle ampleur
M'émeut au plus profond de l'aimer
De mes miroirs échos du cœur

Dans la mesure du temps des absences
Je m'enivre parfois à toi
Douleurs, doutes, pleurs et souffrance
Habitent souvent mon toit

Telle Pénélope je tisse la trame
Secrets gardés, mystères enfouis
De feu, d'amour et de flammes
Te rends ton verbe l'âme réjouie

Même si ton calame est superbe
Ta prose parfois mordante - voire cruelle -
Tue l'âme en son verbe
Et le vide s'installe, coupe des anges les ailes

Il est vrai qu'il n'y a pas de grand poète
Mais que de grands poèmes
Je le sais maintenant en ma quête
Moi, la poétesse qui désespérément aime

L'aiguière ne sait plus verser les ondes
Dans le noir elle cherche la lumière
À sa manière trouvera sa faconde
Retournera à son oeuvre première

À t'aimer dans le rejet, ton aveu m'oblige
À retrouver mes pinceaux, mes couteaux
Afin de survivre et que l'œuvre vive
J'abandonne les mots et te lève mon chapeau

Lorsque viendra l'heure bleue
Ayant tissé mes objets en bouquets
Les nouerai de mes rubans de feu
Les poserai sur l'eau pour en aiguiser l'ultime fleuret

Je me souviens - c'était hier - de nos incendies
De la dernière qui couvait sous ses cendres
C'était au rendez-vous du dépit
Tribut lourd pour qui ne peut comprendre

Depuis ma naissance jusqu'à ma mort
Je suis mon difficile chemin
Tout ce que mon âme contient est déjà et d'ors
La peur, sans toi, de mes lendemains

Mon sac est vide, mes bagages défaits
Mes bras sans force lèvent à peine la plume
Pour écrire ces quelques mots sans méfaits
Quel est donc cette tornade que je hume

Dans les coulisses de la torpeur
J'ai posé mes yeux par terre
Y ai trouvé abandonnés - quelle horreur
Ce bracelet et cette bague que tu m'avais offerts

Y ai trouvé aussi quelques écrits
Que je recueille avec respect
Souvenirs de temps bénis
Que je préserve pour mes après

Des vers et puis des rimes
Qui me parlent de ton monde, de toi
Et chose magique et sublime
Parlent de nous parfois

De ma pierre d'émeraude de mai
Mon anniversaire encor passera
S'ajoutera une autre année
Triste et seule sans toi


Ode©

8 mars de l'An Deux
 

Création de la page par Ode©
 
 

 

 

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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 06:38
Sur la « Colline qui prie » – Photo J.Dornac©

 

 

 

 

 

Le soleil a traîné ses guêtres
Sur les pavés de la ville
Sur ses fleuves et tout son diamètre
Astre brûlant qui n’offre aucun concile
Lâchant ses flèches arrogantes
Sur les passants et promeneurs
Fuyant les heures bouillantes
Espérant air et fraîcheur…
 
Au dieu Lug on offrit la cité
Mais depuis, la colline qui prie
A la Madone est dédiée
Fourvière, de prières, se nourrit !
Le fier vaisseau à Marie offert
En remerciement de sa protection
Contre les maux cruels des Enfers
Domine majestueusement Lyon…
 
On entend encore, si l’on sait rêver
Le rire tonitruant du roi Henri
Lui, l’homme volage, ici, devenu mari
Festoyant dans le vieux quartier
Cela prêtait à rire
C’est le moins que l’on puisse dire !
Le bon peuple l’avait adopté,
Lui qu’un illuminé décida de tuer…
 
Non loin de la basilique de Marie
Veillent également sur la ville
Comme une sorte d’allégorie
Comme plantés sur une île
Les ruines des théâtres romains
Pierres sans âge que caressent mes mains
Il suffit de fermer les yeux
Pour écouter les spectateurs heureux…
 
Ne manquez pas l’union
De nos deux fleuves fous
Qui par étonnante communion
Ont fait le choix d’un mariage doux
Dame Saône à su calmer par sa douceur
La rage du Rhône et parfois ses ardeurs
Pour célébrer des noces infinies
Qui les mènent à la mer sans avanie…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 24 septembre 2017




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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 06:28
© Vincent Héquet
 
 
 
 
Le plus sûr moyen d'être malheureux est de l'avoir été et de s'en souvenir.   Xavier Patier          
 
 
LE sable s'endormait sur le lit du rivage…
PLUS j'avançais mes pas et moins je pouvais voir
SUR la plage mon sceau, gravé sans trop savoir,
MOYEN, mais bien présent, tel un dessin sauvage…
 
D'ETRE seul dans le soir, je buvais un breuvage,
MALHEUREUX comme si la mer faisait pleuvoir.
EST-ce toujours ainsi quand on croit recevoir
DE quelqu'un une main et qu'elle fait ravage ?
 
L'AVOIR prise, éperdu, me fut un réconfort,
ETE tel un salut que j'ai cru franc, très fort,
ET qui s'est effacé sous mes doigts, d'une touche…
 
DE mon passé récent, seul ce songe émouvant
S'EN revient chaque jour, et presque sans retouche :
SOUVENIR d'un trou noir, tel un sable mouvant…
 
©Robert Bonnefoy
 
RB - Sonnet en acrostiche   
 



 
 
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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 04:15
Photo Claude Luezior©

 

 
quelque part né de rien
sur un océan léthargique
filleul borgne
enroulant ses vents
autour de son œil unique
le cyclone émiette les îles
 
pirate des Caraïbes
il répand son carnage
et mâche de sa spirale
ces terres de jade
où cohabitaient
en images d'Eden
miroir turquoise
et palmiers frileux
 
de ses rafales fétides
l'ouragan broie
souille et pille
ce monde originel
où gisent désormais
les déchirures
d'un festin sanglant
 
houle, rage et tourments
démembrent le littoral
quand s'amoncellent
toitures crevées
tôles, ferrailles
et détritus du vulnérable
 
exsangues, hommes et bêtes
divaguent sans eau vive
ni grammaire d'un espoir
 
là-bas, dans l'azimut
se rassemble déjà
la prochaine charge
contre les tropiques  
 
©Claude Luezior
 
 
 
 
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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 06:42
Chimères - ©Franco Cossutta

 

 

 

 
Dans le vagabondage de mes songes, je suis captive de tes erreurs couleur de sauge, de mangue et de tubéreuse.
 
Chimères vénéneuses, venin et ambroisie, bois, je retiens la pulpe de tes lèvres.
 
Mirage, mirage, je te retiens à marée haute, à marée basse, sur le blanc sur le noir, dans les ressacs de l’utopie, ne te retourne pas, tu n’es pas prêt, tu es au-delà des légendes, celles que l’on croque comme des pierres.
 
Chimères, chimères, je t’ai aimé à t’en rendre fou, à t’en rendre sage, sirènes et elfes confondus. Nous avons fait l’amour comme les éclairs dans l’orage, comme les feuilles sous le vent, comme deux radeaux en perdition sous le regard de Méduse, comme des fantômes dans le lit d’un torrent, comme des feux de brousse, comme l’encens qui étouffe le jasmin, comme des cernes bleus autour d’un cri.
 
Tu étais un roi, j’ai fait de toi mon fou, mon fou de Bassan, mon ravi, mon délirant. Tu étais mon mirage rouge et nous nattions des ronces sur des seuils crépusculaires, dans des draps de suie.
 
Je t’ai fait hurler jusqu’à mordre la cendre, jusqu’à oublier ton nom, jusqu’à ramper dans l’ardence des flammes que je tisonnais, jusqu’à perdre ta tête.
 
C’était un jeu et nous ne le savions pas. Je retiens encore dans ma crinière d’étoiles, tes lèvres qui errent sur la résille de ma peau, arpèges, soubresauts, mirages.
 
Plus rien, impair noir et passe, tout était écrit, nous étions trop près de l’irréalisable, échec et mat.
 
Chimères, chimères, tes sens délirent et tes mots butent à cloche-pied, la folie rit derrière son masque, tu es devenu mon Styx, mes ténèbres, ma barque sans retour. Il reste juste la blessure de la source pour étancher les délires de la solitude. Brume sur la brisure des aubes aux soies de ronces, écoute : les spectres traînent leurs crécelles, un jour de plus, un jour de moins dans la légende d’un amour perdu.
 
©NICOLE HARDOUIN
  



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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 06:32
Le poète a toujours raison

 

 

 
 
Le soleil qui brillait par son absence depuis plus d’une semaine, désirait-il s’offrir une éclipse prolongée ? Où est-ce le brouillard qui voulait jouer un bon tour à l’orgueilleux astre solaire ? Même la lune avait disparu et la nuit évoquait un triste tableau noir. Qui avait picoré les étoiles ? Et les gens de se lancer dans des explications farfelues, d’implorer à genou une divinité pour conjurer leur peur.
 
C’était le temps de la morosité et une grande lassitude endormait les esprits. Les cinémas, les théâtres et les rues étaient vides. Chacun restait chez soi, à se morfondre devant une cheminée éteinte, engoncé dans une tunique de soucis qui était loin d’avoir la légèreté d’une mousseline vaporeuse.
 
Seul le poète osait vagabonder dans cette brume quotidienne, chaussé de pantoufles magiques emperlées de rosée. Dans ce lieu éthéré, il jouissait avec gourmandise d’un silence ouaté qu’effleurait à peine le frôlis d’une aile de hibou. Il se moquait bien des sondages de tous ces imbéciles qui prévoyaient, à très courte échéance, une énigmatique fin du monde et il écrasait avec détermination cet amas grouillant de mots nés de cerveaux déboussolés.
 
Lui, le poète, se contentait de vivre le présent, en jouant à l’homme-oiseau. Dans la fleur des événements qui ne dépendaient pas de lui, il réussissait à trouver une perle de miel, alors que d’autres n’y découvraient qu’une goutte de poison. Il voulait être disponible pour recevoir le bonheur qui apprécie particulièrement le nid douillet d’un cœur ouvert et accueillant.
 
Et le poète a toujours raison…
 
©Michèle Freud
 



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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 06:29
Palmiers à Bora Bora

 

 

 

 

 

Je m’en vais mon amour
Loin de ce monde embrasé
Par les fournaises de l’été,
Ou de ces terres étouffées
Par les pluies meurtrières
A l’heure des moissons.
 
Je m’en vais irrésistiblement
Sans avoir connu tes caresses
Ni la passion de tes baisers
Mais toujours
Avec ce rêve de palmes
Courbées
Sur les eaux bleues.
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 06:26
La batellerie sur le Rhône

 

 

 
 
Laisser venir, laisser partir,
Enseignement du fleuve.
 
Les chalands le caressent,
Les péniches, les coches d’eau
Lui offrent leurs seings éphémères.
 
Il s’éloigne en apesanteur,
Le ciel entier réfugié
Dans son miroir mouvant.
 
Et le reflet des rives
Devient l’essence du réel.  
 
© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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