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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 07:37
La Lugubre – Salah Bekka
Gustav Klimt
 
 
 
 
 
Elle m’a pris par le bras et me parla en ami,
Ensuite, elle décolla le clou de ses ennuis,
Elle m’a ouvert son cœur pour laisser ruisseler
Ses sueurs de noirceur qui m’ont fait secouer ;
 
Elle a attaché ses yeux au milieu de mon front,
Comme pour faire un adieu à tout ce qui parait bon,
Elle sortait de sa bouche des mots à teinte sèche,
Qu’elle retirait par couche de son espace rêche ;
 
Les traits de sa beauté ont fissuré mon cœur,
Elle manquait de santé, comme une fanée fleur,
Isolée dans son monde au milieu de ses proches,
Son recouvrant climat lui redoutait approche ;
 
Dans la mélancolie, elle noyait son esprit,
Chargé de nostalgie, qui lui refuse l’oubli,
Elle a fait de la tristesse une enveloppe de vie,
Qui souvent la caresse sans germer son avis ;
 
Elle a vécu lugubre au milieu de ses ruines,
À elle manque le calibre qui modifie la mine,
J’ai cherché dans ses yeux la serrure du portail,
Agrippée à mon regard, elle vit le gouvernail ;
 
J’ai allumé un feu au lourd épouvantail,
J’ai ressenti son cœur se remettre au travail,
Je l’ai prise silencieuse sur mon épaule mouillée,
Par ses muettes larmes qu’elle voulait me cacher,
 
Elle s’est blottie à moi en me serrant la taille,
Sa bouche manquait de voix au nid de mon oreille,
Elle tremblotait d’envie et du manque d’amitié,
Ses lèvres trouvèrent chemin des sourires oubliés ;
 
Elle parla à mon cou pour masquer son appel
De timide du moment, aux désirs retrouvés,
Elle m’a dit du regard qu’elle quitte cette citadelle,
Aux vastes loges de tristesse et d’incommodité.
 
Elle largua son passé qui l’avait asphyxiée,
Dans une sueur brûlante qui lui mouillait le corps,
Tel un volcan bouillant, je voyais les fumées,
De ses larves invisibles flotter dans les remords ;
 
Elle m’a ouvert son cœur à la page du plaisir,
Comme pour régler son heure aux strophes du désir,
Elle essuya ses larmes dans des sourires timides,
Ensuite, elle a chassé les stigmates de son vide ;
 
Elle a vécu lugubre quelques années de sa vie,
En se pliant aux lois qui étouffent les envies,
Elle attendait durant une espérée venue,
Et, cette rencontre imprévue l’a enfin secourue.
 
©Salah BEKKA. Auteur
Fleurs, Épines et Frissons…
Paru au : LES ÉDITIONS DU NET
92150 Suresnes France



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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 08:20
Sous les ors du Vatican – Jean Dornac
Pour les 80 ans du pape, ce petit poème en modeste cadeau… Bon anniversaire pape François !!
 
 
 
 
 
 
Sous les ors du Vatican
Vit un petit homme vêtu de blanc
Il vient d’un pays lointain
Jadis habité par des Indiens
 
Il a été élu grand chef de l’Eglise
Et compte régner ! Qu’on se le dise !
Certes, il a un air bonhomme
Mais ne le prenez pas pour une bonne pomme !
 
J’ai beau être un humble agnostique
Et pratiquer, parfois, l’humour caustique
Je l’aime bien cette nouvelle Sainteté
Qui a envie de tout bousculer !
 
Les « monsignores », plus ou moins mafieux
Les trop hauts prélats ambitieux
Il va les aider à retrouver l’âme de pauvreté
Afin qu’ils puissent, un jour, croiser l’humilité…
 
Le Vatican serait plus proche des cieux
Si l’Esprit du Seigneur régnait en ses lieux
Cet Esprit qui est Puissance et Tendresse
Douce fermeté sans aucune faiblesse
 
Le Vatican deviendrait un miracle
Si certains de ses puissants devenaient agneaux
Alors, Dieu sorti de la cage d’or du tabernacle
Serait plus visible comme berger de son troupeau…
 
Le poète sait et dit que l’évêque de Rome
Doit déranger les coutumes et traditions
Il doit déployer ses ailes au-dessus des dômes
Pour chasser le vent des mauvaises ambitions…
 
La puissance, le pouvoir, l’orgueil des palais
Sont des poisons qui font chuter les fidèles !
Alors, que François assèche les marais
Et renverse des faux dieux les tristes stèles…
 
Sous les ors du Vatican
Vit un petit homme vêtu de blanc
Il nous guidera vers le Paradis
S’il reste fidèle à l’humilité de l’Esprit…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 16 décembre 2016



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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:51
J'ouvre à ton pas... - Marie Dauguet
 
 
 
 
J'ouvre à ton pas joyeux le seuil de ma chaumière,
Merveilleux jouvenceau que j'aime et que j'attends ;
Sous la cuirasse de diamant, ô Printemps,
Casqué d'or flamboyant, chevauchant la lumière,
 
Avance et montre-toi ! - Tes caresses premières
Ecartent déjà les chèvrefeuilles flottants
A ma fenêtre; et, parmi les vols palpitants
Des phalènes au coeur de mes roses trémières,
 
Ce sont tes baisers que j'entends. - Beau chevalier,
Prends ta lance d'argent et pourfends le geôlier
De mon âme, cette princesse ensorcelée
 
Qu'enferma le maléfique Hiver dans sa tour ;
En croupe, conduis-la vers ces bois où, voilée,
Ressuscite la fleur de l'éternel amour.
 
Marie Dauguet
 
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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 07:37
Au Cinéma - Lucie Delarue-Mardrus
Lucie Delarue-Mardrus (1868-1949) photographiée par Paul Nadar
 
 
 
 
Parce que je suis gentille,
On m'a menée au cinéma.
J'y étais avec ma famille,
Papa, maman, ma tante Emma.  
 
C'était une histoire épatante,
Oui, mais je ne sais pas pourquoi,
Mon papa, ma maman, ma tante
S'amusaient beaucoup plus que moi.  
 
Je suis une petite fille,
Alors Guignol me va bien mieux.
Le cinéma c'est sérieux...
C'est le Guignol de la famille
 
Lucie Delarue-Mardrus
 
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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 07:42
Tout ce temps qui s’écoule – Denise Bernhardt
Edvard Munch - Jeune fille a la fenêtre
 
 
 
Le jour perce les nuées
 
Tout ce temps qui s’écoule
Au sablier de l’absence.
Retenant loin de moi
Les ciels transfigurés,
Les gestes insensés
Où la vie prend son sens.
De nos heures divergentes
S’abreuvent les journées.
Et tu brûles ta vie
Quand je rêve la mienne.
Pourtant il en faudrait si peu
Pour que tu me reviennes,
Un soleil amoureux
Se levant sur Paris,
La route méridienne
Déroulant son attente,
Un brin de temps
Que tu aurais volé
Pour éblouir mon cœur.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 07:52
Poésie, Etat de Grâce – nouveau recueil de Luce Péclard
J’ai le plaisir de vous présenter le nouveau recueil de Luce Péclard. Je vous le recommande sans réserve et je remercie Luce pour sa confiance. Jean Dornac
 
Vous pouvez commander ce nouveau recueil à l’adresse suivante :
Editions du Madrier
Roure de Rueyres 19
CH-1416 Pailly
 
Prix : 25 euros
Poésie, Etat de Grâce – nouveau recueil de Luce Péclard
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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 07:44
SANS MOT DIRE – Louis Aragon
Louis Aragon - Par Inconnu — BNF, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36000918
 
 
 
 
Soir de tilleul Été
On parle bas aux portes
Tout le monde écoute mes pas
les coups de mon cœur sur l’asphalte 
 
Ma douleur ne vous regarde pas 
 
Œillère de la nuit Nudité Nudité
Le chemin qui mène à la mer
me conduit au fond de moi-même.
À deux doigts de ma perte 
 
Polypiers de la souffrance
Algues Coraux Mes seuls amis
 
Dans l’Ombre on ne saurait voir l’objet de mes
plaintes
Une trop noire perfidie
 
L’INTRIGUE (Air connu)
Cette racine est souveraine
GUÉRIT TOUTE AFFECTION
 
Louis Aragon
 
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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 09:12
Connaître le regard – Victor Varjac
Aphrodite par William-Adolphe Bouguereau
 
 
 
Connaître le regard
qui brûle
au dessus du cœur
pour ne jamais oublier
le bruit de la lumière
au milieu
des ténèbres…
 
Sans bruit
nous marcherons
nos pas accrochés
à nos lèvres
sur l’épaule d’un monde
où nous avons aimé
la grande fièvre
de nos vies…
 
©Victor Varjac
Antibes, octobre 1998

Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de Plume




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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 08:15
Eden - Béatrice Pailler

Edvard Munch

 

 

 

Dis-moi

Qui es-tu ?

                                                         

Mais le ver tueur au cœur de fiel si charmant.

 

Alors

Qui hais-tu ?

                                              

Ce vertueux chœur du ciel qui charme et ment.

 

©Béatrice Pailler  



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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 07:46
Hantise – Michel Duprez
 
 
 
C’est le dernier bastion d’un monde que l’on croyait disparu depuis longtemps. Plus personne derrière les meurtrières de ses tours ou de ses remparts. On entend des clameurs d’enfants monter aux créneaux quand la mer, à marée haute, exhale sa douce haleine de fraîchin et que le bruit des canons de l’orage étouffe celui du ressac.
 
Ce château en ruine sans souterrains ni pont-levis et aux douves si profondes qu’il nous a toujours semblé imprenable est-il réel ou seulement une de ces illusions dont on bâtit les légendes ?
 
Peu importe. Les vagues, qui ont la réputation d'être sans pitié, mettront un point final à ce dilemme en emportant tout sur leur passage.
 
©Michel Duprez
 



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