Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 07:48

 

 

 

 

 

Le soir seul habite le mur,

Muret sec de l’attente

Où, dans le délaissement du jour,

La lumière se déprend du connu.

Lui  en garde la trace.

Un souvenir,

Un appui,

Le voici debout ;

Empilement d’ombres et de silence,

Agrandi des voix de départ :

Froissements des branches affairées,

Aplomb des oiseaux battant l’aile du sommeil

Et sur la terre et au ciel,

Vent flammé,

Les graines semées de la fuite

Graviers du départ

Noir sur la glaire du soir.  

 

©Béatrice Pailler

 

Revue Traversées N°88

https://revue-traversees.com/les-auteurs-de-traversees-2/  

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 08:19

 

 

À l’Hôtel de l’Univers et de l’Aveyron

le Métropolitain passe par la fenêtre

La fille aux-yeux-de-sol m’y rejoindra peut-être

Mon cœur

que lui dirons-nous quand nous la verrons

Compte les fleurs ma chère

compte les fleurs du mur

Mon cœur est en jachères

Attention

L’escalier est peu sûr

Que n’es-tu la vachère

qui mène les amants en Mésopotamie

 

Louis Aragon

 

sources : https://www.poesies.net/louisaragonfeudejoie.txt

 

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 08:27

 

 

 

 

Nous rétrécirons l’espace

Jusqu’à l’espace de tes bras

Et l’ombre s’effacera

A l’horizon de tes paupières

Sous l’épure de mes doigts

Pour se fondre

Dans la respiration de l’amour.

Le vertige des abîmes

S’éloignera de toi,

Car tu seras mon île

Ma terre émergée

Au milieu des océans de la désespérance.

Nous irons par les routes mythiques

Où tremblent les rayons violets

Échappés des églises,

Et tu seras entre mes mains

Comme une colombe

Dont je sentirai battre le cœur,

Ayant oublié les matins voilés

Et la suavité ineffable

De l’antre de la mort.  

 

©Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 

 




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 07:36
Le Genou de Claire, film d’Eric Rohmer

 

 

 

 

 

 

Il y a dans l’air

Comme un flottement

 

On dirait que rôde
Un parfum d’inattendu

 

Tu oscilles

Entre deux eaux

 

Les mots
Ont plusieurs interprétations

 

Tout est indéfinissable

Imperceptible

 

J’ai des impressions

Impressionnantes

 

L’espoir
A remplacé l’amertume

 

Les boniments
Ont laissé place au silence

 

C’est que nous sommes

Dans la séduction  

 

© David Chomier

 

 Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 07:20

 

 

 

 

 

Eh bien, non, figurez-vous que je ne me souviens plus du jour

où « Anticlope » est devenu mon sobriquet !

 

Oui, je sais, depuis lors,

et ce jusqu’à l’instant même où je vous parle,

on se pose encore la question :

« Mais, enfin, comment a-t-il rendu

son paquet de cigarettes invisible ? »

 

Évidemment qu’il y a un truc !

Tous les tours de passe-passe en ont un.

Le mien, c’était une blague.

 

Oh non, ne riez pas,

il s’agissait bel et bien d’une blague à tabac.

Vide il est vrai, mais malgré tout odorante,

en général juste assez pour me permettre d’appliquer

le principe de la tirette.

Autrement dit : la fermeture-éclair ouverte,

il me suffisait de renifler quelques secondes,

le nez dans le sac,

pour qu’un sentiment d’apaisement

m’aide à récupérer mes esprits.

 

Alors, magie ou poésie ? Allez savoir…

 

En tout cas, le dernier à ne pas m’avoir pris au sérieux,

jusqu’à m’attribuer à ce sujet

l’invention d’un écran de fumée,

eut beau me passer un cigare,

il n’est déjà plus de ce monde.


©Michel Duprez

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 07:31

 

 

 

Je m'envole

comme une feuille.

Je flotte,

la brise me porte,

me transporte

jusqu'à la forêt d'étoiles

où j'accroche mes espérances,

mes rires, mes désirs,

mes rêves les plus fous,

où je suspends des mots-violons,

des mots-clartés, des mots-chemins,

des mots-barques, des mots-tremplins.

Et puis je m'en retourne

sur le dos d'un vent calme,

retrouver le pré et son ruisseau,

les arbres qui chantent de tous leurs oiseaux,

le soleil ruisselant comme une musique,

les fleurs au rayonnement magique,

ma maison et ses provisions de douceurs.

Ma maison, mon île, mon ailleurs,

où j'aime y tricoter du beau

et changer la grisaille en floraison d'aurore...    

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 07:08
Par Henrik Aarrestad Uldalen

 

 

 

 

 

Des caresses s’inventent  dans  l’échancrure

des patenôtres, l’encens prend  goût de miel.

Au  mitan  des  lèvres  la  patience s’effrite :

Hurlement du manque.

Les  coules  s’habillent  de  chair. Dévorante

fusion. La nudité de l’âme mûrit aux feux de

Leur soif.

Pulsions,   dilemme   :   le   doute   éperonne

l’obéissance.  La  fumée  des  cierges  titube,

sculpte des visages torturés.

 

          Éperdues, feront-elles naufrage ?

 

 

©Nicole Hardouin.

 

Extrait du recueil « Prométhée, nuits et chimères » aux éditions de l’Atlantique, collection Phoibos.

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 07:37

 

 
Sur le sable mordoré de  la plage
Trois mots étincellent au soleil
Une vague caresse les lettres
Les contourne et puis s’en va
Vers un amour venant de naitre.
 
Sur le sable mordoré de la plage
L’amour résiste au vent du large
L’écume argentée sur son fil glisse
Pour composer le poème éternel
Jusqu’à l’immensité des limbes
 
Sur le sable  mordoré de la plage.
 
©Eliane Hurtado

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 08:04
Là-haut, sur les Hautes Chaumes, le traquet motteux coulait des jours heureux...

 

 

Ses moustaches en gerbe d’avoine, étirées en un malicieux sourire, annonçaient une journée d’une énergique vitalité.


Il portait une chemise aux couleurs de l’été, un pantalon de grosse toile grise et un chapeau à larges bords planté de biais sur des cheveux blancs frisés.


Ses yeux de lac bleu s’émerveillaient à la rencontre de la silhouette musicale d’un peuplier dans le vent.


Il aimait ces journées passées avec des amis ancrés depuis des générations dans ce pays où rudesse et douceur se conjuguent.


Il s’engageait sans retenue avec talent et imagination pour maintenir la vie dans la joie, fier d’appartenir à cette Auvergne fraternelle.


Au fond d’un vallon ou sur une éminence, le Haut-Livradois lui chantait sa romance.


Sa grande fierté, il l’a tenait de sa connaissance des arbres. Son ancêtre, scieur de long, lui avait confié ses secrets.


Il distinguait du premier coup d’œil le bourgeon-feuille du bourgeon-fruit.


Sur sa montagne granitique, par les prés, les champs et les bois, il s’en allait à la rencontre des merisier, sorbier, alisier, sapin pectiné et sapinière à myrtilles.


Sur chaque arbre, il sentait palpiter l’aubier sous l’écorce. Ses mains rugueuses s’attardait le long du tronc pour échanger une confidence.


Il disait souvent que les arbres étaient des amis fidèles, des compagnons de vie pour ne jamais être seul.


Le parfum du genêt et de la fougère embaumait ce monde vivant.


Sur le chemin du retour, il croisait le paon du jour s’accordant une halte sur la scabieuse pour lire le passage du vent.


Tandis que là-haut, sur les Hautes Chaumes, le traquet motteux coulait des jours heureux sur son éboulis de pierres.

 

 

©Roland Souchon

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 07:26
Tableau de Jean-Claude Bemben : ©Transparence…

 

 

                                        Poème dédié au peintre et ami Jean-Claude Bemben.

 

 

 

Sur les profondeurs laineuses

D’un ciel d’encre  bleue,

Un arbre aux ramilles

Dentellières se découpe

Au décor d’un contre jour,

Dans le flamboiement

D’un embrasement solaire.

Le paysage irréel se fond

En dessinant des rêves

Dans un cercle d’or

Posé sur l’écrin soyeux

D’une blanche évanescence.

Vision d’un monde secret

Aux lignes insolites,

Univers étrange et indéfini

Où se tressent des signes

Prenant forme de parabole.  

 

©Michel Bénard

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche