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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 06:59
Le prince et la rose – Pierfetz
 
Pourquoi les roses ont des épines ?
Des amis parmi les renards.
Les fourbes trompent par leur bonne mine
Et captivent souvent les regards.
 
Pourquoi les gens de notre terre
Polluent leur environnement,
Ne savent bien faire que la guerre,
Se comportent comme des garnements ?
 
Les fleurs mangées par les moutons
Ont laissé pousser des épines,
Le monde est peuplé de faucons,
Privé d'inspiration divine.
 
L'Essentiel a bien disparu,
Caché par de nouveaux rois mages,
Leur science n'a rien résolu,
Petit Prince doit tourner la page.
 
Dépasser son imaginaire,
Changer le monde des religions,
Retrouver à deux millénaires
L'enfant de la résurrection.
 
Au-delà de l'imaginaire,
Son Message transporte l'Amour
Occulté par les missionnaires
Des institutions de faux jours.
 
Une nuit d'étoiles, j'ai rêvé:
Les roses n'avaient plus d'épines;
Moutons et loups étaient en trève,
L'Enfant roi nous avait sauvé !
 
Pierfetz ©
 
 
 
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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 06:42
Un témoin – Salah Bekka
 
 
 
 
J’ai fait de mon ombre un témoin
Qui t’a protégé du soleil,
Il me rappelle les joyeux coins
Qui ont mis nos cœurs en éveil ;
 
Oui, j’ai fait d’elle un vrai témoin,
Comme pour m’assister d’un complice,
Pour revisiter ce tout qui est loin
Et redonner un sens aux indices.
 
Te rappelles-tu du nombre de fois
Et des endroits qui nous ont bercés ?
Moi, je n’ai à l’oreille que ta douce voix
Comme seul héritage du passé ;
 
Tu es partie, et l’image aussi,
Mon ombre s’est vidée dans ces lieux,
Dans chaque passage, je vis la nuit
Et au ciel j’adresse des mots, des vœux,
 
Celle de te revoir, et de revivre,
Un des moments vécus ensemble,
Et réparer aussi cet état ivre,
Dans ce rappel ma gorge tremble.
 
Je manque de mots comme un muet,
Quand je médite dans ces endroits,
Mon ombre s’exprime comme un valet,
Sous le soleil, et sous les toits.
 
Si je m’étouffe dans mes pensées,
La couleur de cette ombre m’a puni,
Et elle a coloré tout le tracé,
Que le dur destin lui a remis.        
 
©Salah BEKKA. Auteur
Fleurs, Épines et Frissons…
Paru au : LES ÉDITIONS DU NET
92150 Suresnes France



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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 06:55
Les « SANS…mandat …CONTAMINÉS » - Gérard Gautier
Dessin d'Honoré Daumier (hommage à l'oeuvre de Victor Hugo : Les Châtiments).
 
 
 
 
Avant de s’engager dans les chemins,
Qui, vertueux, devraient être,
Pour mandat obtenir
Ils sont, pourquoi le nier,
Citoyens intègres, altruistes,
Dévoués à la cause commune, désintéressés,
Ayant parfois fortes et belles idées, 
Souci de l’éthique,
Respect pour la parole donnée.
Sains, certes, mais point Saints.
 
Pour les consciences malléables,
L’approche du pouvoir vicie.
Aussi, dès lors qu’ils entrent en Cour
A l’oligarchie appartiennent,
Sans pour autant être passés par l’ENA,
Officine parasitaire s’il en est,
Robotisés, ne s’appartenant déjà plus,
Ils sont enivrés par les obséquieux hommages
Rendus à leur grandeur naissante
Par la militante piétaille courtisane,
Chercheuse d’une once de privilèges
Et autres passe-droits.
 
Oublieux de l’hier,
D’une charge, point ne se suffisant,
Ils se mettent, boulimiques,
En quête d’autres....et d’autres encore,
Liant leur sort, peu regardants,
Le temps d’un scrutin,
En de douteuses alliances.
Rapidement, en chemin, perdent,
Bon sens, dignité, moralité,
Sourds aux souhaits des humbles,
Au rappel de leurs promesses fallacieuses,
Dont ils savent qu’à les tenir
Point sont tenus
Car, de valeur elles n’ont,
Que pour ceux qui les écoutent.
 
De myopie civique sont atteints
Témoins d’exactions, de turpitudes
Et autres forfaitures, appartenant à la meute,
Ne voulant pas manquer la curée
Détournent la tête pour ne point voir,
Font silence et taire conscience,
Complices passifs deviennent,
Ils vous parlent de Démocratie
Ne sont que médiocratie
En bandes organisées,
Se gavent de prébendes.
 
Ils votent en faveur
De leurs pairs condamnés,
Voleurs, blanchisseurs,
Hommes de peu, ripoux,
Et autres justiciables,
Des lois pour les blanchir
Et, dans le même temps,
D’autres, nombreuses,
Contre les citoyens,
Pour les encadrer,
Mettant à mal leurs libertés,
Les protéger disent-ils.
Dans un Monde où les humbles,
Les laissés pour comptes
Ont, de moins en moins,
Eux veules, en veulent plus,
Toujours plus.
 
Plus la situation pour le Pays est critique
Plus la conservation du confort acquis,
Pour eux, devient addiction
Oublieux de Démocratie,
Dont, en un temps éloigné,
Ils ont entendu parler,
Pour voir gonfler plus encore,
Un Paris pantagruélique,
Charcutant les Régions auxquelles ils appartiennent,
Niant la richesse de la diversité des langues, des cultures,
Ils mènent la France,
Vaisseau millénaire de l’Histoire,
Vers le naufrage, le néant.
 
Pour sauver leur statut, leurs privilèges
Indécents, gangrénés,
Eux, politiciens professionnels,
Sourds à toutes réformes qui les concernent,
Insulte faite aux électeurs qui,
Echaudés, ont perdu toute confiance,
Pas informés ou ayant, masochistes,
Les yeux de Chimène,
Pourtant, aveuglés, en redemandent,
Et vont là où on les mène,
Eux, qui en sont les détrousseurs, en appellent
Aux valeurs de la République,
Que depuis longtemps, ils bafouent,
Qui gisent, de leur fait, dans la fosse commune
Des illusions perdues.
Pour eux, le monde serait paradisiaque
Si de Citoyens il n’y avait.
Pour les Citoyens cela le sera
S’ils le veulent.
 
©Gérard Gautier 
Saint-Brieuc 28 septembre 2016



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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 06:45
L’araignée – Michèle Freud
 
 
 
 
Cela faisait deux semaines qu’il occupait cette cellule, deux semaines qu’il ne parvenait plus à penser comme si son cerveau avait été lavé, brossé dans les moindres replis. Les heures s’écoulaient, interminables, les journées étaient lisses sans la plus petite aspérité pour s’y accrocher. Il semblait tomber doucement dans un abîme sans fond. Jusqu’à quand cela allait-il durer ?
 
Or, un matin, après avoir inspecté comme d’habitude les murs de sa prison, il découvrit une araignée, toute grise, avec de longues pattes. Quelle merveilleuse surprise ! Il n’était plus seul. C’est pourquoi avec une grande joie, il l’accueillit en amie et lui souhaita la bienvenue. Son attitude était surprenante car dans sa maison, cette vision l’aurait fait frémir. Sa phobie venait de disparaître parce que sur cette araignée, il avait posé un regard de tendresse.
 
Chaque jour, il observait sa « dame à la voilette », il aimait son agilité d’acrobate et de danseuse. Il la contemplait et la transfigurait : il lui inventa des couleurs et la toile avec sa forme rayonnante, devint son soleil. Comme il ne se sentait plus dans les ténèbres, ses pensées refleurirent. Il se mit alors à jardiner dans son cœur.
 
Une araignée venait de le sauver du désespoir, de la folie. Tout comme la tradition de l’Islam où une araignée avait épargné la vie du prophète en tissant sa toile à travers l’ouverture de la caverne où il s’était réfugié pour fuir ses ennemis, ce qui fit croire à ceux-ci que personne n’avait pu y pénétrer depuis longtemps.
 
Jour après jour, le prisonnier regardait longuement sa nouvelle amie ; il était fasciné par sa toile faite de fils de soie entrelacés comme dans un tissage. Cette construction ? Un vrai chef-d’oeuvre ! Il se rappelait qu’après la pluie, il aimait contempler dans les prairies, les toiles d’araignées toutes brillantes de rosée. Il avait un tel plaisir à photographier ces enchantements diamantés que son émotion se mettait à revivre.
 
Souvenirs, rêves à partir d’un fil de soie, qui va se transformer en corde d’escalade ; et il se revoit grimpant vers le sommet, vers la vie… Fil de soie, corde, échelle, ascension vers la liberté !
 
Désormais, le prisonnier tissa la trame de ses journées avec les fils de l’espérance…
 
©Michèle Freud



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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 06:53
Les Chants oubliés – Denise Bernhardt
 
 
 
 
 
Il est bien loin le temps
Des longs frémissements,
Des âmes scintillantes
A l’aube carminée,
Des corps arasés de soleil
A l’ombre des journées.
Tes yeux se sont posés
Au fond d’autres regards,
Et ta bouche à pillé
Les fruits d’autres jardins
Qui t’offraient tour à tour
Leurs charmes vénusiens
Mais resteront gravés
Dans la moire du temps,
Nos doigts ayant froissé
La soie grège des matins,
Les frissons d’eau
Et ceux des chevelures,
Nos souffles mêlés
Au bord des sources nues
Délivrant les mouvants sortilèges
De rites inconnus.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 06:37
L’arbre humain – Luce Péclard
©Gustav Klimt
 
 
 
Le tulipier résiste au vent
Dans le halo du réverbère.
Son ombre sur la route
Se déchire et s’enfuit.
 
Elle accourt à nouveau
Sous le knout qui rassemble
Tous les morceaux épars
De lumière et d’obscur.
 
Je reste fascinée
Par ce jeu d’embardées
Et d’âpres chuintements
Où se meurt le silence :
 
La vie en condensé,
Accélérée à fond
Et par à-coups freinée,
Défile sous mes yeux !  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 06:54
Hommage – Nancy Turnier-Férère
 
 
 
 
Dans ces vers dédiés à mon ami défunt, des pensées pieuses, j’aperçois.
Ma vision calque, imprime en relief son corps glacial au loin endormi.
Méticuleusement, j’invente et j’esquisse une auréole à mon cher ami.
Sans effort, je tire du néant des réminiscences, des images j’entrevois.
Quelle affliction, cette amitié spirituelle disparue, me laisse un tourment.
À mon ami, disciple de l’Esprit Saint, sans cérémonie, une sœur je lui donne.
Prêtes-tu oreilles, entends-tu mon dire cher ami ? Hélas ! Le silence résonne.
En révérant le Divin, mes yeux lamentables sont fixés vers le firmament.
Au bout de l’outre-mer, sans tambour ni trompette, sans être vu ou perçu,
Il s’est effacé, s’est éteint, ce fut sa dernière volonté, et son repos solennel.
Mon frère-ami a navigué ses voiles vers l’au-delà, vers la sérénité éternelle.
Il s’est éclipsé seul vers la nébuleuse, la voie lactée invisible à l’œil nu.
J’ai fait fausse route me parait-il, je l’ai cherché, je ne l’ai point trouvé !
L’absence de ses sages conseils, m’accompagne, me conduit droit au destin
Qui m’entraîne aux abords des affres obscures du deuil et du chagrin.
Mais qui et pourquoi m’a-t-on volé mon ami ? Mais qui donc me l’a enlevé ?
Sans craintes, il émigre et longe divinement les voies tracés par le Seigneur.
À l’écoute de mes plaintes angoissées, dans une ambiance de piété
Suivie de prières, à le voir une toute dernière fois, sans succès j’ai tenté.
Mon ami n’a plus les pieds sur cette terre ! Il est mort ! Amèrement je pleure !
 
Cher ami,
 
À la fin de tes labeurs terrestres, tes sacrifices et ta profession religieuse,
Humblement je te prie, de m’inclure dans tes prières chaque jour.
Repose-toi donc, c’est ton dernier voyage, la paix soit avec toi toujours.
Je te promets sans faute de garder dans mon cœur ta devise précieuse.
 
 Ad lucem per crucem
À la lumière par la croix
 
©Nancy Turnier-Férère

 


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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 06:43
J’attraperai le jour – Victor Varjac
 
 
 
A Roméo
 
 
 
J’attraperai le jour
par la taille
et glisserai le soir
dans le creux de mon oreille
mais entre ces deux extrêmes
qui se touchent
et forment l’alliance
du cadran
la douce pluie des secondes
comme la confidence
d’une ligne ininterrompue
capture et emporte
l’ombre de chaque geste
qui fait la grandeur
et l’espoir d’une vie…

©Victor Varjac
Antibes, mai 1997

Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de Plume




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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 06:47
Élévation – Béatrice Pailler
©Paul Delvaux
 
 
 
Là, où l’éther se mêle
Au cœur saint de l’amante nue,
L’âme hante la nue,
Vole, lutte, éternelle
Au sein du chœur des volutes.
 
©Béatrice Pailler



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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:49
Cherchez l’erreur – Michel Duprez
 
 
 
 
Tremblez sur vos assises,
théorie tout juste bonne
à faire peur aux enfants que nous sommes
et continuons souvent à demeurer
une fois devenus grands.
 
Les années sont peut-être des balais
destinés à chasser les noms,
mais une chose est sûre : il est des circonstances
où dire non ne sera jamais de refus.
 
Sur ce : vade retro, Satana,
en premier lieu – honneur aux dames -,
entre deux mises en bière,
qu'elle soit brune ou blonde, à votre convenance,
celle qui nous attend un jour à la sortie,
surnommée la fille à la faucille,
et qui clame en vous pointant du doigt,
avec une vraie tête d'enterrement :
« Toi, tu finiras bientôt entre quatre planches ! »
 
Rendez-vous compte : se retrouver fauché à notre âge,
comment voulez-vous que l'on s'y fasse ?
 
Ah, mais attendez un peu, là, attendez...
Vous ne trouvez pas que ça sonne faux ?
Dans cette situation sens dessus dessous,
quelque chose ne tient pas debout :
finir entre quatre planches....
Il ne faut pas être Einstein
pour en déduire que deux manquent à l'appel,
deux issues de secours,
mais aussi de salut.
 
Tenez, en parlant de planches,
j'ai connu un gars qui, après s'être laissé prendre au piège,
a d'abord tremblé d'effroi,
puis fut littéralement cloué sur place,
enfin tellement refroidi,
qu'il en est mort.
 
©Michel DUPREZ

 
 
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