La maire de Chanteloup-Les-Vignes a partagé sur Twitter la photo du chapiteau incendié, samedi 2 novembre 2019, dans le quartier de la Noé. (COMPTE TWITTER DE CATHERINE ARENOU)
Le pire des suicides est intellectuel.
La vie à fait de vous des hyper-arriérés !
Toi qui as incendié ta maison de culture
Et toi, l'école où tu n'as pas pris la mesure
De ce qu'est le savoir dans ce monde égaré.
Votre avenir, vous l'avez tous les deux barré
Sur la page qu'on tourne en cherchant sa nature ;
Vous avez choisi que votre âme reste impure :
C'est le noir qu'au grand jour vous avez préféré !
Tu vas monter sans t'arrêter
Du bout des pieds, ça va aller !
Eh ! Respire avant d'exploser !
Une, deux, une... tu vas y arriver !
Sur le plat, on peut s'étirer
Houla Hop, se contorsionner...
Et inspire comme une apnéiste,
Fais une roue et l'équilibriste
Pour un sprint, tu poses au départ
Prête à bondir, tel un guépard !
Ne ris pas, tu vas t'étaler,
Le top départ n'était pas donné !
Et tu repars en pas chassés
Droite puis gauche, et sautiller,
Souffle fort, c'est ça le sport !
Quel bonheur dans ces efforts !
Dîtes, vous, qui êtes assis là
A lire tout ça sans bouger,
Hop et Hop, petites foulées,
Palmes, vélo, fonte ou ballon,
De l'énergie et une deux trois !
Il y a des champions en chaussons ??
A la fleur de l’âge juste avant le déclin
Se hâter
Loin des vocables violents
De la souffrance,
De la mort des croyances.
Rester fidèle à un ciel lavé des nuées bleues
Qui révèle ses secrets stellaires,
S’abreuver à la source de la liberté
A l’orée de ma forêt métaphore.
Avec le vent tourner les pages
Suspendues au feuillage
D’où s’envolent des vocalises
Nées au cœur de l’oliveraie.
Bercée par les larmes de cristal
Des notes perlant
Sur les murailles de pierre,
Entendre le plain-chant
De la prière éternelle,
Obole des mots enlacés
Aux élans de l’âme.
Juste avant le déclin
L’arbre devient parabole.
« Une médiation muette », nous annonce Carolyne Cannella en quatrième de couverture de Parcelles d’infini, paru aux éditions Alcyone dans la collection soignée « Surya » au beau papier nacré. Et qui d’autre, effectivement, que le dieu Soleil de l’hindouisme pour présider à ces quintils à forte connotation spirituelle ? Car la poétesse ne craint pas de s’adresser à une entité supérieure, pas nommée formellement, mais qu’elle salue par une capitale (« avec la fleur de Ton sourire / et son parfum qui luit / de toute éternité »), avant, presque dans le dernier poème, de lui dédier l’ouvrage en quelque sorte : « En Toi, le puzzle de l’univers / la clé de tous les sons / la gamme de toutes les couleurs ».
Ce dernier quintil montre aussi la prévalence du vocabulaire musical dans le recueil. Concertiste autant qu’autrice, Carolyne Cannella accorde une importance capitale aux « répons », aux « cantilènes », aux notes en tous genres. « Immuable / se meut la mélodie secrète » de ses vers ; avec ou sans rimes, c’est selon, mais toujours avec une harmonie issue de la vibration primale. Pour le rythme, elle use de mots que la prosodie classique a forgés pour agencer les longueurs de ses vers (encor, jusques) et distribue dans l’espace des blancs, créant ses partitions poétiques comme elle créerait des orchestrations de miniatures musicales. Tel est le sens, on le pense, de la répétition à un vers près d’un poème aux pages 32 et 38, la disposition sur la page changeant elle radicalement, invitant à une lecture à haute voix pour apprécier la différence de scansion.
D’inspiration orientale (« Ces libres torii, solitaires / qui ponctuent le silence »), la poésie de Carolyne Cannella flirte avec le genre du haïku dans une version quelque peu allongée (« Tandis que l’ombre s’estompe / dans les mille éclats du jour / sur l’âpre et haute colline s’ancrent / fraîchement écloses / les fleurs de prunier ») ou se revendique clairement du tanka, dans un hommage à Rimbaud. Sa spiritualité est entièrement assumée, telle une hymne sacrée à l’harmonie de l’univers qu’une chamane lancerait à la figure des lectrices et lecteurs, avec sincérité.
Une pomme de pin
un prélude de Bach
la caresse de la brise…
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...