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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 08:00
Si je pars, c’est sans regret – Kacem Issad
 
 
 
 
J’achète la mort
À qui la vend
Pour laisser ce monde
Sans peine ni remords
J’envie les morts
Là, sous terre
Fuyant la barbarie des bêtes humaines
Quand le diable s’en lave les mains
Des horreurs des vivants
Je cours me libérer de ce monde
Sans tristesse ni regrets
Pour une terre insolite
Où je suis sûr
Que je ne serai pas lésé
Dans l’univers
Où règne le clément.
 
©Kacem Issad




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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 06:38
L’appel de la montagne – Michèle Freud
 
 
 
 
Dans une semaine, enfin, Marc sera en vacances. Il est grand temps qu’il change d’air et se dépollue le corps et l’esprit. Un rien l’énerve, le choque, le déstabilise. Il a besoin d’un retour à une vie simple et sauvage, d’une communion avec la nature. Marc aime la montagne : elle est son étonnement, son éblouissement, son terrain d’aventures. Il apprécie la vie de nomade, sobre et rude, les refuges d’altitude où l’on se régale de soupe au lard, de pâtes et d’omelette au fromage, dans une ambiance colorée et chaleureuse.
 
Quel plaisir de marcher dans un cadre grandiose, sous un ciel tiré comme une soie brillante d’un sommet à l’autre, de se baigner dans un torrent d’eau froide, de s’étendre au soleil parmi les myosotis, les trolles, les pensées et les campanules, de savourer le calme des grandes solitudes, de pique-niquer au bord d’un lac d’émeraude tout en admirant les glaciers et les pics neigeux étincelants ! Quelle joie d’observer les marmottes et les chamois, d’apercevoir près d’un ruisseau clair et guilleret, un cingle plongeur, oiseau étonnant qui, pour capturer les insectes dont il se nourrit, plonge sous l’eau, remonte le courant en marchant sur le fond du torrent, retournant les cailloux avant de ressortir quelques secondes plus tard !
 
Quelle source de bonheur de s’émerveiller devant une flore riche et variée ! Voici l’épilobe, l’ancolie, les lys martagon, voici l’œillet odorant aux aériennes découpures, les géraniums sanguins au rouge éclatant, la digitale avec son flamboyant calice, la dryade et sa jaune chevelure d’étamines, les sedums de toutes couleurs qui habillent la pierrailles. Et Marc rêve, n’en finit pas de rêver. En lui coulent des ivresses étranges. Il est déjà dans ses montagnes, temple de la lumière…
 
©Michèle Freud




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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 06:38
Abîmes – Denise Bernhardt
 
 
 
 
Dans les espaces glacés des profondeurs,
S’évasent les méduses
Comme d’étranges fleurs,
Me frôlant parfois de leurs traînes lascives
Où le spectre diffuse
De crépusculaires apothéoses.
J’ai quitté cette terre
Où tu n’existais plus
Et vide je descends
Vers les abîmes de silence.
Je te laisse la vie
Les fraîcheurs vertes
Et les roses offertes
Toutes ces choses
Qui font battre ton cœur,
Pendant que je divague
Blanche et nue,
Eprise d’une vague
Qui s’enroule à mon corps.
Je te laisse à ton vol immobile
Jalonné de chimères
Où papillon diurne
Jamais tu n’effleures la flamme.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 06:56
La nouvelle alliance – Luce Péclard
 
 
 
 
Accroupi au jardin,
Perdu dans ses pensées,
Il fait couler la terre
Fraîchement retournée,
Comme autrefois le sable
Entre ses mains d’enfant.
 
Il renouvelle une alliance
En accord avec la nature.
 
Le courant rétabli,
Il peut ensemencer !  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 06:49
ILLUSION DIVINE - Nancy Turnier-Férère
 
 
 
 
Ces vers auraient-ils
une lueur volatile d’espoir
à une distance imagée,
pleins de souvenirs illusoires,
ou pourrait-on encore
modeler ces frasques délectables ?            
 
Ce poème frêle d’antan,                                                       
le nommerait-on donc
l’aventure postulée,             
de lendemains douteux ?
 
Arriverait-on à viser les nues,
juste pour recueillir
ou imager peut-être
une vision temporelle
de ce qui fut,
de ce qui était,
de ce qui nous dépasse,
de tout ce qui est abstrait,
obscur et claquemuré,
aux alentours de notre vie
figée et fade ?
 
Bien au-delà d’un bonheur immense
qui volontiers accapare nos êtres,
nous fait rêver et nous fait croire
aux clairs de lune, aux légendes
éclairant les sentiers d’un amour vierge,
tout nous paraît clairement beau,
tout nous paraît sublime.
 
Sans doute notre existence
est en détresse,
quand nous pensons à un être aimé,
quand nous désirons
simultanément le caresser sans soin,
le baiser sans pudeur,
sans relâche, sans entr’actes.
 
Inopinément, nous réalisons
nos bras nerveusement
nous serrant le corps,
nous concevons l’incohérence
de nos pensées vacillantes.
Les yeux humides et sombres,
les lèvres entre ouvertes,
nous façonnons une présence,
crayonnons une silhouette,
sentons la chaleur de nos corps
et voyons une gouache douteuse.
 
Enfin tout chavire en tourbillon,
le corps tremblotant et moite,
harmonieusement
nous nous entendons hurler. 
Les mains nerveuses,
sans allure nous explorons
l’un et l’autre en sillonnant
nos lendemains prodigieux.
 
©Nancy Turnier-Férère 



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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 06:40
Le cuivre du désert – Victor Varjac
 
 
 
Le cuivre du désert
Les yeux mi-clos
sous le miroir crépitant
de la paille du jour
contemple les heures
qui s’attardent
se mélangent
et se perdent
en son immensité…
 
Les empreintes mouvantes
piègent les saisons
et le temps s’interroge
mais les Signes ont ici
les lèvres closes…
 
En ces lieux
il n’existe aucun regard
pour dessiner les âmes…
tout s’abandonne
au pouvoir de la lumière…

©Victor Varjac
Antibes, septembre 1996

Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de Plume




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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 06:39
Jadis un ailleurs - Béatrice Pailler
Préface de Michel Bénard
 
 
« .../...de sa voix s’exalte le cantique halluciné des vapeurs opiacées. »
BP.
 
Une écriture est née ! Le décor est planté, il ne nous reste plus qu’à nous laisser emporter pour nous perdre dans les méandres de ses énigmes.
 
Béatrice Pailler a le don des visionnaires, elle perçoit l’envers du miroir, traverse son tain et anticipe les aurores boréales. Elle porte sur le monde cette vision singulière et personnelle toute festonnée de nuances poétiques. Le langage est riche, les images sont fertiles, elles enfantent des univers d’entre deux où l’on discerne tout juste la part du réel ou celle du rêve.
 
«../..à cette heure, mon corps murmure les chants des anciens temps. »
 
Son encre est toute de miel et de douceur liquoreuse. Elle ponctue le temps plaintif, violent, béni ou silencieux.
Notre poétesse s’exprime dans un vocabulaire qui convie à l’étonnement, au ravissement. Son chant littéraire l’extirpe de la réclusion. Elle nous suggère un voyage entre le rythme de la vie et les respirations de la mythologie, un embarquement vers Cythère où nous descellons quelques fragments d’amour aux frôlements érotiques, mais où la morsure n’est jamais très éloignée.
 
« A toi, je laisse, au creux d’une main, l’irritante brûlure de mon sein.../...la morsure de ma toison. Et sur ta langue où s’enracine la fièvre, je dépose la sève de mes baisers, l’amère salive, souillure de mes poisons. »
 
L’écriture ciselée avec préciosité, de richesses filigranées et d’orfèvreries inusitées s’impose à nous et bouscule nos fondements.
 
Il arrive à Béatrice Pailler de se faire l’archéologue de la vérité et n’hésite pas pour cela à fouiller dans les cendres funéraires. François Villon ne lui serait-il pas soudain revenu du mont des gibets dans un tournoiement de bacchantes aux parfums soufrés de Walpurgis ?
 
« Et la lune noire, lune du désespoir, seul au ciel luit. »
 
L’écriture procède d’un rythme parfois tellement réaliste qu’il pourrait nous donner le mal de mer.
 
« Tangue, tangue le rafiot, forte houle au creux de l’eau. »
 
De temps à autre nous croisons sur notre chemin de poésie quelques émanations baudelairiennes. Béatrice Pailler sait égrener avec bonheur ça et là des soupçons d’images romantiques, réalistes, oniriques, érotiques tout juste voilées au travers de formules soignées, denses, serties d’un langage des plus raffinés.
 
Malicieuse, elle joue de l’éblouissement des saisons, des futaies corsetées, des dentelles de pluie, des ramures ébouriffées, elle détourne l’ordre du temps. Elle façonne son verbe par des expressions singulières et des formules personnalisées qui ne peuvent pas être lues de manière linéaire, mais plutôt de façon binaire, voire ternaire. Les cadences se heurtent, s’opposent, de délicates frondaisons s’entrechoquent avec les pierres et les gouffres béants.
 
Oui une écriture est née ! Il ne lui reste plus qu’à trouver la voie de sa révélation. Etrange, vous n’allez pas me croire ? Je me suis même surpris à penser, que c’est aussi beau que du Rimbaud !
 
Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.
Jadis un ailleurs - Béatrice Pailler
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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 06:47
Drôles d’oiseaux – Michel Duprez
 
 
 
 
Encore un couple qui bat de l’aile…
Depuis le début, c’était cuit, cuit, et même recuit.
Lui, pas assez zélé à son goût,
Faisait sans arrêt le paon
Dans son costume de pingouin.
Elle, pas chouette pour un sou,
N’a pu s’empêcher de plumer
Son pigeon de mari.
Où l’amour va-t-il donc se nicher ?
Mais, après tout, qu’est-ce que vous en savez, vous, dans vos cages à poules ?
Parce que, pour nous, le plus terrible, c’est qu’on les aimait bien, nos amis…
Maintenant, il va nous falloir apprendre à vivre sans eux,
Prendre un peu d’altitude avant de choisir
Entre le cinquante-cinquante et le zéro partout,
Lequel des deux ne l’a pas volé,
Ou mérité,
Ou que sais-je !
Car le doute évidemment continuera de planer, c’est certain…
Tout ça à cause d’un corbeau,
Un faux pli tombé comme une mouche dans une toile d’araignée !
Il est probable qu’il jouera davantage au papillon sans elle
Et qu’elle pensera sûrement de plus belle à dépenser sans lui…
Bah, c’est la vie : les gens, comme les paroles, sont faites pour s’envoler…
Heureusement que les écrits restent.  
 
©Michel Duprez
 
 
 


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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 06:39
Le joueur de tam-tam – Djida Cherfi
 
 
 
 
Dans un charmant village africain, petit mais très chaleureux, vivait un jeune garçon dynamique, gentil et surtout un peu naïf. Sa naïveté n'a jamais été un handicap, bien au contraire, c'est ce qui faisait de lui un être d'une rare bonté de cœur !

Il était souriant et tout le village l'aimait pour sa spontanéité et sa présence. Il était toujours prêt à rendre service.

En grandissant, le caractère du jeune homme se révélait être celui d'un artiste et comme tous les artistes, il rêvait d'être reconnu ! Mais voilà, il était encore dans cette phase ou il ne savait pas ce qu'était son vrai talent ! Alors comme tous les jeunes de son village, il apprit à jouer du tam-tam et il excellait bien plus que les autres ! Il en jouait si bien que tout le monde en redemandait. Puis, il est devenu LE joueur de tam-tam du village. Quand il se mettait à jouer, le village tout entier se rassemblait autour de lui et l'applaudissait. Il était heureux et, plus que ça, il avait trouvé non seulement son art, mais aussi un moyen de donner du bonheur, de l'amour et aussi d'en recevoir à son tour.

Les jours passèrent, et le jeune musicien se sentit lassé ! Il ressentait des douleurs sur les mains à force de battre son instrument et puis, soudain, il eu envie d'explorer de nouveaux horizons. Il décida alors d'aller au village voisin, un village plus beau et bien plus grand que son village natal. Il y commença une nouvelle vie !

Dans son nouveau village, le jeune garçon apprit à jouer de nouveaux instruments comme le tambourin, le banjo et même la guitare et le violon ! Il s'épanouissait et se laissait porter par de nouvelles sensations de liberté !
Mais voilà, il n'était pas le seul musicien du coin. Il y en avait d'autres qui savaient même manier le piano !

Un jour, la ville organisa une compétition, cette ville pour laquelle il avait abandonné les siens allait peut-être lui donner la chance de devenir Grand !
Le jour du grand concours de musique, des musiciens d'ici et d'ailleurs se tenaient prêts à montrer de quoi ils étaient capables. Et voilà que les représentations commençaient ! Piano, violon, guitare, batterie... il y avait de tout !

Quand le tour du jeune joueur de tam-tam arriva, il fut abasourdi, car il venait de réaliser que la guitare et le violon ne seraient pas une originalité ! Pendant un instant, il fut complétement perdu et ne put réagir au acclamations de l'audience. Il plongea dans ses pensées et, après quelques minutes, il laissa tomber son violon, prit son précieux tam-tam et se mit à jouer comme jamais il ne l'avait fait auparavant. Il frappait aussi fort qu'il pouvait en fredonnant un chant de son village. Ce fut si intense que son village vint se joindre à la fête. Les siens avaient reconnu leur seul et unique bien aimé artiste.

À la fin, le joueur de tam-tam eu une belle récompense. Non seulement, il avait gagné le concours, mais il avait enfin compris qui il était.
 
Moralité ? À vous de me dire.

©Djida Cherfi.
25-08-16

 
 
 
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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 06:38
Recension : Christian Malaplate - par Michel Bénard
Recension : Christian Malaplate - « Feuilles de route sur la chevelure des vagues. » Editions les Poètes français. » - 2016 -   format 15x21-  83 pages.
 
 
Indéniablement il s’avère nécessaire d’aborder l’ouvrage de Christian Malaplate «  Feuilles de route sur la chevelure des vagues. »  comme un long carnet de voyage où déferlent les images et émotions noyées de brume et d’écume.
C’est un livre de bord consignant les phases de vie et d’expérience.
Christian Malaplate joue sur la force et l’agencement des mots dont la trame révèle une richesse extrême.
Le verbe est ciselé comme un bijou d’Ispahan. L’écriture impose sa couleur, le langage est presque d’un autre temps. Nous voguons entre poésie, légendes et narration. Ce besoin de conter, cette volonté narrative en arrivent parfois à faire que la poésie se retrouve au second plan.
Environné des poèmes et textes de Christian Malaplate, je me sens dans la bibliothèque d’un érudit, d’un philosophe ou d’un moine copiste environner de parchemin enluminés.
L’allégorie même de l’esprit d’un lettré de haute connaissance. 
 
« .../...parmi les enluminures et les sombres cloîtres. »  
 
«  Où s’agglutinent les tableaux familiers dans une bibliothèque pleine d’anticipation. »
  
Notre poète joue avec l’étrange, le mystère, les ambiances insolites en rendant hommage à la mémoire.
 
« Il y a des fleurs maladives qui chantent des poèmes d’amour mystiques. »
 
Le voyage se poursuit dans un univers fantastique, irréel ou l’on ne discerne plus la part du réel et celle de l’imaginaire. Nous côtoyons un mysticisme latent, la formule alchimique n’est jamais très loin.
 
« Parmi les teinturiers de la lune et leur étrange alchimie. »
 
Christian Malaplate sait souligner les aspects fragiles de la vie, les humbles instants de bonheur et de plaisir, le souffle léger de la femme aimée sur l’épaule dénudée, le jus parfumé des fruits de l’amour.
L’amour recèle ici des effets de magiques métamorphoses.
 
« L’amour, dans nos moments intimes, modelait nos corps. »
 
Une poésie nourrit de réflexion qui nous transporte haut et loin. Sorte de panthéisme latent, la proximité avec la nature est évidente, je dirais même incontournable, car que serait l’homme sans elle, sans cette fabuleuse fusion universelle ?
Rien ! Il n’existerait même pas.
Cependant son orgueil et sa suffisance aveugles font qu’il a tendance à oublier l’enjeu, sciant dans son acte irresponsable la branche sur laquelle il est assis, tout en piétinant le jardin qui le nourrit.
Il est fréquent chez Christian Malaplate d’écrire sur les traces du rêve, de nourrir son encre de symboles universels, des sèves de  la nature, il tente de fixer l’éphémère en quelques vers.
Il demeure attentif aux chuchotements de la nuit, aux chants des étoiles et aux murmures des arbres séculiers. Il s’exile tel un poète ermite dans ses grands espaces de paix et de solitude intérieure:
 
« Je pars en suivant les empreintes de la terre et le baiser du vent.../... »
 
« Pour retrouver la confiance du monde extérieur. »
 
La nuit occupe une place prépondérante dans la poésie de Christian Malaplate, elle est révélation, se fait vectrice d’images indéfinies, le noir devient lumière, éclat d’écume et sel légendaire. Par la poésie ce dernier retour à la substance mère, il y poursuit sa voie initiatique, une quête conviant à l’harmonie.
Bien au-delà des religions, des dogmes infantiles, des semons aliénants, il caresse la philosophie, la sagesse indienne afin de se préserver au mieux des apparences et du paraître.
Christian, Malaplate côtoie les interrogations métaphysiques, interroge l’universel et les lois cosmiques autant que puisse. 
Sans oublier la question suprême et incontournable de la création, du mystère de l’humanité.
Est-ce « Dieu » qui créa l’homme ou plutôt l’homme qui s’inventa des «  dieux » ou un « Dieu » ? Par nécessité de référence à des forces supérieures.
L’interrogation demeure en suspend ! Qui en possède la clé ? Les poètes peut-être par instinct ou intuition.
Avec humilité Christian Malaplate ouvre une voie, qu’importe la finalité, il chemine. Le carnet de route à la main avec l’extrême conscience de notre fragilité humaine. L’interrogation oscille entre le Taj Mahal une des merveilles universelles et l’ombre d’une grande âme indienne Rabindranath Tagore rôde, la symbolique ésotérique du Khajurâho interroge, ainsi que le mystère sacré de Bénarès qui nous ouvre les portes du nirvana.
Retour aux sources de la sagesse, du bon sens des philosophies indiennes. Force est de constater que pour l’heure depuis Ghandi, Tagore, Aurobindo, Krisnamurti, notre siècle est en perte de valeurs, d’idéaux et de repères identitaires dont nous aurions de plus en plus besoin.
Devenu porteur de mémoire Christian Malaplate cherche le vrai «  dieu » d’amour, l’espoir demeure il porte en lui un futur à construire, mais pourra-t-il réellement l’ériger.
En ce temps d’éveil et d’interrogation une réponse possible se trouve-t-elle peut-être dans le symbole eucharistique.
En mémoire de son grand père ayant perdu toute certitude en l’homme après un passage en enfer de quatre ans 1914-1918 sur le tristement célèbre «  Chemin des Dames. » que je connais très bien et où l’herbe un siècle plus tard n’a pas toujours repoussée partout.
 
«  J’ai surtout perdu mes certitudes en l’homme et je cherche toujours un dieu d’amour. »
 
Mais confiant en l’acte de poésie notre porteur de mémoire, Christian Malaplate poursuit ses rêves et chimères.
L’œuvre continue, le meilleur restant à venir et nous l’attendons !
 
©Michel Bénard.
Recension : Christian Malaplate - par Michel Bénard
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